dimanche 29 janvier 2017

Sujet du Merc. 01/02/2017 : Uber : ou comment les esclaves se font maîtres ?

        Uber : ou comment les esclaves se font maîtres ? 


Adam Smith écrit en 1759 un ouvrage de philosophie morale, « la théorie des sentiments moraux ». Il expose dans ce texte l’équivalence – pour lui – entre « désir de richesse » et « amour de soi ».

Selon cette interprétation, comme dans « la Richesse des nations » A. Smith se demande comment survit une communauté où chaque individu se préoccupe avant tout de son intérêt personnel.

Pour lui, les actions des individus seraient coordonnées et rendues complémentaires par le marché et ce qu’il appelle la « main invisible ». Selon Smith, les « lois » du marché, associées à la recherche de l'intérêt personnel des agents économiques, conduiraient à un résultat inattendu : l’harmonie sociale. 

La confrontation des intérêts individuels mène naturellement à la concurrence, et cette dernière amène les individus à produire ce dont la société a besoin. En effet la forte demande provoque l’envolée des prix, cette dernière amène donc naturellement les producteurs avides de profits à produire le bien recherché. 
La recherche de l'intérêt personnel d’un individu seul peut être nuisible, mais la confrontation des intérêts personnels mène à l’intérêt général. Si un producteur tente d’abuser de sa position et fait monter les prix, des dizaines de concurrents tout aussi avides de profit en profiteront pour conquérir le marché en vendant moins cher. La main invisible oriente donc le travail vers l’usage le plus utile à la société car c’est aussi celui qui est le plus rentable. Elle règle avec justesse aussi bien les prix, que les revenus et les quantités produites.
Adam Smith avance donc le premier (et c’est là son originalité) l’idée d’un marché
« autorégulateur ».  

Les idées d’Adam Smith sont le fonds idéologique (car déconnectées du réel  - Cf l’analyses des crises et guerre de son époque à nos jours) du libéralisme. Intimement liées au mode de production capitaliste (naissant à l’époque de Smith), elles justifient totalement les processus en cours d’individualisation des agents économiques, connus sous le terme générique d’Ubérisation (du nom de l’application Uber).

Mais notons immédiatement qu’Uber ne fait que ressusciter ce que furent les contraintes du « salariat » au tout début de l’ère capitaliste (début du 19ième siècle). A cette époque, les relations de travail étaient encadrées dans le Code civil par deux types de contrats. Le premier actait une subordination du salarié : le contrat de « louage de service » entre le maître et les « gens de travail ». Il n’était cependant que peu utilisé. Le contrat de loin le plus utilisé était au contraire conçu comme un contrat entre égaux : le « contrat des entrepreneurs d’ouvrage par suite de devis ou marché ». La soumission était ainsi juridiquement niée. Les ouvriers étaient « libres » et …. Précarisés à l’extrême.

Il fallut, pour obtenir des progrès réels par rapport à l’idéologie du « libre agent économique », que le gouvernement de la Commune de Paris instaure de nouvelles lois de défense des ouvriers et qu’une longue succession de conflits sociaux, le plus souvent violemment réprimés, pour que le contrat de travail et la journée de 40h arrivent à maturité au tournant de 1936.

Si le contrat de travail reste (ou restait !) un contrat de subordination il incorpore certaines obligations dues par l’employeur. D’autre part à la suite de la Libération et du CNR le patronat doit inclure dans la rémunération des éléments financiers visant à la sécurité des employés (cotisation retraite, sécurité sociale, chômage …).

Face à la réalité des rapports humains, politiques, au sein de la société ; la doctrine de Smith a dû être adaptée pour éviter des conflits bien nuisibles aux …. affaires ! Mais les temps ont changé et les rapports de force peuvent changer. Un chômage croissant, la robotique, l’informatisation, les délocalisations, la mondialisation de l’économie ; l’apparition d’un syndicalisme « d’accompagnement », réformiste et de partis de pouvoir (se revendiquant de la « gauche » !) ont vu en quelques années le droit du travail profondément dépecé (accord sur l’ANI, loi El Khomri). Le temps est revenu de ressusciter A. Smith et son apologie du « désir de richesse » et de «l’ amour de soi ».

Sur fond de crise économique exacerbé et de chômage incontrôlable Uber (et bien d’autres) propose alors son modèle : le futur chauffeur achète son véhicule, ses costumes, son carburant et Uber le met en relation avec des clients (ou cesse de le mette en relation s’il « n’en fait pas assez »). Au niveau même de l’Etat le fringant ministre de l’économie, E. Macron défend les vertus de cette solution en dépit des dures conditions d'exercice (un salaire horaire net en dessous du SMIC pour 70 heures par semaine et douze heures par jour, comme rempart à «l'assistanat», «dans un système qui ne leur donne pas d'option». Canal +, Nov. 2015.
Mais qui sont les candidats pour ce nouveau mode de se concevoir comme « son propre patron » ? Les cartes ci-contre sont parlantes. Ce sont dans les couches les plus précarisées, depuis des années, de la banlieue parisienne que se recrutent les candidats au rêve du « self made man ».
Mais à ce jeu on retourne rapidement dans la jungle de la mise en place d’un capitalisme sauvage dans lequel, comme au 19ième siècle, les employeurs imposent leurs conditions. Dans le secteur de Uber, des entreprises nouvelles sont apparues dans lesquelles un véhicule est loué à deux chauffeurs (la voiture tourne 24h sur 24h, 7j sur 7), qui travaillent 6 jours à raison de 10 à 12h/jour pour l’équivalent d’un Smic horaire. A Paris et 3 départements  10 centres de formation sur 50 ont fraudés et 500 résultats d’examen (payants !) ont été invalidés.

