dimanche 16 octobre 2016

Sujet de Merc. 19/10/2016 : Faut-il préférer l'injustice au désordre ?

                                   FAUT-IL PRÉFÉRER L'INJUSTICE AU DÉSORDRE ?

Le sujet paraît acculer à un choix peu ouvert, qui plonge la réflexion dans le registre du négatif et d’une humanité défectueuse : il y aurait nécessité de choisir entre deux maux, injustice et désordre, pour déterminer le moins pire.
Aucun des deux ne peut être voulu pour lui-même, dans aucune société : aucun n’est fin en soi, aucun ne peut être converti en norme absolue. Il faudrait, en cherchant quels arguments l’emportent pour se résoudre, se résigner à privilégier injustice ou désordre à défaut de concilier les valeurs d’ordre et de justice.
La question concerne au premier chef les responsables politiques, chargés de veiller à la fois au maintien de l’ordre public et à la garantie de la justice. Dans le cadre d’un État de droit, un des enjeux majeurs de l’exercice du pouvoir est de répondre à cette double mission combinée. Comment arbitrer en cas de conflit ? Quelle doit être la priorité ?
Sous l’angle de l’État ou de l’homme politique, l’option prioritaire est sans doute l’ordre. Jusqu’à quel point alors la préservation de l’ordre public peut-elle autoriser des injustices ? Souvent justifiées au nom de l’efficacité, et présentées comme inévitables, ces injustices ne compromettent-elles pas le but qu’on prétend atteindre par elles ?
Peut-on établir ou restaurer une paix, une concorde durables sur fond d’injustices ? Que vaut l’ordre qui serait ainsi obtenu ? La question concerne plus généralement tout citoyen, tout membre ou organisation de la société civile.

Elle engage d’une part une réflexion sur les critères permettant de juger un régime politique, une idéologie, une situation sociale, des réformes institutionnelles. Telles mesures prises par un État révèlent-elles un souci dominant d’ordre ou bien de justice ou encore une visée équilibrée des deux à la fois, ce qui seul irait dans le sens de conforter un État de droit ? Mais la question soulève d’autre part le problème des moyens à utiliser face à un régime qui multiplierait les injustices voire les légaliserait (ex. : discriminations inscrites dans la loi). Lorsqu’un régime bafoue ouvertement les droits de tous ou d’une partie des citoyens, l’action de contestation peut-elle s’orienter vers le risque du désordre ? Y a-t-il des violences légitimes ? La révolte, l’insurrection peuvent-elles être reconnues comme des droits ? Un choix de l’une contre l’autre est-il inévitable ?  (ESC Rennes)

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