vendredi 13 novembre 2015

Les Caniculs-bénis : une nouvelle hystérie religieuse au service de l'Ordre Mondial ?



Les Caniculs-bénis :

une nouvelle hystérie religieuse au service de l'Ordre Mondial ?

Dominique Guillet


Global Worming, le Ver est dans le Vert

Je l’avoue, j’y ai cru (un peu) au réchauffement climatique anthropique en me disant, sans y réfléchir beaucoup plus, ce que se disent beaucoup d’écologistes: lutter contre le CO2, de toutes façons, revient à remettre en question les fondements de la société occidentale mortifère et les méfaits de la globalisation. D’autre part, les ONGs institutionnelles de la contestation en avaient fait un de leurs chevaux de bataille; ce que se disent beaucoup de jeunes militants, sans plus y réfléchir. Roulez Jeunesse, à l’assaut de la pétrochimie! Les premiers doutes métaphysiques commencèrent à m’empoigner lorsque je découvris, au Salon de l’Agriculture-Voiture de février 2007, l’arnaque des “bio-carburants”, que j’appelai à l’époque des “nécro-carburants” [01] (en m’inspirant, il est vrai, de Jean-Pierre Berlan [02], grand expert du débusquage des arnaques sémantiques). Les multinationales du sucre, de la pétrochimie et des constructeurs d’automobiles, la bouche en coeur, chantaient l’hymne des agro-carburants qui allaient participer à la lutte contre le réchauffement climatique, et sauver la planète, (sans compétition, promis-juré, avec la production alimentaire)... de concert avec un grand nombre d’écologistes. Quelques mois plus tard, c’était l’annonce du Grenelle de l’Environnement dans les bas-fonds, puants d’hypocrisie et de mensonge, duquel, se vautrèrent les institutionnels de la contestation: WWF, Greenpeace, Amis de la Terre et autres ONGs membres de l’Alliance pour la Planète. Une Alliance plus que molle, faut-il le préciser? [03]

A l’époque, j’avais même commis un petit article sur la reconversion de toutes les terres agricoles à l’agriculture biologique afin de fixer 3,7 tonnes de CO2 par hectare et par année et d’annuler, par la-même, une grande partie des émissions CO2 du parc automobile. [04] La FAO ne venait-elle pas d’affirmer, lors de son symposium, que l’on pouvait nourrir toute la planète avec l’agriculture biologique sans mettre en danger l’environnement? On peut toujours rêver.

Depuis lors, je m’étais tu, pressé par certains amis de ne pas remettre en question le dogme absolu du réchauffement climatique anthropique, à la sauce CO2, afin de ne pas gêner la marche inéluctable des écologistes vers le Pouvoir. C’est un tel panier de crabes, témoin la lutte acharnée, et les nombreux coups bas, accompagnant la toute nouvelle “taxe-carbone” qui ébranlera les fondements du paradigme Occidental tout autant qu’un pet méthanier de bovin, au parfum de soja chimérique! Dans cette ambiance hystérique et dogmatique, quasi-religieuse, on ne sait plus à quel MalSaint se vouer! Je ne m’étendrai pas sur ma dernière mission au Népal, au mois de mai dernier, dont les rivières étaient à sec. Le réchauffement climatique anthropique est-il à ce point brûlant, dans cette partie du monde, que l’eau de fonte des glaciers Himalayens (prétendument en désagrégation catastrophique) s’évapore avant même de s’écouler? Les vieux paysans Népalais affirment, quant à eux, que rien n’a changé et que le climat a toujours changé. En bref, le changement climatique! Les paysans Népalais, il est vrai, n’ont pas le loisir de se laisser tenter par quelque carotte (glaciaire) de milliards de dollars à la clé, de subventions, pour prouver une corrélation “scientifique” entre un accroissement de la température et une augmentation (ou prétendue telle) du CO2 depuis 1860.

Et puis, il y a quelques jours, malgré le temps relativement frais pour la saison, mon sang s’échauffa fortement lorsque je reçus le dernier ouvrage de James Lovelock “The Vanishing Face of Gaïa”. James Lovelock, le concepteur autrefois génial de la théorie Gaïa, avait déjà fortement dérapé dans son ouvrage de 2006 “La Revanche de Gaïa”. Dans ce dernier ouvrage, Lovelock fait endosser à Gaïa son catastrophisme apocalyptique dont nous ne pourrons nous prévenir, selon lui, que par la technologie et encore plus de technologie. Les solutions que James Lovelock propose, ce sont: l’énergie nucléaire, les chimères génétiques, l’agriculture agressive (parce que, dit-il, on a beaucoup exagéré les méfaits de l’agrochimie), la nourriture synthétique (des pilules?), l’hyperconcentration de l’urbanisation (des camps de concentration?), etc, etc. James Lovelock est convaincu que le GIEC est manipulé (ce dont nous sommes également persuadés, mais pas dans le même sens!) et que c’est de 5 à 6°C, d’ici 2016-2020, que la température planétaire va monter. Selon James, il ne restera plus d’autres solutions à l’humanité que d’aller s’installer aux Pôles. Et pourquoi pas, ajouterai-je, d’y domestiquer les ours, les manchots, les phoques et les pingouins pour pratiquer une agriculture polaire, “durable”, évidemment!

Aujourd’hui, une fois de plus, j’ai la rage à fleur de peau et n’en déplaise à la “bien-pensée” écologique (ou qui s’est auto-proclamée telle), il me semble indispensable de soulever quelques questions impertinentes eu égard à la priorité brûlante de cette lutte contre un prétendu réchauffement climatique anthropique. Tout porte à croire, en effet, qu’une grande partie des écologistes, et des citoyens, est victime d’une énorme arnaque pseudo-scientifique, médiatique et sémantique, qui occulte, de façon bien orchestrée:

1. La destruction de l’intégralité de la biosphère, et l’empoisonnement de l’humanité, par la mafia de la semence, de la pétro et agrochimie et de la pharmacie, et ce depuis plus de 60 ans, avec la complicité bienveillante de tous les états Occidentaux.

2. L’utilisation d’une panoplie de peurs instillées par des médias à la botte des Autorités: la peur du terrorisme, la peur des anarcho-autonomes, la peur de la grippe porcine, la peur du CO2, la peur des canicules... pour faire monter leur Nouvel Ordre Mondial, qui n’est qu’une soupe mal réchauffée de l’ancien.

3. L’imposition de nouvelles taxes aux peuples pendant que la mafia continue de tout empoisonner, de tout polluer, de tout saccager et d’engranger des dividendes. Il semblerait qu’on ait déjà gommé, de la mémoire collective, le tout récent, et le plus grand, hold-up financier dont l’humanité ait jamais été la victime: des milliers de milliards de dollars injectés pour la prospérité de la finance, des banques, des assurances...

Au risque de me répéter, permettez-moi d’énumérer quelques faits bien réels, procédant du vécu planétaire quotidien, et non point de la simulation d’ordinateurs virtuels:

- Aujourd’hui, ce sont plus d’un milliard d’êtres humains qui ne mangent pas à leur faim.

- Tous les jours, ce sont 35 000 êtres humains, principalement des enfants, qui meurent de faim: à savoir, ils trépassent.

- Les sols agricoles sont ruinés, biologiquement morts, et selon certaines études, au taux de 76 milliards de tonnes de sols érodés tous les ans, il n’y aura plus un seul gramme de terre arable en 2050.

- Ce sont 2,6 milliards d’humains qui sont sans assainissement, et ce sont 1,3 milliards d’humains qui sont sans accès à l’eau potable. Tous les ans, 2 millions d’enfants de moins de cinq ans meurent de maladies diarrhéiques liées au manque d’eau potable.

- La biosphère est cancérisée et une partie de l’humanité se meurt empoisonnée par les aliments et les produits de la chimie, de la pharmacie et de l’agrochimie.

- 300 personnes possèdent autant que les 3 milliards d’individus les plus pauvres de la planète: ces 3 milliards d’individus vivent avec 1 dollar par jour et peut-être moins.

Ces faits, qui sont loin d’être exhaustifs, dans le catalogue des calamités, remettent fort bien en perspective les dangers, réels ou illusoires, liés à une augmentation de la température d’1 ou de 2°C: à savoir, de vagues montées des eaux, un déplacement de réfugiés “climatiques”, une remontée des vignobles Français vers le nord, et autres épiphénomènes, que le GIEC, et autres affiliés, nous promettent pour demain, pour après-demain, pour 2050, ou pour 2100...

Les Origines de l'Arnaque Climatique

Les origines de ce canular ne sont pas si vieilles puisque dans les années 70, l’hystérie était plutôt dans le refroidissement: le “global cooling” allait détruire l’agriculture humaine. On comprend aisément que cette hystérie puisse être beaucoup plus fondée que l’hystérie actuelle car les archives historiques foisonnent de témoignages poignants quant aux destructions des récoltes, aux disettes, aux famines, aux maladies, et aux pestes en tous genres, qui prévalurent durant le dernier Petit Age Glaciaire dont l’Europe sortit en début de 19 ème siècle.

Le GIEC fut créé en 1988, c’est un appendice de “l’Organisation des Nations Unies”, (nous serions tentés de dire un truc dans le machin). Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) serait composé de 2700 “scientifiques”. Faites-vous confiance à l’ONU? Moi, pas.

L’ONU a-t-elle été capable d’empêcher, depuis des dizaines d’années, les dommages collatéraux: à savoir l’extermination des populations civiles en Afrique, au Guatemala, en Palestine, en Irak, en Afghanistan, etc?

La FAO (une division de l’ONU) a-t’elle été capable de solutionner le problème de la faim dans le monde? Ses discours pleurnichards, et les promesses jamais tenues, mettent une chose en valeur: la FAO ne peut rien faire à l’encontre de la mafia de l’agrochimie qui prend les décisions et qui dépouille le Tiers-Monde. De plus, les agricultures vivrières ont été ruinées par le “dumping”, à savoir les cultures archi-subventionnées des pays occidentaux. Le directeur de la FAO, Jacques Diouf, avait même un jour affirmé que son organisation pouvait solutionner la moitié du problème de la faim, et de la malnutrition, dans le monde avec seulement l’équivalent de deux semaines de dépenses militaires US, à savoir une petite vingtaine de milliards de dollars. Au jour d’aujourd’hui, ce sont 1500 milliards de dollars qui sont dépensés, tous les ans, par les pays occidentaux, en armements. Et le président Sarkozy tente de larguer ses avions rafales chez Mr Lula car dans ce commerce de la mort, la France est aux premiers rangs.

La FAO, ne l’oublions pas, c’est également l’infâme Codex Alimentarius, le “Nécro-Codex” qui va définitivement confier le contrôle de la nourriture, et de la santé, à une poignée de multinationales qui oeuvrent “dans les sciences de la vie”, entendez-par là qu’elles oeuvrent à diminuer drastiquement l’impact démographique sur les ressources planétaires!

Peut-on faire confiance à l’OMS (une division de l’ONU)? Il n’est que d’analyser les prises de position de cette organisation quant à la récente pandémie, “disséminée” du bleu du ciel, et les fortes présomptions pesant sur des multinationales produisant à la fois les virus et les vaccins, pour en esquisser une réponse.

Peut-on faire confiance à l’UNCCD (la Convention des Nations Unies pour combattre la désertification)? N’en parlons même pas, ce sont d’illustres inconnus sans moyens financiers.

Kofi Annan, l’ancien secrétaire de l’ONU, déclarait récemment que, tous les ans, ce sont 300 000 personnes qui meurent du réchauffement climatique. Sans plaisanter? Même si ce chiffre était réellement fondé, cela correspondrait à une dizaine de jours de décès par la faim. Et à combien de jours de décès par malaria? Kofi Annan est maintenant le président du “Global Humanitarian Forum” [05], une ONG humanitaire, qui a lancé, en juin 2009, sa campagne “Time for Climate Justice”, dont le conseil d’administration comprend, entre autres, le président du GIEC, l’ancien président du FMI, l’ancien président du World Bank Group, la présidente de la Fondation Rockefeller...

L’ancien conseiller spécial de Kofi Annan, Jeffrey Sachs, a créé le “Millenium Promise” [06], une ONG dédiée au lancement de la Révolution Verte Africaine, en collaboration avec Ban Ki-moon, le présent secrétaire de l’ONU ( et histoire de brouiller les cartes un peu plus, le nom de cette ONG est très proche de celui du programme de l’ONU “Millenium Development Goals” [35]). Parmi les membres fondateurs de cette ONG humanitaire se trouvent [07]: Monsanto [08], Novartis, Sanofi-Aventis, Fondation Microsoft, Sumitomo Chemical, GlaxoSmithKline (signalons au passage que Sanofi-Aventis, Novartis et GlaxoSmithKline sont les producteurs de vaccins contre la pandémie H1N1!), etc, etc, et Lehman Brothers, la plus grande faillite bancaire US de l’automne 2008.