Uber est emblématique, mais tous les secteurs sont touchés et sur fond de désagrégation sociale, de misère économique et de triomphe de l’individualisme (une des bases de projet d’Adam Smith), le mythe de l’auto-entrepreneur ne peut que se renforcer. Le temps est venu où les esclaves modernes en croyant se faire maîtres ne feront qu’accéder au statut de poulets libres, dans un poulailler ouvert, avec des renards libres aussi.

L’entreprise sera alors totalement libre et nous verrons bien qui sera les maîtres. A moins que par ces ruses que connait l’histoire il soit mis un terme aux maîtres.


Mais c’est un autre sujet !

samedi 21 janvier 2017

Sujet du Mercredi 25/01/2017 : La paix est-elle possible ?

                               La paix est-elle possible ?
        
De nos jours le thème de la paix peut paraître pour beaucoup, de plus en plus risible quand nous voyons le nombre grandissant de pays déstabilisés, l'état des sociétés humaines et des conséquences que cela entraîne. Voilà une bonne raison pour essayer de développer ce que sous-entend la paix, les actions pouvant être mises en place pour y parvenir, grâce aussi à une certaine compréhension de son antagoniste, qu'est la guerre.
La paix, est en général, définit comme un état d'absence de conflits, de querelles, de guerres, et cela, à différentes échelles: individuelle et collective. Au niveau individuel: on parle de paix intérieure. C'est le fait de vivre en accord avec soi-même, tout en jouissant du calme intérieur, pouvant résulter d'une quête philosophique ou spirituelle.
Au-dessus du niveau individuel, vient le niveau collectif: la paix sociale, ou civile, partant localement grâce à des relations de bonne entente avec son entourage proche (familial et communautaire) pour finir à l'échelle d'un pays/état.
La paix entre les états nations entre alors en jeu, pour pouvoir escompter une paix plus large et globale, basée sur la bonne entente non plus entre personnes mais entre états, représentants d'une population.
La relation de bonne entente, union des cœurs et des volontés, qui produit la paix est définit comme concorde, terme que Spinoza revendiquera comme étant plus adéquate car la paix n'est pas qu'une absence de guerre...
On peut se poser plusieurs questions quant aux rapports des différentes paix distinguées ci-dessus:
-Une personne peut-elle atteindre la paix intérieure, sans qu'il y ait une paix civile?
-La concorde nécessite elle que les personnes impliquées soient en accords avec elles-mêmes?
-De même, la paix entre les états peut-elle exister sans la paix civile?
Il semblerait que non, la paix civile est indispensable à la paix entre états. Kant, dans son Projet de Paix Perpétuelle dit: "La constitution républicaine présente la perspective de la conséquence que nous désirons, à savoir la paix perpétuelle." Pour lui, la république avec sa constitution, est la seule base solide pour accéder à la paix, car la constitution peut garantir la paix civile.

La Nature nous conduit elle à la paix ou à la guerre? Le paradoxe de sa chaotique harmonie peut nous amener à analyser les deux revers de la médaille.

En effet, on peut affirmer que les gens sont le plus souvent orientés vers l'entraide, que vers l'opposition: on ne pense pas qu'à mettre des bâtons dans les roues du voisin! Fort heureusement d'ailleurs! La paix serait l'état normal de l'humanité, certes parcouru par des conflits nombreux et violents mais jamais fatal. Aristophane a écrit dans son œuvre La Paix: "l'homme guidé par ses instincts sensuels semble tendre à la paix", Rousseau, que "l'homme est naturellement pacifique".
Et même si les guerres sont nombreuses et persistantes, ce n'est pas le signe qu'elles soient naturelles: elles peuvent justement être la résultante d'une dénaturation de l'homme, et par conséquent, évitables.

D'un autre côté, on peut nettement opposer à ce qui vient d'être dit, l'appétit de destruction qui semble inné chez l'homme, son coté agressif, et son génie pour générer du chaos. Nietzche disait: "l'état naturel est la guerre, nous ne concluons la paix que pour des périodes déterminées". D'autres diront, l'histoire, c'est la guerre: l'histoire serait l'ultime exemple de l'état naturellement guerrier de l'homme. Il faut donc instituer la paix, comme l'a proposé Kant dans son Projet de Paix Perpétuelle, évoqué plus haut, et qu'on pourrait rapprocher au projet de création de l'Organisation des Nations Unis. L'objectif étant de créer des conditions nécessaires au maintien de la justice et de l'ordre international, et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international. L'ONU a la volonté de créer une alliance pacifique d'états, dont le but est d'empêcher les conflits armés entres ses différents membres.
Il effectue la mise en place d'une législation internationale qui permet de palier à l'impossibilité de créer un état de nation.

L'envie et des actions politiques de grande envergure pour éviter des guerres ont donc été engendrées. Mais on peut en voir toutes les limites, avec la prolifération actuelle des guerres et les divergences de points de vue et de positions des membres quant à la gestion politique et militaire de ces dernières.

