samedi 19 mars 2022

Sujet du Merc. 23 Mars 2022 : Comment philosopher dans le "monde d'après" ?

                       Comment philosopher dans le « monde d’après » ?
 
Et ensuite  - provisoirement -    tous les mercredis jusqu’au rétablissement d’un pass quelconque : vaccinal, écologique, durable, de « non-emmerdeur », genré … etc … 😊
 

" Les jeunes gens qui débutent dans la  Philo­sophie, les amateurs qui se tournent vers la Philosophie seront-ils  longtemps  encore satisfaits de  travailler  dans  la  nuit,  sans  pouvoir  répondre à  aucune  interrogation   sur  le  sens  et  la  portée de la recherche où ils s'engagent ?

Et encore : quel emploi  feront-ils  du  voca­bulaire philosophique  ?  Que  vont-ils  tous entendre  par  le  vocable  Philosophie ?  Mettront­ ils dans les vieilles outres le même vin que leurs maîtres, ou bien  un  vin nouveau ? Rejetteront-ils les vieilles outres et le vieux vin pour des outres nouvelles et pour un nouveau vin ?

Il est  grand  temps  d'offrir  à  ces  nouveaux venus   une   situation   franche,   de  leur   apporter les lumières  les  plus  simples-.  Beaucoup  d'entre eux sont emplis de bonnes intentions, beaucoup d'entre  eux se sont  engagés  dans  la  Philosophie, ou simplement ont incliné vers elle un certain nombre de leurs  pensées,  justement  parce  qu'ils ont été troublés par  le  désœuvrement  de  ces bonnes  intentions.  

Ils   éprouvent,   d'une   façon peu claire sans doute,  que  la  Philosophie  en général est la mise en œuvre  des  bonnes  inten­tions  à  l'égard   des  hommes,  et  qu'il  suffit  de s'enrôler  sous la bannière  de  la  Philosophie pour  voir   fructifier   les  inclinations   généreuses et la paix se répandre  parmi  les  hommes  de bonne volonté.

Mais il faut enfin saisir et enseigner que la Philosophie ne se définit  point  éternellement comme la  réalisation,  comme  l'opération,  comme la victoire spontanées des bonnes volontés. Sim­plement parce que Socrate serait mort  pour elles, que Voltaire aurait défendu Calas, que Kant aurait oublié, à cause de la victoire des  Droits  de l'Homme, son vieil itinéraire de Kœnigsberg.

Mais il faut enfin saisir et  enseigner  que certaines   philosophies   sont   salutaires   aux   hom­mes,  et   que   d'autres  sont   mortelles   pour  eux, et que l'efficacité humaine de telle sagesse particulière   n'est   pas   un   caractère   général   de la PHILOSOPHIE.

On  rencontre  cependant   tous   ces  gens,  tous ces jeunes gens qui croient que tous les travaux formellement   philosophiques  amènent   un   profit à l'espèce humaine, parce qu'on leur  a  persuadé qu'il en va ainsi de toutes les tâches spirituelles. Avoir   de   bonnes   intentions,   c'est   d'autre   part, et pour parler  gros,   vouloir précisément ce profit.

On a appris à  tous  ces  gens  depuis  la classe de septième, depuis  l'école  laïque  que  la plus haute valeur est l'Esprit et  qu'il  mène  le monde depuis  l'éloignement  de  Dieu. 

A   seize ans, qui donc n'a pas ces croyances  de  sémina­ristes ? J'eus par exemple ces pensées. Sous prétexte que je lisais tard des livres  en  compre­nant   plus  facilement   qu'un   ajusteur   n'eût   fait le divertissement de Pascal et  le  règne  des Volontés  Raisonnables,  je  ne  me  prenais  pas pour un homme anonyme,  je croyais  docilement que  l'ouvrier  dans  la  rue,  le  paysan  dans  sa ferme  me  devaient  de  la   reconnaissance  puis­que  je   me   consacrais   d'une   manière   noble, pure et désintéressée à la spécialité du spirituel au profit de l'homme en général, qui comprend, parmi ses espèces, des ouvriers et des fermiers.

Mes  maîtres  faisaient   tout   pour   m'entretenir au sein d'une illusion si agréable pour  eux­ mêmes. Qui s'exerce à une philosophie - le contenu  importait  peu -    comment  ne  l'aurais­ je pas pris pour une façon de médecin  ou  de prêtre sauvant à chaque instant le monde par la vertu de ses maux de tête. C'est ainsi que bien des naïfs pensent passivement que la sociologie, l'histoire du  criticisme  ou  la  logistique  méri­tent la gratitude des hommes. Cette croyance annonce le mythe de la cléricature.

