mardi 20 septembre 2022

Sujet du Merc 21 Sept. 2022 : La liberté peut-elle s'affirmer sans violence ?

 

             La liberté peut-elle s'affirmer sans violence ?

Avant d'aller plus loin il importe de ne pas mélanger les choses. Force et violence : la force contraint quand la violence opprime ou libère.

En 1952, Gandhi présenté comme un apôtre de la non-violence déclare : "Là où il n'y a le choix qu'ente lâcheté et violence, je conseillerai la violence…Je cultive le courage tranquille de mourir sans tuer. Mais chez celui qui n'a pas ce courage, je désire cultiver l'art de tuer et d'être tué plutôt que de fuir honteusement le danger. Car celui qui fuit commet une violence mentale : il fuit parce qu'il n'a pas le courage d'être tué en tuant.

Non-violence n'est pas soumission bénévole au malfaisant. Non-violence oppose toute la force de l'âme à la volonté du tyran."

 

Une volonté libre, une froide détermination, seraient-elles les seuls moyens pour que la liberté s'affirme ?

 

Il faut dire que la violence est mal vue. Tous les auteurs (sauf de rares exceptions) sont contre la violence qui est définie comme un élément du
« pathos », dissociée de la raison elle ne peut être que "mauvaise". Tous les systèmes politiques, inscrivent en lettres d'or la réprobation de la violence au fronton de leur édifices publics.

 

Et pourtant depuis des siècles la violence est là ! Et la liberté si peu présente…

 

En fait il y a deux manières de voir les choses. Soit on considère les choses, les deux concepts : Liberté et violence comme des choses " en soi", immuables, intangibles ; et c'est possible en recourant à la métaphysique. Le risque c'est de sombrer dans la morale, voire la "moraline" (Nietzsche).

Soit on replace les deux termes du questionnement sur la terre des hommes et le concret de leur vie. Dès lors il faut essayer de percevoir ce que liberté et violence signifient sur le plan pratique. Ce sera notre parti pris.

 

Fin du 18° siècle la France pays rural, crève de faim et une noblesse toujours plus arrogante pressure le peuple. Les parisiens défilent sous les fenêtres de Versailles en demandant du pain (la liberté de pouvoir se nourrir), on leur répond qu'il n'ont "qu'à manger de la brioche". La situation se bloque. L'aristocratie veut garder "sa" liberté d'opprimer le peuple. On ne discute pas et la violence s'affirme de plus en plus comme une nécessité pour changer l'ordre des choses. Puisqu'on n'obtient rien par le dialogue et que c'est la VIE même, pas la vie transcendantale, spirituelle ; de millions de français qui est en jeu le seul choix disponible c'est l'usage de la violence. On n'a plus rien à perdre, la vie ne vaut pas grand-chose, autant lui donner un sens politique : la liberté, au prix d'un risque majeur pour soi : la violence (corollaire de l’engagement).

 

Comprenons bien le sens de cet exemple : il ne donne aucune leçon de morale, ou de politique, il ne juge pas les résultats et les conséquences de la révolution de 1789. Il établit des faits dans lesquels les deux notions "liberté" et "violence" sont mis en œuvre.

 

Mais tout cela est bien beau, me dira-t-on, parler de la révolution française, tout le monde est d'accord (pas si sûr). Mais l'utilisation de la violence par les nazis, somme toute au nom de la "liberté de l'Allemagne occupée" (Une partie de l'Allemagne était alors occupée par les puissances qui avaient vaincu en 1918), fait-elle partie de ce point de vue extra-moral ?

 

Il nous faudra alors creuser plus avant la notion de liberté. La liberté se définit elle d'après des critères concrets ou peut-elle se fonder sur des illusions. Lorsque les nazis parlaient de la "liberté de l'Allemagne occupée", dans le même temps ils bafouaient toutes les libertés individuelles, de réunion, d'association, de religion. Ils brûlaient des livres.

La "liberté" prônée par les nazis s'assumait certes, par la violence. Mais on voit bien avec ce court exemple que l'agitation du drapeau de la liberté, ne signifie pas toujours l'adhésion au principe métaphysique de « La Liberté".

Les majuscules ne conviennent décidemment pas à la philosophie.

Nous nous contenterons donc des minuscules pour tenter d'y voir plus clair.

 

 Qu'est-ce que la liberté ? Faut-il se méfier des appareils d'illusion qui nous la vendent dans les pots de yaourt, les crèmes solaires, les frappes chirurgicales, le "droit d'ingérence" ou "l'axe du bien" ?

 

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