mardi 29 novembre 2022

Sujet du Merc. 30/11/2022 : A quoi sert le vide ?

 A QUOI SERT LE VIDE ?

"La nature a horreur du vide" est une expression tellement ressassée qu'on ne songe même plus à la portée de son contenu. Cela signifie-t-il que dès qu'il y a un soupçon de vide la nature chercherait à le combler ? Possible, mais dans ce cas là il faut admettre qu'il y eu un vide, ou un moment de vide. Et puis faut il entendre "vide" comme absence de molécules d'air ou bien espace entre des objets ? Dans le premier cas l'affaire est simple et les expériences multiples, philosophiquement parlant cela ne nous mène pas loin. Par contre l'espace entre des objets ( aujourd'hui mesurable ) est manifeste, qu'ils se manifeste dans l'air, l'eau, le vide d'air ou tout ce qu'on voudra …

Cette évidence de la "présence" du vide fut pourtant niée jusqu'au XVII° siècle, en référence à Aristote. Aristote, comme la plupart des grecs anciens considérait le monde comme plein, sphérique, immobile et comme il constatait, malgré tout, des mouvements : lune , soleil, marées, la vie humaine il fallait inventer une cause première, un primus motor pour justifier le beau système aristotélicien. Tout étant immuable, l'ordre des sociétés devait l'être lui aussi et la liberté humaine étant incorporée au schéma général la vie des hommes étant incluse dans le destin. La conception physique du monde - sans vide - servait à merveille l'ordre social de la féodalité et des théologiens.

 

Mais vint Galilée et pour la première fois la question du vide est posée de manière concrète, expérimentale. "Alors qu’Aristote ne s’intéressait au mouvement dans le vide que pour démontrer que ce dernier ne peut exister, Galilée, lui, se sert du vide pour étudier les lois mathématiques du mouvement. Dans ses Discours sur Deux Sciences Nouvelles, rédigés après sa condamnation par l’Inquisition en 1632, il discute le mouvement dans un vide supposé afin de pouvoir faire abstraction des frottements et de la poussée d’Archimède qui, dans un milieu dense, viennent le contrarier. Le résultat qui intéresse Galilée est que, dans le cas d’une chute dans le vide – que celui-ci se rencontre ou non dans la nature, Galilée ne se prononce pas vraiment – tous les corps sont animés de la même vitesse, quel que soit leur poids. Il mène donc ici une véritable expérience de pensée, et utilise le vide comme cas limite pour étudier les propriétés du mouvement. Ce processus d’abstraction, d’idéalisation du réel est la condition de toute science quantitative, et le cas du mouvement dans le vide joue désormais à ce propos un rôle exemplaire.

 

Galilée procède encore à un autre retournement sensationnel. Dans sa discussion sur la résistance des matériaux (l’autre science nouvelle), il semble se référer à l’« horreur du vide » médiévale. Il a en effet appris, dit-il, des fontainiers de Florence qu’aucune pompe, quelle que soit l’ingéniosité des ingénieurs, ne peut faire monter l’eau « un cheveu plus haut que dix-huit brasses » (un peu plus de dix mètres). Eh bien, c’est donc que la nature a « horreur du vide » ... à raison de dix-huit brasses ! Au-delà, la colonne d’eau se brise sous son propre poids. Quoi de plus étranger à la pensée médiévale, de plus moderne que cette quantification d’un « principe » ? L’« horreur du vide » est devenue une « théorie effective », mesurable, quantifiable..." (P. Marage, Physique des particules élémentaires Université libre de Bruxelles ).

Le renversement opéré par Galilée est d'une conséquence immense en philosophie. Il renoue avec les pensées d'Epicure et de Démocrite leur donnant une nouvelle dimension fondée sur l'expérience scientifique. L'homme n'a plus à spéculer, à s'imaginer des "fantômes" ( voir le sujet sur Spinoza ). Son monde n'est pas figé et lui-même peut utiliser une "liberté" concrète, à condition de se pencher sur les causes (Spinoza) pour jouer de sa liberté, comme les atomes.

La matière constituée de particules en mouvement, s'unit par un ensemble de forces en interaction dans un vide nécessaire et libérateur ( si on enlevait tous les "vides" des particules d'un corps humain, toute la matière tiendrait dans un dé à coudre ! - difficile de bouger !).

Ainsi disparaissent le "vide" et le "plein". La nature n'a horreur de rien du tout. Elle est nature justement parce que le vide est son champ de déploiement, de réalisation. C'est par des transformations dialectiques dans lesquelles les contraires apparents "vide" et "plein" interagissent, que la matière existe.