Mais il est décidément impossible de croire plus longtemps qu'une thèse sur Modératus  de Gadès, un livre sur  l'invention  mathématique doivent valoir à leurs auteurs la médaille de sauvetage  et  la   reconnaissance   des   peuples : c'est assez  que  la  Légion  d'honneur  récompense les tenants du spirituel comme elle fait les vieux capitaines d'habillement, les vieux acteurs, et les héros. 

Les hommes n’aiment point être dupés, ils n'ont pas tous une naïveté assez considérable pour croire qu'un agrégé. de philo­sophie est  en  vertu  de  sa  fonction  un  terre­ neuve ou même, une personne respectable.... 

Nous   réclamons   une   situation   nette :   comme les   nouveaux venus  à  la Philosophie vivent encore parmi les hommes,  comme le lien qui les attache aux hommes n'est point encore complètement brisé, il leur appartient de mesurer les conséquences de la philosophie de leur temps. Le métier philosophique peut bien les attirer déjà à l'écart de cette poussière que soulève la vie humaine et de ce grand bruit et de cette rumeur de piétinement qu'elle fait entendre : il leur est encore possible de se refuser à temps aux voies polies, aux froides avenues de  la  Philosophie  du ciel, de refuser les  «  soupes  éclectiques  que  l'on sert dans les Universités sous le nom  de  Philosophie ».              

Et la mesure de ces conséquences ne se passera point de la   recherche   des causes de cette philosophie.

Il n'y a point de questions plus grossières que celles qui sont posées ici, qui sont retournées ici. 

La philosophie présente qui dit et croit qu'elle se déroule au profit de l'Homme est-elle dirigée réellement et non plus en discours et croyances en faveur des hommes concrets ? A quoi sert cette philosophie ?  Que fait-elle pour les hommes ? Que fait-elle contre eux ?  Quelles peuvent   être les relations de la Philosophie et  des hommes ? 

C'est seulement en leur nom et de leur part  que sera  dissipée  l'équivoque  du  mot  Philosophie.  Il ne faut point croire sur parole ses promesses abstraites et la générosité paresseuse qui coule dans ses mots.

Paul NIZAN  -  Les chiens de garde  -  1932

 

lundi 9 août 2021

Sujet du Merc. 11 Aout 2021 : FETICHE, OU ES-TU ?

                                           FETICHE, OU ES-TU ?

 

Le fétichisme est ce report de l'affectivité sur un objet symbolique, fabriqué et unique en lui attribuant une efficacité ultime sur la réalité, efficacité liée à des manigances magiques dont les intéressés peuvent même n'être pas conscients. Un fétiche devient alors un objet auquel on attribue un pouvoir bénéfique largement imaginaire. C'est un objet qu'on fabrique de telle façon qu'on s'abuse soi-même en croyant ne pas l'avoir fabriqué. Un comble ! Et pourtant aujourd'hui, nous croyons échapper à tous les fétiches alors même que nous nous laissons aller partout et sans cesse à nombre d'idées et de vues de l'esprit métaphysiques et totalisantes.

 

Un exemple souvent inconscient : la croyance moderne au progrès qui prête à la science une puissance quasi magique. C'est aussi notre représentation scientifique de l'univers strictement matériel, froid, écrasant et absurde pour les hommes. C'est la croyance au Grand Tout, avatar du Dieu omni présent et potent, de tout temps.

 

–       Fétiche, où es-tu, qui es-tu ?

–       Je suis tout, l'absolument tout à tout instant, pour toujours. Je le suis aujourd'hui plus que jamais.

–       Tu es le Grand Maître ! Mais, en fait, ne serais-tu pas plutôt le fruit de notre imagination, de nos affects ?

–       Qu'est-ce cela, petit taquin souffreteux ! Contente-toi de croire. Je suis le Grand Tout. Laisse-toi bercer par cette idée qui apaise ta vie de souffrances et ta frayeur de la mort qui t'attend.

–       J'ai peur !