Incontournable Lehman Brothers dont on retrouve le directeur comme co-fondateur de la Fondation “The Alliance for Climate Protection”, l’Alliance pour la Protection du Climat [09], créée par Mr Al Gore en 2006. Ce dernier n’est plus à présenter, ancien vice-président US (c’est tout un programme), prix Nobel de la Paix (avec le GIEC) en 2007. Après avoir créé sa fondation et son cabinet Londonien “Generation Investment Management” [10], il lance son film best-seller “Une vérité qui dérange”. Précisons que “Generation Investment Management”, spécialisé dans la gestion des “crédits carbone”, a été créé en partenariat avec David Blood, ancien directeur de “Goldman Sachs”, Mark Ferguson, ancien chairman de “Goldman Sachs Assets Management pan-European Research” et Peter Harris, ancien directeur de “Goldman Sachs Assets Management”. [11] [70]

Les quelques jours que j’ai passés sur la toile à tenter de débrouiller cet écheveau m’ont profondément consterné. Mr Paulson, qui a donné son nom au “Plan Paulson”, aux USA, est aussi l’ancien directeur général de Goldman Sachs. [85][50] Nous convions les lecteurs intéressés à consulter le courageux article de Matt Taibbi, paru dans Rolling Stones, “Goldman Sachs - La grande machine à bulles” dont le dernier volet s’intitule “Bulle 6: le réchauffement global”. [71[12]

Après 18 années de dénonciation des agissements des multinationales de la semence, ce n’est pas que je sois naïf quant aux ramifications souterraines de ce petit monde malsain. Mais je n’imaginais pas l’amplitude du “global worming”: le ver s’est infiltré partout. Et je ne parle pas du noble ver de terre, espèce en voie d’extinction dans la majorité des terres agricoles brûlées par la chimie, je parle du “ver” imaginé par John Brunner, l’auteur génial d’écologie-fiction, le “tapeworm” qui s’infiltre dans les réseaux... [13]

Les Réseaux Parasiteurs

Les réseaux, les résONG, une grande famille qui s’affaire autour de ce nouveau concept: le réchauffement climatique anthropique. Le puits de carbone: un fond de commerce sans fond. Les ONGs le savent pertinemment: la voie royale vers la subvention, c’est le carbone. Le carbone dissous est le gage de gros sous. Un autre type d’effet de “serres”.

Je découvre aujourd’hui même un réseau dénommé Avaaz [14]. Non, ce n’est pas une agence de voyage, c’est une ONG créée par Ricken Patel [15] (qui fut consultant pour ONU, Fondation Rockefeller, Fondation Bill Gates...) qui «organise la plus grande mobilisation sur le climat jamais réalisée: une alarme climatique à travers des “flashmobs” coordonnées partout sur la planète.» Le système fonctionne sous forme de chaîne et leur message convie à donner des dollars, beaucoup de dollars [16]«Il ne nous reste plus que quelques jours. Si d’ici lundi, nous pouvions collecter 150 000 dollars, Avaaz pourrait engager les grands moyens sur ce projet: construire une carte du monde et un blog dans le style de Twitter permettant de relier tous les événements organisés pour le climat le 21 septembre; mettre en place une base de données téléphoniques mondiale pour permettre à des milliers d’entre nous d’inonder nos dirigeants de coups de téléphone; et enfin engager une équipe de professionnels pour faire la différence sur le terrain médiatique, face aux puissants lobbys industriels et pétroliers». Sans commentaires, 150 000 dollars pour créer un blog (de luxe) et une carte du monde. Un blog à gogos, s’entend. Avaaz se félicite de ce qu’Al Gore ait déclaré «Avaaz est une source d’inspiration et a déjà changé beaucoup de choses.» Tout ce petit monde se renforce mutuellement ses territoires de gratification. Cela ne mange pas de carbone. Avaaz organise des marches virtuelles avec des pancartes virtuelles sur la toile virtuelle. (Le lobbying est-il virtuel aussi?) Quelle bonne idée, cela économise du carbone. Il est vrai que les technologies de la virtualité “carbone zéro” ont bien amélioré les conditions de travail de nombreuses ONGs dans certaines parties du monde: les logiciels de mise en page, les courriers électroniques et les appareils de photos numériques permettent maintenant de présenter des dossiers virtuels et de générer beaucoup de soutiens financiers, non virtuels. On se gardera, bien évidemment, de généraliser. Cependant, beaucoup d’ONGs ne sont réellement que des organisations parasites lorsqu’elles ne sont pas infiltrées, parasitées, par le ver, pour des objectifs bien précis qui n’ont rien à voir avec le bien-être des peuples.

L’ONG Greenpeace, quant à elle, fait récemment dans l’esthétique, ou plutôt le nu [17]. Greenpeace France«appelle à une mobilisation artistique et militante pour les vins français» et «invite des centaines de figurants à participer nus à une installation humaine incarnant la vulnérabilité de l’homme face aux changements climatiques.» C’est touchant. Dans un vignoble au début octobre. Ma première réaction fut d’espérer que cela soit dans un vignoble bio mais tranquilisons-nous, à cette époque de l’année, dans un vignoble en chimie, les risques de traitement létal sont moindres qu’en début de saison. Selon Greenpeace (en cela appuyé par une étude INRA [18]) les vignobles sont en risque de déplacement septentrional, ce qui rappelle les bons vieux temps du réchauffement climatique médiéval, lorsque la vigne croissait en grande abondance en Angleterre et même beaucoup plus au nord. Bref, il s’agirait donc de sauver les saveurs de terroir de la vigne Française.

Question impertinente: est-il réellement important de sauver des vignobles en chimie dont les vins contiennent jusqu’à 5800 fois plus de pesticides que l’eau [19], ce qui n’est pas peu dire, vu l’état de nos eaux? Autre question impertinente: en parlant de vulnérabilité de l’homme, qu’en est-il de celle des enfants qui tous les jours meurent de faim, de malaria, de diarrhée ou sous les bombes-bavures libératrices? Ne pourrait-on pas organiser une “installation humaine nue” au milieu du très pauvre Niger (récemment inondé), dans la région d’Agadez, par exemple, tout près des mines d’uranium qui fournissent les centrales nucléaires Françaises?

Mais là, nous sommes dans l’émotionnel, n’est ce pas? Tout comme le directeur de Greenpeace Angleterre qui vient d’avouer, devant les caméras Anglaises que, oui, bon d’accord, Greenpeace a menti: les glaces du Pôle Nord n’auront pas fondu d’ici 2030. [23] C’était pour l’émotionnel, dit-il. En bref, pour faire peur, pour fomenter de la panique, une vieille technique populiste, la stratégie favorite du Nouvel Ordre Mondial.

Dans la famille Alliance pour la Planète, les adeptes du consensus mou, nous avons également le RAC, le “Réseau Action Climat” qui est une ONG “spécialisée sur le thème de l’effet de serre et du changement climatique.” C’est le représentant français du réseau mondial d’ONG “concernées par les changements climatiques”, le “CAN : Climate Action Network” qui regroupe 450 ONGs sur toute la planète. Leur but est “de promouvoir l’action individuelle et gouvernementale pour réduire le changement climatique induit par l’homme à des niveaux écologiquement soutenables”.

Combien d’ONGs “concernées” par le changement climatique? Des Milliers? Combien de salariés? Des dizaines de milliers? Tout cela pour décoder “les niveaux écologiquement soutenables de l’impact de l’homme sur le climat”. Et quelles sont les sources de financement?

On se plaît à rêver qu’une telle colossale quantité d’énergie humaine, logistique et financière soit déployée pour sauver les sols, car là, il y a réellement urgence incommensurable. Et, qui plus est, une source avérée de changements climatiques: érosion des sols, déforestation pour produire les aliments à bétails, déforestation pour produire les nécro-carburants, désertification et bouleversement des régimes de pluies, etc.

A quand les Protocoles Humiques, les Alertes Humiques, les Ultimatums Humiques, les Réseaux Action Humus, les Fondations pour la Protection de l’Humus... Il est vrai que, dans ce cas précis, les solutions sont simples, trop simples: reforestation, semences de vie, pratiques agro-écologiques, compostage, extraits fermentés de plantes, etc. Les solutions sont trop simples, et trop peu coûteuses, pour générer un fond de commerce “durable” pour les ONGs. Et puis la mafia de l’agrochimie et de la semence chimérique veille. Elle est omniprésente. Et pour illustrer le parasitage, cela fait des années que je vois, encore, dans les pays dits du Tiers-Monde, de grosses ONGs US enseigner le compostage en fosse de béton, la putréfaction en fosse de béton, devrais-je dire. Du pur sabotage. 

Simples Questions au GIEC

Rappelons que le CO2, ou dioxyde de carbone, est en toute petite quantité dans l’atmosphère: 0,038%. Le CO2, c’est la base de la vie: processus de photosynthèse, respiration, etc. L’atmosphère en contiendrait autour de 800 gigatonnes, 800 milliards de tonnes.

Le CO2 se retrouve également dans:

- les plantes terrestres: 600 milliards de tonnes de carbone dans les tissus biologiques
- la vie océanique: 2 milliards de tonnes de carbone dans les tissus biologiques
- la surface océanique : 800 milliards de tonnes de carbone, principalement sous forme d'ions de bicarbonate
- les profondeurs océaniques: 35 000 milliards de tonnes de carbone, principalement sous forme d'ions de bicarbonate
- le sol: 2000 milliards de tonnes de carbone, en déchets organiques d'origine biologique.

Les émissions naturelles de CO2 (incendies de forêts, respiration animale et végétale et respiration des organismes du sol) seraient de l’ordre de 772 milliards de tonnes tandis que les émissions anthropiques de CO2 (générées par l’humanité) seraient de l’ordre 29 milliards de tonnes, à savoir environ 3% du total.

L’hypothèse du GIEC, érigée en dogme absolu, (malgré l’opposition sans cesse croissante de dizaines de milliers de scientifiques de par le monde) est que l’accroissement de la température depuis 1860 est provoqué par l’accroissement de la concentration de l’atmosphère en CO2.

Ce n’est pas le propos de cet article de décortiquer, d’analyser, de comparer des centaines d’études “scientifiques” absolument contradictoires concernant cette problématique. J’invite les lecteurs à réfléchir, à enquêter, à faire preuve d’intuition féminine et de bon sens et bien sûr à suivre les traces inodores de l’argent. J’ai commencé une rubrique “Climats de Gaïa” [24] sur mon site Liberterre, présentant des dossiers et articles, et il existe de nombreux sites et blogs sur la toile disséquant la supercherie climatique[80] [41] (une pléthore en langue anglaise) même s’il est vrai que certains, de par leur encensement hystérique de la modernité occidentale, ne sont franchement pas ma tasse de thé. Diversité culturelle oblige. Non à la Pensée Unique et Monolithique.

Je souhaiterai juste poser quelques points et questions très simples:

- En 1860, nous sortions du Petit Age Glaciaire qui avait prévalu durant plusieurs siècles. L’accroissement léger et progressif des températures, depuis lors et sans doute avant, n’est-il pas naturel puisque nous sommes sortis d’un cycle pour nous engager dans un autre?

- Selon le chercheur Allemand Ernst Georg Berk [25], et bien d’autres chercheurs [26] [66], “Entre 1812 et 1961, il y eut plus de 90 000 mesures du CO2 atmosphérique par la méthode Pettenkofer. Ces mesures ont mis en exergue des pics de CO2 atmosphérique en 1825, 1857 et 1942. En 1942, la concentration en CO2 atmosphérique était de 400 ppm et donc plus élevée que de nos jours. Un graphe du CO2 atmosphérique, mesuré par cette méthode, montre que pour la plus grande partie du 19 ème siècle, ainsi que de 1935 à 1950, le CO2 atmosphérique a été plus élevé que de nos jours”. Est-il vrai que le GIEC n’a conservé de ces 90 000 mesures que celles lui permettant de créer sa “courbe en crosse de hockey” et de fixer arbitrairement un seuil minimal originel de 220 ppm? Si oui, pourquoi?

- Comment le GIEC explique-t-il la croissance de la température entre 1910 et 1940, la non-croissance (ou “croissance négative” pour employer les termes de la nov-langue!) de la température entre 1940 et 1975 environ (qui fut telle que certains annoncèrent un nouveau petit âge glaciaire) et l’accroissement subséquent à partir de 1975 environ jusqu’au début du siècle suivant?

