vendredi 2 février 2018

Sujet du Mercredi 07 Février : La « démocratie » internet ; un supplétif ou un danger ?



               La « démocratie » internet ;         
               un supplétif ou un danger ?


Quand je consulte mon ordinateur, je découvre à travers Change.org que "les voisins de Georgette veulent que son petit cochon noir lui soit enlevé", et donc l'on me demande de soutenir Georgette et son petit cochon. Haro sur les méchants voisins, qui n'acceptent ni l'odeur fétide, ni les grognements constants! 
Ce sont certainement les mêmes qui sont pour les OGM, le Nucléaire, contre les migrants, et partisans de l'aéroport Notre-Dame des Landes......Au-delà de l'anecdote, la "démocratie" virtuelle dessine un monde manichéen sans débat, où les opinions font foi, et ne se discutent pas, elles "s'assènent". Chacun allant chercher ce qui lui sied. Il est rare  de se pencher sur la pensée adverse, Internet étant l'outil majeur de l’autosatisfaction, de la justification, et de la pensée en "boucle".

La "Démocratie" virtuelle, sans débat, pullule à travers ses pétitions, ses foules invisibles.....nous sommes 700.000 à signer la pétition, mais 5000 dans la rue ,et 10% dans la grève  lorsqu'il s'agit de défendre pratiquement la "cause". Le dédouanement est un des effets pervers de ces "luttes"(?) sur le web, avec ce délicieux sentiment derrière son écran d'être pendant un moment subversif.

Évidemment, cela nous dispense de la ringardise du piquet de grève ou de la manifestation de masse, compliquée à organiser(les trains, les cars, les tracts.....).
Aujourd’hui, appuyer sur "ENTER", est un brevet de militantisme.
Quand on pense que si les Catholiques et les Protestants avaient connu Internet, on aurait échappé à 60 ans de Guerres de Religions! Quant aux Camisards cévenols, Facebook aurait pu éviter les Assemblées du Désert, du côté de St Germain de Calberte, c'était dangereux et en plus on se gelait.
Il y eu un temps, où pour échanger, s'organiser, il fallait se voir, ce temps est révolu....Le monde de l'échange invisible est arrivé. Mais, est-ce réellement un échange?

Des questions demeurent: une Démocratie peut-elle se construire sur les lobbies, les groupes de pressions,   l'information unilatérale, la pétition élaborée par une ou deux personnes, La défiance envers les  corps constitués, notamment les Partis?

Sommes-nous là dans la fin du Débat, ou au contraire dans la naissance d'une nouvelle Agora? Les nouvelles technologies nous ont peu à peu habitués à avoir "200 amis", alors que nous sommes effroyablement seuls. 

Allons-nous vers des Révolutions sans révolutionnaires, et des rues vides? Existe-t-il des Bastilles virtuelles?

dimanche 21 janvier 2018

Sujet du Merc. 24/01 : Un autre système de société est-il possible ?



    
Un autre système de société est-il possible ?


  De nos jours la moindre velléité de progrès social, est suspecte. L'on voit se pointer les qualificatifs d'utopiste" ou d'"irréaliste", au mieux, archaïque au plus. Les Penseurs du véritable progrès social sont présentés comme des tenants de "vieux schémas". Les acquis sociaux, issus de longues luttes séculaires, et dont toute la Société bénéficie, sont "ringardisés" et présentés comme des privilèges, et non plus des droits. L'emploi est devenu une faveur, alors qu'il s'agit d'un droit imprescriptible.

Un discours dominant culpabilise le chômeur, coupable soit d'être un fainéant, soit un petit malin cherchant à extorquer des indemnités de départ.

Aujourd'hui, l'Humanisme social a le dos au mur. Tout mouvement d’idées, vers une amélioration de la condition sociale est condamné à l'isolement et à la caricature. Le réalisme du "gagner-moins" et de réduction de l'espace des droits s'impose. D'éminents économistes et politiques nous expliquent que le "SMIC" est un frein à l'emploi. Que penser d'une élite pour qui 1180 euros nets sont un "frein"?.

