dimanche 20 septembre 2020

Sujet du Merc. 23 Sept 2020 : ET L'ARGENT DANS TOUT ÇA ?

 

                                          ET  L'ARGENT  DANS  TOUT  ÇA ?

 

« Comment ça, l'argent est un objet philosophique ? Non, c'est quotidien !». Nos poncifs sur l'argent tombent quand nous découvrons les faits concrets de la monnaie et les principes qui les expliquent.

 

Depuis la Renaissance, le principe de la monnaie a permis un essor considérable des activités humaines : arts, sciences et techniques, immenses progrès, découvertes ; mais aussi domination et destructions tous azimuts. Nous nous échappons de la Terre jusqu'aux confins du cosmos, tout en nous menaçant d'extinction nucléaire ou bactério-virale ; ou encore de mutation transhumaniste et de réification par intelligence artificielle. On sait faire.

 

Cette monnaie-là n'est-elle donc pas le moyen de tout faire ? Ou presque, puisqu'elle se fonde sur les dispositifs réglementaires de la Banque des Règlements Internationaux (BRI) de Bâle la préservant de l'absolu de la saisie sans borne du monde. Rien que ça !? Avons-nous même jamais entendu parler de cette institution ? Voyons cela par la connaissance, plutôt que par la soumission (La Boëtie) à « l'ignorance des causes qui nous déterminent » (Spinoza). Par ce biais, décrochons un peu de liberté d'action face à ceux qui pilotent cet argent tout puissant, sans lequel presque rien ne serait possible de ce qui se fait aujourd'hui.

 

Tout d'abord distinguons les faits, hors préjugés (Descartes), qui attestent qu'un principe de monnaie opposé au nôtre existe depuis des temps immémoriaux. Le système actuel, lui, est récent et mortel. Il n'est pas cet « horizon indépassable du capitalisme » imaginé par des idéologues de la défaite de la pensée. Pour le démontrer, il suffit de savoir ce qu'est notre monnaie : un simple mécanisme mathématique convenu entre des hommes et donc renversable à tout instant. Pour le vouloir, ne devons-nous pas d'abord le connaître, débusquer nos poncifs et fausses croyances si « évidentes », oser regarder nos actes en face ? Oser comprendre l'argent.

 

Au paléolithique, qui perdure encore en quelques lieux sur terre, ont cours des « monnaies sociales » représentant un principe de vie opposé au nôtre. Pour de petites communautés nécessitant peu de travail, l'essentiel c'est la vie, le rapport mutuellement réciproque aux autres qui fonde les hommes à chaque instant : la naissance, l'union de couple, la vie, le deuil. Ces plages de vie partagée sont leurs valeurs fondatrices représentées par des monnaies sociales (coquillages, raphia, etc.) qui passent de main en main, mais qui n'équivalent jamais à une vie. Au contraire, aujourd'hui, pour nous chacun a un prix plutôt qu'une dignité d'homme (Kant).

 

Dans l'ignorance de la biologie, l'origine d'un petit-d'homme paraissait magique : une création spontanée issue du corps d'une jeune femme. Qui est dès lors érigée en valeur ultime. C'est le « bride wealth », « la richesse de la fiancée ». Un homme l'obtient par le partage sans fin de monnaie sociale avec la famille. Ceci jusqu'au retour prochain à la famille d'une vie nouvellement engendrée par sa fille, qu'elle n'avait que prêtée jusque là.

La monnaie était le symbole même de la vie faite de rapports en société. En effet, les hommes sont des animaux politiques parce que sociaux (Aristote). Si bien qu'en définitive « il n'y a de richesse que d'hommes » (J. Bodin). Ainsi les hommes se partageaient-ils les jeunes femmes.

 

Jusqu'à ce que tout bascule. Un homicide survenant et c'est une perte irrémédiable. Mais en tant que représentation de vie, nulle monnaie, même « sociale », ne peut compenser une perte de vie. Si, par inconscience de la valeur de vie, la cession d'une autre vie n'intervenait pas, un rapt compensatoire pouvait occasionner d'autres pertes de vie et la saisie d'otages, souvent convertis en esclaves (M. Patou-Mathis). De fait, par là, la vie humaine devient objet. Comme objet et simple moyen, elle acquiert plus un prix qu'une dignité (Kant) : par mutation du principe de monnaie sociale en son contraire, la monnaie d'échange marchand. Alors règne inégalité et hiérarchie croissantes. Les bénéficiaires souhaitent symboliser ces différences en les traduisant en supériorité, dont ils donnent une représentation par des objets de prestige décrétés rares et précieux.

 

A la Renaissance une nouvelle étape est franchie qui conduit au principe de l'actuelle monnaie d'échange. Les marchands confient leurs objets précieux à la bonne garde des orfèvres contre un certificat de dépôt et le versement d'un loyer proportionnel à ses sûreté, valeur, et durée. Bientôt les certificats ne renseignent plus que la valeur des biens. Cet anonymat des objets permet de rembourser par simple prélèvement sur les valeurs détenues dans les coffres, dès lors devenues interchangeables. Les certificats peuvent servir de moyen de paiement ne nécessitant plus la corvée de récupérer des objets précieux et de les transporter (un peu comme nos cartes de paiement et puces incorporées remplacent le port encombrant de billets et de pièces). Ce dispositif présente deux avantages majeurs pour l'orfèvre devenu banquier. Il retarde considérablement les demandes de remboursement, tandis que seule circule une image scripturale comme représentation des valeurs.