Pour amener les lois régissant un ordre international, des réflexions de justice et d'éthique sont donc nécessaire à la base. Mais là encore, qui décide des lois? Mais plutôt, qui les respecte? On revient à l'image du berger qui garde son troupeau, pour l'emmener inexorablement à l'abattoir. 

L'idée de justice sociale est fondamentale, un impératif minimum, dans le processus pour aboutir à une paix sociale: à une concorde... La justice est le socle dont une société a besoin pour induire l'équilibre, l'harmonie. 

Ne serait pas ce qui manque dans nombres de nos sociétés actuelles?

De plus, est ce que l'absence de guerre, corresponde à l'obtention d'une paix réelle?

dimanche 15 janvier 2017

Sujet du 18/01/2017 : Mais que suis-je donc quand je ne pense pas ?

                                  
TITRE ORIGINAL DU SUJET :

Mais que suis-je donc quand je ne pense pas ?

NDLR : nous rappelons le titre exact du sujet initial tel qu'il a été voté. Pour des raisons que nous regrettons aucun des deux contributeurs n'a respecté l'intitulé d'origine.

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                        Que suis-je donc si je ne pense pas  ? 
 
Première contribution : D'aucun dirait « rien » ou « pas grand chose » ou plutôt une chose ou un animal. Mais pas un être humain.
D'autres affirmeraient qu'on ne peut s'empêcher de penser et que la question est donc absurde...
Mais.....réfléchissons (si on ne pense pas!) et essayons de définir ce qu'est « penser » :

Il existe la pensée réflexive, celle qui permet de nous faire prendre conscience du monde environnant. Et il existe la raison qui nous permet de penser de façon logique et rationnelle.

Descartes disait, dans son « Discours de la Méthode » que si l'on doute, on pense et si l'on pense, on est.
Descartes faisait l'hypothèse qu'une force obscure pouvait nous tromper en nous faisant passer pour vraies des représentations fausses. Si les sens peuvent être source d'illusions, nous pouvons cependant suspendre notre jugement ; ce qui est une action de la pensée qui vient prouver notre existence irréfutable.
Mais qu'est-ce que penser ? C'est douter, entendre, concevoir, affirmer, nier, vouloir, ne pas vouloir, imaginer aussi et sentir. Ne sont-ce pas là des caractéristiques de l'être humain ? L'existence d'une pensée dubitative est la preuve de l'existence de l'Homme comme être pensant.
Toute pensée est d'abord conscience, acte de dépassement vers une chose et présence à soi. Lorsque je vois par exemple,je sais que je vois de manière immédiate.
Penser c'est aussi unir les représentations dans une conscience. Par exemple devant la diversité de tous les arbres, j'abstrais quelques caractéristiques communes : racines, tronc, branches, feuilles. J'obtiens un concept et grâce à lui je peux prendre en un mot (arbre)la diversité de tous les arbres.
Les concepts, je peux les réunir en un jugement. Par exemple : « l'homme est mortel ». Dans ce jugement il y a le sujet : l'homme (concept) puis, le prédicat, ce que l'on attribue au sujet (mortel). Les jugements, je peux les enchaîner dans un raisonnement, exemple :
Socrate est un homme
Les hommes sont mortels
Donc Socrate est mortel

D'autre part, les neurosciences disent qu'il suffit que notre cerveau ne soit pas accaparé par un objectif précis pour que des pensées spontanées s'y produisent mais sans nécessairement toutes accéder à la conscience.
Il semblerait que même quand on a l'impression de ne « penser à rien », on pense quand même sauf que nos « rêveries » ne sollicitent pas les mêmes zones du cerveau que la réflexion consciente.
“En neurosciences, toutes les activités cérébrales sont des pensées. Qu’on soit en phase de sommeil, dans le coma ou éveillé, le cerveau est en activité, donc produit des pensées. Il peut moduler son activité, mais ne s’arrête jamais. En fait, le seul moment où on ne pense pas, c’est quand on est mort”.
 Comme l'explique Bernard Mazoyer, spécialiste de neuro-imagerie cognitive.
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Cela dit, tout dépend de ce que vous aviez en tête en utilisant le terme “penser”. Les neuroscientifiques, eux, parlent plus souvent de processus d’imagerie mentale (visuelle, auditive, langagière, motrice…) et différencient les images conscientes des images spontanées.
Penser à rien sollicite un “réseau par défaut”
S’il s’agit pour vous aussi de savoir si, en état d’éveil, certaines images mentales peuvent ne pas atteindre le champ de la conscience, il est indéniable que c’est le cas. Il suffit que notre cerveau ne soit pas accaparé par un objectif précis pour que des pensées spontanées s’y produisent, mais sans nécessairement toutes accéder à la conscience. Sans compter que l’accès à la conscience peut être modulé, par exemple par l’hypnose ou la méditation. Mais même cette dernière ne permet pas, contrairement aux idées reçues, de se vider la tête : “La méditation est la forme de pensée la plus contrôlée qui soit, celle qui consiste à se focaliser sur un type unique de pensée”, affirme Bernard Mazoyer.
Il semblerait donc que même quand on a l’impression de ne “penser à rien”, on pense quand même. Sauf que nos rêveries ne sollicitent pas la même zone du cerveau que la réflexion consciente. On le sait depuis l’avancée des techniques de neuro-imagerie des années 1990, grâce notamment à l’IRM fonctionnelle qui permet de visualiser les aires cérébrales qui s’activent ou se désactivent dans une situation mentale donnée, explique Jean-Philippe Lachaux, chercheur à l’Inserm : “Quand on ne fait rien de précis, c’est un ensemble de zones réparties dans les lobes frontal et pariétal qui est le plus actif, on l’appelle le réseau par défaut.”
Plutôt que penser, vagabonder
Ce réseau qui gère nos pensées spontanées est encore mal connu, mais plusieurs études scientifiques récentes ont montré que le vagabondage mental (daydreaming), qui peut occuper jusqu’au tiers de notre temps d’éveil, stimule la créativité car le réseau par défaut aurait tendance à provoquer des associations inédites entre les neurones.