 

C'est par cette même dialectique que l'homme n'a plus a avoir peur du néant, pour peu qu'il considère sa nouvelle amitié avec le vide comme un éveil de sa liberté. Un espace pour se mouvoir.


mardi 22 novembre 2022

Sujet du Mercredi 23/11/2022 : " Jaime ceux qui vêtent la raison des fleurs éparpillées de leurs rêves » J. Vallés"

  " Jaime ceux qui vêtent la raison des fleurs éparpillées de leurs rêves »  J. Vallés"

Quelles sont nos espérances, quels sont nos rêves terrestres ? Depuis quelques semaines nous traitons, dans notre café philo de graves sujets sur la liberté, l’avenir …. Et toujours des constats : « nous » sombrons, nous voyons la maison qui brûle et nous sommes comme impuissants à éteindre l’incendie. Au paroxysme de l’angoisse et de l’interrogation nous nous regardons nous-mêmes vivre des vies qui nous semblent ne pas « coller » avec nos désirs de paix, de justice, de bonheur, de sérénité.

Car, il ne faut pas en douter, nous sommes « bons ». Toute une éducation, a enlevé Satan de notre horizon de sujet moderne et fondamentalement nous savons, désormais, que tout dépend de « nous », de notre volonté et rares sont ceux qui voudraient le mal. 

Et pourtant les vielles rengaines ont la vie dure. L’homme serait foncièrement mauvais. L’homme serait un loup pour l’homme. Ce serait un égoïste. En quatre ou cinq propositions l’être humain se trouve déterminé, incarcéré dans une enveloppe qui de « tout temps » aurait été la sienne.

Alors il devient très difficile (et quasiment inutile pour certains contempteurs de la « fin de l’histoire » de penser l’utopie, de penser qu’un jour nos rêves, nos espoirs, puissent se réaliser, se concrétiser. Au demeurant ne serait il pas préférable de subir ? Un peu de sucre, un peu de Prozac, un soupçon de Loft Story, et le tour est joué.

L’avertissement avait été porté à notre connaissance voici plus de 150 ans par Tocqueville observateur avisé de cette société américaine (étazunienne) qui allait devenir notre modèle : 
« Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde: je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme.

Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point , il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et, s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie.

Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril; mais il ne cherche au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir.

Il travaille volontiers à leur bonheur, mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?  ».

Si nous vivons cette époque « des formes extérieures de la liberté » (Tocqueville) il nous est alors totalement inutile, ou alors et c’est notre propos, de mettre exergue l’urgence de poser la question Kantienne « que puis je connaître ? Que dois je faire, Que m’est il permis d’espérer ? ».

La mort des dieux et celle des mythes n’a rien résolu. On peut avoir cru dépasser par le haut l’assujettissement symbolique alors qu’on en est sorti par le bas. Nous avons abattu des idoles et des rois et nous nous sommes donnés des tuteurs, et de pâles ersatz de récits fondateurs ( langues et états-régions, sectes, bande, gang … )

Alors si passant du sujet antique, au sujet moderne pour en arriver au sujet post-moderne ( voir l’ouvrage de Dany-Robert Dufour : « l’art de réduire les têtes » ), assujetti ni un dieu tutélaire, ni à un état-nation fondant son identité, mais psychotiquement replié sur lui-même comme le sont les flux financiers désincarnés qui virevoltent sur les ordinateurs de la « world company », il ne nous reste plus qu’à faire appel une fois de plus à cette bonne vieille Raison, bien éloignée de cette « rationalité » dans laquelle on prétend nous faire vivre pour notre bien …. En attendant des jours meilleurs ( ceux ou nous mourrons en douce – et seul -  de quelque cancer contracté en respirant l’air de nos villes ou en sirotant une boisson synthétique avec du E253 !)

Il nous faudra aussi rire au nez de certains comme Deleuze et Guattari pour lesquels : » où allez vous ? D’où partez vous ? Où voulez vous en venir ? Sont des questions devenues bien inutiles » ( Mille plateaux, capitalisme et schizophrénie ).

Rire, car n’appartient-il pas aux philosophes de ne pas priver l’homme de ses « vaines questions » ? Ne nous privons pas de ces questions soi-disant « inutiles ». Parions sur l’au-delà de soi contre l’affirmation du moi et ses choix ; sur le poème contre l’information ; sur ce qui se donne dans un geste héroïque contre toute forme d’utilités….

« J’ai assez des cruautés que j’ai vues, des bêtises auxquelles j’ai assisté, des tristesses qui ont passé prés de moi, pour savoir que le monde est mal fait….Jaime ceux qui habillent leur rage et leur dégoût du manteau glacé de la raison. Ceux là n’ont pas besoin de chance pour l’emporter » J. Vallés.

mardi 15 novembre 2022

Sujet du Merc. 16 Nov. 2022 : Comment réfréner la satisfaction de nos désirs ?

             Comment réfréner la satisfaction de nos désirs ?

L’animal satisfait instantanément ses instincts ce qui lui procure les plaisirs liés à l’assouvissement de sa nature. En cela l’animal n’a pas de désirs. Il est parfaitement conforme à ce qu’il est et se réalise d’emblée comme tel. C’est un être complet en soi. Limité, sans plus.