- Comment le GIEC explique-t-il, en l’absence de CO2 anthropogénique, le réchauffement climatique de l’Epoque Romaine? En effet, certaines études qui ont publiées dans diverses revues scientifiques (Science, Nature...) mettent en valeur une très haute température durant cette période, jusqu’à 2,5 °C de plus que les températures actuelles. [20]

- Comment le GIEC explique-t-il, en l’absence de CO2 anthropogénique, le réchauffement climatique de l’Epoque Médiévale? Rappelons que ce réchauffement climatique, entre 900 et 1400 environ, permit aux Vikings de naviguer les mers, de s’installer au Groenland, et de pénétrer jusqu’au Kentucky (500 ans avant la non-découverte de Christophe Colomb). Cette époque fut une période de grande prospérité en Europe. Les études, auxquelles nous venons juste de nous référer, mettent en valeur des températures en excès de celles qui prévalent actuellement d’1,5 °C et jusqu’à 3 °C (pour un sous-cycle de 80 ans). [21]

- Le GIEC laisse entendre que les niveaux de concentration de CO2 ont toujours été très bas sur la planète. Pourtant, les chercheurs stipulent que le niveau du CO2 atmosphérique était de 7000 ppm il y a 600 millions d’années (20 fois plus qu’aujourd’hui). Le cadre de cet article ne nous permet pas de décliner les énormes variations de CO2 alors que la température restait stable. Nous convions les lecteurs à consulter les travaux du botaniste Anglais, David Beerling, qui explique que: «Si l’on en juge par les flores modernes planétaires, les feuilles suscitent un sentiment d’inévitabilité évolutive. Il est difficile d’imaginer que les plantes pourraient accomplir leur labeur quotidien de photosynthèse si elles étaient dépourvues de feuilles. Cependant, et c’est surprenant, lorsque les plantes se lancèrent dans leur grande saga de colonisation de la Terre il y a environ 465 millions d’années, elles le firent sans feuilles... Les feuilles sont des structures remarquables qui permettent aux plantes de gérer, au quotidien, leur labeur de photosynthèse et de garantir ainsi la continuité des générations. Cela prit, cependant, 40 millions d’années avant que cette innovation, en apparence simple, n’apparaisse et ne se répande au travers de tout le royaume végétal... Pour résumer, l’évidence suggère que des niveaux très élevés de dioxyde de carbone prévalurent, lorsque les plantes primitives apparurent, qui s’effondrèrent, par la suite, lorsque la version botanique de l’explosion Cambrienne eut lieu. Lors de cette explosion végétale, les vestiges fossiles révèlent que les feuilles apparurent graduellement, minuscules au début et devenant progressivement de plus en plus amples, tout en augmentant le nombre de pores stomataux forcés par le stress généré par la disette en dioxyde de carbone.» [22] Ainsi, le monde végétal ne fut constitué, pendant 40 millions d’années, que de troncs et de tiges en raison du taux extrêmement élevé de CO2 dans l’atmosphère. Il est difficile, certainement, pour l’imagination humaine de concevoir un monde végétal sans feuilles. Le GIEC aurait-il une explication censée quant à la stabilité des températures, à cette époque reculée, malgré les énormes fluctuations de CO2?

- Pourquoi le GIEC prétend-il que la dernière décennie a été la plus chaude alors que les records de température s’établissent comme suit, dans l’ordre décroissant? 1934/1998/1921/1931/2006/1999/1953/1990/1938/1939.

Cette liste de questions très simples est loin d’être exhaustive. On devrait évoquer également, bien évidemment, le soleil, la vapeur d’eau (le principal agent de “l’effet de serre”), les rayonnements cosmiques, le réchauffement de la planète Mars, les oscillations océaniques, etc. Il existe, d’ailleurs, en anglais une pléthore d’ouvrages, très documentés, qui dissèquent très clairement l’arnaque climatique.

J’en poserai une dernière, cependant, que d’aucuns pourraient même considérer comme “mystique” et qui a trait à la vanité “du bipède qui s’est auto-proclamé le roi de la création” pour emprunter une des terminologies favorites de Pierre Rabhi, le poète et écologiste. Gaïa, l’être planétaire, n’est pas un super-ordinateur: l’amplitude et la complexité de ses dynamiques et de ses boucles d’actions et de rétro-actions (pour ne pas même évoquer son “telos”) ne pourront jamais être analysées par un boîtier en aluminium doté d’une poignée de composants électroniques. N’est ce pas le summum de l’arrogance, et de la démence, que de prétendre prévoir, à échéance de 10 ans, d’un siècle ou de deux siècles, les climats de la Planète Terre à partir d’un super-ordinateur, fût-il du GIEC, et des quelques miettes de “données” partielles et passagères dont il aura été nourri? Un tel super-ordinateur n’est qu’un simulacre lamentable de la planète authentique, le jouet virtuel et pathétique d’une poignée de scientistes capricieux. 

Le CO2 en Bouc-émissaire

Cela fait longtemps que nous évoquons le spectre d’un gouvernement mondial et pour cela, nous fûmes qualifiés de fantaisistes, de paranoïaques, d’exaltés, etc. Et le Nouvel Ordre Mondial, dont personne auparavant ne prononçait publiquement le trinôme fatal, est maintenant dans la bouche de tous ceux qui sont en contrôle des pays occidentaux, ou qui prétendent l’être (et parfois même des pays en voie d’occidentalisation): les experts agités en illusions, en double-langage, et en inversion des valeurs, dont l’incohérence des discours est à la mesure de leur inféodation aux puissances économiques et financières. Le Nouvel Ordre Mondial, la marque déposée du “Capitalisme social”, est prôné comme LA solution à la “crise planétaire”. Que penser de l’affirmation, le 8 décembre 2008, de l’éditorialiste du Financial Times, Gideon Rachman: «La gouvernance internationale ne tend à être efficace que lorsqu’elle est anti-démocratique.» [27] Et que penser de l’assertion récente (voeux au corps diplomatique du 16 janvier 2009) proférée par le représentant élu du peuple français, Mr Nicolas Sarkozy [28]«Nous irons ensemble vers le Nouvel Ordre Mondial, et personne, je dis bien personne ne pourra s’y opposer.» Ces affirmations sont en phase avec le sempiternel mantra de “gouvernance globale” martelé par Mr Al Gore, dans ses nombreux discours, pour sauver la planète de l’enfer climatique.

Néanmoins, je ne serais pas allé au charbon, sur ce terrain miné, et politiquement incorrect, de la remise en question du dogme carbo-dioxhideux si ce n’avait été “que” pour dénoncer, une fois de plus, le Nouvel Ordre Mondial. Mon principal objectif est de dénoncer, ainsi que je l’ai souligné en début d’article, le fait que l’on fasse porter au réchauffement climatique anthropique, à la sauce CO2, “la destruction de l’intégralité de la biosphère, et l’empoisonnement de l’humanité, par la mafia de la semence, de la pétro et agrochimie et de la pharmacie, et ce depuis plus de 60 ans, avec la complicité bienveillante de tous les états Occidentaux.”

J’ai beaucoup apprécié la récente prise de position de Mr. Syun-Ichi Akasofu, (auteur d’une lettre ouverte au GIEC) qui fut le fondateur-directeur de l’International Arctic Research Center de l’Université d’Alaska. Mr. Syun-Ichi Akasofu est un géophysicien réputé, de 79 ans, qui manifestement, vu son âge canonique, ne peut pas être accusé de courir après des subventions du GIEC ou de quelque autre multinationale. Dans l’un de ses derniers articles, attaquant très férocement les conclusions du GIEC, Mr. Syun-Ichi Akasofu évoque le danger du “parapluie” climatique:

« Cela pose sérieusement question, également, que le réchauffement climatique puisse être aussi facilement rendu responsable de tous les problèmes qui surviennent: les inondations (qui résultent souvent plutôt de la déforestation massive ou de la perte des zones humides) ou l’extinction de certaines espèces (qui peut résulter de l’excès de cueillette, de la perte des habitats, de l’invasion d’espèces exotiques, de problèmes de pollution), etc. Pendant ce temps là, ceux qui sont réellement responsables de ces calamités peuvent aisément se cacher sous le “parapluie du réchauffement climatique”.» [29]

Et le catalogue des calamités imputées au réchauffement climatique ne cesse de grandir au fil des années et au fil de l’attribution de subventions bien grassouillettes permettant de prouver tout, et son contraire, et d’agrémenter le vomi médiatique de nouvelles sensationnelles et renforçant le dogme établi.

- L’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) a découvert récemment que le nombre d’espèces de pucerons a augmenté très sensiblement “au cours des 40 dernières années”, en raison du réchauffement climatique. [30] S’est-on posé la question de savoir si cela n’était pas plutôt imputable aux méthodes de l’agrochimie. Pas du tout. Et pourtant, un directeur des recherches (dissident) de l’INRA, Francis Chaboussou, avait déjà écrit en 1985 que «les relations entre plantes et parasites sont avant tout d’ordre nutritionnel. Une fertilisation déséquilibrée, notamment les carences en oligo-éléments et les excès d’engrais azotés, perturbent la synthèse des protéines à l’intérieur de la plante. Les substances solubles qui servent de matériau à cette synthèse s’accumulent alors dans les tissus et constituent une nourriture de choix pour les parasites.» Les insectes ne font, donc, qu’éliminer les plantes déséquilibrées. Aucune relation entre les pucerons et le CO2.

- Des scientifiques français du MNHN (Muséum National d’Histoire Naturelle) de Paris ont montré que les oiseaux ne bougeaient pas assez rapidement en réaction au changement climatique. [31] Ne se pourrait-il pas que l’apathie des oiseaux provienne d’une autre cause? Car comme le précise la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux), dans son communiqué dénonçant le Cruiser de Syngenta, [32«Force est de constater, en tout cas, que dans toute l’Europe, et en particulier en France, les populations d’oiseaux des zones agricoles ont chuté de 30 à 40 % en moyenne depuis les années 1980-1990! En Angleterre, l’ornithologue Campbell a montré qu’il existe une corrélation étroite entre la période où l’emploi massif des pesticides a débuté et celle où la chute des populations d’oiseaux a commencé. L’ornithologue allemand Reichhof a souligné le rôle des villes et des villages comme sanctuaire pour la biodiversité, alors que, de leurs côtés, les campagnes se désertifient.» Soulignons que 30 à 40 %, en moyenne, ce n’est que depuis les années 1980-1990. Nous n’avons pas de chiffres précis sur l’extermination des populations d’oiseaux à partir de 1945 puisqu’il était “scientifiquement” établi par l’INRA, et autres affiliés, que les pesticides ne représentaient AUCUN problème pour les êtres vivants. Il fallut attendre l’ouvrage de Rachel Carson et le lancement de la revue “la Gueule Ouverte” (dont le n°12 d’Octobre 1973 titrait “Quelle Terre laisserons-nous à nos enfants?” [33]) pour que le problème des pesticides commencât à être posé. En conclusion, l’anéantissement des oiseaux en France n’a rien à voir avec le CO2.

- L’INRA a récemment déclaré vouloir travailler à adapter les blés, et autres grandes cultures, au réchauffement climatique. Les agronomes s’alarment, en effet, de la stagnation des rendements des grandes cultures depuis 1990. Les meilleurs limiers du petit monde de la biologie, de la génétique, de l’économie et de l’agronomie sont partis en quête du coupable. [44] Et ils l’ont trouvé: le réchauffement climatique. S’est-on posé la question de la santé des sols agricoles Français? Non, parce que cela va de soi, ils sont débordants de vitalité, n’est-ce pas? Parlez-en donc à l’agronome Claude Bourguignon de la vitalité de nos sols agricoles! [45]

- Greenpeace s’est empressé de faire porter la responsabilité des récents feux en Australie au réchauffement climatique. Ces feux sévissaient sur une partie du continent alors que l’autre partie était engloutie par les inondations, dues sûrement, elles-aussi, au réchauffement climatique! Est-il nécessaire de porter à la connaissance de Greenpeace que les feux en Australie, et les sécheresses, ont été rapportés historiquement depuis 1789, à savoir depuis que les Blancs ont envahi le territoire des Aborigènes. Les feux du 7 février 2009 tuèrent plus de 170 personnes et détruisirent un demi-million d’hectares. Les feux du 6 février 1851, par exemple, tuèrent 12 personnes et détruisirent 5 millions d’hectares. Faut-il également rappeler aux activistes de Greenpeace que le continent Australien a été détruit intégralement par un siècle et demi de déforestation, d’agriculture et d’élevage intensifs. Précisons, de plus, que l’Australie a été sous un régime d’intenses sécheresses de 1910 à 1945, un régime d’intenses inondations de 1945 à 1975 et de nouveau un régime d’intenses sécheresses à partir de 1975 et jusqu’à récemment. Ces différentes périodes seraient, bien sûr, en lien avec les phénomènes connus sous le nom d’El Niño et La Niña. Nous remarquerons, bien évidemment, que ces périodes correspondent presque exactement aux croissances et décroissances de température pour lesquelles nous avons posé, ci-dessus, une question au GIEC. Dans tous ces cycles climatologiques Australiens, quel est réellement l’impact du CO2? Vraisemblablement, aucun.

- Au Népal, WWF tire les sonnettes d’alarme sur le réchauffement climatique menaçant un grand nombre d’espèces Himalayennes. [46] Il serait plaisant de voir WWF Népal monter au créneau aussi résolument pour dénoncer la perte des sols agricoles Népalais. La région de Katmandou, l’une des plus fertiles du monde, autrefois, est dévastée, brûlée, par la chimie agricole: les paysans Népalais pleurent, ils ne savent plus quoi faire. Et si les sols Népalais sont ruinés par les fertilisants synthétiques, les herbicides et autres pesticides, qu’en est-il des écosystèmes locaux environnants? Sont-ils protégés par une bulle en verre, une bulle virtuelle ou par la grâce de Vishnou?

Je pourrais multiplier la liste de ces exemples. La biosphère agonise sous l’impact de l’agriculture toxique: rien à voir avec le CO2. 

Les Caniculs-bénis, une nouvelle secte ou une nouvelle religion?

Lorsqu’un groupuscule d’individus proclame, haut et fort, qu’une entité extraterrestre, venant du Très Haut du Cosmos, dans son vaisseau spatial, les a visités et les a exhortés à se dépouiller de l’orgueil humain de se prendre pour le maître de la Création, à se repentir de tous les maux qu’ils ont infligés à notre Mère la Terre et les a informés que les élus repentis seront ascensionnés, sur un plan énergétique supérieur, le 21 décembre 2012, ce groupuscule est qualifié de “secte” par les Autorités et, bien sûr, mis à l’index.