 

Les dieux et Dieu sont venus à la conscience des hommes sous deux formes de religion. Même si cela bouscule, la représentation scientifique moderne du monde ne fait-elle pas partie de la première ? Là, le fétichisme est cette perception d'un principe du monde ou archè qui englobe tout, maîtrise tout, organise tout. Cet absolu, l'univers est cette existence unique de l'infini dans lequel soi-disant nous nous trouverions. N'est-elle pas que cette immensité glacée dépourvue de sens humain, absurde, toute réunie en une froide équation mathématique. N'est-elle pas cette tentative, parmi d'autres qui l'ont précédée et lui survivent et prospèrent, d'insuffler du sens précisément là où les hommes en demandent pour faire ordre et société entre eux et apaiser leurs craintes ? Finalement, ne serait-ce pas un invariant ? Ou, alors, un mirage ?!

 

Pour l'autre forme de religion, il n'existe pas qu'une seule conception de l'infini, qu'une seule vision de la religion vraie, mais un nombre infini d'entre elles. Elle correspond à une attitude d'ouverture maximale envers les autres comme ce fut le cas lors de l'apparition chez les premiers hommes du sentiment religieux.

 

Le premier ordre religieux est toujours partout parmi nous. C'est l'autorité du Conseil scientifique (et médical) in fine dévoilant les mécanismes de domination de la société. C'est la finance hyperbolique des algorithmes fétiches qui saborde la vie. C’est l’équivalence de tout à l'argent comme fétiche. Equivalence, identifiée par Marx, à la vie moderne soumise à la division du travail atteignant aujourd'hui les ultimes confins du monde et des affects. Ainsi que l'avait bien compris Edward Bernays qui propulsa la guerre puis le capitalisme des pulsions*. Nous ne cessons d'échanger et d'acheter des objets et des services marchands sans savoir comment ils sont réellement produits et comment ils obtiennent leur valeur.

 

Et c'est aussi cet absolu des autorités monothéistes quasi psychotiques. Et par-dessus le marché, nous nous inventons encore d'autres fétiches à profusion : l'Ecologie, la Planète et la Pancha Mama, le Climat décarboné, les idoles du sport et de la mode, les stars du cinéma, les milliardaires allumés des GAFAM qui s'envoient « en l'air ».

 

Plus prosaïquement, c'est encore d'autres institutions : l'Etat, des textes de loi, l'armée et la police, le directeur ou, plutôt, la directrice. Et puis c'est aussi l'Amour et même le genre (173 variétés officiellement répertoriées dans le monde) et autres LGBTQ ou GPA-PMA, le manager de supérette, l'aiguilleur du ciel et … le scientifique...

 

Bref, attribuer à un « sujet de savoir » anonyme qu'il s'inquiète de l'ordre est une forme de fétichisme dont nous ne pourrons sans doute jamais nous défaire entièrement. (Je mesure bien que j'en fais sans doute moi-même partie à cet instant de pontification philosophique.) Appelons ça la croyance au « Grand Autre présumé savoir » (Lacan), le Big Brother (G. Orwell).

Ainsi, « avons-nous confié à la science la position de garant de la rationalité de l'ORDRE SOCIAL (les rebondissements de la pandémie Covid en sont une illustration patente qui nous est « offerte » de vivre). Mais agissant ainsi, nous lui en demandons mille fois trop, car aucune analyse scientifique ne pourra jamais nous affranchir de la renégociation personnelle des règles de notre vie commune pour les instaurer dans des fondements raisonnables. La fétichisation de la science n'aboutit qu'à une seule chose : nous projetons nos désirs d'ordre et nos idées sur un conseil d'experts qui ne saurait tout simplement même pas exister, un conseil d'experts qui décide à notre place de tout ce qui concerne la manière dont nous devrions effectivement vivre. »

 

Le Grand Autre est celui dans lequel on s'intègre en renonçant à nos responsabilités. Il est plus facile de croire et de vivre dans l'idée que les choses sont déjà réglées plutôt que de vivre, en se souciant que ça ne s'écroule pas autour de nous, en coopérant socialement avec les autres.

 

Le premier outil pour saper tout ça, c'est sans doute de sans cesse comprendre et rappeler qu'un fétiche n'est rien d'autre que notre projection de forces surnaturelles sur un objet que nous avons nous-mêmes créé. Ça alors ! Quelle imposture ! Créer ou adopter sans cesse un fétiche est pourtant tout à fait commun après des millénaires de platonisme et de monothéisme ! C'est cette tendance à se prendre pour la créature d'un autre en intégrant notre identité à un tout rationnel. Nous nous sentons rassurés quand nous nous imaginons être une partie d'un tout que nous sommes capables de comprendre d'une manière ou d'une autre. Rationnelle ou à peu près.