On ne peut pas dire que ce soit le cas de l’homme qui lui n’est jamais pleinement satisfait. Il désire toujours. Parce qu’incomplet il fait toujours un retour réflexif sur lui-même et pense sans cesse aller plus loin. Il n’est pas fini, il est même assez mal fini et est en quelque sorte contre-nature car sans nature complète. Il naît en effet gravement prématuré et inachevé et le reste tout au long de sa vie tant il est dans une recherche illimitée de lui-même en formation dans le rapport social aux autres, avec et grâce à eux. Si bien qu’il ne peut vraiment s’accomplir. Ne serait-ce que pour cette raison constitutive, il ne saurait se contenter d’assouvir instantanément ses désirs en plaisirs pleins et entiers puisque cela lui est impossible du fait même qu’étant incomplet il est toujours en devenir. Il lui faut donc sans cesse tendre à se constituer avec les autres une surnature compensatoire. Ils inventent alors ensemble une culture, laquelle supplée à leur manque originaire.

S’interrogeant nécessairement sur ce déficit et sur ce qu’ils sont et ne sont pas, les hommes demeurent toujours comme dépourvus quoi qu’ils fassent… En recherche permanente, ils placeront au centre de toute culture, qu’il leur faut inventer pour compenser leur manque, une croyance (doxa) en un ou plusieurs « objet » qui les dépasse. Inaccompli dans leur première nature (animale et pulsionnelle), ils ne peuvent vivre sans cette seconde nature ou institution qu’il créent pour s’y projeter.

La constitution infantile de l’humanité rend nécessaire la fabrication de cet irréel qui devient un nouveau réel où sensation et entendement ne s’accordent pas. Cela peut offusquer mais il demeure que, l’homme étant fini et même toujours mal fini et comme tel sujet à l’hubris et au pathos, il accède alors à l’infini. En effet, si comme les animaux il s’était suffi à lui-même, il n’aurait pas eu besoin d’aller toujours voir ailleurs s’il y était sans néanmoins jamais pouvoir se trouver. La fiction pour lui est donc vitale. L’homme est en effet un corps inabouti auquel se greffent les fictions qui lui permettent d’halluciner ce dont il a besoin pour vivre. On comprend cette nécessité de structuration sans bornes où se trouve l’homme comme sujet en manque de nature instinctuelle accomplie.

Cette structure, cette construction de soi de l’individu et du collectif humains comme illusion nécessaire ne peut que se délégitimer au cours de l’histoire et doit donc sans cesse être ré-édifiée. C’est ce qui a permis le passage de la croyance religieuse (la doxa) au politique par l’accès à la pensée discursive, critique, rationnelle et réflexive (le logos). Cet accès n’a pu se faire que par une discipline, une ascèse exigeante et continue impliquant une privation, un « moins-jouir » par le report de la satisfaction du désir de déboucher rapidement sur des réponses, une solution définitive qui, par définition, ne saurait exister qu’en rapport avec une nature animale qui, loin s’en faut, n’est pas tout l’apanage de l’humain.

Le conditionnement actuel à la soumission aux pulsions par la démocratie de marché libérale libertaire du laisser-faire («il est interdit d’interdire») conduit à un pseudo assouvissement des désirs par la satisfaction rapide dans les plaisirs toujours renouvelés d’objets marchands de consommation. Cette possibilité de satisfaction des pulsions instinctives n’est cependant qu’illusoire pour les raisons déjà citées. Son incitation illimitée en cours, mais contraire à la condition d’humanité, conduit à de mortifères écarts de la psychè d’individus saisis d’angoisses lancinantes dont on observe aujourd’hui les effets dans le délitement du logos et de la « cité ». La passion des plaisirs commandée par la démocratie libertaire de marché n’est que celle de l’intérêt égoïste illusoire d’individus isolés face à leur versant animal et par là privés du nécessaire accès à la surnature de la culture et de la civilisation. La barbarie vient alors régner tant à l’intérieur des individus que dans leur rapport aux autres.

Réfréner la satisfaction rapide des désirs re-devient alors une nécessité. La culture en est le moyen ; l’outil, l’éducation à l’accès au discours rationnel et réflexif afin de pouvoir s’affirmer comme sujet critique et autonome en rapport avec les autres. Pour assurer à chacun cet accès et faire société, une refondation de l’école est nécessaire sur le modèle de la scholè grecque dont l’objet premier était l’apprentissage de la maîtrise de soi et du contrôle des passions par divers exercices et enseignements ; et certes pas par l’abandon au bon-vouloir et « génie » de l’immature animal contemporain.