Si ce même dogme était proclamé par un milliard d’individus (ce n’est qu’une supposition, une hypothèse de travail), le consensus global en ferait une “religion” officielle et respectée. Ainsi va la vie humaine.

Les Caniculs-bénis du réchauffement climatique anthropique, à la sauce CO2, ne sont-ils encore qu’une secte groupusculaire ou bien déjà une religion en gestation? Le consensus n’en est-il encore qu’à sa phase molle (avec un groupe “d’illuminés” menant la barque) ou bien déjà en phase de ferveur collective, active et fiévreuse? En bref, quelle est l’amplitude de l’infestation idéologique parasitaire? Le Ver a-t-il déjà miné intestinement les méandres de la conscience collective?

Les années à venir nous le diront mais il se pourrait fort bien que le prosélytisme ardent de cette flatulence, émanant du désert culturel, soit très vite refroidi par un vent de “global cooling” car il en va des vents comme des cycles du climat, nul ne sait d’où ils viennent...

On peut sans doute faire remonter les origines de ce dogme à la conférence de 1975, en Caroline du Nord, organisée par l’anthropologue Margaret Mead. La conférence s’intitulait “The atmosphere: endangered and endangering”. Ce n’est pas le propos de cet article de mettre en doute la sincérité des motivations de Margaret Mead. Notons, cependant, qu’intervenaient à cette conférence Paul Ehrlich, ultra-malthusianiste et auteur de la “Bombe P.” (qui avait prophétisé la disparition de l’Angleterre d’ici l’an 2000) et Stephen Schneider qui faisait la promotion du scénario du “Refroidissement Global”, vers 1970. Stephen Schneider est connu pour avoir déclaré en 1996, à un journaliste: «Afin de capturer l’imagination du public, nous devons promouvoir des scénarios de panique, proférer des déclarations dramatiques, et très simplifiées, et faire abstraction de tout doute que nous puissions avoir... » Stephen Schneider aurait également précisé, durant la conférence de 1975, que «les politiques d’énergie nationale et d’alimentation doivent avoir pour fondement que le contrôle de la population par guerre nucléaire ou par affamement de masse, est indéfendable.» Tant mieux, nous l’avons échappé belle! James Lovelock y participait également et ne manqua pas, alors, de se moquer ouvertement des scénarios les plus hystériques concernant le réchauffement anthropique. James Lovelock a beaucoup changé.

Michael Crichton, le célèbre écrivain US de science-fiction, scénariste et producteur de films, dénonça farouchement, durant les dernières années de sa vie, l’arnaque climatique. En 2003, lors d’une conférence, il déclara: «Il est clair que tout scientifique puisse être accusé comme Galilée le fut. Mais je n’aurais jamais imaginé “Scientific American” dans le rôle de la Mère Eglise». Michael Crichton posa également la question de savoir depuis quand le terme “sceptique” est-il devenu un “gros mot”. [47]

En juillet 2009, lors d’une conférence , Mr. Al Gore proféra ses litanies habituelles «... grâce à la gouvernance globale et bla bla bla...» mais compara, aussi, la lutte contre le réchauffement climatique à la lutte contre les Nazis. [48] Quelques heures plus tard, le Times escamotait, de son site web [49], cette image un peu “forte”. Mais Mr Al Gore voulait-il suggérer, oui ou non, que les sceptiques sont des pro-Nazis, ou l’auraient été, ou le seraient?

Tout cela est profondément troublant et il semblerait, en effet, que les prosélytes de ce nouveau dogme aient fait appel à toute l’artillerie lourde de certaines techniques religieuses d’antan pour imposer leurs croyances aux “Païens climatiques”.

Les sceptiques sont dénoncés comme des “négationnistes” (à savoir comparés à ceux qui mettent en doute l’Holocauste) [51] et parfois même comme des criminels climatiques [52]. Ils ne sont pas, encore, brûlés sur les bûchers de l’Inquisition Climatique mais ils ont, néanmoins, grand peine à pouvoir s’exprimer. Les médias, à la solde des Autorités, ont bloqué tout accès aux tribunes publiques. Ainsi, en Angleterre, le célèbre Professeur David Bellamy, aujourd’hui âgé de 76 ans, botaniste, auteur de 35 ouvrages et ayant à son actif 400 programmes de télévision, fut viré comme un malpropre lorsqu’il osa s’exprimer publiquement sur l’arnaque climatique. [68]

Le film de Mr. Al Gore “Une vérité qui dérange” a été distribué dans des dizaines de milliers d’écoles: un lavage de cerveau savamment orchestré.

Nous avons déjà évoqué les discours apocalyptiques de certains, à l’instar des prophéties bibliques: les eaux qui vont monter et les vagues qui vont nous engloutir (le Déluge?), la fournaise climatique suffocante (l’Enfer). On pourrait également évoquer la culpabilité, la rédemption par les taxes, le dogme incontournable des rapports du GIEC, les gurus auto-proclamés...

Le Diable est tout trouvé, c’est le CO2! L’éternel combat entre les Fils de la Lumière et les Fils des Ténèbres. La dichotomie fatidique, fondement de la théologie de l’annihilation. Le CO2 a été tellement satanisé que la simple mention de ce gaz atmosphérique évoque, dans l’imagination populaire, le poison, le polluant, le toxique. Et pourtant le carbone est la base de la vie et tous les aliments que nous consommons procèdent du dioxyde de carbone atmosphérique.

Ceux qui osent évoquer le Soleil, comme facteur fondamental des cycles climatologiques, sont stigmatisés à l’image de Galilée qui osa positionner notre astre au coeur du système planétaire. L’Histoire qui se répète.

On pourrait également mentionner les “indulgences pontificales” remplacées par les “compensations de carbone” vendues par un nouveau clergé, les grands prêtres de l’absolution climatique.

Les Autorités doivent se pâmer d’aisance à la vue de toutes ces “croisades climatiques”, pour la plupart virtuelles et informatisées: ne préfèrent-elles pas, en effet, que les militants activistes soient en face de leur ordinateur (la boîte à réalité virtuelle) plutôt que de bêcher leur jardins (dans un souci d’autonomie fertile) ou de fomenter les “Insurrections qui viennent”.

La sémantique de ces croisades climatiques, et des multiples pétitions afférentes, à l’image de celle de la nov-langue, est experte à semer la confusion dans les esprits: “alerte climatique”, “crise climatique”, “cent jours pour lutter contre le réchauffement”, “on ne négocie pas avec le climat, on agit”, “l’ultimatum climatique”, “le Climat entre nos mains”, “350.org”, “seal the deal”, “fondation pour la protection du climat”, “réseau pour un climat neutre”, “Time for Climate Justice”,” Climate for Life”, etc, etc, ad nauseam.

Des petits malins commencent même à proposer des “vacances climat neutre”, des “voyages sans carbone” et toute une gamme de “produits à bilan carbone neutre”.

Et James Lovelock parle, dans son dernier ouvrage, de notre “empreinte écologique plus noire que le péché”. A quand la confession publique obligatoire et le dévoilement de son “empreinte carbone”? Et pour les châtiments?

Fixation du CO2 et Libération de l'Humus

Il paraîtrait que la “taxe carbone” est de gauche! [34] Et l’Ecologie doit-elle être de gauche, aussi? Est-ce pour cela que Mr Sarkozy a sorti de son placard à bolets un cryptogame de la préhistoire? L’écologie politique est-elle à ce point fossilisée qu’elle se soit rendue complice de cette imposture climatique? Ou est-ce, peut-être, que l’écologie politique n’a vraiment jamais remis en cause, intrinsèquement, les fondements mortifères de la civilisation occidentale moderne? Juste du vernis verdâtre pour occulter le vert de gris? Mais cela n’est sans doute pas si simple car combien d’écologistes ont des doutes profonds concernant cette arnaque climatique? Néanmoins, peu d’entre eux osent l’exprimer publiquement de peur de passer pour des crétins ou des voyous climatiques.

La question que je pose aujourd’hui à tous les écologistes, mais aussi aux ONGs, aux commissions de l’ONU, aux oligarques globalistes, aux fondations, aux représentants élus, aux négociants en crédit carbone, etc, est la suivante:

Si l’urgence du réchauffement climatique est à ce point dramatique, si le CO2 est sur le point de carboniser l’humanité ou de l’engloutir par la montée des eaux, pourquoi ne pas promouvoir AUJOURD’HUI même (et pourquoi ne l’avoir pas fait avant) la reconversion à l’agriculture biologique de toutes les terres agricoles de la planète?

Le Rodale Research Center [54] a déduit de ses recherches, qui ont porté sur 24 années, la capacité de fixer par année et par hectare 3,7 tonnes de CO2 en agriculture biologique. [55] Et ce, sans prendre en considération les réductions en émissions de CO2 dues aux besoins énergétiques inférieurs de l’agriculture biologique que le Professeur David Pimentel, de l’Université de Cornell, estime à 63% des besoins énergétiques de l’agriculture chimique [56]. A raison de 2000 millions d’hectares arables planétaires, la fixation de CO2 serait de 7,5 milliards de tonnes de CO2, à savoir près du tiers des émissions anthropogéniques “officielles”.

Dans le même ordre d’idée, pourquoi ne pas limiter AUJOURD’HUI même (et pourquoi ne l’avoir pas fait avant) la goinfrerie en viande de l’occident et d’avoir, par là-même, stopper une grande partie de la déforestation, responsable d’une portion des dites émissions (pour ne pas mentionner les pets méthaniers des bovins!)?

La réponse à ces questions, et surtout à la première, est claire et évidente: parce que la mafia de l’agrochimie en a décidé autrement et qu’elle serait ruinée par une telle reconversion. Mais j’aimerais tellement l’entendre de la bouche des fondations, de l’ONU, des ONGs, des partis politiques... Peut encore rêver que Mr Al Gore (au nom prédestiné [43]) se transforme en apôtre du compostage...? N’avait-il pas d’ailleurs évoqué, dans son discours sus-mentionné en juillet 2009, qu’effectivement certains sols étaient décidément très peu fertiles et en manque vital de carbone?

L’urgence d’aujourd’hui, ce n’est pas le CO2, ce n’est pas le réchauffement climatique anthropique, L’urgence, c’est “la destruction humique”. [57] Les sols agricoles sont biologiquement morts, dans leur grande majorité. La reconversion de toutes les terres agricoles par des pratiques agro-écologiques permettrait, en sus de la fixation de CO2 (qui n’est qu’un épiphénomène) de régénérer les sols, de stopper l’érosion des sols et de ralentir les processus de désertification, d’augmenter considérablement le pouvoir de rétention en eau des sols (et donc de diminuer drastiquement les besoins en eau douce de l’agriculture, un des enjeux véritables du futur), de nourrir les peuples avec des aliments sains, hautement nutritifs et exempts de poisons (et donc de réduire drastiquement les cancers et autres pathologies et toutes les dépenses financières afférentes), de protéger les nappes phréatiques, de régénérer l’agroforesterie traditionnelle et de préserver la biodiversité alimentaire en gardant précieusement les variétés traditionnelles qui sont, de loin, beaucoup plus résilientes.

C’est d’ailleurs ce que prétendent faire les multinationales de la semence (Monsanto, Syngenta, en partenariat avec Bill Gates et la Fondation Rockefeller): “sauvegarder la biodiversité en cas de changement climatique, de guerre ou de catastrophe naturelle” dans leur grande banque “réfrigérée naturellement par un climat glacial” de l’archipel du Spitzberg (archipel de Svalbard) en Norvège. Le dit archipel, qui selon les alarmistes, aux grands discours apocalyptiques et hypocrites, serait au coeur même du changement climatique surchauffant, à raison même de 0.7 °C d’augmentation par décennie! [67] Les clowns ne sont pas en manque de contradictions. [42]

Et pour reparler de résilience, je m’étonne de cette frayeur hystérique d’une légère montée des températures qui ruinerait l’agriculture. Nous mentionnerons, au passage, que le maïs, plante C4, poussait littéralement, autrefois, dans les déserts du sud-ouest des USA. Les agronomes modernes en ont fait une pompe à eau qui nécessite 1500 litres de ce précieux liquide pour produire 1 kilo de grain sec. Monsanto, Syngenta, DuPont, de la grande famille des Humanitaires Globalistes, travaillent, depuis plusieurs années, à créer des chimères génétiques de maïs qui seront résistantes à la sécheresse... et au réchauffement climatique. [58] La boucle est bouclée. L’INRA, nous l’avons évoqué, envisage de déployer tout son “génie” génétique pour briser cette fâcheuse tendance que le blé a de ne pas vouloir produire encore plus et pour l’adapter, bien sûr, au réchauffement anthropique.

Question simple, et naïve, peut-être: lors du réchauffement climatique de l’Epoque Romaine et lors du réchauffement climatique de l’Epoque Médiévale, comment les paysans ont-il pu continuer à cultiver leurs variétés de céréales puisqu’ils ne bénéficiaient pas de l’accompagnement éclairé (les pôvres) des agronomes, biologistes, et autres généticiens de l’INRA? La réponse est claire: les variétés dites “de population” vivantes, fluides, ouvertes à tous vents, étaient capables de s’adapter, dans un sol biologiquement vivant, à tous les “changements climatiques”!

