dimanche 22 septembre 2019

Sujet du Merc. 25/09/2019 : La vérité sort-elle de la bouche des enfants ?


                        La vérité sort-elle de la bouche des enfants ?


Dans le flot de l’imaginaire soixante huitar(d) va naître le mythe de « l’enfant roi ». Cette génération de 68 s’oppose à l’autorité, toute autorité. Les profs, les parents, la société. Elle refuse de se soumettre.  

Mais même les jeunes de 68 ont finir par vieillir avec dans leur tête de parents l'idée que l'autorité n'était synonyme que de répression. Ayant souffert d'une éducation trop stricte, ils se sont imposés de ne pas reproduire le même schéma. Un seul mot d'ordre "il est interdit d'interdire", le slogan parle alors de lui-même.    

De plus, avec l'apparition de la notion d'égalité des sexes, le modèle familial fut radicalement bouleversé. Plus de patriarche, la place des parents n'est alors plus différenciée.  
        
Pour couronner le tout Dolto émerge et théorise le tout. Elle met l’enfant au même niveau que l'adulte et donne à sa parole la même valeur que celle de ses parents.
Elle fait de lui un être à part entière alors qu'il n'était jusqu'à présent qu'une personne en devenir.

Progressivement, l'épanouissement et l'autonomie de l'enfant sont devenus des notions essentielles. La psychanalyse s'est mise à prôner la permissivité, l'écoute et le respect. Parallèlement, elle a démontré et mis en garde les parents contre les traumatismes qu'une éducation stricte et répressive pouvait occasionner. Petit à petit, l'éducation de l'enfant a évolué vers un modèle du "laisser-faire", "laisser-grandir".      

Et si l’on associe cela a deux autres évolutions :
·        l’enfant peut désormais être « désiré » et non subi
·        Divorces, familles monoparentales, familles recomposées... Le couple s'est desinstitutionnalisé. On s'aime, on se sépare... et l'enfant dans tout ça ?     

La réponse de Platon pourrait suffire :
« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants,
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,
Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne,
Alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. »

Mais les enfants ne sont –ils pas en fait, sur la question de la vérité, restés les mêmes ?
Certes ils devenus prescripteurs d’achats (regardez nos pub sur les vêtements, la nourriture ….), l’essentiel c’est que les parents payent et comment refuser à un enfant-toi ! Fruit du désir.
Certes ils ont leur franc parlé (dont se délectent les publicitaires), mais l’absence de convention  de langage et de retenue morale (« maman, ta nouvelle robre te fais moins
grosse
»), ne suffisent pas à donner un crédit de vérité aux propos enfantins.
Or cette époque croule sous le jeunisme, maintes fois évoqué dans notre assemblée. Comme disait un président vieillissant et démagogue « "chébran, ça veut dire" branché ", mais c'est déjà un peu dépassé, vous auriez dû dire" câblé »  (Réponse de Mitterrand à Y. Mourousi en 1985).        

Nos poubelles montpelliéraines sont couvertes de portraits de plaisants bambins nous intimant la morale à suivre « il faut vous le dire comment ».      
Je me demande toujours ce que serait la réponse si cette image prenait corps et ce quelle ferait ne me voyant pas correctement jeter mes ordures ? Insultes, coups, amende, dénonciation ? Il y a là un fascisme enfantin subliminal. J’exagère !?  :« Alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. »   

Devenus à peine plus âgés, les voilà qui vous imposent leur cris dans la rue, le tram, leurs sonos dans leurs « colocs », leurs trottinettes sur les trottoirs, les incivilités et insultes violentes contre les adultes : ces « vieuxcons »  vieuxcon » : néologisme orwellien, synonyme : dinosaure, relique, bon à crever, d’un autre monde).

Et certains, hauts placés, mais pas plus haut que leur cul – ils devraient s’en rappeler – de nous enjoindre  à présent que pour sauver la planète il faut écouter quelque enfant pré-fabriqués par des think-tanks.

Entre le gonflement exponentiel du droit des enfants (devenus somme toute des petits hommes) et idéologie bien maitrisée du jeunisme, la vérité aura bien du mal désormais à s’élever au-delà de l’infantilisme et de la manipulation.

Vérité qui,  si elle n’est pas révélée comme dans la religion, se doit, comme en science d’être démontrée. Car comme le signale si bien Descartes :     

 « Comme nous avons été enfant avant que d’être homme, et que nous avons jugé tantôt bien et tantôt mal des choses qui nous sont présentées à nos sens lorsque nous n’avions pas encore l’usage entier de notre raison, plusieurs jugements ainsi précipités  nous empêchent de parvenir à la connaissance de la vérité et  nous préviennent de telle sorte qu’il n’y a point d’apparence que nous puissions nous en délivrer si nous n’entreprenons pas de douter une fois dans notre vie de toutes les choses où nous trouverons le moindre soupçon
d’incertitude.
»  (Descartes : Principes de philosophie)


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