Mais en pratique que faire aujourd’hui ? C’est à vous de le dire. Néanmoins en voici des bribes. Tout d’abord et en contradiction avec le dogme libéral, seule une institution peut promouvoir et défendre la chose publique et le bien commun contre les intérêts particuliers privés parce que c’est le seul cadre possible permettant le complet développement de l’être-soi libéré (le sujet) de tout accaparement. Cette institution, qui ne peut être que l’Etat, mettra fin à la transformation des services publics (école, santé, etc.) en entreprises devant à toute force dégager des profits croissants. Ensuite ne faut-il pas envisager de revenir sur :        
1) le dogme libéral du « laisser-faire »,       
2) l’application du principe d’illimitation de l’économie marchande aux autres économies (politique, symbolique, sémiotique, psychique),           
3) la logique de l’efficacité à court terme et de l’exténuation du vivant et de l’environnement,
4) l’accaparement de la femme et sa mise à l’écart du logos,         
5) le rejet de l’éthique ou de la dignité de tout homme tenu comme fin et jamais comme moyen (Kant). On trouverait d’autres mesures à instaurer mais sans doute moins cruciales.

Ne voit-on pas enfin qu’entre le laisser-faire illimité actuel du pathos consommatoire et l’abandon à une croyance (doxa) qu’elle nous dépasse ou soit banale et à laquelle on s’abandonnerait par facilité, l’édification de soi avec les autres dans une civilisation digne des hommes ne peut aboutir que par la rigueur et l’ascèse d’une pensée critique.

samedi 5 novembre 2022

Sujet du Merc. 09 Novembre 2022 : La baisse tendancielle du taux de profit ?

          La baisse tendancielle du taux de profit ?

 

Selon Karl Marx c’est une tendance inhérente au système capitaliste, il parle d’une contradiction.

La concurrence pousse les entreprises à investir toujours plus, donc à accumuler du capital constant (équipements, usines, machines-outils, robots) alors que l’utilisation de travail direct (que Marx appelle capital variable) est seul créateur de plus-value, c’est-à-dire de bénéfice.

Et par conséquent la rentabilité du capital investi, tend à diminuer.

Mais tout d’abord revenons à l’analyse marxiste. Dans cette pensée économique c’est l’ouvrier et lui seul qui apporte la valeur ajoutée à la production. Cette valeur ajoutée est le résultat entre le coût de la matière première et la vente du produit fini.  Les machines et le capital constant ne sont que du capital humain accumulé totalement figé.

Le capitaliste va verser un salaire à l’ouvrier qui sera inférieur à la valeur ajoutée qu’il aura fournie. En réalité, ce salaire est même minimum, au sens tout juste suffisant pour nourrir sa famille et donc reproduire sa force de travail.

La partie de la VA qui sera substituée à l’ouvrier viendra alimenter le capital. (le salaire est un vol )

Sur cette base on passe au fonctionnement global du capitalisme. Il y a, à la fois un phénomène de standardisation des usines et une course entre chaque entreprise dans une sorte de guerre économique pour toujours produire plus.

C’est ainsi que le capitaliste dans cette concurrence effrénée va toujours augmenter la part du capital fixe au détriment des salariés qui resterait stable, d’après Karl Marx.

D’où une disproportion dans le cycle de production entre la part du capital fixe et la part du capital variable. La part de la main d’œuvre diminue dans la production de richesse, pour constater une « baisse tendancielle du taux de profit ».

Mais comme le capitaliste cherchera toujours à maximiser son profit celui-ci  entrainerait une baisse systémique sur les salaires, pour compenser la perte en bénéfice.

Marx en déduit que le capitalisme est condamné à disparaître, d’abord parce qu’il voit une contradiction fondamentale dans ce système qui engendre des crises de plus en plus grandes et ensuite que l’ouvrier voyant son salaire diminuer prend conscience de sa condition et cherchera à renverser le système et viendra la révolution.

Pour élargir le débat je voudrais dire qu’il existe bien une disproportion et une baisse en pourcentage du rendement du capital que l’on constate au XIX° Siècle comme de nos jours en 2022 corrélée à l’augmentation du capital.

Or le capitalisme n’a pas disparu et il est très difficile de voir dans le temps la moindre baisse de salaire, dans les pays qui ont accepté l’économie de marché.

Donc quelle est la part d’interprétation ou de spéculation qui a amené à tant de distorsions dans ces prévisions catastrophiques ?

Il y a une réponse toute faite d’une grande facilité que je ne partage pas, qui consiste à dire que les gens sont trop bêtes et acceptent le système et renoncent à faire la révolution.

Depuis, l’argument le plus contesté, est bien sûr l’affirmation que le capital constant ne créé pas de valeur.

 

 

lundi 31 octobre 2022

Sujet du Merc. 2 Nov. 2022 : Etions nous avant d'exister ?

 Etions nous avant d'exister  ?