L'impression ou l'envie que nous pouvons avoir de na pas penser est donc fausse car un être humain, comme nous venons de le voir, ne peut s'empêcher de penser de façon consciente ou pas et il s'agit là d'une capacité constitutive de l'Homme dûe à l'évolution. Ce qui différencie la « pensée » des grands singes (les plus proches de nous) à celle des êtres humains c'est la faculté de la logique du raisonnement.
 

Deuxième contribution :     Qui suis-je quand je ne pense pas ?

- A quoi tu penses ?
- A rien !
- Comment à rien, mais ce n’est pas possible, tu penses forcément à quelque chose ! Mais tu ne veux pas me le dire, c’est tout…

Dialogue classique qui montre combien il est difficile d’admettre qu’on puisse ne pas penser.



Plusieurs types de pensées :
Pensée spontanée en réponse à un stimulus extérieur : j’ai froid, j’ai faim et les conclusions que j’en tire : il faut que je trouve à manger, un vêtement… Et tout ce qui s’ensuit comme réflexions… inventer une arme pour chasser, aller faire des courses, coudre, faire du feu, monter le chauffage…
Pensée réflexive : questionnements majeurs, spirituels, métaphysique philosophiques… qui permet de se forger une idée, un point de vue sur les choses : la réflexion, la pensée critique.

« J’existe parce que je pense … et je ne peux m’empêcher de penser », dit Sartre dans La Nausée. Je ne peux m’empêcher de penser !... Le pourrait-il vraiment s’il le voulait?
Si penser « est le propre de l’homme » et s’avère indispensable, le risque existe d’être esclave de l’acte de penser, parce que l’on ne sait pas maitriser nos pensées.
 « Vous êtes comme un camion diesel dont on laisse le moteur tourner même quand il est à l’arrêt », dit un moine boudhiste à propos des occidentaux.

On parle ici de l’acte de penser et non pas des pensées et. Il ne s’agit pas d’arrêter d’avoir des pensées, il s’agit d’arrêter de penser. D’arrêter de s’intéresser à ses pensées et ainsi de provoquer une suite sans fin de pensées qui s’enchainent les unes aux autres : j’ai faim, qu’est-ce que je vais manger, je n’ai rien dans mon frigo, faut que je ressorte, ça va être fermé…. En plus, je n’ai plus d’argent, il faut que je passe en tirer au distributeur, oui mais je risque d’être à découvert…
On a entre 60 000 et 70 000 pensées par jour. 95 % de ces pensées sont récurrentes d’un jour à l’autre. Et 70 % sont des pensées négatives.
Peut-on s’arrêter de penser ? Penser est-il aussi vital que respirer ? On dirait que oui tant nous n’avons pas l’habitude de nous arrêter de penser. Nous sommes addicts à nos pensées au point de ne pas pouvoir nous arrêter de penser ! En bref, nous avons un cerveau qui produit des pensées, mais nous ne savons pas contrôler ce cerveau. Comme si nous ne savions pas tourner le robinet de la baignoire une fois que celle-ci est pleine. Du coup, la baignoire déborde et la catastrophes arrive.
Il serait peut-être temps d’apprendre à se servir de notre cerveau à le « dompter » afin de le maitriser. C’est vrai que l’on n’apprend pas cela à l’école…
Alors on découvrira sans doute que nous ne sommes pas réductibles à nos pensées. Observer ses pensées au lieu de s’identifier à elles. Je suis en colère ? Non, j‘ai des pensées de colère. Je suis triste ? Non j’ai des pensées tristes. Nuance.

"Parfois je pense, parfois je suis", disait Paul Valéry.

samedi 7 janvier 2017

Sujet du Merc. 11/01/2017 : MOI, TERRORISTE ?

                              MOI, TERRORISTE ?