 

La question est de savoir dans quelle mesure nous serons jamais capables de nous défaire complètement de cette disposition d'esprit a priori confortable. Et comment ?

 

*   Rechercher dur le web : « BERNAYS-Comment manipuler l'opinion ».

 

lundi 2 août 2021

Sujet du Merc. 04 Aout 2021 : Le complotisme : mythe ou réalité ?

 

Le complotisme : mythe ou réalité ?


Je complote
Tu complotes         
Il complote  
Nous complotons : Le complotisme mythe ou réalité ?

Bille Gates en 2015 anime une conférence à Berlin en tant que philanthrope, sa fondation participe à de vastes campagnes de vaccination. Il se permet un discours ou il explique que dans les dangers qui menace l’humanité il faudrait plus s’inquiéter des risques de pandémie que d’une 3 ° guerre mondiale.

Début 2020 cette vidéo ressort avec des commentaires plutôt favorables perçue comme une réflexion d’un visionnaire.

Mais très vite une autre interprétation va apparaitre pour faire place à une réflexion inverse. Comment pouvait-il savoir qu’une pandémie arriverait ? Ce n’est pas de la perspicacité, s’il a dit ça, c’est donc qu’il savait. … Donc c’est Bill Gates qui a peut-être répandu ce virus pour mieux vendre un vaccin potentiel. Et une dernière version de cette conspiration envisage la possibilité d’une introduction d’une puce 5G pour pouvoir nous tracer.

Il faut comprendre que les hypothèses en cascades invraisemblables vont faciliter le buzz et grandement participer la diffusion en masse sans nuire à la crédibilité de la thèse complotistes. Car il laisse croire aux gens à une sorte de libre arbitre raisonnable. L’individu pensera : la puce 5 G je n’y crois pas, mais pour le reste il y a forcément du vrai.

Ces gros sujets de complotismes sont régulièrement dénoncés dans tous les médias avec d’abondantes chroniques documentés. Car les journaux voient par là une occasion de refaire leur légitimité en insistant sur la rigueur de leur propre travail qui serait bien au-dessus de cette information vulgaire diffusée par le peuple. Sans cacher leurs combats avec la concurrence déloyales des méchants réseaux sociaux. De grands médias (libération, Le Monde, Arte) ont eu l’arrogance de créer des supports spécialement dédiés au démontage de thèses conspirationnistes avec une mise en scène de laboratoire scientifique (LES DECODEURS) alors qu’ils ont autant de partie pris que n’importe quel média.

Oui mais voilà, il reste que ce n’est pas satisfaisant pour comprendre la totalité du phénomène. Car les gens ne sont pas forcément victimes simplement d’une curiosité malsaine.

En effet tout le monde cherche à comprendre la société et surtout les causalités multiples de notre époque et quel que soit les idéologies il restera toujours des zones d’ombres qui échappent à toutes explications. Les théories économiques ou les bonnes intentions politiques ne parviendront jamais à éclaircir la totalité des réalités qui nous entourent. Si vous ajoutez à ça le sentiment d’injustice que génère nos sociétés vous créez un terrain favorable à des croyances ou des théories qui peuvent s’avérer fausses.

Le complotisme peut également être reproché de manière abusive à toute personne qui pourrait élaborer un raisonnement économique un peu nouveau. Il est même devenu une facilité pour refuser tout argument de son adversaire sans plus d’explication.

Le conspirationnisme est décrit par Pierre-André Taguieff comme « la vision du monde dominée par la croyance que tous les événements, dans le monde humain, sont voulus, réalisés comme des projets et que, en tant que tels, ils révèlent des intentions cachées — cachées parce que mauvaises. 

Le complotisme est le plus souvent une mauvaise réponse ou une facilité à de vrais problèmes ou de vraies questions. Il y a aussi l’idée confuse que le vrai pouvoir échappe partiellement aux gouvernements.

Mais une corrélation n’implique pas nécessairement une causalité.

Malgré tout il reste un moyen de faire la part des choses assez facilement, qui consiste à ne pas ou à écarter si possible, l’intention dans la réalisation ou la constatation de chaque malheur qui nous entoure.

Ne pas oublier que Karl Marx est peut-être le plus grand philosophe matérialiste, mais dans son œuvre « le Capital » il démonte un système, qui selon lui est mauvais (paupérisation), et est voué à s’effondrer (baisse tendancielle du taux de profit). Certes il reproche aux bourgeois de s’accrocher à la propriété des moyens de productions, mais ne leurs reproche rien d’autre en réalités d’où la force de sa théorie. Marx nous dit que le système est mauvais, qu’il ait raison ou tort, c’est autre chose.