Nous sommes. Mais qu'est ce qu'être ? Les animaux, les végétaux, les roches sont. Ah, bien sûr "ils" ne sont pas comme nous ! Mais leur existence est indéniable. Qu'est ce qui ferait donc la spécificité de notre être ? La philosophie répond peut-être par un terme : l'essence.

Nous serions essentiellement différents des animaux et des choses. Mais sur quoi reposerait cette essence ? : le langage ? la conscience ? ….

Les conditions nécessaires de l'essence humaine pourraient être les suivantes : nous nous savons mortels (conscience), nous possédons un langage, nous sommes socialisés et nos sociétés ne sont pas figées comme celles des fourmis ou des abeilles.

Mais ces conditions nécessaires sont elles suffisantes ?

Et si nous nous ne faisions une idée fausse sur nous-mêmes ? Du plus profond de la préhistoire jusqu'à nos jours nous avons créé des outils extraordinaires qui nous ont permis de maîtriser la nature, de résoudre des problèmes scientifiques considérables. Nous avons créé des dieux et nous sommes mis à genoux devant eux. Tout cela, si l'on observe superficiellement les choses, est sorti de notre cerveau.

Mais quel cerveau ? Celui d'un génie ? d'un homme ou d'une femme providentiel ? Difficile à dire, mais ce qui semble certain c'est la place considérable que « l’esprit » a occupée dans la sphère de la compréhension du monde. Tout s'est mis à graviter autour de ce concept "spirituel", fondant en quelque sorte notre essence : la vérité, la justice, la beauté, l'homme lui-même …. Et tout ça avec des majuscules s'il vous plait. Des catégories en elles mêmes.

Et si nous faisions fausse route ? Car tout cela est bien beau, mais que serions nous si, au préalable nous n'existions pas ?

Le cerveau est matière, notre chair est matière et même nos influx nerveux qu'ils soient chimiques ou électriques sont une des formes de la matière. L'horreur (pour certains) de ces propos semble nous renvoyer à une sorte de matérialisme primitif et il faut donc bien dissiper les malentendus.

Que notre cerveau produise des idées, cela se constate tous les jours. Mais tous les jours, et à cela on n'échappe pas, il nous faut manger, boire. Pour penser, pour être en tant qu'ESSENCE, il nous faut - AU PREALABLE - résoudre certaines relations avec le monde qui nous entoure et dont la plus fondamentale est le fait de s'alimenter.

C'est notre existence, comme une plante qu'on arrose, ou un animal qu'on nourrit, qui fonderait donc notre essence ?

En partie probablement. Mais ce n'est, me semble t il pas tout. Il nous faut les autres humains. L'étude de ce qu'on a appelé les enfants loups a montré qu'au-delà d'un certain stade de désocialisation un être humain n'avait plus les capacités à vivre une vie sociale classique. Que son évolution intellectuelle était figée.

Le problème de l'essence et de l'existence ne peut donc pas être envisagé de manière séparée ou hiérarchisée. C'est le rapport entre la vie matérielle, ses conditions de développement et le rapport social qu'établissent les êtres humains entre eux qui fondent la spécificité de l'homme. Sans alimentation et boisson, pas d'homme car pas de vie. Pas d'existence ! Sans autres hommes, langage, échange, transmission des savoirs, pas d'essence, pas d'esprit.

" Etions nous avant d'exister ?". Nous existons avant que d'être, mais si cette condition est nécessaire – déterminante -, elle ne saurait fonder à elle seule l'humaine condition qui repose dialectiquement sur le deuxième terme : la socialisation par le langage et l'échange. Ce que nous appelons "l'esprit" agit en retour sur notre existence et peut par un effort de volonté, agir sur les déterminismes sociaux et culturels qui régissent notre existence sociale. On aboutit ainsi à ce qu'il est convenu d'appeler l'homme.

 

 

Blog du café philo  http://philopistes.blogspot.fr/

dimanche 23 octobre 2022

Sujet du Merc. 26 Octobre 2022 : NOTRE AMIE, LA CARTE BLEUE ?

 

NOTRE AMIE, LA CARTE BLEUE ?

 

Et zoum, je passe ma Carte ! Ah,oui, ‘sans contact’. Et zoum, non, vite mon doux portable « sans contact » ! Et bientôt, je suis sur tous les écrans. Et même plus : plus besoin de toute cette quincaillerie. L’adjonction d’un nano-élément à mon génome (!) me connecte à tout. Tout. J’ai dit tout. Et je suis débité « à l’insu de mon plein gré ». Indolore car inaperçu. Vive la bonne vie facile ! Pratique. Je suis le tout consumériste omnipotent en soi, l’individu-roi sui generis. Celui qui croit être sa propre création et non celle de la société. Mais en réalité, je ne suis néanmoins que par l’entremise de la connexion « tout numérique » ! En fait je suis le produit, l’objet d’un système conçu par d’autres, « anonymes » que j’ignore (toujours à l’insu de mon plein gré. Hé,hé !). Mais qui me déterminent de bout en bout (Spinoza). Je suis fier et heureux comme le chien domestique pataud de La Fontaine, Huxley, Fukuyama.

