lundi 24 juillet 2017

Sujet du merc. 26/07 : Un jugement juste est-il possible ?






Un jugement juste est-il possible ?


Juger : Prendre, en qualité d'arbitre, une décision au sujet d'un litige : Être appelé à juger un différend. Évaluer la valeur de quelqu'un, de quelque chose selon certains critères afin de les classer, de décider à leur sujet.
→ Jury qui juge les candidats à un concours.

Justice : La justice est un principe philosophique, juridique et moral fondamental en vertu duquel les actions humaines doivent être sanctionnées ou récompensées en fonction de leur mérite au regard du droit, de la morale, de la vertu ou autres sources normatives de comportements. Quoique la justice soit un principe à portée universelle, le juste apparaît pouvoir varier en fonction de facteurs culturels. La justice est un idéal souvent jugé fondamental pour la vie sociale et la civilisation. En tant qu’institution, sans lien nécessaire avec la notion, elle est jugée fondamentale pour faire respecter les lois de l’autorité en place, légitime ou pas. La justice est censée punir quiconque ne respectant pas une loi au sein de sa société avec une sanction ayant pour but de lui apprendre la loi et parfois de contribuer à la réparation des torts faits à autrui, au patrimoine privé ou commun ou à l'environnement.

(Définitions Wikipédia)

Lors d'un jugement il y a deux "camps" : celui des concernés, "subjectif", et celui du/des juge/s, "objectif".

• Dans le premier, on est au cœur des évènements, on les a vécus, et on est donc impliqué émotionnellement et plus ou moins directement.

Et du point de vue émotionne, il y a différentes manières de vivre et ressentir un même événement (une agression, par exemple peut être plus ou moins "bien" vécue selon les victimes).

• Dans le second cas, le juge doit être capable de prendre/avoir le recul nécessaire afin de ne pas être impliqué dans l'affaire (émotionnellement, notamment).

Cela amène donc les notions d'équité et d'impartialité ; celles-ci obligent à prendre en compte les critères de chaque parti afin de rendre le jugement.

(- Victime : blessure grave/non ; atteinte à la personne/aux biens : grave/non ; etc.
- Accusé: causes atténuantes/non ; ± responsable ; intention (volontaire/non) ; etc.)

Et concernant les émotions des personnes impliquées :
- Comment pouvons-nous estimer la force de ces sentiments, ressentis ?
- Comment peut-on les juger ? → Dans le sens ou la personne juge est elle-même en proie à des sentiments et biais (préférence pour un parti, vécu similaire, procès d'intention, etc.), et qu'en jugeant ceux d'autrui elle se place automatiquement dans une position de supériorité ( = "de quel droit" juge-t-on ?).

Tout cela nécessite alors de faire des compromis : on ne dédommage pas la victime à la seule hauteur du préjudice subit ; de même que le coupable n'est pas jugé sur ses seuls actes : mais les deux "vécus" sont utilisés pour juger ce que l'un et l'autre obtiennent finalement.

Dan d'un autre cas de figure, on peut aussi se demander si la sentence du coupable fait partie du dédommagement de la victime, ou si elle est finalement, seulement basée sur les actes reprochés...

Bien sûr, ici il est principalement question d'un cas de procès.

Mais nous pouvons aisément détourner ces questionnement envers des évènements du quotidien : nos propres jugements envers les (actes des) autres, et inversement.

mardi 18 juillet 2017

Sujet du Merc. 19/07/2017 : A quoi sert la parole si elle n’est pas support d’action ?



                    A quoi sert la parole si elle n’est pas support d’action ?   

Si l'on en croit l'opinion, la parole serait aux antipodes de l'action. Il est commun d'opposer l'homme d'action à l'homme de parole et de valoriser le premier par rapport au second. La parole serait vaine, le sérieux consisterait à agir. La question est de savoir ce qu'il en est de ce jugement en interrogeant l'essence de la parole.