Ce «moi », qui est-ce ? 
C'est celui qui lisant l'intitulé est en quelque sorte contraint, ne serait-ce qu'un instant, à se tarauder les méninges d'interrogations quant à son implication, directe ou à peine consciente, dans des actes de violence majeurs. Pourtant, par le simple fait qu'il est partie prenante à la société, ne sait-il pas qu'il est au moins en partie responsable des actes de violence majeure que commet cette société ? Peut-il en être autrement, sauf à se dédouaner de son absence de résistance ? A tout laisser faire sans (ré)agir, peut-on s'exonérer de la responsabilité de toute conséquence induite ? La violence en question peut être physique, instantanée ou répétée. Mais elle peut aussi être symbolique, culturelle, politique, économique, sociale, psychique et se dérouler sur un laps de temps plus ou moins long qui nous la rend presque inconsciente par sa banalité. Cela souligne l'énormité de cette violence.
Il s'agit aussi de se demander ce qu'est un « terroriste » et si sont nombreux ceux qui au moins confusément sauraient qu'ils en sont un, que ce soit individuellement ou en groupe et que le groupe soit épars ou organisé. Un terroriste frappe d'épouvante d'autres hommes ou lui-même, par des actes de grande violence provoquant crainte majeure, frayeur, peur panique, épouvante.
Déjà, ne crée-t-il pas  une situation de déni de réalité auto-induit par laquelle le réel le rattrape bientôt sans ménagement celui :
1) qui se laisse aller à confusément ignorer le monde qui l'entoure, par exemple en s'illusionnant sur ce que sont vraiment les programmes politiques et la volonté des dirigeants qu'il élit ou laisse élire, ou celui :
2) qui s'invente des mondes illusoires et s'y enferme ? Cette attitude, reproduite par des foules innombrables d'egos à la dérive, ne crée-t-elle pas une situation générale de violence terrorisante ? Pour les individus, pris isolément ou en masse, ce choix ne les plonge-t-il pas dans ces craintes, frayeur et épouvante que leur inflige le parti pris conscient ou implicite d'une terreur dirigée contre eux-mêmes ? En sont-ils conscients ?
Par ailleurs, un individu (moi et mon ego) ou un groupe organisé (des egos réunis dans une même intention) peuvent frapper de terreur. Le « moi » peut être personnel et porter sciemment sa terreur réfléchie sur d'autres hommes. Le « moi » peut aussi être collectif et uni en un groupe terroriste soudé. Il peut être 1) un groupe mafieux, nihiliste, idéologique, religieux ou 2) même et peut-être surtout un Etat légalement institué et reconnu internationalement. Ainsi, la terreur publique ou privée peut émerger d'une idéologie. Dès lors que penser de la terreur légale ? Est-elle légitime ? Dans la praxis du réel, quel est son rapport à l'éthique ? Sachant que l'éthique se comprend comme la simple légitimité de ne considérer tout être humain non pas seulement comme un moyen mais toujours comme une fin (Kant).
Un Etat, un groupe qui impose une idéologie – religieuse ou autre – la fondent le plus souvent sur une ou plusieurs croyances fausses. (Rappelons que la philosophie tend précisément à débouter les croyances fausses par sa recherche de connaissances authentiques.) A cet égard, ces entités peuvent avoir des menées physiquement destructrices et meurtrières à grande échelle. Mais elles peuvent aussi avoir subrepticement des menées destructrices de l'intellect et de la raison privant de l'usage de l'entendement et de la liberté de se libérer une personne seule ici, des populations là-bas et maintenant partout l'humanité tout entière.  La violence symbolique, culturelle, politique, sociale ou psychique qui se développe sur un terme plus long en est-elle moins terrifiante pour autant ? Ou, au contraire, ne l'est-elle pas plus encore ?

Déjà sous la Révolution la Terreur menée par le Comité de salut public fut suivie d'une aussi meurtrière réaction contre Robespierre et ses soutiens ? La terreur exercée par les trois monothéismes et les hécatombes dans le monde de centaines de millions de crève-la-faim chaque année sont évitables parce que les moyens sont là. Pourtant la volonté manque à cet égard. Ou bien est-ce le contraire qui est sciemment poursuivi ? 
En effet le capitalisme débridé de presque toute règle et éthique ne s'autorise-t-il pas une terreur maximale, à la hauteur des profits recherchés, qui broie tant les corps là-bas (et sans doute bientôt à nouveau ici!) que les cerveaux partout ? Le fait-il avec le concours de nos sujétions volontaires, ou celles-ci sont-elles seulement trop ignorantes que pour réagir ? 
Aujourd'hui un Spinoza dirait que nos « é-dispositifs » dévoilent tout de nous aux « Grands Frères débonnaires » qui en purs terroristes se font ensuite causes agissantes de nos vies entières. Il ajouterait que la philosophie permet de voir clair dans ce « jeu » et d'entamer à partir de là une lutte en « connaissance de causes » contre les terrorismes d'Etat et privés imbriqués. Cela justifiera qu'ils nous singularisent en retour comme terroristes. 
Parce que la philosophie est radicale.


samedi 31 décembre 2016

Sujet du Merc.04 janvier 2017 : L’idée de nature chez Sade nous aide-t-elle à comprendre Spinoza ?

L’idée de nature chez Sade nous aide-t-elle à comprendre Spinoza ?

«Nourris-toi sans cesse des grands principes de Spinoza, de Vanini, de l'auteur du Système de la nature, nous les étudierons, nous les analyserons ensemble, je t'ai promis de profondes discussions sur ce sujet, je te tiendrai parole, nous nous remplirons toutes deux l'esprit de ces sages principes ». Sade, Œuvres, Pléiade 1998, p. 195. – Première leçon de philosophie de Mme  Delbéne à Juliette.

Sade a-t-il lu Spinoza ? Qu’est ce qui lui fait penser qu’en ce qui concerne la notion de Nature (qui est sous-jacente dans toute l’œuvre de Sade) il serait un élève de Spinoza ?