 

Dans la société du tout consumérisme, la Carte Bleue de paiement numérique n’offre-t-elle pas un univers sans limites à l’image de l’azur profond et infini d’un ciel serein et sans nuages ? En effet, y a-t-il meilleure amie que celle qui me donne un accès immédiat et illimité aux promesses sans bornes du marché capitaliste de toutes les pulsions et désirs marchands ? Surtout quand les dépenses que permet la Carte se font sans la moindre espèce monétaire (« Allons les poches vides ! ») et surtout ‘sans contact’ physique. Le Covid règne ! Comme si cette Carte était aussi immatérielle et immédiate que Dieu ou que l’instant présent aussitôt venu qu’évaporé. La technologie existe pour que la simple idée ou intention inconsciente d’un achat, sans que mon corps n’y participe aucunement, se fasse bientôt comme passent les anges. Corps et esprit seraient ainsi séparés. Cela sera encore plus et mieux une fois que sera acquise l’acceptation que la Carte se réduise en une imperceptible nano-trace numérique, stockée en tant que données de tout mon être sur une particule infime de mon génome. Je serai alors une marchandise totale. Par mes comportements n’ai-je pas implicitement accepté cette évolution ? Une fois encore « à l’insu de mon plein gré » ?

 

Mais avant cela, par un grand laisser-aller paresseux, ne me suis-je donc pas déjà réduit à régler tous mes achats par Carte Bleue ? La Carte fiche et code, mémorise et analyse en permanence son usager. Et, une fois sa puissance intégrée à celle d’un portable, elle le fait pour toutes mes envies, au gré de mes pérégrinations ou même sans que je bouge, y compris avant achat. Centrée sur l’ignorance généralisée des causes qui déterminent l’intégralité de la vie de l’usager (Spinoza), cette évolution ouvre grand la porte à une réalité numérique encore plus totalisante : le métavers Zuckerberg.

 

Le métavers est une gigantesque architecture d’espaces virtuels interconnectés (commerce, culture, famille,…) dans lesquels des milliards d’utilisateurs partageront leurs expériences (y compris des essais de matériels, de vêtements ou de santé, etc.) en se dotant de multiples personnalités. Ce sont celles d’avatars numériques, mais bien réels par leurs effets d’immersion, induits par un système de réalité virtuelle selon des effets marketing et de manipulation mentale et pulsionnelle ou de celle portant des peurs induites par une terreur concertée (conjectures du Covid, syndrome de fin du monde climatique, de biodiversité ou de ressources naturelles). Les enseignements d’Epicure sur le nécessaire tri des désirs, envies et passions sont mis à mal.

 

Ces progrès fulgurants et les problèmes attenants soulèvent d’immenses questions repoussant les limites de l’éthique. Serons-nous bientôt intégralement pris dans les filets des machines qui nous scrutent dans le but de nous identifier, de connaître toutes nos habitudes et nos pensées les plus intimes pour en tirer une valeur marchande et politique et nous réduire à des marchandises ? Le régime chinois y serait-il déjà presque parvenu par son Système de Crédit Social ? (cf la chaîne LCP : « Ma femme a du crédit »)

 

Dans l’immédiat, comme dans la caverne de Platon, la ‘Carte Bleue sans contact’ ne permet-elle pas d’infinis prodiges ? Même s’ils n’existent qu’à l’aune des possibilités de mes comptes, emprunts et dettes bancaires. D’une part, grâce à la Carte, la satisfaction de toutes mes envies a la vitesse de l’électron. Ce qui, face à mes pulsions, ne m’autorise pas le temps de la réflexion. C’est l’anti tétrapharmakon , quadruple remède d’Epicure menant à la vie la plus heureuse possible.

 

D’autre part – et ce n’est pas rien – au niveau des milliards d’hommes peuplant la terre cela permet potentiellement aux banques privées de surmultiplier indéfiniment l’argent, existant initialement sous forme de billets, tout en le supprimant en même temps que les contraintes que ce type de monnaie (fiduciaire) leur imposait. (Relisons bien cela.) Pour, par cette opération, le remplacer par une production presque infinie de monnaie scripturale électronique appartenant en propre au système bancaire qui la crée par les crédits-dettes que, dans sa grande mansuétude, il consent à nous accorder.

 

Ainsi ce système oriente, à l’infini et à l’insu de presque tous (Spinoza), potentiellement toutes les activités humaines selon les valeurs marchandes du capitalisme bancaire financiarisé. Ce processus réduit les hommes à des produits ou objets de même nature. Les hommes deviennent intégralement des marchandises. Ce n’est pas une mince affaire même s’ils la négligent à l’instigation des plaisirs et facilités innombrables que cette « bonne amie » leur prodigue.