   Ainsi y a-t-il sens à dire que parler consiste à être passif ? N'est-il pas évident qu'un sujet parlant n'est pas inactif et même que l'activité de parler est parfois épuisante ? Il suffit d'observer les professionnels de la parole (professeur, orateur politique etc.) pour s'en convaincre. La sueur inondant le visage de Raymond Devos sur scène donnait la mesure de l'effort en jeu dans sa parole et il n'avait sans doute pas besoin de la grammaire pour savoir que le mot est un verbe d'action, non un verbe d'état.
  Néanmoins si agir consiste à intervenir sur une réalité pour la changer, n'est-on  pas fondé à pointer l'inefficacité de la parole à produire des effets dans certaines situations ? On n'attend pas du chirurgien qu'il se contente de parler et il y a longtemps que le magicien a dû s'effacer au profit du technicien. L'opinion n'a donc pas tort de dénoncer l'imposture d'une certaine parole et de rappeler que dans de nombreux cas agir consiste à faire autre chose que parler.
   Mais cela ne signifie-t-il pas que la parole soit impuissante à produire des effets par principe ? L'expérience montre au contraire que la parole est un pouvoir d'une efficacité parfois redoutable, non seulement dans le rapport des hommes entre eux mais aussi dans le rapport de l'homme au réel.
   Alors qu'est-ce que parler et s'il est vrai que la parole est une action, de quelle espèce est cette action et en épuise-t-elle le genre ?

En toute rigueur le contraire de parler, c'est *se taire *tandis que le contraire d'agir, c'est être passif. Un locuteur n'est pas en état de passivité. Il ne l'est ni physiquement, ni mentalement. Pour articuler des sons, il doit mettre en œuvre des muscles, une énergie. La parole est une opération physique dont ceux qui la manient, à titre professionnel, savent combien elle requiert d'efforts, d'autant plus qu'elle exige aussi une activité mentale. Celle-ci est inégale selon les niveaux de symbolisation et de communication mais elle est en jeu même dans les paroles peu soucieuses de densité signifiante.

La parole est aussi en soi une action dans la mesure où dans une assemblée d'hommes, elle est rarement offerte. *Il faut prendre la parole*. Expression éloquente signifiant que la parole est d'ordinaire confisquée par les plus puissants ou les plus habiles. « Prendre la parole » requiert souvent du courage, ne serait-ce que celui de*s'exposer*, ce qui ne va pas toujours sans risque.

   Déploiement d'une énergie physique et mentale, intervention parfois audacieuse parmi les hommes, la parole est loin de connoter passivité.
Alors pourquoi l'opinion oppose-t-elle la parole à l'action ? Peut-on la légitimer ?

   Que l'opinion, voire le bon sens expriment un soupçon à l'égard de la parole, cela est clair dans de nombreuses formules. « Ce n'est qu'un beau parleur » ; « assez de mots, des actes » ; « C'est plus facile à dire qu'à faire ».
   Dans tous ces jugements, on accuse un certain usage de la parole de relever de l'esbroufe avec tous les caractères qui en dérivent : c'est illusoire et mensonger, pléthorique et stérile, peu coûteux et creux comme tout ce qui s'affranchit de l'épreuve du réel. Par contraste, l'action se vérifierait à son effectivité, à sa modestie aussi, gage de son poids de réalité.
   Ce procès est donc d'une extrême sévérité mais il est souvent fondé.