Doit-on vraiment aller plus loin que lui dans la critique du truc qui nous fait vivre ?

dimanche 25 juillet 2021

Sujet du Merc. 28 Juill. 2021 : Diaboliser le CO2, c’est odieux ! L’homme zéro carbone.

 

Diaboliser le CO2, c’est odieux !

L’homme zéro carbone.

 

Il y a actuellement beaucoup de gens qui voudraient « sauver la planète ». Et puis quoi encore ? Ils feraient mieux d’essayer d’abord de se sauver eux-mêmes, ce serait toujours çà de gagné pour boucher le trou de la sécu. Je parle bien sûr de tous ces mystificateurs qui voudraient nous culpabiliser, au prétexte que l’évolution climatique est directement liée à l’activité humaine, particulièrement celle qui génère le fameux CO2.

 

 Il est pourtant évident que notre bonne vieille terre subit actuellement les effets tangibles d’un cycle thermique qui se manifestent, entre autres, par le recul de certains glaciers. Car il faut savoir que l’accroissement actuel de l’activité solaire est directement responsable de ces phénomènes comme ce fut jadis souvent le cas par le passé. Sinon comment expliquerait-on autrement l’augmentation actuelle de la température sur toutes les planètes de notre système, ou bien comment rendrait-on compte de l’existence de vignes en Ecosse au moyen âge, ou de la culture du blé par les Vikings au Groenland quelques siècles plus tôt. 

Quant à l’effet de serre peu de gens peuvent définir ce qu’est vraiment ce phénomène et expliquer s’il est cause ou effet du réchauffement. En effet n’est-ce pas parce que le soleil est plus actif que la température augmente, et qu’ainsi davantage d’eau s’évapore et donc que l’atmosphère se charge ? Précisément se charge en vapeur d’eau, premier gaz, et de loin, responsable du fameux « effet de serre ». Et en ce qui concerne le dioxyde de carbone, avec lequel on nous satanise, par exemple dans le débat sur la fameuse taxe, il n’est qu’un composant très marginal du mélange des gaz atmosphériques (0,038%) et même si son augmentation conjoncturelle est réelle, elle ne saurait aggraver son rôle de manière sensiblement significative, ni par conséquent étayer le moindre début preuve de son influence éventuelle sur l’augmentation infime de la température moyenne du globe. Alors, à qui profite la clim ?

 

Il ne fait plus de doute qu’une pensée unique s’est installée dans les esprits sur la responsabilité des hommes dans l’évolution du climat. Dogme qui justifie que la culpabilisation qu’on leur fait porter doit être à la mesure des pressions que l’on va exercer sur eux. Car on va le payer cher, évidemment si nous sommes solvables et parce que tout le monde ne pourra pas, ou ne voudra pas, participer à l’effort «  vert ». Le prochain sommet de Copenhague est couru d’avance, comme ce fut le cas pour Kyoto.

 

Derrière toute cette agitation entretenue par les prêtres subventionnés de la nouvelle religion, qui doivent bien justifier leur pain quotidien, pavane, fièrement adoubée par un jury scandinave, l’institution papale du nouveau Vatican : le GIEC bras armé de l’ONU. Par un modèle d’imposture scientifique (qu’heureusement on commence enfin à décoder) cet organisme déclare sa loi suprême sur l’obligation de réduire drastiquement les « gaz à effet de serre », sans autoriser la moindre contestation. Toute la hiérarchie écologiste relaye avec le plus grand zèle cette position officielle, et les gouvernements y vont de leur démagogie plus ou moins accentuée pour rester au diapason d’une opinion publique apeurée par les zozos Gore, Hulot, Bertrand et Cie. 

On a alors des illuminations grenellistiquement correctes comme la « taxe carbone » à efficacité plus que douteuse, des  «  éoliennes » ridicules, des « politiques de transport en commun » stupides, des « énergies renouvelables » absurdes, des « bio carburants » lamentables, des « ampoules basse consommation » cancérigènes, des  «  isolations thermiques » comiques, des  «  ventes de permis d’émission de CO2 » grotesques, des « subventions diverses pour équipements domestiques « citoyens » » incohérentes et démagogiques etc… etc…

Car il faut, non seulement « sauver la planète », noble mission de la nouvelle église, mais aussi sauver l’homme qui vivra avec. Tout un programme. 