Il est vrai que chez ces deux auteurs la nature est l’instance qui permet d’expliquer le réel. « Deus sive natura » : dieu c’est à dire la nature, dira Spinoza. La nature est la cause première et absolue de tout ; rien n'échappe à ses lois et rien ni personne de supérieur à elle n'oriente celles-ci selon un dessein préétabli. D'emblée, on comprend que le concept de nature, matrice de tout, implique que toutes choses sont des manifestations de cet être immense et unique qui englobe la multiplicité du réel. Il en dérive donc immédiatement une forme de panthéisme, selon lequel, pour utiliser le vocabulaire de Spinoza, Dieu ou la nature est l'unique substance, dont les êtres particuliers que nous sommes et dont nous sommes entourés sont les manifestations multiples, les «affections » ou «modes » singuliers. 
La diversité de ces attributs et modes ne compromet en rien l'unité substantielle du tout : tous soumis à la même loi, nous sommes tous en réalité des êtres entièrement naturels, où la culture et la morale sont des «natures » artificielles et toujours secondaires, toujours acquises par-dessus notre fond, unique et commun.

«Cette chose est dite libre qui existe par la seule nécessité de sa nature et est déterminée par soi seule à agir ; cette chose est dite nécessaire ou plutôt contrainte qui est déterminée par une autre à exister et à produire quelque effet dans une condition certaine et déterminée » Spinoza, Court Traité.

Sade, quant à lui, répète à de multiples reprises combien la nature est un tissu de lois nécessaires auxquelles nul être n'échappe, et combien la liberté est un concept vain si l'on croit par-là mentionner une liberté de choix :

« Si l'on voulait bien se persuader que ce système de la liberté est une chimère, et que nous sommes poussés à tout ce que nous faisons, par une force plus puissante que nous ; si l'on voulait être convaincu que tout est utile dans le monde, et que le crime dont on se repent est devenu aussi nécessaire à la nature, que la guerre, la peste ou la famine, dont elle désole périodiquement les empires, infiniment plus tranquilles sur toutes les actions de notre vie, nous ne concevrions même pas le remords, et ma chère Juliette ne me dirait pas que j'ai tort de mettre sur le compte de la nature, ce qui ne doit être que sur celui de ma dépravation " Sade, Leçon de Clairwill à Juliette.

                  Un autre élément consubstantiel à la nature semble aussi se retrouver chez Spinoza et Sade. Chez Sade comme chez Spinoza, tout être se définit en premier (et en dernier) lieu par le désir qui le constitue et qui le pousse à déployer son existence dans les limites de son naturel propre. Mais la vision spinoziste et sadienne s’écartent sur un point et non des moindres : celui de la conception de l’homme.

Dans les termes de Spinoza, ce désir, appelé conatus, constitue un effort, une tension, un élan pour persévérer dans son être propre, et il est absolument universel. « Il en découle une identité de nature de l'homme avec les autres êtres, «lesquels sont tous animés, bien qu'à des degrés divers » (Ethique 2, Prop. 13 ) au sens de tous tenir leur essence de cette nature qui est puissance et qui se manifeste en eux par le désir de persévérer dans l'être ». 

Pour Spinoza l'homme bénéficie d'une supériorité sur tous les animaux du fait de sa complexion corporelle plus grande et plus diversifiée qu'eux, laquelle lui permet, à lui et à lui seul, de parvenir à la raison

Pour Sade il en est tout autrement : 

« Quoi, cette qualité divine [l'immortalité], disons mieux, cette qualité impossible à la matière, pourrait appartenir à cet animal, que l'on appelle un homme. Celui qui boit, mange, se perpétue comme les bêtes, qui n'a pour tout bienfait qu'un instinct un peu plus raffiné, pourrait prétendre à un sort si différent, que celui de ces mêmes bêtes ; cela peut-il s'admettre une minute ? », «Ah ! Si le malheureux a quelque avantage sur les animaux, combien ceux-ci n'en ont-ils pas à leur tour sur lui ? 
À quel plus grand nombre d'infirmités et de maladies n'est-il pas sujet ? De quelle plus grande quantité de passions n'est-il pas victime ? Tout combiné, a-t-il donc bien réelle¬ ment quelque avantage de plus ? Et ce peu d'avantage peut-il lui donner assez d'orgueil, pour croire qu'il doive éternellement survivre à ses frères ? » Sade : Clairwil à Juliette.

Cette assimilation à l’animalité chez Sade et cette volonté d’humanité chez Spinoza se révèle au travers de l’oeuvre de Sade dans le circuit infernal de l'approfondissement toujours plus grand de la cruauté pour combler le désir insatiable qui caractérise ses personnages : un processus d'asservissement volontaire au lieu d'une libération conduisant à aimer le monde dans un détachement de ses contingences, par la paix intérieure. 
Une fuite en avant de plus en plus destructrice et, Spinoza dirait, destructrice de soi-même en premier lieu.

Mais Sade n'y voit qu'un renforcement de tout l'être, corps et esprit, amenant au façonnement d'un naturel plus puissant. A n’importe quel prix. Au prix de tous les crimes.

