mardi 15 juillet 2014

Sujetdu 16/07/2014 : Quel sens donner à la pudeur ?



Quel sens donner à la pudeur ?
Extrait du Pèlerin… journal chrétien : Respect de la pudeur : quelle attitude adopter ?
Des cas analysés par Catherine Mathelin, psychanalyste, et Pascale Poulain, psychologue. Elles nous donnent leurs conseils pour adopter l'attitude la plus appropriée avec nos enfants…
1. Est-ce que je peux laisser mon enfant de 3 ans gambader tout nu sur la plage ?
La pudeur n'est ni innée, ni naturelle : elle est le résultat d'une éducation, d'un apprentissage. « Trois ans me semble un bon âge pour commencer à expliquer à un enfant qu'on ne se promène pas nu devant tout le monde, note Catherine Mathelin. D'ailleurs, à cet âge où il découvre la différence entre les sexes, il ne fait en général aucune difficulté pour enfiler un maillot de bain : ne pas être livré au regard des autres l'apaise. De même, ne pas être confronté à la nudité des adultes lui évite de se sentir écrasé et minuscule ! » Apprendre la pudeur à son tout-petit, c'est, en quelque sorte, le protéger d'un trop-plein d'excitation que la nudité peut entraîner. « En lui proposant de mettre un maillot de bain, on lui transmet l'idée que les relations entre les êtres peuvent passer par un autre biais que le corps à corps, comme quand il était bébé et que sa maman lui donnait le sein ou le biberon. Grandir, c'est tenir parfois le corps un peu à distance, faire de la place au langage et à la pensée. D'ailleurs, c'est ce qu'on lui demandera sous peu s'il fait son entrée à la maternelle », complète Pascale Poulain.
2. Éduquer son enfant à la pudeur ne doit pas conduire à la condamnation du corps. Cela dit, rien n'empêche les parents de donner leur opinion : ils ont le droit de trouver que la nudité ou la quasi-nudité appartient à l'intimité du couple et ne doit pas se dévoiler à tous. « Et surtout pas à ses propres enfants ! rebondit Catherine Mathelin. Au sein de la famille, les barrières de la pudeur doivent être étanches. Les enfants ne doivent pas avoir accès au corps nu des parents, pas plus qu'à celui des frères et sœurs passé un certain âge. La famille ne doit pas être le lieu de telles excitations », insiste-t-elle. À la plage, il est socialement admis que l'on peut se dévêtir en partie. C'est un espace de liberté, de tolérance, où le corps peut se dévoiler dans certaines limites, où chacun peut jouer avec son image. Mais cela reste un lieu circonscrit : ailleurs, on s'habille », poursuit-elle. Se vêtir, couvrir nos parties génitales, c'est justement ce qui nous différencie de l'animal et nous permet de vivre en société : il est bon qu'un enfant en prenne conscience !
Extrait d’un texte de l’islam : Les mérites de la pudeur par le Cheikh Mouhammad Salih :
« La pudeur est un caractère de l’âme qui pousse l’individu à faire ce qui élève et embellit et qui pousse à abandonner ce qui rabaisse et enlaidit. En effet, la pudeur, c’est ce sentiment qui rend honteux devant les gens, lorsque l’on fait quelque chose contraire à la bonne conduite. Mais c’est aussi le sentiment qui rend honteux devant Allah, lorsqu’on délaisse une obligation. Et c’est encore le même sentiment qui rend honteux devant les gens, lorsqu’on délaisse ce qu’il conviendrait de faire.    
La pudeur fait partie de la foi.           
D’ailleurs, le Prophète (prières et bénédiction d'Allah sur lui) a dit :« La foi comporte soixante et quelques branches…. La pudeur fait partie de la foi ».
La pudeur envers Allah, c’est ce qui oblige le serviteur à obéir à Allah et à s’écarter des interdits d’Allah. Et la pudeur envers les créatures, c’est ce qui oblige le serviteur à agir avec une grandeur d’âme, et à faire ce qui l’embellit et ce qui le rend aimable auprès des gens. Et c’est cette même pudeur qui le poussera à éviter ce qui le rend détestable auprès des gens. Donc, la pudeur sous toutes ses formes fait partie de la foi.