    De fait, lorsque l'action requiert une intervention matérielle sur une réalité, il est vain de croire à l'action de la parole. Sans doute l'émission de sons peut-elle produire des effets physiques  (provoquer un éboulement par exemple), mais ce qui agit alors, c'est le son comme phénomène vibratoire, non la parole en tant que sons doués de sens. Les mots sont impuissants à modifier concrètement les choses. Le superstitieux en nous se refuse parfois à admettre cette vérité et croit qu'en prononçant le mot, il agit sur la chose. En témoigne la réticence que certains ont à faire usage de certains mots, comme s'ils redoutaient de s'attirer la chose. C'est là  l'erreur du*magicien*. Il se croit puissant en faisant un *usage incantatoire* du langage. Ses paroles vont faire tomber la pluie, vont détruire le mal qui ravage son pays. A ce pouvoir illusoire on peut opposer le pouvoir véritable du*technicien* qui réduit la matière à ce qu'elle est : non pas des esprits avec lesquels un  autre esprit peut entrer en contact, qu'il peut séduire par des  prières, (c'est cette croyance en un *monde enchanté* qui fonde la  pratique magique), mais de simples corps matériels qu'on ne peut  transformer que par des opérations matérielles adaptées. Au fond le magicien croit qu'on peut agir sur les choses comme on agit sur les  hommes : par des signes, par des ordres. La causalité magique procède d'une vision politique du réel. Elle reflète un monde dans   lequel le rapport des maîtres aux choses, étant médiatisé par des serviteurs, les premiers peuvent facilement ignorer les contraintes de l'exécution. Il leur suffit de commander pour que le travail soit fait. A la différence du magicien, le technicien sait que donner des ordres est une chose, accomplir une autre, aussi renvoie-t-il  le beau parleur à sa vanité.

    De même lorsqu'il s'agit de *faire passer un projet du stade de l'intention à celui de sa réalisation  on réunit des groupes de réflexion, des commissions d'étude. On parle beaucoup. En réalité on cherche à gagner du temps. La parole sert à se dérober à la responsabilité de l'exécution. On parle pour ne pas  avouer son impuissance, pour dissimuler une mauvaise volonté ou une complicité. Les hommes politiques s'exposent souvent à ce reproche car ils font des promesses, ils sont prolixes en bonnes intentions mais ils ne le sont qu'en parole car la parole, chez eux, est moins soucieuse de se prolonger en accomplissement des annonces que de plaire pour obtenir le suffrage des citoyens.


   Cette déception alimente un discrédit de la parole dont le procès été instruit par de grands penseurs.
   Marx, par exemple, oppose la parole à l'action comme la théorie à la pratique. «  Les philosophes n'ont fait qu'interpréter diversement le monde, ce qui importe c'est de le transformer » /Thèses sur Feuerbach/ (1848). Contre les hommes de parole et de pensée qui laisseraient le monde inchangé et seraient ainsi les alliés objectifs du conservatisme, il en appelle à l'action militante et à la transformation du monde par le travail et la violence révolutionnaire. Voltaire, dans /Candide/, fait taire le disert Pangloss, étymologiquement le « tout en parole » par une formule de sagesse pratique : « Il faut cultiver son jardin ».
   Rousseau, dans le /Discours sur les sciences et les arts/, lie les progrès de l'éloquence à la dégénérescence des mœurs. Les époques où l’on parle beaucoup de la vertu ne sont pas celles où l'on est vertueux.
Celles où l'on parle beaucoup de ce qu'il faut faire ne sont, sans doute, pas celles où l'on fait vraiment.
        On peut rêver, se leurrer et s'abandonner aux mirages de l'utopie. Il n'y a plus de limites à la liberté mais c'est une liberté abstraite qui, en s'affranchissant des contraintes de l'incarnation, perd toute crédibilité. Parole vide, creuse, vaine, irresponsable, prétentieuse, mensongère. Il n'est pas étonnant  qu'une telle parole donne le goût du silence et de l'efficacité pragmatique.

En réalité le pouvoir agissant de la parole est considérable. Il peut s'analyser comme action sur le réel, action sur autrui et action sur soi-même.

