dimanche 2 juillet 2017

sujet du Merc. 05 Juillet 2017 : Peut-on se libérer de sa culture ? (sujet Bac S)





Peut-on se libérer de sa culture ? (sujet Bac S)



Le présupposé du sujet est celui du caractère  coercitif (qui m’impose un carcan) voire aliénant ( qui me rend étranger à moi-même) de  ma propre culture. Il faudra donc mettre à jour ce présupposé et éventuellement le remettre en cause. Pourquoi ma culture constituerait-elle   une entrave à la liberté? Pourquoi faudrait-il nécessairement m’en libérer?

Première phrase d’introduction :   La culture n’ étant pas en soi ce qui fait obstacle à notre  liberté, nous  nous demanderons pour quelles raisons,  dans quels contextes, et dans quelle mesure,  il  peut être souhaitable de s'émanciper de sa propre culture.

Plan

I Il est extrêmement difficile de penser par soi-même

Que nous le voulions ou non, nous sommes largement conditionnés par notre éducation, notamment religieuse. Les convictions acquises dans la tendre enfance sont quasiment indéracinables. Et c'est pourquoi,  bien souvent, nous nous croyons libres, comme le dit Spinoza, tout simplement parce que nous ignorons les causes qui nous font agir. Ces causes sont les préjugés transmis dans votre petite enfance par nos parents,  conformément à leurs propres traditions et leurs  propres convictions. Or, pour nous en défaire, il faudrait commencer par prendre conscience de ce déterminisme.

II La philosophie nous enseigne pourtant que chacun peut s’arracher  à son propre milieu culturel

C'est précisément ce que Socrate n’ a cessé d'expliquer aux athéniens ( « Je suis le seul ici qui se soucie de justice et qu'il l’incarne  » dit-il devant son tribunal dans L'apologie de Socrate) et  c’est ce que répétera Descartes  dans son Discours de la méthode. 
« Pour ce que nous avons tous été enfants avant que d'être hommes, et qu'il nous a fallu longtemps être gouvernés par nos appétits et nos précepteurs, qui étaient souvent contraires les uns aux autres, et qui, ni les uns ni les autres, ne nous conseillaient peut être pas toujours le meilleur, il est presque impossible que nos jugements soient si purs, ni si solides qu'ils auraient été, si nous avions eu l'usage entier de notre raison des le point de notre naissance, et que nous n'eussions jamais été conduits que par elle. »
Il est difficile de surmonter les déterminismes culturels, mais ce n'est pas impossible. La preuve, certains y sont parvenus, comme Copernic et Galilée par exemple, dont on sait qu’ils  ont contredit les dogmes religieux  au nom de la vérité scientifique.


III Il est très difficile mais pas impossible de se libérer de sa culture

Il est tout à fait nécessaire de postuler que l'on peut se libérer de sa culture. Dans le cas contraire, on admettrait que l'homme n'est pas libre et qu'il ne le sera jamais,  ou plutôt que certains hommes, prisonniers de certaines cultures, ne sont pas capables de liberté. Or « renoncer à sa liberté c'est renoncer à sa dignité, à sa qualité d’homme » (Rousseau). De fait, nombreux sont les hommes de science et les philosophes qui l’ont  critiquée, bien des artistes se sont arrachés à leur culture.
 Néanmoins, on ne saurait minimiser la difficulté pour certains de s'arracher aux  préjugés et aux traditions qui sont ceux de leur milieu d’origine. Certaines cultures ne valorisent pas la liberté, la seule chance dans ce cas pour les individus est d'avoir  accès à la Culture, au sens d’une culture universelle accessible à tous par le biais de la poésie, de la littérature, de la science, de l’art et bien sûr de  la philosophie. L'école a pour vocation de fournir à tous l'accès à cette culture universelle seule  en mesure de leur permettre de tourner le dos à leur propre culture familiale.

Conclusion

S'arracher à sa propre culture n'est pas une fin en soi. Néanmoins celui qui veut penser par lui -même, ce qui est une  définition de la liberté, ne saurait se satisfaire d'un enfermement dans sa culture d'origine. L'histoire des idées,  des sciences,  de l’art, et enfin la philosophie sont là pour témoigner du fait qu'il est possible de tourner le dos à sa propre culture.

Laurence Hansen

dimanche 18 juin 2017

Sujet MARDI 20 Juin 2017 : Lutte des classes, mythe ou réalité ?



CE CAFÉ PHILO AURA LIEU EXCEPTIONNELLEMENT LE MARDI, car le 21/06 fête de la musique ...

Lutte des classes, mythe ou réalité ?

La lutte des classes est au départ un concept créé par Charles Conte et Charles Dunoyer, des auteurs libéraux qui vont chercher à démontrer que sous un ordre féodal  la société est bien organisée en deux classes sociales qui s’affrontent. Essentiellement les paysans qui produisent des richesses et les nobles, qui de manière arbitraire, vont imposer une spoliation par une rente sur cette création de richesse.

Sur cette constatation, nous sommes bien  sur un principe décidé par le pouvoir en place à la fois de manière autoritaire et délibérée.

Bien évidemment, Karl Marx  va récupérer le concept  en démontrant que dans le capitalisme, ce sont les bourgeois qui deviennent la classe dominante pour donner la définition contemporaine  de la lutte des classes.  C’est même la base de sa théorie.
Mais l’analyse  ne serait pas complète si on n’insiste pas sur le terme de « lutte ». Ce mot au sens  propre, désigne une action violente. Même  si personne ne l’envisage comme une violence physique dans le concept qui nous intéresse, c’est bien une action volontaire qui est mise en évidence dans cette critique du capitalisme. On affirme là qu’il y a une action consciemment décidée. L’économie de marché serait donc un vaste système d’exploitation et tous les pouvoirs ne feraient que le défendre.  

En 2017 on pourrait penser que la critique s’est assagie mais la confusion est encore très importante. Pour simplifier la question on peut la formuler de la manière suivante : Est-ce que l’économie de marché, c’est : prendre l’argent des pauvres pour le donner aux riches ?

Malheureusement ce débat ne s’est jamais  résolu, ni même apaisé, non pas uniquement dans l’extrême gauche mais dans toute la pensée politique.

C’est ainsi que jusqu’en 1990 tous les intellectuels vont accepter ou alimenter cette hypothèse de la lutte des classes. Des gens comme Pierre Bourdieu vont sophistiquer l’argument avec son concept de « violence de classe ».En 2016 Monique Pinçon Charlot sociologue Bourdieusienne assume totalement le même principe. Dans un travail sur les paradis fiscaux, elle remarque que c’est pendant un G20 (élargissement du G8  en G20 en 2007 sous Sarkosy ) que les pays riches ont établi une liste des pays désignés comme des paradis fiscaux. Donc elle conclue, sans rigoler que c’est bien la preuve que les pays riches ont créé les paradis fiscaux. 

Pourtant le seul intellectuel qui va argumenté rationnellement la lutte des classes  est bien évidement  Karl Marx, grâce à ses théories sur la valeur travail et sur l’analyse du salaire qu’il considère comme un vol, d’où il déduit une paupérisation de la classe ouvrière. En gros Marx lui-même critique le système et non le pouvoir.

La critique globale de la « loi du marché » repose bien en réalité sur une dialectique de la lutte des classes et donc une question assez simple non résolue.

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