dimanche 8 septembre 2019

Sujet du Merc. 11 Sept. 2019 : BIENTOT, INQUISITION OU PENSEE RATIONNELLE


                   BIENTÔT, INQUISITION OU PENSÉE RATIONNELLE ?

Les coquilles pourraient bientôt nous tomber des yeux. Nous y sommes. Nous sommes entrés en dictature.

L' « Inquisition » règne. Mais qu'est-elle au juste ? C'est l'imposition à tous d'une idéologie, d'une croyance, d'un dogme. La force d'imposition peut-être physique. Ou mentale et psychique. Les vrais pouvoirs (GAFA) nous connaissent aujourd'hui infiniment mieux que nous. L'Inquisition fut appliquée aux corps par les fers de la torture. Pendant la croisade contre les Albigeois et à la Renaissance, l'Eglise et les pouvoirs en place faisaient ainsi abjurer les idées contraires aux dogmes en vigueur.
Par contre, l' « Inquisition » psycho-mentale actuelle est indolore et même souvent agréable. Les victimes en sont rarement conscientes. L'art consommé de la manipulation des sens et des esprits, et de la plus subtile propagande sont plus efficaces que la douleur physique qui souvent laisse la pensée intacte. Même après la torture et l'abjuration de vérités contraires aux dogmes. Pour qu'enfin se taise Giordano Bruno, il fallut incendier son corps. Galilée en prit de la graine. Qui se tut. Mais il murmurait encore intérieurement « Et pourtant, elle tourne... ».

Face à la nouvelle Inquisition, la démarche rationnelle (Descartes) de la philosophie du réel et de la science sont aujourd'hui en mauvaise posture. Car, que sont-elles au juste ? Et combien vulnérables !

Elles visent la recherche de connaissances authentiques par une pensée rationnelle qui a toutes les peines à échapper à la décérébration systématique consécutive à l'exacerbation de tous les plaisirs et des pulsions. De plus, la science actuelle requiert des financements toujours plus importants soumis aux conditions des structures de pouvoir qui les accordent. Comment peuvent-elles dès lors résister et s'imposer si elles doivent se fonder sur des hypothèses qu'elles devraient toujours pouvoir réviser par le rejet des présupposés et par la prise en compte rigoureuse de faits avérés et pertinents qui émergent au cours du processus de recherche ? A partir de là ne leur faut-il pas encore, par l'exercice de la raison, induire les lois et principes explicatifs des phénomènes ainsi observés ? Mais si la raison et l'esprit n'y sont plus vraiment, qu'attendre de ces disciplines qui n'en sont dès lors plus ?

Pourtant, la manipulation psycho-mentale peut aussi être leur meilleur aiguillon de résistance pour rester elles-mêmes par la lutte de tous les instants. Pourvu que la volonté de pratiquer leur démarche à tout prix, à chaque instant et en tout lieu reste une constante tant collective que personnelle. Ceci nonobstant les derniers avatars en matière d'Inquisition. Les drogues psychiatriques et autres ainsi que les implants d'intelligence artificielle sont déjà en mesure d'annihiler la personne et, en conséquence, toute pensée rationnelle.

Ainsi la nouvelle « Inquisition », procédant avec d'autant plus d'acuité que cerveau et pensée ne font qu'un, agit finement et comme à la dérobée par usage de matière sur de la matière humaine, avec un effet subreptice quasi absolu. L'administration inquisitoriale des masses devient ainsi d'autant plus complète qu'elle passe quasiment inaperçue. Même si ces artifices ne sont pas encore la panacée universelle aux mains des pouvoirs.

Les hommes sont des animaux dotés de raison et de pensée rationnelle comme source même des quelques degrés de liberté dont ils disposent. Encore leur faut-il reconnaître qu'ils ne naissent pas en homme accompli. Au contraire, ils ne peuvent le devenir que par les relations réciproques et mutuelles qu'ils établissent entre eux dès la naissance (et même avant) dans des processus dialectiques nécessairement collectifs. En effet, il n'a jamais existé d'être humain authentique qui fut un individu isolé, une simple monade sui generis ; une sorte d'individu-roi qui se serait construit et se maintiendrait en humanité, tout seul et par lui-même *. Non, les quelques degrés de liberté que les hommes s'élaborent réciproquement ensemble sont le seul moyen dont ils disposent pour lever « l'ignorance des causes qui les déterminent ». Et pour ensuite agir librement par ce même moyen (Spinoza). En fait, la mise en oeuvre de ce minimum de liberté authentique fait appel de leur part à une volonté tenace de tous les instants de la raison.

Quelques exemples actuels sonnent l'urgence de l'usage de la raison et des bribes de liberté collective et individuelle qui en découle.