 

Précédé de multiples crises toujours plus profondes, à terme ce processus est une impasse. Mais ces crises permettent néanmoins au capitalisme de se régénérer sans cesse (ce qui, au passage, nécessite guerres et conflits). Entre temps le système est géré avec doigté afin de bien exploiter les hommes (« puisqu’il n’y a de richesse que d’hommes » selon Jean Bodin, philosophe de la Renaissance) en les réifiant au niveau d’un « bien-être » consumériste supposé auquel on les induit à accéder avec avidité. Epicure, où es-tu ?

 

Pour échapper à ce sort, un premier acte d’autoprotection serait de refuser l’usage systématique et compulsif de la Carte de paiement dans nos transactions (depuis la boisson conviviale partagée au café jusqu’à infiniment plus) que les banques privées promeuvent activement par l’avantage pratique et immédiat du « sans contact ». Ce faisant elles font disparaître les billets (monnaie fiduciaire de banque centrale). Cela assujettit plus sûrement les populations à des inégalités sociales et politiques toujours plus grandes qu’on voit partout. Va-t-on stupidement te nourrir encore longtemps, Big Brother d’Orwell d’autant plus redoutable que tu es aujourd’hui devenu doux et souriant comme un grand panda géant ?

mardi 18 octobre 2022

Sujet du Merc. 19 Octobre 2022 : Peut on faire des hypothèses

 

Peut on faire des hypothèses sur le futur ?


 MARTINO : Non seulement on peut, mais on doit faire des hypothèses sur le futur, car c’est encore la meilleure façon de se préparer pour le vivre. Je te signale que le futur commence à l’instant et, si je n’avais pas fait l’hypothèse que nous allions prendre un verre ensemble au café-philo, peut être n’aurai-je pas eu le plaisir de débattre sur cette question avec toi.

 

ARTHURO : Oui mais le futur est contingent, imprévisible. Ce n’est pas seulement l’exemple de notre verre, proposition assez banale somme toute et à si court terme, et sachant que tu me dois ce pot depuis longtemps, qui me convaincra de la simplicité de la question.

 

MARTINO : Ah bon, c’est moi qui invite ? Je ne l’avais pas prévu.

 

ARTHURO : Tu vois bien que si tu émets une hypothèse, tu t’engages dans une action et rien ne permet de dire que celle-ci aura les effets prévus. Surtout s’ils te paraissaient « évidents ».

 

MARTINO : D’accord mais il faut savoir au préalable dans quel cadre métaphysique tu acceptes de placer la question de la prévisibilité de l’avenir ?

 

ARTHURO : Et toi, dans lequel ?

 

MARTINO : En ce qui me concerne je serais plutôt tendance Leibniz. Selon ce philosophe ayant inspiré le fameux Pangloss, il est un principe de raison suffisante selon lequel chaque chose existe nécessairement. En effet Dieu choisit, parmi tous les mondes possibles, le meilleur.

 

ARTHURO : Mais alors se pose le problème de la compatibilité d’un tel principe déterministe avec celui de la liberté humaine. Puisque le futur est tracé par la volonté de Dieu, toute action humaine, toute hypothèse impliquant cette action, ne pourraient qu’aboutir à un avenir finalisé, justifié à l’avance, prédestiné. On voit bien le danger de cette philosophie d’inspiration totalement métaphysique pour ne pas dire téléologique.

 

MARTINO : Pourquoi le danger ?

 

ARTHURO : Parce que, s’il y a une fin écrite à l’avance, cela donne du zèle à ceux qui cherchent à justifier les moyens qu’ils veulent utiliser pour y parvenir. Et surtout à ceux qui prennent le pouvoir de décrire cette fin, au prétexte qu’ils sont censés la connaître mieux que les autres. Tu veux des exemples ?

 

MARTINO : Mais on doit bien faire des hypothèses sur le futur, ne serait-ce que pour ne pas accepter forcément toutes celles qu’on cherche à nous imposer.

 

ARTHURO : C’est en effet un devoir, mais à condition de rectifier la méthode en inversant le raisonnement finaliste.

 

MARTINO : Et comment inverser le raisonnement ?

 

ARTHURO : La métaphysique de Leibniz qui conduit donc au finalisme (Le meilleur des mondes possibles) est basée sur une sorte de déterminisme à l’envers, un rétro déterminisme en quelque sorte, où l’effet précède la cause. Puisque Dieu a choisi notre futur, et si nous affirmons notre croyance en cette vérité transcendantale, toutes nos actions et hypothèses d’avenir s’inscrivent alors irrévocablement dans cette perspective. Dans ce cas de figure, l’hypothèse n’est qu’un effet, non une cause. Au contraire si nous croyons plutôt à un déterminisme scientifique positif et causal, nous pouvons effectuer une réflexion sur l’analyse des causes qui engendrent les phénomènes de la nature et du monde sans même chercher à savoir si celui-ci a une justification ou une signification qui préexisteraient à l’action humaine. C’est donc par ses libres choix et par la responsabilité de ses actes que chacun d’entre nous devrait décider du sens qu’il entend donner à sa vie pour contribuer à la marche du monde qui l’entoure.