Alors, au lieu de s’emparer et de s’atteler aux vrais problèmes de l’humanité ( gestion mondiale de la ressource en eau, lutte contre le sida, faim dans le tiers monde, développement des terres cultivables, réduction de l’illettrisme, traitement des déchets urbains …), on nous amuse avec des gadgets comme le passage de 130 à 110 km/h sur les autoroutes , l’heure d’hiver, l’obligation de pisser avant de prendre l’avion, au prétexte que çà réduit les « bilans carbone », ou, mieux encore, d’ aller, la nuit, aux toilettes sans allumer le couloir.

 

Si l’on n’a pas trop de difficultés à deviner comment les hommes s’adapteront aux évolutions de l’exploitation des ressources de la planète, en particulier par la progressivité de l’épuisement des stocks d’énergies fossiles, et dans le contexte du rattrapage par les pays « émergents » de leur propre développement, justement au moyen de ces énergies, on a, par contre, beaucoup plus de mal à imaginer comment sera «  l’Homme Zéro Carbone ».

 

L’ « Homme Zéro Carbone » sera, sans nul doute, un vrai zombie. Vivotant dans une grotte et ses environs immédiats comme un troglodyte efflanqué, ayant supprimé les élevages intensifs de bovins et ovins pétogènes, il erre dans la campagne fleurie, cherchant des champignons hallucinogènes et des protéines de substitution, trottinant à pied dans les hautes herbes et il tire avec son arc  des flèches en bambou sur les étrangers parvenus à maturité qui ont encore l’audace de se balader avec leurs 4X4 rescapés des réquisitions préfectorales. Immigrés qui bravent en permanence les lois sécuritaires de son beau pays malgré les risques de subir les violences de la féroce répression policière. Les lapins de garenne qui prolifèrent grâce aux protections qu’ils ont obtenus pour leur « développement du râble », lui chapardent les salades de son jardin bio, un potager qu’il essaye de cultiver avec les obligations éthiques de n’y utiliser, pour nutriment, qu’un compost naturel fermenté sans le moindre dégagement de carbone gazeux. 

Pour se chauffer et se couvrir par temps froid, il fait des joggings en hululant, même de nuit (surtout s’il y a la pleine lune), et se vêt comme il peut. Car il n’a pas droit aux fibres textiles hautement carbogènes, le mouton sauvage étant une bête à poils laineux, à poils haineux, à poil. Pour sa reproduction autocloonique, c’est encore plus difficile. Pas question de faire des photocopies à cause de l’encre carbonée. 

Non, l’Homme Zéro Carbone ne se reproduit que de bouche à oreille, un comble de l’érotisme. Son système sexué ayant en effet perdu toute vigueur, il faut bien qu’il y substitue un ersatz aqueux, ce qui lui donne tout de même l’assurance de ne pas rester en panne sèche, dans les moments les plus décisifs du tirage aléatoire de sa courte paille.

 

Bref, toute une nouvelle existence, difficile, il faut en convenir, attend le nouveau messie. Zéro carbone ou Zorro carbone, il y a du justicier dans le personnage, il faut lui reconnaître un certain courage. Mais sans doute un courage que ne s’imaginaient pas ses pères concepteurs. 

Toutefois, il convient de noter une consolation dans cette vie d’ascète des temps post modernes à connotation rousseauiste rétroactivement typique : la température de la planète n’a augmenté que de 0,0006 °C depuis trois siècles alors qu’elle aurait augmenté de 0,0008°C si les pionniers du Nouveau Monde n’avaient pas veillé sur lui. Il est sauvé et il sait à qui il le doit.



 

dimanche 18 juillet 2021

Sujet du Merc.21 Juil. 2021 : La science est-elle la panacée qui va sauver le monde ?

 

La science est-elle la panacée qui va sauver le monde ?

 

Tout d'abord définissons le domaine de validité du « monde » pour cette problématique : il s'agit du monde des Hommes, l'environnement, les interactions et les questions.

 

Une panacée c'est un remède universel qui soigne tous les problèmes.

 

La science c'est l'ensemble des travaux et des résultats des sciences. C'est la connaissance exacte, universelle et vérifiable exprimée par des lois.

 

La science repose sur des principes rationnels immuables. Elle seule peut appliquer au monde la connaissance du réel et la rigueur mathématique qui sauve de l'absurdité de sens. Elle n'avance jamais rien qui ne puisse être prouvé.