Peut-on considérer que les avancées sociales et la bonne santé d'une entreprise sont réellement antagonistes? Comment, au-delà d'un discours très bien rodé, le patronat de 2017 renoue plus avec une tradition de "Maitres de Forges", qu'avec un patronat paternaliste et social ?, Relire Henri Ford et ses écrits déjà vieux d'un siècle, et les confronter aux interventions de Gattaz en 2017 a de quoi nous inquiéter sur ce formidable recul
. Là où Ford était préoccupé par le bien-être de ses ouvriers en 1910, Gattaz est lui, en 2017 obsédé par les possibilités de démantèlement du Code du Travail, permettant les licenciements.

De nos jours, un syndicalisme responsable est celui qui est apte à négocier des "reculs sociaux", d'où la nouvelle vocation de "partenaire". Une volonté étatique de réduire le véritable syndicalisme au rôle d'ONG, se précise. L'incapacité du Syndicalisme à lutter pour de nouveaux droits, ou pour une amélioration des conditions de vie se confirme dans la défiance de plus en plus grandissante des salariés et dans un déclin historique. Tout cela a abouti à un affaiblissement de ce contre-pouvoir. Je crois que c'était Montesquieu qui disait "le Pouvoir doit arrêter le pouvoir".....De nos jours, qui ou quoi arrêtera le Pouvoir ?. «Arrêter le Pouvoir "ne doit pas être un impératif nihiliste, mais un Droit, utilisable à tout moment.
Sous la sourde colère, et l'apparent consensus, un Dogme: celui de d'un système présenté comme incontournable et finissant l'Histoire: le Libéralisme.

 En fait, cette loi du Marché, sauvage et broyeuse d'existences, comme celles que nous côtoyons de l'autre côté de cette salle, et égrenant les bocks de bières successifs dans une solitude profonde, semble être aujourd'hui le paradigme. L'emploi n'est plus la conséquence de l'exercice d'un droit, mais le fruit d'une allégeance vassalique. Le monde libéral se résume peu à peu, à travers la dérèglementation, à une devise "Renoncez à vos droits et nous vous accorderons des occupations qui vous permettrons de vous nourrir et vous vêtir!"

9 millions de pauvres! un écart grandissant entre les nantis et les autres, un Service Public jeté à la vindicte avec la diabolisation constante de ses agents, un chômage instillant la mise en concurrence des salariés, une valorisation de la propriété privée au  détriment  de l'habitat collectif, tout concourt à l'urgence de repenser une nouvelle Société, qui ne soit plus celle de l'écrasement de l'Autre, mais de l'émulation collective......Ne soyons pas vulgaires, ne parlons pas de Révolution ! 

"Une autre Société est-elle possible? Il est permis de penser que NON, et il est légitime de penser que celle-ci, avec ses imperfections est le stade ultime du Progrès, notre intervention se limitant à « l’humaniser ».

 Dans le cas contraire ,la tâche est rude, qui passe par une réappropriation des mots, et le démantèlement de cette "Novlangue" derrière laquelle les Maitres du Monde avec leurs masques dorment tranquilles, un monde ou l'être humain est devenu une "ressource humaine", c'est à dire à l'égal du charbon, un bien qui  s'exploite et s'épuise, un monde où le Patron est un manager, et l'Entreprise dématérialisée une "communauté", dans laquelle le client devient soudainement un pote à jamais invisible derrière son écran. Dans certains secteurs, la concurrence déshumanisée entre salariés, a terrassé  l'émulation collective, l'écrasement de l'autre a eu raison des garanties statutaires. 

Nous parlons là, de la culture d'entreprise initiée par Michel Rocard dans les services publics Poste/France Télecom.  Rocard s'inspira, sans jamais le  dire de la culture des sectes.

Cela est un exemple entre autres.

"Une autre Société est-elle possible?", cette question interroge la Philosophie, si l'on pense que sa vocation première est, non pas le constat ou l'explication du Monde, mais sa transformation, en opérant des destructions quand cela le demande.


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