Pour Spinoza au contraire : « seule assurément une farouche et triste superstition interdit de prendre des plaisirs (...). Il est donc d'un homme sage d'user des choses et d'y prendre plaisir autant qu'on le peut (sans aller jusqu'au dégoût, ce qui n'est plus prendre plaisir). Il est d'un homme sage, dis-je, de faire servir à sa réfection et à la réparation de ses forces des aliments et des boissons agréables pris en quantité modérée, comme aussi les parfums, l'agrément des plantes verdoyantes, la parure, la musique, les jeux exerçant le corps, les spectacles et autres choses de même sorte dont chacun peut user sans dommage aucun pour autrui. Le corps humain en effet est composé d'un très grand nombre de parties de nature différente qui ont continuellement besoin d'une alimentation nouvelle et variée, pour que le corps entier soit également apte à tout ce qui peut suivre de sa nature et que l'âme soit également apte à comprendre à la fois plusieurs choses. … un désir [et donc un plaisir] tirant son origine de la raison ne peut avoir d'excès » (Spinoza, Ethique 4)

Héritière Épicure, la philosophie de Spinoza s’écarte dans ses développement sur la nature de l’optique sadienne car elle incorpore, comme chez Épicure une doctrine des plaisirs intimement liée à une éthique du vivre en commun.  
Doctrine de la passion maîtrisée par la connaissance de la nature, non par son assujettissement à elle. Doctrine de la passion comme émanation de la connaissance des déterminismes qui nous meuvent et non comme asservissement à ces déterminismes. 

Seule la raison, chez Spinoza, est source véritable d'action pour l'homme. La raison est une connaissance adéquate qui comprend la nécessité du monde et à ce titre, libère de la servitude de l'illusion et de l'imagination. 

La liberté a à voir avec la raison, c'est l'autonomie. Ce ne sont plus les choses extérieures qui nous poussent à agir mais, grâce à la compréhension de la nécessité qui imprègne le réel dans son ensemble, on désire librement les gestes que l'on pose effectivement. La libération est donc d'ordre entièrement mental.


À l'inverse de cette santé générale du corps dans sa totalité, qui est ce que la puissance du corps peut espérer de mieux pour s'épanouir, les plaisirs sexuels (Sade) sont l'image même de ce qui nous enchaîne au lieu de nous libérer, en particulier parce qu'ils ne concernent à chaque fois qu'une partie du corps et non son ensemble.    
  
« Un désir, tirant son origine d'une joie ou d'une tristesse qui se rapporte à une seule des parties du corps, ou à quelques-unes, mais non à toutes, n'a point égard à l'utilité de l'homme entier ». Spinoza, Ethique 4.


dimanche 25 décembre 2016

Sujet du Mercredi 28/12 : ça va chauffer !?

                                                Ça va chauffer !?

                                      Ou, comment se construit une idéologie.

Il parait que ça va chauffer. Nous avons tous « appris » cela – très officiellement (2007) - après une réunion du groupe de Bilderberg, suivie en France du Grenelle de l’environnement. La planète se réchauffait, le CO2 était mis à l’index et les citoyens tous coupables d’incivisme écologique. Un concept nouveau était né, celui de « réchauffement climatique d’origine anthropique ». Quelques années auparavant une Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) avait publié un volumineux rapport qui …s’opposait à la thèse alors en vigueur : le refroidissement climatique ! La notion de réchauffement anthropique est récente.
Dans les années 1970, la crainte principale des climatologues était le refroidissement de la planète. En 1978, notent Mazur et lee (1993, cité par Korhola 2014, p. 100), «une réunion internationale de chercheurs sur le climat arriva à la conclusion unanime qu'au moins une chose est certaine: le climat de la terre est en train de se refroidir ». L’un des plus farouches partisans de cette thèse était Jim Hansen, de la NASA.

Mais comment donc sommes-nous passés en si peu de temps (alors que les découvertes scientifiques demandent des dizaines d’années avant de pouvoir être validées et de faire consensus) du « refroidisme » au « réchauffisme ». ? L’histoire nous a, par contre,  montré que toute idéologie peut assez facilement faire une percée majeure dans les consciences si elle est promue par deux vecteurs classiques :

1 -  Les « machins » bureaucratiques : en l’occurrence émanant de l’ONU qui ne tardèrent pas à trouver une opportunité à leur propre essor : l’OMM (Organisation météorologique mondiale), le PNUE et le PNUD  (programmes des nations unies pour l’environnement – le développement). Ce sont le PNUD et l’OMM qui fondèrent le GIEC. Il nous fait citer la CCNUCC (convention cadre des nations unies sur les changements climatiques.

2 -  Des hommes politiques : Olof Palme, premier ministre suédois ; dont le conseiller scientifique et ami fera partie du GIEC dès 1973. Al Gore que l’on retrouve très ami avec ….Jim Hansen, de la NASA (le refroidiste des années 70 !) et qui finance le film « une vérité qui dérange », film dans lequel un juge de Londres y relèvera 9 erreurs ou approximations, et demandera que ce film politique ne soit présenté dans les écoles (anglaises) qu'avec une notice présentant des points de vue différents, Margareth Thatcher, T. Blair, etc …..

-          Notons que la Chine, l’Inde, les pays en voie de développement en général ne furent et ne sont toujours pas très … chauds pour adhérer au discours dominant !

Le réchauffisme ambiant s’adosse-t-il a des recherches et données scientifiquement vérifiées. Notons que la climatologie n’est enseignée nulle part et pour cause. Cette discipline est au croisement de plusieurs autres au point de ne pas encore avoir trouvé des assises assez solides pour que soit créée une science climatologique. C’est donc un abus de langage de se prétendre « climatologie » si on ne précise pas le domaine de validité dans lequel on exerce cette discipline.