Or, la vocation de la science n'est pourtant pas de donner une représentation ultime du monde et qui nous sauverait. Elle permet à l'Homme de comprendre un peu mieux le fonctionnement du monde mais elle ne répond pas à ses questions existentielles.

La réalité ne se réduit pas à des phénomènes physiques et biologiques.

Ici donc, se pose un problème conceptuel : la science est-elle la seule à fournir une représentation du monde qui serait la panacée qui le sauverait ?

 

Dans un premier temps nous verrons que seule la science atteint à la panacée qui sauve le monde car elle est objective.

Puis dans un deuxième temps nous montrerons que la philosophie, la connaissance peuvent sauver le monde.

 

La science sauverait-elle le monde ? :

 

1- La raison scientifique est universelle et immuable. La constitution d'une mathématique rationnelle dont l'origine remonte aux grecs a établi une représentation du monde que personne ne peut nier.

A partir de Leibniz notamment, les penseurs vont définir la raison comme un système de règles formelles dont on use avant même d'en avoir conscience.

Les nécessités exemplaires de la science montrent que les lois de la raison sont invariables et se situent bien au-delà de l'aspect subjectif de la pensée individuelle.

 

2- La connaissance est le dernier lieu de sens. Berthelot, chimiste et homme politique du XIXème siècle, affirmait que le monde est aujourd'hui sans mystère. En effet, les progrès dans la connaissance, les méthodes rigoureuses que la science développe et son objectivité permettent à l'Homme de résoudre d'une façon rationnelle certains problèmes qu'il se pose.

Ainsi, la connaissance est le dernier lieu de sens. Elle est une sauvegarde contre les instincts, les opinions, le fanatisme et l'intolérance. Elle permet à l'homme d'accroître sa liberté et de prétendre au bonheur.

 

La science n'est pas une panacée :

 

1- Or, il faut tenir compte des limites de la science.

Weber affirmait que la science n'a pas pour vocation de donner une représentation totale du monde.

EX : La médecine qui a le devoir de sauvegarder la vie et de diminuer la souffrance mais qui ne répond pas à la question de savoir si la vie mérite d'être vécue et dans quelles conditions.

 

2- Il existe une panacée qui sauve le monde et qui n'est pas scientifique.

 

En effet, il est impossible d'étudier l'Homme comme on étudie la matière et le vivant. Pourtant la philosophie et les sciences humaines sont parvenues à fournir des représentations du monde sur des manières de penser et d'agir.

Mais les représentations du monde sur le bien et le mal sont hors de portée des sciences « exactes ».

 

 

En conclusion, La science fournit aux Hommes des certitudes démontrées sur la représentation du monde constituant une panacée qui sauve de l'absurdité de sens. En dehors d'elle, ce qu'on appelle « panacée » renvoie à de simples convictions.

C'est par la rationalité et une éthique de la connaissance que l'Homme peut espérer donner du sens au monde.

 

Mais, le scientifique ne doit être ni un prophète, ni un démagogue. La véritable vocation de la science n'est pas d'indiquer à l'Homme ce qu'il doit faire, mais plutôt d'éclairer sa réflexion.

Certaines sciences (humaines et sociales) peuvent en effet répondre à des questions que se posent les Hommes. Mais les sciences dites « exactes »(mathématiques, physique, chimie,...) ne s'occupent que des faits et des lois et ne tiennent pas compte de l'aspect humain.

La science, dans son ensemble ne peut donc pas être une panacée qui peut répondre à toutes les problématiques humaines......

 

lundi 12 juillet 2021

EXCEPTIONNELLEMENT Sujet du Jeudi 16 Juillet 2021 : Pourquoi pousser à la performance ?

 

Pourquoi pousser à la performance ?

 

 

La philosophie ne pousse-t-elle pas la pensée à la performance radicale d'une perpétuelle remise en question? Ne faut-il pas rechercher et réaliser le meilleur de soi en actes sans transcender l'humain par aucune prothèse qu'elle soit médicamenteuse, génétique ou autre? Ne faut-il pas rechercher le meilleur de la performance collective dans des limites acceptables?

 

Allons aux origines. Depuis toujours on arrange des mariages pour améliorer un patrimoine social, culturel ou génétique. Depuis ses origines, le vivant n'a été qu'«erreur» de réplication génétique et lutte, sélection et prédation pour la survie. L'aptitude à une performance adaptative est inscrite dans l'évolution génétique et culturelle. De là à imaginer un but ultime est une erreur métaphysique.