   Si l'action de dévoiler le réel a une telle importance, on comprend que ce soit un des grands enjeux de pouvoir au sein d'une communauté d'hommes. Toute société a besoin d'un ciment idéologique pour être cohérée et c'est par la parole que sont véhiculées les significations et les valeurs communes. Le pouvoir politique appartient donc à ceux qui parviennent à imposer les visions dominantes, à l'intérieur d'une cité donnée. C'est dire, comme Platon le montre dans l'allégorie de la caverne, que *les véritables maîtres sont les maîtres de la parole. *

   Gorgias le revendique ouvertement : « Avec ce pouvoir tu feras ton esclave du médecin, ton esclave du pédotribe, et quant aux fameux financier on reconnaîtra que ce n'est pas pour lui qu'il amasse de l'argent mais pour autrui, pour toi qui sais parler et persuader les foules ». Platon, /Gorgias,/ 452d.

   Gorgias affiche ici une vérité s'exhibant chaque jour sur la scène sociale. La compétence, l'idée rationnelle du vrai ou du juste ne font pas le poids lorsqu'elles sont en concurrence avec le rhéteur. Aussi tant que les hommes ne pensent pas, tant qu'ils n'examinent pas la valeur de vérité de ce qu'ils disent, demeurent-ils prisonniers de *significations convenues.* Ils subissent à leur insu *la domination des maîtres du moment*. L'opinion, puisque c'est ainsi qu'il faut appeler une pensée non réfléchie, est une pensée manipulée, asservie au magistère de ceux qui la fabriquent (cf. l'image platonicienne des montreurs de marionnettes). L'exhortation à penser qui est la substance de la parole socratique est donc invitation à se réapproprier un pouvoir confisqué. Sa fonction est de déjouer le pouvoir de ceux qui font de la parole une pure *technique de pouvoir*. Elle est politique et subversive par nature.

Pouvoir asservissant de la parole sophistique*ou *pouvoir libérateur de la parole philosophique, là encore il apparaît que la parole n'est pas  impuissante à produire des effets.

L'usage sophistique de la parole est au fond dans l'ordre des choses. Ce qui l'est moins est son usage philosophique à l'œuvre dans l'authentique dialogue. Car celui-ci n'est pas une manière de reconduire la violence des rapports de force, en leur donnant une forme plus acceptable. Il la suspend en soumettant l'échange avec l'autre à une exigence transcendant les oppositions partisanes. Cette exigence est la vérité ou la justice, la mesure de ces valeurs n'étant pas nos intérêts particuliers ou notre arbitraire individuel mais notre *raison commune.*
   Le jour où le débat public s'élèvera à la hauteur du dialogue, faire de la politique sera bien *une* *activité digne d'un être raisonnable*.
On sait ce qu'il en est dans les faits... Voilà pourquoi Socrate peut prétendre qu'il est le seul à posséder l'art politique et néanmoins s'interdire d'intervenir à l'assemblée du peuple. Le véritable politique se détournant de l'arène politique et condamné à mort par la scène politique, ne doutons pas qu'il y ait là une figure de la tragédie humaine.

   Au terme de cette réflexion, on comprend l'irréflexion de l'opinion, lorsque sans nuance, elle oppose la parole et l'action. En réalité la parole est par essence une action mais elle n'en épuise pas le genre. Elle n'en est qu'une espèce et dans de nombreux cas, agir consiste à faire autre chose que parler.   (Extraits de S. Manon)


lundi 10 juillet 2017

Sujet du Merc. 12/07/2017 : Suffit-il d’observer pour connaître?



Suffit-il d’observer pour connaître ?  (Sujet Bac 2017)

Aristote disait qu’il faut « sauver les phénomènes ». Reprochant à Platon de se perdre dans le ciel des Idées, il est le fervent défenseur de la méthode inductive en science. Il s’agit de partir du particulier pour s’élever à l’universel. C’est par exemple l’observation attentive des parties des animaux qui permet de les classer. 