L’INRA ne vient-il pas de découvrir que “les plantes migrent en altitude en réponse au réchauffement climatique” et plus précisément de “l’ordre de 29 mètres en altitude par décade.” A savoir pour s’adapter à un dixième de 0,7°C, par décade. Quelle découverte phénoménale! [53] Non, l’argent du contribuable n’est pas dépensé en vain à l’INRA. Voilà pourquoi, sans doute, le monde végétal, depuis son émergence, il y a 465 millions d’années, a survécu malgré des variations de 200 à 4000 ppm de CO2 atmosphérique. Les plantes s’adaptent! L’INRA sera sûrement intéressé de savoir que l’une des variétés de laitues les mieux adaptées au climat du Tamil Nadu, dans le sud de l’Inde, c’est la “Merveille d’Hiver” [59]: les voies de Gaïa sont manifestement impénétrables.

Pour en revenir aux frayeurs liées à la chaleur, nous pouvons, dans le sud de l’Inde, avec des méthodes agro-écologiques “intensives” (si l’on me permet le terme) nourrir 25 personnes par hectare et par an (avec un peu d’eau, il est vrai) et en régime végétarien. Pour entrer même dans le détail, nous pouvons produire des courges musquées (espèce Cucurbita moschata, la plus longue de croissance) en l’espace de 2 mois à partir du jour du semis. A savoir en deux fois moins de temps qu’en France. Et que ceux qui en doutent aillent vérifier sur place. Ne le répétez pas aux Malthusianistes, mais nous pourrions donc, avec ces méthodes agro-écologiques, nourrir aisément, sur 150 millions d’hectares de terre arable, deux milliards de personnes en Inde, au moins! 

Vers un Refroidissement Global!

Et pour ne pas finir sur cette provocation, un tant soit peu COquine, nous allons en évoquer une autre, plus refroidissante.

Nous avons mentionné les cycles de régimes de sécheresses et d’inondations prévalant en Australie qui correspondent, of course, aux cycles de croissance et de non-croissance de températures, durant le siècle passé. Ces cycles sont grosso-modo d’une trentaine d’années.

En 1950, le climatologue et océanographe Edouard Le Danois (qui fut directeur de l’Office Scientifique et Technique des Pêches Maritimes) publia un ouvrage intitulé “Les Rythmes du Climat dans l’Histoire de la Terre et de l’Humanité”. [60] Dans cet ouvrage, Le Danois expliquait les relations entre le climat et les phénomènes astronomiques: la période de révolution des noeuds de l’orbite lunaire de 18 ans, la période déclinaison-syzygies de 111 années, la période périhelium-noeud apside de 1850 années, etc. Le Danois avait d’ailleurs annoncé en 1950 que la prochaine grande marée séculaire adviendrait aux alentours de 1995... et la “grande tempête du siècle” arriva en décembre 1999. Le Danois expliquait également, en 1950, que nous étions entrés, aux alentours de 1860, dans un nouveau cycle de réchauffement, source de prospérité agricole, qui allait perdurer durant quelques siècles mais avec des cycles car, dans la Nature, peu de phénomènes sont linéaires. Le Danois était un spécialiste des “transgressions océaniques” (son ouvrage, du même nom, est disponible sur la toile) [69]. Le Danois n’a, bien évidemment, jamais, au grand jamais, mentionné une quelconque relation entre le CO2 atmosphérique et les cycles climatiques.

L’ouvrage n’est pas jeune, il est vrai, mais doit-on brûler tous les travaux scientifiques antérieurs à l’émergence du GIEC en 1988?

En 1275, le terme climat signifiait “zone terrestre déterminée par sa situation par rapport aux corps célestes”. Le terme, étymologiquement, est dérivé du Grec “clima”, “inclinaison du ciel”. Ne tombe-t-il pas sous le sens que les climats de Gaïa soient influencés par les phénomènes astronomiques, par le passage du système solaire dans telle ou telle région de la galaxie et par le Soleil? L’ouvrage “The Chilling Stars”, par exemple, de Svensmark et de Calder, émet l’hypothèse que le climat est une résultante de l’influence conjuguée des nuages, du soleil et des rayons cosmiques.

Quoi qu’il en soit, vu que le dernier sous-cycle de réchauffement, relatif, a débuté environ en 1975, ne pourrait-on pas s’attendre à ce qu’un nouveau sous-cycle de refroidissement, relatif, ait débuté aux environs de 2005? Et bien, c’est exactement ce qu’annoncent certains scientifiques! Le Professeur Easterbrook est professeur de géologie à l’Université de Washington. Il est l’auteur de 8 ouvrages et de 150 publications avec une spécialisation dans la géomorphologie, la géochronologie du Pléistocène et la géologie glaciale. Ecoutons le:

«Malgré l’absence de réchauffement climatique en dix ans, et des records de froid en 2007-2008, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (le GIEC) et les créateurs de simulateurs informatiques, qui croient que le CO2 est la cause du réchauffement planétaire, prévoient toujours que la Terre fera face à un réchauffement catastrophique au cours de ce siècle. Les simulateurs informatiques du GIEC ont prédit un réchauffement planétaire de 1° F par décennie et de 5-6° C (10-11° F) d’ici 2100 (Fig. 1), ce qui causerait une catastrophe planétaire ayant des effets sur la vie humaine, l’habitat naturel, l’énergie et les ressources en eau, ainsi que la production de nourriture... Toutefois, les données sur les changements climatiques enregistrées par le passé suggèrent un scénario complètement différent pour le 21e siècle. Au lieu d’un réchauffement planétaire radical, à un rythme de 0,5° C (1° F) par décennie, les données des cycles naturels précédents suggèrent un refroidissement planétaire pour les premières décennies du 21e siècle, soit jusqu’en 2030, suivi d’un réchauffement planétaire de 2030 à 2060 et d’un nouveau refroidissement planétaire de 2060 à 2090. (Easterbrook, D.J., 2005, 2006 a, b, 2007, 2008a, b); Easterbrook et Kovanen, 2000, 2001). Les fluctuations climatiques des dernières centaines d’années suggèrent des cycles climatiques de réchauffement et de refroidissement d’environ 30 ans, une tendance généralement à la hausse depuis le Petit Age glaciaire.» [61]

Et il conclut son long article (de novembre 2008): «Le réchauffement planétaire (c’est-à-dire le réchauffement depuis 1977) est terminé. L’augmentation infime de CO2 anthropogénique dans l’atmosphère (0.008%) n’était pas la cause du réchauffement. Il s’agissait de la continuité de cycles naturels qui se sont produits au cours des 500 dernières années. L’épisode froid de l’OPD a remplacé l’épisode chaud dans l’océan Pacifique, ce qui nous garantit environ 30 ans de refroidissement planétaire, peut-être plus intense que celui de 1945 à 1977. Ce qui est incertain, c’est à quel point le climat planétaire sera plus froid durant cette période. Les récents changements solaires suggèrent que le refroidissement pourrait être assez important. Il ressemblerait davantage au cycle froid de 1880 à 1915 qu’à celui, plus modéré, de 1945 à 1977. Un refroidissement plus draconien que ces derniers, comparable à ceux des minima de Dalton et Maunder, pourraient plonger la Terre dans un autre Petit Age glaciaire. Toutefois, seul le temps dira si cela est probable ou non.»

Et lorsque l’on consulte, en bon anglais, les résultats affichés pour les glaces Arctiques, par le National Snow and Ice Data Center, pour le mois d’août 2009, en relation avec août 2008 et août 2007, il semble effectivement, et très nettement, que l’on soit dans une phase de refroidissement. [65]

Ouvrons les parapluies car les insultes, et les tomates, climatiques vont voler bas. Mais pouvons nous faire abstraction des vagues de froid extrême qui ont anéanti des centaines de vies humaines, les troupeaux et les récoltes au Pérou [39] depuis 2003 (et il neiga à Buenos Aires)? Pouvons nous faire abstraction des troupeaux de chèvres décimés par le froid durant l’hiver 2007/2008 dans l’Himalaya (et il neigea à Katmandou)? Pouvons-nous faire abstraction de trois étés froids et humides au Canada et du mildiou (Phytophtora infestans), de souche beaucoup plus virulente que celui qui a provoqué la grande famine en Irlande au 19 ème siècle, qui a détruit en quelques jours, au début de l’été 2009, une grande partie de la récolte de tomates et de pommes de terre dans 13 états à l’est des USA ainsi qu’au Canada? Pouvons-nous faire abstraction de l’hiver 2008/2009, le plus froid que nous ayons connu en France depuis 20 années?[40] [64] Pouvons-nous faire abstraction des records de froids, durant l’été 2009, jamais vus depuis des dizaines d’années, qui ont été enregistrés dans la majorité des USA. [62] Pouvons-nous faire abstraction du fait que les états de l’Ohio, de l’Illinois, de l’Indiana, et de West Virginia ont vécu leur mois de juillet le plus froid depuis 115 ans? [62] Nashville, au Tennessee, la ville de Mr Al Gore, a battu en juillet le record de froid de 1877. [63] Peut-être un clin d’oeil de Gaïa!!

D’ailleurs, révolution dans les chaumières, il semblerait même que certains des pontifes du GIEC ne puissent plus en faire abstraction. C’est le cas de Mojib Latif de l’Institut Leibniz des Sciences Marines de l’Université de Kiehl et du Max Planck Institute à Hamburg en Allemagne. Il est l’auteur de 3 ouvrages (sur le changement climatique) et de 130 publications scientifiques. Le Max Planck Institute lui a décerné, en 2000, le prix de la Science Publique. C’est l’un des top modélisateurs du climat au GIEC: [83] il est réputé pour avoir contribué, de manière très conséquente, au développement des modèles de simulation du climat global et de leur utilisation pour des prédictions à court et moyen termes. Il a contribué aux rapports du GIEC de 2001 et de 2007. Il est l’auteur de l’ouvrage publié en juin 2009: “Climate Change: the point of no return”. [38]

Et pourtant, lors de la 3ème “Conférence Mondiale du Climat” à Genève [36] (du 31 août au 4 septembre 2009), Mojib Latif a déclaré, devant plus de 1500 scientifiques du climat de la planète, que «Les prévisions du changement climatique sont proches du dérapage.... Je ne suis pas un des sceptiques du climat. Cependant, nous devons nous poser les questions dérangeantes nous-mêmes, sinon d’autres le feront.»

Et selon le communiqué de Fred Pearce [37] , que l’on ne peut pas soupçonner d’être un climat-sceptique, (en date du 5 septembre 2009, c’est tout “frais”): «Latif a prédit que dans les prochaines années, [81] [82]une tendance refroidissante naturelle allait prendre le pas sur le réchauffement anthropique. Ce refroidissement résulterait des variations cycliques des courants océaniques et des températures de l’Atlantique Nord qui sont connues sous le nom d’Oscillation Nord Atlantique (NAO). Rompant avec l’orthodoxie du changement climatique, il a dit que les cycles de l’Oscillation Nord Atlantique étaient probablement responsables, en partie, du fort réchauffement global que nous avons vécu pendant les trois décennies écoulées. “Mais de combien? cela reste encore à déterminer.” a-t-il dit aux conférenciers. L’Oscillation Nord Atlantique est maintenant entrée dans une phase froide.

Latif a également ajouté que les cycles de l’Oscillation Nord Atlantique expliquent le reverdissement récent du Sahel en Afrique après les sécheresses des années 1970 et des années 1980. James Murphy, le responsable des prévisions climatiques au Met Office (l’agence météo anglaise) a confirmé son accord et a établi une corrélation entre l’Oscillation Nord Atlantique et la mousson en Inde, ainsi qu’avec les ouragans dans l’Atlantique et la mer glacée de l’Arctique. “Les océans sont un facteur décisif de la variabilité décennale naturelle” a-t-il déclaré.»

Permettez-moi de jubiler. Edouard Le Danois, l’océanographe et astronome, va finir par sortir des oubliettes. Il y aura sûrement encore des irréductibles du CO2 qui vont s’écrier que le refroidissement global va intensifier le réchauffement global anthropique puisque, chauffage hivernal aidant, nous allons consommer encore plus d’énergie fossile! En effet, les voies de Gaïa ne sont pas linéaires. Un cycle peut en cacher un autre.

Quant au Syndrome du Titanic? Sûrement, mais avant tout du Titanic Agricole si l’on veut analyser objectivement la destruction de la Biosphère. En tout cas, il semblerait que le super-ordinateur/simulateur du GIEC, commence à prendre l’eau de toutes parts. En épitaphe: “Dans l’océan Virtuel de ses vanités et de ses arrogances, il sombra, atomisé par un iceberg émergeant du Réel. A l’image de son homonyme, de chair et d’os, et à l’instar de son frère de silicium, qui, dans son Odyssée, s’abîma en explorant le vide, il eût pu s’appeler HAL”. (Un autre clin d’oeil de l’histoire: dans les manuscrits de Nag Hammadi des Païens Gnostiques du III ème siècle, qui luttaient alors contre la pensée Monolithique, HAL, en copte, signifie “tromperie, stratagème, simulation”).