Quand une personne a de la pudeur, on se rend compte qu’elle marche posément : ni d’une manière trop pressée, ni d’une manière trop lente. Dans le même sens, lorsqu’elle parle, on s’aperçoit que cette personne ne parle que pour dire le bien et le bon, avec la manière et le style le plus élevé qu’elle connaisse. Il faut être pudique et ne pas s’agiter inutilement, ne pas faire ce qui ferait rougir de honte, ne pas faire ce qui serait critiquable ».
Pour s’ouvrir à la question…
Selon Wikipédia : « La pudeur est un phénomène éminemment social, à dimension à la fois individuelle et collective »…
Hier… Aujourd’hui… Dans les civilisations que l’on dit moins évoluées… ou antiques… le regard sur le corps semblait plus libre… que de nos jours… où la pudeur se voudrait protéger l’humain…
Pour les philosophes :
« Pour le philosophe, la pudeur est à la fois un droit et une convention ; un droit assimilé à celui de la protection de la vie privée de l'individu : chacun a droit au respect de sa pudeur. Divers philosophes, sociologues et auteurs (dont Kundera) montrent que derrière l'idée de transparence, comme derrière celle d'une pudeur imposée peut régner le totalitarisme. La pudeur est une dimension de la psyché précocement construite par l'éducation, importante pour l'insertion sociale. C'est aussi un vécu subjectif, fortement lié au sentiment de honte sur laquelle jouent, consciemment ou non, de nombreuses religions, sectes, forces de l'ordre, ou encore les auteurs de torture.
Via le fantasme ou le retour du refoulé, certains y voient une dimension importante de la sexualité »…
Il y a la pudeur créée par les religions :
Les règles d’usages religieuses mettent toujours beaucoup de temps pour arriver jusqu’aux peuples… mais une fois installées, c’est plutôt difficile de les en libérer… car la peur du châtiment reste le meilleur moyen d’imposer des lois.
— Pour le judaïsme, le jeu des minorités pratiquantes n’a jamais réussi à s’imposer au sein d’un peuple revendiquant plus une appartenance artificielle que des rituels…
— Pour le christianisme — balbutiant jusqu’au XIII° siècle malgré ce que veulent nous en faire croire les relectures des historiens engagés — il faudra attendre l’inquisition qui pose ses premiers jalons avec les massacres que nous connaissons… mais c’est au XVIII° siècle que se développe davantage ce phénomène « pudeur »… en lien avec le développement sectaire des mouvements protestants en Suisse et au Etats-Unis, où la sexualité sera un univers toujours plus tabou… et les catholiques ont joué de l’escalade dans la volonté de limité les libertés humaines vis-à-vis du corps !
— L’islam a suivi les deux autres religions monothéistes, en imposant les châtiments en même temps que les lois s’annonçaient…
Les « parties sacrées » ou « glorieuses » sont devenues « les parties honteuses »…
Il y a la pudeur des politiques dans les états laïques :
Comme nos sociétés sont gouvernées par des hommes ou des femmes en bonne entente avec les religieux… elles gardent la référence à un ou des dieux pour leurs statuts…
Ils ont donc institué la pudeur dans les lois laïques !
Les psychanalystes et les psychologues, vont aussi se plier à des jeux philosophiques qui nous invitent à soi-disant évoluer en nous cachant… de soi-même et des autres…
« Le corps n’est pas une marchandise » dans notre société… à ce qu’il se dit, sauf lorsque l’on utilise le citoyen comme « chair à canon » ou comme « main d’œuvre » à l’usine, dans les champs ou dans les mines…… mais l’humain, en tant qu’animal politique a-t-il une liberté ou a-t-il des devoirs et même des obligations sur son propre corps ?
Une mère à son fils : « tu peux jouer avec ce que tu veux sauf avec ton corps » !

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