Ainsi Aristote est-il le premier à distinguer les vertébrés et les invertébrés et à ne pas commettre l’erreur de regrouper ensemble la mouette et la mouche parce qu’elles volent toutes les deux. L’observation est d’autant plus nécessaire qu’elle autorise les manipulations. Il ne s’agit pas de subir le phénomène, mais de l’interroger en cherchant par exemple sous son apparence première d’autres données observables. Ainsi Foucault dans Naissance de la clinique montre-t-il que le médecin Bichat en ouvrant tel cadavre juste après la mort du patient a pu voir comment les tissus se nécrosent afin de mieux comprendre le fonctionnement de la maladie mortelle. L’histologie (science des tissus) naît de ce sens aigu de l’observation.

La méthode expérimentale de Claude Bernard montre la fertilité de la simple observation lorsqu’on s’interdit toute vivisection. Il suffit d’observer les « entrées » et les « sorties » pour déduire par exemple la fonction glycogénique du foie puisque le corps en produit (on retrouve du glucose dans les urines) quand bien même on ne lui en donne  pas dans ses aliments. Bien conduite, l’expérimentation confirme que l’observation est déterminante en science.

Mais le défaut de l’observation, c’est que, par définition, elle passe d’abord par les sens. Or les sens ne sont pas une source fiable de connaissance. Pour fonder la science, il semble ainsi requis de s’affranchir de la médiation de ce qui relève de la perception. Descartes, au début de la deuxième méditation métaphysique dit bien que pour atteindre une première certitude, celle du « je pense, donc je suis » (cogito), il a dû fermer ses yeux et boucher ses oreilles. L’introspection se substitue alors à l’observation.  

Il semblerait donc que le travail théorique peut se passer de l’observation. Galilée est certes un grand observateur des étoiles, mais c’est par le simple calcul mathématique qu’il prouve que l’astre vu dans le ciel en 1572 est une nova très éloignée de la terre et donc que le système d’Aristote-Ptolémée qui soutient que seul le monde sublunaire autorise de telles apparitions est faux. Si « le livre de la nature est écrit en signes géométriques » (Galilée), c’est aux mathématiques de nous donner la clé du réel et non à l’observation directe des phénomènes.

Que l’observation puisse être paradoxalement un obstacle à la connaissance, c’est encore ce que dit Claude Levi-Strauss qui « hait les voyages et les explorateurs » (Tristes Tropiques). Adepte de l’anthropologie « en chambre », il estime que les travaux les plus approfondis et les plus fertiles pour comprendre la structure des groupes humains demandent de se couper du monde.

Bien sûr, il ne s’agit pas de renier le phénomène, mais de ne pas le survaloriser dans le travail de théorisation. La méthode scientifique, inaugurée par Platon dans le Timée, se veut hypothético-déductive : l’observation sert à confirmer ou à invalider une idée qui est d’abord et avant tout conçue par la raison.        

Quand bien même on accorderait que les phénomènes sont premiers, leur valeur scientifique ne peut être que celle d’une cause occasionnelle. L’atomisme épicurien prendrait ainsi sa source, si l’on en croit Lucrèce, dans l’observation d’un tourbillon de poussière dans un rayon de lumière. Mais l’atome étant, par définition, inobservable (du moins à l’œil nu) toute la théorie qui en découle ne peut être que spéculative.

L’observation reste donc le point de départ (la suggestion) et le point d’arrivée (la vérification) de la connaissance. Mais sa partie centrale reste théorique. Cette conviction est celle de Bachelard qui défend l’idée d’un rationalisme appliqué tout en remarquant que les progrès les plus récents des sciences reposent sur des théories qui défient l’observation, comme c’est le cas par exemple des hypothèses mathématiques sur les espaces à N dimensions.  

Nicolas Tenaillon  (Philomag)

POUR NOUS CONTACTER

  VOUS SOUHAITEZ CONTACTER LES ANIMATEURS DE L'EX CAFE PHILO - MERCI DE NE PAS UTILISER LE FORMULAIRE DE CE BLOG. ECRIVEZ ICI :   philin...