Que faut-il faire? Peut-être annuler la prochaine conférence de Copenhague sur le Réchauffement Climatique Anthropique: il n’en sortira rien. Ou peut-être alors en recycler les thèmes de réflexion, et d’action, qui devraient être: la reconversion à l’agriculture biologique, la reforestation, la sécurité alimentaire dans les pays pauvres, la lutte contre l’érosion des sols et la désertification, la distribution de l’eau douce...

Je prie le lecteur de me pardonner pour la longueur de cet essai mais cela m’a sincèrement libéré, après deux années de silence, d’un énorme poids sur la conscience. Je continuerai de présenter des traductions de l’anglais, au fil de mes disponibilités, sur tous les thèmes liés au climat et en particulier celui du passé de la Terre.

La Vie est belle. Inhalons et Exhalons à pleins poumons. Et que ce soit dans le froid ou dans le chaud, je suis intimement convaincu qu’il va nous falloir enseigner à nos enfants comment survivre dans la Beauté de Gaïa. Afin de préparer les voies des Tribus du Futur.

Dominique Guillet.

lundi 9 novembre 2015

Sujet du Merc. 11/11/2015 : FAUT-IL TOLÉRER LES INTOLÉRANTS ?



                                                    FAUT-IL TOLÉRER LES INTOLÉRANTS ?

 -Le mot tolérance vient du latin tolerare qui signifie supporter.
De ce point de vue, la tolérance est la disposition à admettre ou à supporter  chez les autres des manières de penser, d’agir, des sentiments différents des nôtres. Ne dit-on pas que « dans la vie sociale, la vertu la plus utile est la tolérance » ?.
Dans son traité théologico-politique, Spinoza se serait  livré à un plaidoyer massif pour la tolérance religieuse. Ainsi écrit-il « Dans une république libre, chacun a toute latitude de penser et de s’exprimer ».
Voltaire fait le même plaidoyer de la tolérance à propos du procès de Jean Calas.
Jean Calas père  est accusé d’avoir tué son fils soupçonné de vouloir se convertir au catholicisme alors qu’il est lui-même protestant. Il l’aurait fait par devoir religieux. Nous sommes en 1761 et Jean Calas sera exécuté sans aucune preuve. En 1765 les magistrats de la Cour Royale se rendent compte de l’erreur judiciaire et la mémoire de Jean Calas sera réhabilitée ;sa veuve rétablie dans ses droits.
A propos de ce procès, Voltaire écrit : « Si je faisais une religion, je mettrais l’intolérance au nombre des sept péchés mortels ».
-Les hommes tolérants ont une qualité incontestable : ils savent s’abstenir d’intervenir, ne pas empêcher ce qu’ils désapprouvent.
Mais jusqu’où peut aller la tolérance ? Doit-on tolérer l’intolérance ?
Après tout, les bouddhistes considèrent les intolérants ou les ennemis comme une opportunité.
« A quel moment allons-nous cultiver la patience  ou la tolérance s’il n’y a pas l’intervention d’un ennemi ? » Demande le Dalai Lama. Il recommande d’être reconnaissant à quelqu’un qui nous fait du mal ou qui est intolérant parce qu’il nous offre une occasion de perfectionner notre patience. (Le Dalai-Lama, Guérir la violence, un enseignement universel pour parvenir à la sagesse et à la plénitude intérieur, p.155 et suivants).
Il faut donc se comporter comme un martyr, adopter une attitude ambiguë au point de paraitre masochiste. De ce point de vue, ce qui nous déplait trouvera finalement grâce à nos yeux.
Certains vous le demandent au nom de la politesse, cette vertu hypocrite qui nous force à sourire devant des êtres détestables parce que « cela se fait ».
La tolérance même sans borne  étant considérée comme  une vertu, peut-on admirer les personnes qui tolèrent même les pires maux ?
Celles qui par exemple, voyant leur pays occupé, ne font rien pour en chasser l’envahisseur ? Doit-on tolérer les collabos français qui lynchèrent les juifs ou laissaient les lynchages s’accomplir parce que cela se faisaient ? Doit-on admirer les africains qui tolèrent même maintenant l’occupation par l’armée française de leurs pays respectifs ? ou doit-on admirer les palestiniens, irakiens et autres afgans qui se battent contre l’occupation israélienne et américaine?.
Si on veut, on peut dire que les résistants sont intolérants : ils n’ont pas assez de vertus, de qualité d’âmes pour laisser l’occupant perpétrer des massacres. Si on continue dans ce raisonnement, chacun fait alors ce qu’il veut. Et on n’a plus le droit de juger : intégrisme, excision, homophobie, dictature, impérialisme… Ceux qui sont la source de ces maux ne sont que des gens qui expriment, appliquent des points de vue et les font subir à leurs victimes qui y sont peut-être pour quelque chose vue qu’ils sont en désaccord avec leur bourreau.
Celui qui tolère l’intolérant, celui dont il désapprouve les actes tolère quelque chose qui le menace. Mahatma GANDHI qui est présenté comme un pacifiste dit : « Là où il n'y a que le choix entre la liberté et la violence, je conseillerais la violence... Je préfèrerais que l'Inde eut recours aux armes pour défendre son honneur, plutôt que de la voir, par lâcheté, devenir ou rester l'impuissant témoin de son propre déshonneur. Mais je crois que la non-violence est infiniment supérieur à la violence ».
Martin Luther King, Nelson Mandela, tous disciples de GANDHI, tout en légitimant la non-violence n’ont pas hésité à recourir à la violence pour mener leur lutte.
Tolérer sans limite, c’est être complice. C’est accepter que le crime soit commis quand on aurait pu l’empêcher. C’est approuver paradoxalement ce qu’on dit désapprouver.
Il faut accepter que notre interlocuteur puisse se tromper parce qu’il serait stupide de considérer qu’un seul mode de vie ou de pensée soit valable pour tous.
Celui qui privilégie sa raison au détriment de la raison pourrait avoir raison. C’est pour cela qu’il faut l’écouter. Chacun pourrait découvrir ses erreurs. Quand bien même il a tort, il faut encore l’écouter pour comprendre son erreur et le confronter à des contre-arguments, ce qui permet de bénéficier d’une perception plus vive du vrai.
Doit-on pardonner ou tolérer l’assassin de son fils quand on sait que c’est son intolérance qui l’a fait agir ? Il parait impossible de le faire. Pourtant l’on ne peut pas l’assassiner à son tour : le sang appelle le sang, la souffrance appelle une plus grande souffrance et l’on rentre dans un cercle vicieux.
Pour les existentialistes, l’intolérance est un moyen d’exister. Je me pose en me posant. Je ne suis une conscience qu’en dépit des autres et en leur donnant tous les torts.
Si tout ne peut être accepté, il convient d’imposer le respect des seules valeurs dites bonnes une fois pour toute.
Mais que vaudrait une conviction qui ne s’opposerait plus aux autres ? Dans les faits, peut-on laisser les hommes de tous partis et de toutes religions afficher leurs arguments ou préjugés avec toutes sortes d’humeur ? Peut-on vraiment laisser libres les uns comme les autres affirmer leur vérité et d’agir au nom des valeurs qu’ils défendent ? C’est pratiquement impossible car les préjugés de certains (ou même leur moquerie) s’opposent si farouchement aux autres qu’ils les censurent.  D’où la nécessité de poser les limites de la liberté.
-Il faut tracer une frontière entre la tolérance et le laxisme. Une limite a été fixée dès la déclaration des droits de l’homme : la liberté de chacun s’arrête où commence celle des autres. Très belle parole. Mais il m’arrive de me demander si l’on parle de tous les hommes ou de certains hommes ?
-Nous le savons, certaines vérités nous semblent absurdes et inacceptables. Mais à force de s’obliger à écouter certains discours, on en comprend la teneur. Il convient de laisser l’autre agir, penser, parler parce qu’il a peut-être raison, parce qu’il a le droit de penser, donc de se planter ou parce que son tort peut nous être profitable. Le droit à l’erreur doit être revendiqué et c’est d’ailleurs pour l’exercer que nous débattons librement ici.



 ------Sujet à venir : -------
Mercredi 18 Novembre
Peut-on ne pas être soi-même ?

samedi 7 novembre 2015

R. Girard est mort : "un allumé qui se prend pour un phare" par R. Pommier

René Girard, un allumé qui se prend pour un Phare

....................Introduction

Plus on avance dans la lecture des livres de René Girard, et plus on se demande comment l'humanité a pu se passer si longtemps de lui. Deux affirmations, en effet, y reviennent continuellement, à savoir, d'une part, qu'avant ledit René Girard, personne n'a jamais rien compris à rien et, d'autre part, que, grâce aux théories dudit René Girard, soudain tout s'éclaire, tout s'illumine, tout devient d'une évidence aveuglante.
Soyons juste, si René Girard pense qu'avant lui personne n'a jamais compris rien à rien, c'est seulement dans le domaine des sciences humaines. Dans sa grande modestie, il n'a jamais songé, semble-t-il, à nier qu'en ce qui concerne les sciences exactes et les techniques, l'humanité s'était fort bien passée de lui jusqu'ici, et avait, sans lui, accumulé une somme considérable de connaissances, fait d'innombrables et d'immenses découvertes, et réalisé de très nombreuses et prodigieuses inventions qui ont profondément transformé l'existence des hommes.

Mais, si René Girard s'est jusqu'ici abstenu de faire la leçon aux mathématiciens, aux physiciens, aux naturalistes, aux biologistes ou aux médecins, et n'a pas essayé de les persuader que, s'ils voulaient vraiment dominer leurs disciplines respectives, ils devaient absolument commencer par lire ses ouvrages, il est profondément persuadé, en revanche, qu'en matière de psychologie, de sociologie, d'ethnologie ou de sciences des religions, les plus grands savants et les esprits les plus pénétrants ne sont jamais parvenus à dominer vraiment leurs disciplines respectives et à éclairer vraiment les sujets qu'ils traitaient. S'ils ont souvent réussi à décrire avec beaucoup de précision et d'exactitude, les phénomènes qu'ils étudiaient, ils n'ont jamais réussi à aller au fond des choses et à en trouver l'explication.

« L'essentiel » nous dit René Girard, leur échappe toujours, l'essentiel qui pourtant devrait leur crever les yeux, comme il crève les siens. C'est le cas notamment des ethnologues, comme en témoigne cette déclaration : « C'est là, à mon sens la tâche essentielle de l'ethnologie, une tâche qu'elle a toujours éludée [1]». C'est le cas des critiques les plus renommés, comme Auerbach  : « L'essentiel que personne ne voit, et pas plus Auerbach que les autres, c'est que dans les mythes, la victime est coupable avant même d'être divine, alors que dans le biblique, il lui arrive d'être innocente, d'être faussement accusée. Pas plus que les autres interprètes, Auerbach ne voit ce qui, à mes yeux, est seul essentiel [2]». C'est le cas de tous les philosophes, de Platon à Lacoue-Labarthe : « Il ne faut pas s'étonner si Lacoue-Labarthe ne voit pas ce qui fait défaut à Platon sur le plan des rivalités mimétiques. Ce qui fait défaut à Platon, en effet, lui fait défaut à lui-même, et c'est l'essentiel, c'est l'origine de la rivalité mimétique dans la mimesis d'appropriation. C'est ce point de départ dans l'objet sur lequel nous n'insisterons jamais assez, et c'est cela que personne, semble-il, ne comprend [3]». C'est le cas, d'une manière générale, de tous ceux qui ont traité avant René Girard les mêmes sujets que lui.

Certes il leur arrive d'avoir des intuitions qui pourraient être fécondes s'ils étaient capables d'en mesurer toute la portée, c'est-à-dire de comprendre vraiment ce qu'ils disent. Ainsi, à propos de l'aphorisme 125 du Gai savoir sur la mort de Dieu, René Girard nous dit qu'il ne pense pas que « Nietzsche ait été pleinement conscient de ce qu'il disait dans ce fameux aphorisme [4]». Il en est de même de Freud qui ne cesserait de frôler la vérité, sans jamais s'en rendre compte le moins du monde : « Dans un article sur le deuil, nous dit René Girard, Freud, comme d'habitude, passe tout près d'une vérité qui pourtant lui échappe complètement [5]». Mais, ce faisant, il tire les marrons du feu pour le compte de René Girard, en lui fournissant des matériaux qu'il utilisera pour établir la théorie mimétique : « Freud a des intuitions très vraies parfois, mais qu'il interprète de façon 'laïcarde' et dix-neuviémiste un peu comme Darwin, alors qu'en réalité, elles renforcent le message biblique. Les œuvres de Freud sont pour moi des documents à l'appui de la thèse mimétique [6]». Il en est de même de Claude Lévi-Srauss qui, lui aussi, ne cesse sans s'en douter le moins du monde d'apporter de l'eau au moulin de René Girard : « Ce qui rend Lévi-Strauss précieux, c'est qu'il nous apporte tous les éléments de la genèse vraie sans jamais comprendre à quoi il a affaire [7]». On le voit, seul René Girard est capable d'exploiter à fond, en les éclairant et en les complétant, les intuitions restées confuses et partielles des penseurs qui l'ont précédé. Grâce à lui les philosophes les plus obscurs deviennent soudain transparents  : « Pour compléter Heidegger et le rendre parfaitement clair, ce n'est pas dans une lumière philosophique qu'il faut le lire, mais à la lumière de l'ethnologie, non pas de n'importe quelle ethnologie, bien sûr, mais de celle que vous venons d'ébaucher [8]».