Tout ce qui nous est asséné à longueur d’émissions, d’infos, etc…  provient toujours d’un seul et même document. Non pas des trois gros rapports de 1500 pages, ni même du « rapport de synthèse » de 100 pages, mais des trente pages du : « résumé pour les décideurs ».

On y explique comment la hausse du CO2 (et des autres gaz à effet de serre comme le méthane) entraîne nécessairement la hausse de la température. Celle-ci a été de 0,7°C au cours du XXe siècle. La raison en est l'effet de serre: ces gaz piègent la chaleur du rayonnement solaire qui sans eux serait en partie réfléchi et renvoyé vers la troposphère. Le texte insiste beaucoup sur le caractère unique de cette cause: «il est extrêmement probable que les émissions de anthropiques de gaz à effet de serre sont la cause dominante du réchauffement observé depuis la moitié du XXe siècle». Ce qui est vrai pour le passé l'est également pour le futur. La relation établie permet de faire des projections pour l'ensemble du XXe siècle. Le Résumé ne donne guère de précisions sur les méthodes de prévision (« un ensemble de modèles mathématiques ») ni sur les résultats obtenus (une augmentation de 3 °C à
6 °C en 2100, sans données précises sur les années intermédiaires. 

Peu ou pas d’informations sur le recueil des données alors qu’à l’échelle de la planète les causes du réchauffement sont forcément poly factorielles. Aucune analyses sur les interactions avec notre soleil. Et ignorance totale des variations climatiques récentes à l’échelle de 5000 années passées ou encore de 1850 à nos jours. Et critiquer le GIEC c’est se voir insulté publiquement, chassé de l’université. Le Pape part lui aussi à la croisade pour le bien et se fend d’une encyclique « Laudato si » (loué soit-tu) !.  le pape a averti : « les puissants de la terre que Dieu les jugera s’ils ont œuvré afin que l’environnement ne soit pas détruit ». Notre empreinte carbone pourrait bien entrer en compte lors du Jugement dernier J
Quelques faits : Le cas de la France n'est pas nécessairement représentatif (de l'évolution du globe), mais il est parlant, et intéressant pour le public français. Le ministère de l'Agriculture, sur un sitefacilement accessible(www.agreste.agricuture.gouv.fr/                conjoncturelle-bulletin), donne pour la période 1997-2014 les températures mensuelles pour 6 grandes régions de la France métropolitaine. On a calculé des températures annuelles moyennes pour chaque région, puis des températures annuelles pour la France (en faisant la moyenne simple des régions). Les résultats sont présentés dans la Figure ci-contre.
Le tableau fait apparaître une remarquable stabilité des températures au cours de la période considérée. La pente de la droite d'ajustement (-0,004) est même négative, ce qui indiquerait une légère diminution des températures; en réalité cette pente est si faible ( 4 millièmes de degré par an) qu'elle est inférieure aux erreurs de mesure, et n'indique rien d'autre qu'une indiscutable stabilité. L'examen des évolutions par région, ou par saison, ne modifie pas cette information. Mais un sondage Havas/Ipsos de 2015 conclue que 56% des sondés affirment « ressentir l’augmentation des température » ( « Mettez-vous à genoux et bientôt vous croirez » Pascal)

Les données disponibles pour le globe font également apparaître la stabilité des températures. Considérons les séries produites par l'Université d'Alabama à Hunstville, à partir des observations des satellites de la NOAA. Ces données, mensuelles, n'existent qu'à partir de 1979. Elles sont présentées sous la forme «d'anomalies» par rapport à la moyenne des années 1981-2010. Elles sont reproduites dans la figure ci-contre. La figure montre assez clairement la hausse des températures durant les années 1979-1997, suivie d'une quasi-stagnation durant la période suivante. Pour cette période, c'est-à-dire pour les 18 dernières années, de 1997 à 2004, une analyse de régression donne:  Dtempérature = 0,00996*année - 19,81 R2 = 1,143 (0,00612) (12,240). La pente de la tendance (+0,00996) est très faible. Elle signifie que la température moyenne du globe, au cours de la période considérée, a augmenté en moyenne d'un centième de degré par an.

Pendant cette période, pourtant, les rejets de CO2 ont atteint des niveaux jamais connus, et la concentration en CO2 de l'atmosphère a continué son ascension: entre 1997 et 2014, elle a augmenté de 35 ppm, ce qui est considérable puisque cela représente le tiers de l'augmentation enregistrée entre le début de la révolution industrielle et les années 1990. Cette augmentation des concentrations de CO2 aurait du entraîner une hausse de température de 0,28 degré; et une telle hausse se situe dans la partie basse de la fourchette des prédictions du GIEC. Par rapport aux modèles du GIEC, la température se trompe de 0,3 degré!


Le réchauffisme, une doctrine catastrophiste comme d’autres, ne serait-il au fond que la bonne conscience d’un Occident riche face des milliards d’humains dans la pauvreté ? 

Ne désespérons pas, on les enverra sur Mars …


Documentation extraite de "L'idéologie du réchauffement - Science molle doctrine dure" -
R. Prud'homme  -  2015, Editions de l'artilleur.

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