 

Pour Platon, «éduquer les hommes c'est les élever, c'est-à-dire leur apprendre à renoncer aux séductions du sensible pour réaliser le meilleur d'eux-mêmes qui participe de la divinité». A cet égard, n'y a-t-il pas une contradiction logique entre la finitude postulée de l'humain enserrée dans des bornes et le supposé infini de ses capacités? Si les limites de l'humain existent, nous pouvons le définir; mais si nous ne pouvons pas le définir, le voilà illimité. C'est ce dernier choix philosophique que poursuit majoritairement l'Occident considérant que l'humain change si souvent et tant qu'il excède toujours ce que l'on croit savoir de lui et que les multiples façons de le penser requièrent de le re-penser toujours dans le questionnement continu de la philosophie.

 

Mais alors, si la pensée n'a pas de fin et qu'on ne peut la borner, la philosophie peut-elle logiquement critiquer la recherche partout présente d'une performance toujours supérieure? D'emblée, toute performance requiert un référent. Mais quelle norme apposer à l'humain, comment échapper à cette exigence? Reconnaissons qu'une norme n'est pas en soi une et absolue mais évolutive. Un homme se définit-il une fois pour toutes ou bien émerge-t-il à l'existence par les actes qu'il pose? Ne se mesure-t-il pas à ses actes librement consentis face à une situation toujours changeante? Poser une norme, un objectif ou une fin prédéterminés est attentatoire à la dignité et participe d'une démarche fascisante, totalitaire. Le nazisme décréta le handicap «hors norme», à éradiquer. Les performances aryennes supposées visaient la transcendance du surhomme (Nietzsche), sans confirmation aux jeux olympiques de 1936 ni dans la guerre ou la supériorité génétique.

 

Avec la supposée «fin de l'Histoire» dès 1989 (Fukuyama), l'«élite» ploutocratique des profits croissants tend à se constituer en surhommes génétiquement probables. Leur pendant obligé est la constitution de masses infrahumaines génétiquement programmées à la docilité.

 

Ainsi se réalise en parcs humains obéissants le rêve des camps du «Arbeit Macht Frei» tendant vers le «zéro humain» que ces camps avaient vainement approché par une sublime performance de déshumanisation (Primo Levi).

 

Le projet de transformation génétique de l'humain vise à neutraliser les velléités révolutionnaires des multitudes généralement plus inutiles que laborieuses et assurer l'Eden des princes du profit et de la bio-informatique. La démocratie nous y conduit irrésistiblement parce que les gens veulent la meilleure progéniture possible, comme lors déjà des mariages arrangés (système hindouiste des castes). D'où la dérive autoritaire précitée du pouvoir absolu sur les choses et les êtres (Descartes) car cette volonté de maîtrise génétique développe des contrôles pour un prétendu bénéfice collectif. Il y a menace sur les libertés par conformisme des buts collectifs, sur l'égalité via la hiérarchie qui sortira des ordinateurs des généticiens, et sur la fraternité parce que l'autre deviendra celui que la génétique définit et débusque dans le génome.

 

Mais cette performance inouïe a-t-elle le moindre sens? Ce qui en aurait ne serait-ce pas l'usage qu'on veut faire d'un quelconque sur­ou sous-homme à construire pour une utilisation précise? A cet égard, qui spécifiera la norme qui présiderait au choix :

 

1-    entre la quête métaphysique de la transcendance, du divin et de l'impossible dans le fantasme de l'idéal et celle de la compréhension du monde tel qu'il est ?

 

2-    entre la course au progrès infini et la recherche de l'humainement raisonnable et réalisable ?

 

3-    entre l'objectif absolu de l'efficacité prédictive de la science qui veut tout connaître et tout expliquer, même l'homme, et celui de servir celui-ci dont la science ne saurait déterminer le sens ?

 

4-    entre la société concurrentielle de marché, guerre, profits infinis, et argent roi et celle du partage libre, équitable, solidaire et économe des efforts des hommes et des ressources naturelles ?     

5-     entre l'acharnement thérapeutique, la «passion» papale et une mort dignement consentie-     

6-    entre la performance physique par le dopage et la liberté de l'épanouissement personnel, convivial et fraternel

7-    Le problème n'est-il pas de savoir s'il faut fixer une norme pour que l'homme se construise en conséquence et si faire cela n'implique pas de savoir s'il faut penser l'homme et particulièrement chercher sans cesse comment le penser ?

Ce qui est proprement philosopher.

 

 

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