L'assurance avec laquelle René Girard affirme que tous ceux qui ont traité avant lui les mêmes sujets que lui, ont toujours été incapables de les éclairer vraiment, n'a d'égale que celle avec laquelle il soutient que ses théories expliquent tout d'une manière complète et définitive. Ainsi les mythes ont fait l'objet d'innombrables études et pourtant, selon René Girard, ce travail séculaire n'a finalement servi à rien puisque le mystère est toujours resté entier : « Après des siècles d'efforts inutiles, la recherche moderne n'a pas encore déchiffré l'énigme de la mythologie, et finalement elle s'est lassée [9]». Bien plus, lors même que René Girard leur apporte la solution sur un plateau, les spécialistes s'obstinent à la rejeter  : « Beaucoup d'ethnologues, de classicistes et de théologiens ont beau écarquiller les yeux, disent-ils, ils ne voient pas de bouc émissaire dans les mythes. Ils ne comprennent pas ce que je dis [10]». Et pourtant, nous dit René Girard, « Il y a une force prodigieuse dans la présente lecture, une fois qu'on l'a vraiment comprise. C'est ici, je n'hésite pas à l'affirmer, l'explication dernière de la mythologie, non seulement parce que d'un seul coup il n'y a rien d'obscur, tout devient intelligible et cohérent, mais parce qu'on comprend, du même coup, pourquoi les croyants d'abord, et à leur suite les incroyants ont toujours passé à côté du secret pourtant si simple de toute mythologie [11]». On reste sans voix devant une telle infatuation.

Mais là où René Girard a sans doute le plus reculé les bornes de la présomption et de l'outrecuidance, c'est lorsqu'il a prétendu expliquer aux chrétiens que lui seul pouvait les éclairer sur l'essence même de leur religion. S'il s'est, en effet, converti sur le tard, ce fut pour découvrir aussitôt qu'il était le premier chrétien à avoir vraiment compris en quoi consistait le christianisme et le sens profond des Evangiles. « Les chrétiens, nous dit-il, n'ont pas compris la véritable originalité des Evangiles [12]». A tous ceux à qui l'on a appris que le Christ s'était sacrifié sur la croix pour racheter les hommes du péché originel, sacrifice renouvelé sans cesse dans la célébration de la messe, René Girard ne craint pas d'affirmer qu'il s'agit là d'une erreur monumentale, de l'erreur la plus phénoménale de tous les temps : « Cette lecture sacrificielle de la passion […] doit être critiquée comme le malentendu le plus paradoxal et le plus colossal de toute l'histoire, le plus révélateur, en même temps de l'impuissance radicale de l'humanité à comprendre sa propre violence, même quand celle-ci lui est signifiée de la façon la plus explicite [13]». Mais fort heureusement il s'empresse de les rassurer, en leur affirmant que, grâce à ses théories, la révélation chrétienne est maintenant dénuée de toute ambiguïté, et que, pour la première fois et pour toujours dorénavant, elle est devenue parfaitement claire, complète et cohérente  : « Ce sont, dit-il, tous les grands dogmes canoniques, j'en suis persuadé, que la lecture non sacrificielle retrouve, et qu'elle rend intelligibles en les articulant de façon plus cohérente qu'on n'a pu le faire jusqu'ici [14]». Citons aussi ce passage plus préremptoire encore : « à la lumière de cette lecture [la lecture non sacrificielle] seulement peuvent enfin s'expliquer l'idée que se font les Evangiles de leur propre action historique, les éléments dont la présence nous paraît contraire à 'l'esprit évangélique'. Une fois de plus, c'est aux résultats que nous allons juger la lecture qui est en train de s'ébaucher. En refusant la définition sacrificielle de la passion on aboutit à la lecture, la plus directe, la plus simple, la plus limpide et la seule vraiment cohérente, celle qui permet d'intégrer tous les thèmes de l'Evangile en une totalité sans faille [15]».

René Girard est né un 25 décembre. Il ne saurait s'agir d'un pur hasard. Comment ne pas y voir, au contraire, un signe très clair envoyé par la divine Providence, pour nous faire comprendre que René Girard était destiné à compléter et à parfaire le message qu'Elle avait, il y a plus de deux mille ans, chargé son Fils unique d'apporter aux hommes ? Il conviendrait donc, me semble-t-il, que dorénavant tous les chrétiens fêtassent, avec autant d'ardeur, voire avec plus d'ardeur encore, la naissance de René Girard en même temps que celle du Christ. Il conviendrait également que le pape convoquât au plus vite un nouveau concile œcuménique, qui pourrait enfin être le dernier, pour intégrer à la Révélation chrétienne l'apport indispensable des théories girardiennes. Et, au lieu de mettre sur l'autel à côté de la Bible la Somme théologique de Thomas d'Aquin comme on l'avait fait au concile de Trente, il conviendra, bien sûr, d' y mettre les œuvres complètes de René Girard. En attendant, le Saint Esprit serait bien inspiré de suggérer à Benoît XVI de faire au plus tôt de René Girard un docteur de l’Église.

René Girard est persuadé que, lui et lui seul, grâce à la théorie mimétique peut tout expliquer de ce qui est humain, les conduites individuelles comme les conduites collectives, l'histoire des individus comme celle des peuples, des institutions, des arts et des religions : « C'est, dit-il, une théorie complète de la culture humaine qui va se dessiner à partir de ce seul et unique principe [16]». Mais, si l'on admet que les prétentions qu'il affiche, si exorbitantes qu'elles puissent paraître, sont tout à fait justifiées, si l'on croit qu'il a vraiment apporté une lumière nouvelle, décisive, inestimable dans tous les domaines des sciences humaines, si l'on pense comme il le pense lui-même, qu'il est bien le Phare que l'humanité attendait depuis toujours, alors, comment n'être pas saisi rétrospectivement d'un sentiment de terreur panique à la pensée, qu'effrayées par le poids de l'immense responsabilité qui pesait sur elles, les vénérables entrailles de la mère de René Girard auraient pu laisser échapper prématurément le précieux fardeau qu'elles portaient, privant ainsi l'humanité de la découverte, sans doute, la plus révolutionnaire et la plus bouleversante de tous les temps, celle de la théorie mimétique ? Car qui sait combien de siècles, voire de millénaires auraient pu s'écouler avant de voir apparaître un nouveau René Girard, si tant est qu'un miracle si extraordinaire puisse se renouveler un jour ?

Pourtant, avant de s'abandonner à cette terreur rétrospective, il conviendrait peut-être de se demander si elle est vraiment fondée. c'est-à-dire de s'interroger sur la validité des théories de René Girard. Mais il n'est pas même besoin de commencer à examiner de près ses analyses pour concevoir les plus grands doutes à ce sujet. Le simple bon sens suffit à les faire naître. Si l'on en croit René Girard, avant lui, tout le monde a toujours pataugé, tout le monde s'est toujours trompé. Mais il est venu, lui, il a vu et, tout de suite, il a tout compris. La question qui se pose est donc de savoir si on a affaire avec René Girard au Phare que l'humanité attendait depuis toujours ou à un allumé atteint de mégalomanie galopante. Or il n'est pas nécessaire d'être un spécialiste du calcul des probabilités pour voir tout de suite que la seconde de ces deux hypothèses est de loin la plus vraisemblable. Car, outre que les allumés sont légion, alors que les Phares sont rares, si vraiment la lumière que René Girard prétend apporter aux hommes est d'une clarté aussi aveuglante qu'il le dit, comment se fait-il que personne ne l'ait aperçue avant lui ? On en revient toujours à la même question : comment se fait-il que René Girard se soit fait attendre aussi longtemps ?

Cette question en apparence extrêmement flatteuse pour René Girard, mais qui, en réalité, suffit à faire éclater l'absurdité de ses prétentions, un des admirateurs de René Girard, Michel Treguer, a osé la lui poser, sans en mesurer vraiment le caractère sacrilège, et il s'est empressé de se satisfaire de la réponse aussi brève que peu satisfaisante qu'il lui a faite : « Mais pourquoi René Girard arrive-t-il maintenant ? Pourquoi pas en l'an 1000, en l'an 1500 ? - Oh, là, vous exagérez ! les trois quarts de ce que je dis sont dans saint Augustin [17]». On le voit, René Girard est passablement agacé par la question de son interlocuteur : « Oh, là, vous exagérez ! » Sa réponse est assez habile, car elle suggère qu'il ne se prend pas du tout pour la Lumière du monde, mais qu'il n'est, au contraire, qu'un humble disciple de celui qui est, avec saint Thomas d'Aquin le plus grand docteur de l'Eglise. Mais elle n'est aucunement convaincante et il le sait fort bien. Aussi se garde-t-il bien d'insister et de commencer seulement à expliquer un peu ce que le girardisme devrait à saint Augustin. En effet, s'il lui devait vraiment les trois quarts de ses idées, il aurait dû reconnaître sa dette beaucoup plus tôt et le citer sans cesse dans ses livres. Il ne le fait jamais. Et l'on ne saurait s'en étonner, car la théologie de saint Augustin, loin d'annoncer celle de René Girard, est, par excellence, celle qu'il considère comme le résultat du « malentendu le plus paradoxal et le plus colossal de toute l'histoire ». Disons seulement que, si, pour l'auteur de Des Choses cachées depuis la fondation du monde, le christianisme est par excellence la religion du refus de la violence, saint Augustin, lui, est l'auteur de la fameuse lettre 185 et de bien d'autres textes qui justifient le recours à la force pour convertir les hérétiques.

Michel Treguer se pose la question de savoir pourquoi René Girard n'est pas arrivé beaucoup plus tôt en l'an 1000 ou en l'an 1500 mais il aurait dû arriver pour le moins en même temps que le Messie puisque lui seul était capable d'éclairer vraiment le message du Christ. Dieu, le père aurait dû l'envoyer en même temps que son fils, auprès de qui il aurait joué un peu le même rôle que Mathieu Ricard auprès du dalaï-lama, et même un rôle beaucoup plus grand : il aurait été non seulement son interprète, mais son inspirateur. Il lui aurait fait dire des choses que, n'ayant pas lu René Girard, il n'a pas songé à dire et l'aurait surtout empêché de dire des choses qu'il a dites, et qui vont à l'encontre des thèses girardiennes. Tout compte fait, Dieu le Père aurait été bien avisé de ne pas nous envoyer son Fils, mais de nous envoyer le seul René Girard, qui, au fond, faisait bien mieux l'affaire.
Toute plaisanterie mise à part, les prétentions de René Girard se heurtent à l'objection que l'on peut faire à tous ceux qui prétendent enfin apporter aux hommes la vérité. Lorsque les témoins de Jéhovah sonnent à ma porte pour me proposer leur vérité, je leur réponds que, s'il était possible à un homme de trouver la vérité, ce serait fait depuis longtemps, la nouvelle se serait rapidement répandue partout et ils ne seraient pas en train de faire du porte à porte pour essayer de refiler à ceux qui acceptent de les écouter, une vérité qu'ils ne connaissent pas plus que les autres et que personne sans doute ne connaîtra jamais.

Si quelqu'un vous arrête dans la rue pour vous dire : « jusqu'ici personne n'a jamais rien compris à rien, mais, moi je vais tout vous expliquer, car c'est très simple », il n'y a assurément qu'une chose à faire : hausser les épaules et continuer son chemin. C'est ce type de réaction que l'on est d'abord tenté d'avoir lorsqu'on lit René Girard. Et, si ses écrits n'avaient rencontré qu'un très faible écho, le mieux serait, en effet, de refermer ses livres et de ne plus y penser. Mais après n'avoir eu assez longtemps qu'une audience restreinte, René Girard est maintenant de plus en plus célébré, comme « un penseur génial [18]», « l'Albert Einstein des sciences de l'homme [19]», « le nouveau Darwin des sciences humaines [20]», ses éditeurs n'hésitant pas à le présenter comme le penseur du siècle voire du millénaire [21], faute d'oser dire qu'il est, en fait, le plus grand penseur de tous les temps.
Lorsque j'avais quinze ou seize ans, il m'est arrivé sur mon vélo, en profitant, je dois le dire, d'une descente, de renverser une vache. Cela m'avait beaucoup réjoui et je pense encore assez souvent à cet épisode avec nostalgie. J'aime à croire qu'il fut à l'origine du besoin irrésistible que j'ai toujours éprouvé par la suite, lorsque je découvrais une vache sacrée, de lui foncer dedans et de la renverser. J'ai commencé à m'en prendre à de simples vachettes, qui n'étaient sacrées que dans certains cercles universitaires, comme Mme Anne Ubersfeld. J'ai ensuite chargé une vache sacrée d'envergure internationale en la personne de Roland Barthes que j'ai attaqué avec un acharnement qui a pu surprendre, mais sur lequel je me suis longuement expliqué dans ma « Lettre ouverte aux jobarthiens ». Tout récemment j'ai enfin réalisé un vieux rêve en fonçant tête baissée sur la vache sacrée la plus célèbre du vingtième siècle, Sigmund Freud, et j'y ai pris beaucoup de plaisir. Certes René Girard est loin d'être une vache aussi sacrée que Freud, et sans doute ne le sera-il jamais, mais sa mégalomanie est tellement phénoménale, dépassant de loin celle de Freud lui-même, que je ne pouvais résister à l'envie de déboulonner la statue géante que beaucoup veulent lui élever.
Je n'entends pas pour autant passer au crible toutes les analyses et toutes les théories de René Girard. Outre que mon ardeur polémique est très affaiblie par l'âge, la maladie et les traitements qu'elle nécessite, on ne peut se livrer à une réfutation vraiment exhaustive que lorsqu'il s'agit de textes courts et qui portent sur des sujets très circonscrits. J'ai pu le faire assez souvent, notamment lorsque j'ai démonté, mais la chose était aisée, l'interprétation d'une totale absurdité que Pierre Barbéris avait proposée du Misanthrope dans son livre Le Prince et le marchand, ou lorsque j'ai démontré le caractère parfaitement arbitraire de la présentation que Lucien Goldmann a faite de la pensée de Martin de Barcos et du rôle qu'il a joué dans le mouvement janséniste. J'ai pu le faire encore, dans une très large mesure, lorsque j'ai entrepris, dans ma thèse de doctorat d'Etat, de m'attaquer au Sur Racine de Roland Barthes, parce qu'il s'agit d'un livre court dont les pages essentielles les seules qui soient toujours citées, se réduisent à une quarantaine. Pour faire ressortir toute la sottise de cette quarantaine de pages il m'a pourtant fallu en écrire six cents, chacune de mes pages comptant trois fois plus de caractères que celles de Roland Barthes. Comme je l'ai déjà dit plus d'une fois, s'il est très vite fait de dire n'importe quoi, il faut généralement beaucoup de temps pour démontrer que quelqu'un dit n'importe quoi.