       Les pouvoirs ne dévoilent toujours pas ni comment ni qui a fait s'effondrer aux Etats-Unis d'Amérique les Tours jumelles et une aile du Pentagone. Il s'en était suivi la justification de « guerres justes » destructrices de pays et de peuples entiers, qui vingt ans après perdurent toujours. Les rescapés abandonnent tout sur place et migrent en masse, traversant mers et continents vers nos contrées.
       Dans l'assourdissant silence médiatique sur les lointaines périphéries, perdure la vieille Inquisition physique de masse.  Par exemple, au cours de la décennie écoulée, dix millions de Congolais ont été massacrés et le ventre de leurs femmes ravagé dans d'indicibles tortures. La raison ? Faire de gigantesques profits par le vol, suivi de l'acheminement au moindre coût mercantile du précieux coltan intégré aux artefacts électroniques. Parmi eux … nos ordis et portables, gadgets satisfaisant les vains plaisirs (Epicure) de nos dépendances pulsionnelles à d'incessants clics et bafouilles, dépendances instillées par les pouvoirs marchands,
       Des entreprises transnationales surpuissantes (GAFA) proposent mille services informatiques gratuits qui collectent, mémorisent et traitent à leur usage les informations de nos moindres gestes, préférences et fantasmes. Ces données informatisées sont vendues à des entreprises privées et des Etats qui les utilisent à des fins de manipulation commerciale ou de gestion politique de masse, constituant une vaste entreprise inquisitoriale d'homogénéisation totalisante.
       Une enfant suédoise à peine nubile, passablement ignare et psychiquement dérangée bien que se réclamant de science infuse, est instrumentalisée par les vrais pouvoirs pour convaincre des masses aussi ignares que crédules du nouveau bréviaire à leur usage. Traversant l'Atlantique à la voile, ne la voilà-t-elle pas qui vogue pour haranguer les Nations Unies. Ses imprécations seront diffusées jusque dans le plus petit village bengalais et copieusement commentée par les médias dans le sens attendu d'un prétendu sauvetage de la terre « qui n'en peut plus de se consumer ».
       Une autre enfant, pré pubère et ignare, l'index levé vers les cieux omniscients et divins, affiche son image péremptoire sur les conteneurs de tri de déchets de nos places publiques. « Il faut vous le dire comment ? » vitupère-t-elle dans son sabir populiste à l'adresse de ses géniteurs et adultes. Comme le faisaient les « Jeunesses » assassines nazies, instrumentalisées par les pouvoirs d'alors.
       De jeunes élucubrées véganes et ignares, largement instrumentalisées par les vrais pouvoirs, croient elles aussi sauver la planète, son climat, le règne animal et l'humanité en déshérence. Comment ? En n'ingérant rien d'animal, elles nous intiment de dégrader nos santés mais certainement nos cerveaux. Surtout ceux des plus jeunes enfants ainsi privés de protéines essentielles. Ce qui handicapera leur cerveau privé de toute la raison humaine. Cette décérébration induira des bénéfices à tous les étages pour les puissants.
       Comme Socrate – qui, parce qu'il interrogeait ses contemporains, fut condamné à une mort physique par la cigüe ou sociale par bannissement de la cité (ostracisme) – un philosophe est interdit d'accès au service public audio-visuel français. De même, un préposé journaleux s'est considéré autorisé à frapper d'ostracisme la publication d'un programme de réunions philosophiques suite au partage d'un texte passant par la pensée critique les déclarations urbi et orbi de la juvénile égérie du fanatique « combat pour le climat ».

Outre les immenses dégâts occasionnés, comme un fait exprès dans chaque cas est visée la destruction de la pensée rationnelle garante de vérité et de liberté. Voici quelques moyens actuellement utilisés à cette fin :

       la neutralisation de l'expression de la pensée, voire sa dissolution chez tous,
       l'uniformisation de l'opinion,
       la suppression de l'enseignement des classiques remplacé par celui de dogmes et contre-vérités,
       l'instrumentalisation de la presse, la propagation de fausses nouvelles et la production de fictions remplaçant le réel. Pour qu'ainsi elles le deviennent,
       l'hygiénisation de la vie commencée par l'usage universel des savons et détergents, puis prolongée par le véganisme et les divers végétal(r)ismes,
       la propagation de la haine par la création d'ennemis, la fomentation de « guerres justes » et la psychiatrisation de la pensée critique,
       le formatage de tous, enfants, adolescent et adultes,
       l'asservissement par l'innovation à tout crin et l'accélération du progrès,
       et, enfin, la dissimulation des vrais pouvoirs structurant la réalité.

La dictature de la nouvelle Inquisition ne torture plus les corps mais dissout la pensée rationnelle. Or corps et esprit ne faisant qu'un, détruire la raison c'est dissoudre les corps (sans les torturer ni les vouer au bûcher) tout en les laissant en vie. C'est, en masse, animaliser les hommes par aliénation. Et donc, par définition, sans qu'ils ne s'en rendent vraiment compte.

Faut-il s'y résigner ? … Ou y voir l'aiguillon de l'usage toujours plus rigoureux en toutes circonstances de la pensée critique et rationnelle. Telle est la vraie urgence. Afin de discerner les causes explicatives de la situation. En fait, la situation s'expliquerait-elle par la recherche en tout des profits les plus hauts … ? Qui le niera ?

______
*  Le philosophe K. Marx du XIXème siècle écrivait : « L'essence de l'humanité n'est pas une abstraction inhérente à l'individu pris à part. Dans sa réalité, elle est l'ensemble des rapports sociaux. »

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