lundi 3 juin 2019

Sujet du Merc. 5 juin 2019 : Benoit Poelvoorde nous explique Spinoza


Benoit Poelvoorde nous explique Spinoza

Dans le film « Le grand soir » réalisé par Benoit Delepine, et Gustave Kerven. Benoit Poelvoorde joue un personnage qui revendique être le plus vieux punk à chien d’Europe, il vit dans la rue une existence construit dans la marginalité et l’exclusion. Son frère joué par Albert Dupontel est vendeur dans un magasin de literie et au début il est fier de représenter une sorte de réussite sociale. Dans la première scène nous les voyons en conversation avec leur père. En réalité ils vont parler en même temps chacun enfermé dans une rhétorique très exalté pour défendre leur situation. C’est dans une grande cacophonie que l’on découvre les deux personnages qui sont apparemment opposés. 

Benoit Poelvoorde qui vie donc dans la rue dans une situation extrême que personne ne souhaite vivre raisonnablement. Or bien au contraire il développe une sorte de discourt intello new age agressif. Il ne se voit pas rejeter du système mais dit rejeter le système. Le paradoxe soutenu tout le long du film repose sur cette attitude qu’il arrive à positiver. Effectivement il se permet de s’extraire de toutes les conventions sociales dans une agressivité facile, qui lui procure une certaine liberté. Sans jamais évoquer le résultat d’un déterminisme social bien réel, Il est convaincu et affirme que sa situation est le résultat d’un choix délibéré. 

Son frère vie un divorce difficile et son travail est pour le moins, sans aucun intérêt. Quand il se fait licencier sa situation devient catastrophique également. Et le personnage de Poelvoorde va donc lui apprendre à vivre dans la rue, ravie de lui présenter son mode de vie.

Le film se déroule en majorité en extérieur dans une immense zone artisanal, commercial de grande banlieue parisienne, sans âme plus ou moins déserte qui représente assez bien une société consumériste plutôt raté.

Or Spinoza nous dit :
« Nous nous croyons libre, car nous ignorons les causes qui nous détermine »
Ce film pour moi, nous en donne une démonstration la plus cruel et absurde que l’on peut trouver. Le plus troublant c’est que le personnage principal dans son verbiage incessant puise ses arguments dans une contestation qui est présente dans les discours politique qui deviennent banal. Le personnage joué par Dupontel est au départ sous le choc et grasse à l’apprentissage de son frère il va parvenir à rentrer dans une acceptation de son sort.   Nous pouvons et nous avons le droit de ne pas être satisfait de notre existence, mais nous savons qu’il est difficile d’attribuer tous nos problèmes à la société. La réflexion sur la responsabilité individuelle quant à notre destin fait bien partie de la pensée politique. Il est légitime de réfléchir si nous subissons le système ou s’il nous permet de maitriser notre avenir. La complexité devient presqu’un insoluble quand des gens sont capable dans les médias, de nous proposer des solutions comme le tirage aux sorts de nos dirigeants, ou en affirmant que l’on peu très bien se passer de pétrole, ou encore proposer la décroissance sans le début d’une méthode.
Et tout simplement la condamnation devient la norme lorsqu’on affirme que tous nos mode vie son mauvais.

Pour moi c’est clair nos deux personnages subissent une situation d’exclusion très difficile et c’est bien un échec de notre société. Mais ils peuvent très bien être victime également d’un discours de contestation. L’antisystème devient un système.
Les personnages vont poursuivre leur libre arbitre apparent dans une surenchère dans la révolte.

L’aboutissement de leur projet doit se réaliser dans l’attaque et l’incendie d’un hypermarché.


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