 

MARTINO : C’est bien le point de vue de Sartre et de l’existentialisme athée que tu avances là.

 

ARTHURO : Peut être, mais cette position est le seul moyen de répondre au titre même de notre café-philo de ce jour (Peut-on faire des hypothèses sur le futur ?). Car ce n’est pas  « Doit-on … », mais « Peut-on … ». Alors je dois bien jouer Sartre contre Leibniz si je veux avoir la possibilité de répondre «  Oui, on peut …» et exprimer le pouvoir de ma liberté de penser, plutôt que «  Oui, on peut toujours essayer… », et n’exprimer que mon pouvoir de résignation.

 

MARTINO : Mais alors si la réponse est « Oui on peut… », çà écarte la possibilité de débattre sur le « Non on ne peut pas… ».

 

ARTHURO : A mon avis, et si l’on se place du point de vue sartrien, la question initiale peut être bonifiée et s’interpréter ainsi : « Peut on faire de bonnes hypothèses sur le futur ? ». Et à ce moment là la problématique tourne alors autour de la plus ou moins bonne pertinence de toute méthodologie utilisée lors de l’émission d’hypothèses.

 

MARTINO : Il est certain que si l’on écarte les considérations métaphysiques (sauf à considérer que la science est elle-même une métaphysique mais alors aucune philosophie positive ne serait possible), on peut essayer d’avoir une discussion critique sur le caractère plus ou moins rationnel de la valeur d’une hypothèse.

 

ARTHURO : Et rendre hommage à des gens comme Claude Bernard par exemple.

 

MARTINO : Bien sûr, mais que faire des « prévisionnistes » qui émettent toute une foultitude d’hypothèses sur le futur sans aucun recours à la science, ou alors en l’utilisant malhonnêtement ou comme science « infuse » ?

 

ARTHURO : Je te laisse te dépatouiller, sans moi, avec tous ces camelots de la connerie humaine, à commencer par ceux dont le nom commence par la lettre « a » : aéromanciens, alectromanciens, aleuromanciens, alphitomanciens, anthroposcopiens, arithmanciens,

anthroposcopiens, astrodianosticiens, astrognosiens, astrologues, astromanciens, axinomanciens…et tant d’autres.

 

MARTINO : Et c’est comment, selon toi, une bonne hypothèse sur le futur ?

 

ARTHURO : Une bonne hypothèse est une hypothèse modeste et raisonnable qui n’utilise que l’extrapolation des lois causales dans le respect du cadre de leur domaine de validité et qui est contrôlée en permanence, régulée en quelque sorte, par l’expérience du réel. Une hypothèse est en quelque sorte une idée préconçue, mais pas une idée fixe, qui guide l’investigation. Car il s’agit de « faire » une hypothèse, c'est-à-dire construire une proposition qui a le maximum de probabilité d’aboutir sur une réalité effective. Pas un charabia dont les conséquences ne sont même pas assumées par celui qui l’a prononcé.

 

MARTINO : Vu sous cet angle c’est certain qu’il est plus facile d’émettre des hypothèses finalistes, comme les prévisions catastrophistes dont on fait actuellement état pour nous plonger dans une psychose de peur.

 

ARTHURO : En effet. Et c’est pourquoi la plupart des hypothèses qu’on nous assène sur l’avenir de la planète sont aussi ridicules les unes que les autres, mais malheureusement elles ont une certaine audience tellement la bêtise humaine est infinie.

 

MARTINO : Et pourquoi ces hypothèses sont-elles ridicules, elles sont pourtant cautionnées par des « scientifiques » ?

 

ARTHURO : Parce qu’elles sont émises par des idéologues qui s’habillent en « scientifiques » et qui, pour mieux brouter le gazon qu’on leur laisse en récompense, se placent en réalité au service des grands maîtres du monde, sans ressentir le moindre besoin d’y ajouter un souci d’éthique. L’alliance du MEDEF et des Ecolos lors du dernier « Grenelle » de l’environnement en est un exemple qui ne semble même plus suspect. Mais tu me diras que «  suce  pet » ou « lèche cul » c’est du kif kif.

 

MARTINO : Je pensais que pourtant, le film de Al Gore…

 

ARTHURO : Un imposteur selon Allègre.

 

MARTINO : Et son Prix Nobel ?

 

ARTHURO : Sartre a refusé le sien.  

 

MARTINO : Et le CO2 ?

 

ARTHURO : Bon on arrête, je prends un Perrier. Avec beaucoup de bulles.

 

 

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