Or René Girard a beaucoup écrit, même s'il s'est beaucoup répété, et, surtout, il a abordé toutes sortes de sujets et des sujets très vastes. Si l'on voulait passer au crible toutes les affirmations aventureuses et toutes les analyses tendancieuses que renferment les livres de René Girard, il faudrait donc lui consacrer plusieurs années d'un travail assidu. Même si j'en étais encore capable, je ne le ferais pas, car ce serait accorder une importance excessive à une œuvre qui sera sans doute presque complètement oubliée dans cinquante ans. J'ai donc fait des choix. Certains s'imposaient, à commencer par l'examen de la grande « découverte » qui été le point de départ de toute l'œuvre de René Girard, celle de la prétendue nature mimétique du désir. Pour le reste, on aurait certainement pu en faire d'autres. Spécialiste de l'explication de textes, je me suis particulièrement attaché à montrer que les « relectures » sur lesquelles René Girard entend s'appuyer pour essayer d'établir ses théories, sont généralement aussi arbitraires que celles que j'ai si souvent démontées chez les tenants de la « nouvelle critique ».

Les œuvres de R. Pommier : http://rene.pommier.free.fr/

NOTES :
[1] Des Choses cachées depuis la fondation du monde, p. 50.
[2] Les Origines de la culture, p. 119.
[3] Des Choses cachées depuis la fondation du monde, pp. 26-27.
[4] Les Origines de la culture, p. 135.
[5] Des Choses cachées depuis la fondation du monde, p. 113. Voir aussi La Violence et le sacré, p. 300 : « De tous les textes modernes sur la tragédie grecque, le texte de Freud est sans doute celui qui va le plus loin dans la voie de la compréhension. Et pourtant ce texte est un échec » .
[6] Les Origines de la culture, p. 114.
[7] Des Choses cachées depuis la fondation du monde, p. 167.
[8] Ibid., p. 381.
[9] La Voix méconnue du réel, p. 13.
[10] Quand ces Choses commenceront, Entretiens avec Michel Treguer, p. 41.
[11] Des Choses cachées depuis la fondation du monde, p. 166.
[12] Le Bouc émissaire, p. 189.
[13] Des Choses cachées depuis la fondation du monde. p. 267.
[14] Ibid., p. 324
[15] Ibid. pp. 268-269.
[16] Ibid., p. 30. Voir aussi un peu plus loin : « En suivant toutes les bifurcations successives, on doit arriver, je crois, à faire la genèse de toutes les institutions religieuses et même non religieuses. On peut montrer, je pense, qu'il n'y a rien dans la culture humaine qui ne puisse se ramener au mécanisme de la victime émissaire »(p. 72).
[17] Quand ces Choses commenceront, p. 196.
[18] André Laporte, La Tribune de Genève du 8/3/1977, article cité dans la revue de presse que propose l'édition de La Violence et le sacré de la collection Pluriel, p. 491.
[19] Pierre Chaunu, Le Sursis, Robert Laffont, collection « Libertés 2000 », p. 172.
[20] « Je vous nomme désormais 'le nouveau Darwin des sciences humaines' », lui a déclaré Michel Serres en le recevant à l'Académie française le 15 décembre 2005. Voir René Girard et Michel Serres, La Tragique et la pitié, Discours de réception de René Girard à l'Académie française et réponse de Michel Serres, Le Pommier, 2007, p. 63.
[21] Voir la quatrième de couverture de Quand ces Choses commenceront  : « Sans doute peut-on compter sur les doigts d'une mains les 'intuitions' comme celles de René Girard qui, en en siècle ou peut-être même en un millénaire, déchirent et restructurent le ciel des idées ».

dimanche 1 novembre 2015

Sujet du Merc. 04/11 : Peut-on désirer sans souffrir ?



                  Peut-on désirer sans souffrir ?

"Le désir est ce qui met l'imagination en mouvement. Nous avons l'art pour ne pas périr de la vérité ». Nietzsche
Le désir, je le connais. Tu le connais. Tous, nous le connaissons… Désir de partir, de bonheur, ou de manger des fraises en hiver… Désir d'amour ou de richesse… Désir de violence, de faire tomber tous les tabous. Désir aussi de lire ou d'écrire…Désirs qui appellent d'autres désirs qui me donnent le vertige, qui me lancent dans un mouvement circulaire. Ma demande répétitive fait de mon désir le synonyme de mon délire.
Désir de poésie sur lequel je bute. Sans doute parce que je ne sais pas dire ce qu'est la poésie. Désir d'atteindre par les mots tous les autres désirs et leur inachèvement. Souvenir d'un coucher de soleil flamboyant qui se fond dans la mer. Reflets fauves, chaleur ondoyante. Puis le sentiment étrange que je ne peux pas me contenter de jouir du paysage. Le fixer par l'écriture et ainsi aller "au-delà". De quoi? Je ne sais pas. Oui, je ne sais pas. Mais n'en est-il pas ainsi du désir? Aller toujours au-delà de ce qu'on a déjà désiré. Tension vers un objet qui ne cesse de manquer, expérience d'une insuffisance qui nous pousse à chercher un objet considéré comme source de satisfaction, mais qui n'est, en définitive, que l'angoisse saisie dans son lien avec le fait qu'on ne peut pas donner "du dire" au désir, ce dernier se renouvelant toujours de manière insatiable, cachant un autre désir, plus enfoui, plus insidieux, faisant du bonheur une valeur inaccessible. Je peux alors me demander: "Qu'est-ce que "ça" veut?" Question qui est aussi bien celle de: Que veut-il, lui, le désir inconscient, tel que j'ai à en rendre compte, lui qui se trouve dans la répétition de ma demande?
Mais si le désir est manque, c'est comme s'il existait un objet préalable qui serait éprouvé comme un manque et que nous aurions envie de retrouver. Spinoza soutenait que « nous ne désirons pas une chose parce que nous jugeons qu'elle est bonne mais au contraire nous jugeons qu'elle est bonne pour ce désir » A l’origine, selon le mythe platonicien,  les mortels étaient formés d'entités doubles : homme-homme, femme-femme, homme-femme. Tout le monde était comblé. Ils défièrent les Dieux qui les condamnèrent en les coupant en deux, c'est-à-dire en les condamnant à se chercher pour se combler. Chacun recherche sa moitié perdue pour restaurer l'unité. Il y a dans cette quête amoureuse, une recherche de plénitude, de complétude, d'unité perdue sans laquelle nous ne sommes satisfaits. Le désir est désir immortel.
Cet objet perdu est défini, selon la psychanalyse, par un autre terme, le phallus, que nous croyons, de manière imaginaire, avoir perdu un jour, ce qui nous aurait déchu de notre toute puissance originelle. Le désir humain n'est pas déterminé par une réalité physiologique, mais par l'univers du langage et du discours.
Il conviendrait de distinguer le désir du besoin naturel. Chacun sait qu'une fois les besoins élémentaires satisfaits, le désir humain peut prendre les voies les plus diverses. Mais il faut aussi alors le distinguer de la demande. Quand un enfant réclame à manger, par exemple, il peut croire que c'est pour obtenir un objet précis. Mais sa demande va au delà (attirer l'attention de sa mère, par exemple). Le désir, lui, est au delà du besoin, et comme il a une dimension inconsciente, il peut rester caché dans la demande. En fait l'objet du désir n'est pas en avant du sujet mais derrière lui. C'est lui que le sujet tente de retrouver, sans vraiment le savoir. C'est par exemple la mère (ou le sein) comme objet perdu, cause du désir. Comme son objet est perdu, interdit, comme le sujet a du renoncer à être tout ce que la mère désire - disons à être le phallus de sa mère - le désir ne peut généralement pas s'exprimer d'une manière directe. Il se dit plutôt entre les lignes, dans les rêves, dans les lapsus ou les actes manqués, ou tout simplement dans le double sens des paroles les plus quotidiennes.
Désir de transgression… Si Dieu n'existe pas, alors tout est permis. Si Dieu n’existe pas, toutes les passions sont bonnes. Sade prêche un matérialisme conséquent et tire les déductions les plus noires de l’athéisme qui est, selon lui, « le seul système de tous les gens qui savent raisonner » Le Dieu des religions n’est qu’une invention des politiques pour mieux discipliner les peuples par la peur des enfers ; rien n’existe que la nature, la matière porte en elle la source de ses propres mouvements, elle n’a pas besoin d’un agent extérieur qui lui servirait de moteur. Dès lors pourquoi devrait-on entraver les mouvements de la nature et en particulier les passions, les désirs? L’idée de perversion perd toute validité et tout fondement.
"Plus je fais l'amour, plus j'ai envie de faire la révolution". "Plus je fais la révolution, plus j'ai envie de faire l'amour". "La honte est contre-révolutionnaire". "Je jouis dans les pavés". Tels sont quelques-uns des slogans qu'on pouvait trouver sur les murs de la Sorbonne avant que les services de nettoyage ne les effacent définitivement. Ils disent combien, en Mai 68, le désir passait pour un élément intrinsèquement révolutionnaire. Il est vrai que le désir est source de mouvements et donc de volonté. Désir synonyme de vie, caractère producteur d'actions, force créatrice. Il semble être associé à la liberté et fonder la condition du plaisir qui naît avec l'assouvissement du manque éprouvé. Pour vivre heureux et libre, il faut alors vivre pleinement ses désirs.
- Que non! dit Socrate. Celui qui cherche à assouvir ses désirs n'est ni heureux ni libre. Le passionné est malheureux parce qu'il est constamment insatisfait, le propre du désir étant de se renouveler. Platon compare nos désirs à un tonneau percé : caractère insatiable et illusion d'un bonheur, d'une satisfaction. Plus on satisfait nos désirs et plus on contribue à les démultiplier. Par conséquent, l'individu s'expose à la déception car la satisfaction n'est pas durable et que la satisfaction de certains désirs se fait au détriment d'autres désirs d'où un sentiment de frustration. Faut-il alors renoncer à ses désirs et vivre comme l'ascète impassible et détaché de tout?
Epicure propose une réponse originale : Certains désirs peuvent être satisfaits et nous satisfaire.
Parmi les désirs, les uns sont naturels, les autres vains, et parmi les désirs naturels, les uns sont nécessaires, les autres naturels seulement. Parmi les désirs nécessaires, les uns le sont pour le bonheur, les autres pour l'absence de souffrances du corps, les autres pour la vie même. Le plaisir est le principe et la fin de la vie bienheureuse.
Epicure va jusqu'à proposer un quadruple remède qui nous libère des pensées, des désirs qui nous empoisonnent la vie, Tetrapharmakos, qui se résume en quatre points: les dieux ne sont pas à craindre
1-      la mort n'est rien pour nous
2-      on peut atteindre le bonheur
3-      on peut supporter la douleur

Mais si le commun des mortels n'est pas le sage philosophe qui sait mourir à ses propres désirs, est-il possible de concevoir désir sans souffrance ?
Ecoute-moi maintenant et on va choisir
Elle a dit
On fera tout ce qui est interdit
SUJETS A VENIR :
Mercredi 11 Novembre

1035                      Faut-il tolérer les intolérants ?

Mercredi 18 Novembre

1036                      Peut-on ne pas être soi-même ?

Mercredi 25 Novembre

1037                  La responsabilité amène-t-elle la confiance

POUR NOUS CONTACTER

  VOUS SOUHAITEZ CONTACTER LES ANIMATEURS DE L'EX CAFE PHILO - MERCI DE NE PAS UTILISER LE FORMULAIRE DE CE BLOG. ECRIVEZ ICI :   philin...