 

Un nouveau principe intervient. Les objets précieux ne désemplissent plus les entrepôts du banquier : 1) il constate que les dépôts nouveaux tendent à équilibrer les retraits et 2) il spécule que la probabilité est très faible pour que les certificats devenus « billets » soient présentés tous à la fois pour récupérer les biens devenus des « actifs ». Il se convainc qu'ils ne doivent plus « dormir », mais fructifier. Simple : la Renaissance regorge d'hommes ayant des projets mais souvent dépourvus de moyens financiers pour les réaliser. Les banquiers émettent des billets qu'ils leur prêtent bien au-delà de la valeur des biens précieux sous leur garde. Biens qui, eux, étaient déjà assurés par les billets les représentant et qui à leur tour avaient déjà généré la création d'autres billets par le loyer de garde. De la fausse monnaie est ainsi créée, potentiellement ad libitum. L'homme – emprunteur ou financier – est considéré comme la mesure de toute chose (Protagoras, sophiste antique).

 

Les banquiers fournissent donc des prêts de billets aux ambitieux démunis pleins de projets. Et ils s'estiment en droit d'exiger le paiement d'intérêts sur un capital fictif  (fausse monnaie prélevée/volée à la communauté) pour l'entière durée du remboursement. Par ce stratagème, les banquiers créent frauduleusement à leur profit un nouvel apport considérable de monnaie. Qui sert de fondement à de nouveaux prêts, par le même subterfuge de faux-monnayeur « utile ».

 

La monnaie résulte des demandes de financement et non plus des découvertes d'or et du travail requis pour l'extraire. Cette monnaie devient des dettes dues aux banques et qui circulent parmi nous. C'est l'ARGENT-DETTE. Cela signifie que, si les dettes étaient toutes remboursées, il n'y aurait plus d'argent... Tout s'arrêterait. De plus, comme ce système repose sur le principe d'une création monétaire sans fin, il faut qu'il y ait sans fin toujours plus de dettes. Cela signifie aussi qu'il suffit de produire des lignes comptables bancaires comme monnaie écrite (dite scripturale), ou simplement des bits numériques de monnaie-dette. Facile l'envolée !

 

Pourtant, cette création monétaire souffre du pouvoir du néant (zéro monnaie) et de l'illimité (infiniment de monnaie) par lequel les banques pourraient arrêter l'économie, ou acheter le monde entier et (é)puiser les ressources vives des hommes. Et même l'univers. Ce danger, outre qu'il menace la vie d'extinction, serait mortifère aussi pour ses banquiers et créateurs. Au-delà de la problématique philosophique de l'absolu de l'illimité que nous pouvons régler, une solution mathématique de limitation est évidente et nécessaire. Même si elle est soigneusement passée sous silence par les maîtres du système de l'argent-dette. Les maîtres réalisent la nécessité d'auto-limiter la création sans fin de monnaie. Ceci afin de préserver leur richesse fondée sur la rareté et qui leur confère un pouvoir « absolu ».

 

Ils le font par le « système de création monétaire avec réserves fractionnaires (partielles) »*. Bien, mais encore ? A cet effet, il faut une hiérarchie stricte. C'est le principe fondateur qui a été instauré presque partout sur terre par la mutation des monnaies sociales du paléolithique en monnaies d'échange. Celles-ci marchent de pair avec les guerres. Il faut une institution sommitale d'autorité référente décidant des règles de santé et de prospérité de la monnaie. Ne faut-il pas aussi des Etats et leurs personnels pour un accord nécessaire avec les banques privées en vue d'une représentation de ces entités hiérarchiques au sein d'une institution sommitale de préservation du système d'exploitation mondial par l'argent-dette ? C'est la Banque des Règlements Internationaux de Bâle ou BRI. Qui pourtant n'est pas une banque, car de monnaie on n'y en trouve nulle part.

 

Pour s'en convaincre, il faut présenter le mécanisme bien concret de la chose. Le principe fondateur de fonctionnement de la création monétaire se traduit par une simple formule algébrique attendant des applications arithmétiques simples d'addition, soustraction et division, introduites à l'école élémentaire en CE1 et maîtrisées en CM1. C'est simple. Pourquoi ne pas s'y mettre pour construire une philosophie d'action directe ? Une forme graphique illustre clairement le processus du mécanisme monétaire et ses limitations auto-salvatrices :

 

                                                           K = 1 /  ( X + Z (1 - X ) ) .

 

                        K =  le multiplicateur de prêts des banques privées mesurant leur capacité                                               globale de création de monnaie-dette.

                        X =  l'indice de préférence de la population ou société pour les billets.

                        Z =  l'indice de réserves obligatoires en Banque Centrale comme fraction des billets                               déposés par les clients sur leurs comptes auprès des banques privées.


On constate que le volume et le pouvoir  K des banques privées sur tout et tous par les crédits qu'elles allouent seront d'autant plus grands que le dénominateur sera petit, voire presque nul :

 

La disparition des pièces et billets ( X= 0 ) de la circulation par le paiement numérique par carte, smartphone ou puce sous-cutanée non seulement accélère les flux monétaires, ce qui les sur-multiplie, mais surtout laisse Z seul en dénominateur. Ce qui projette vers des sommets la multiplication de la monnaie-dette  K  des banques privées et les profits qui en découlent.

A son tour, la minoration par les banques privées de leurs réserves minimales  Z  de billets de Banque centrale augmente leur multiplicateur de prêts  K . 

Si  X  et  Z  devenaient très petits ou nuls, disons 0,01 (ou moins encore), le multiplicateur  K  égalerait 90.  Si  X  et  Z  deviennent nuls, K  croît à l'infini. Le volume de l'argent privé devient infini. Aujourd'hui, on y est presque. D'où les expédients actuels.          

Les banques, parties prenantes dominantes à la BRI, poussent à une réglementation monétaire et à des manœuvres accroissant leur pouvoir inscrit dans la valeur de  K, création privée de monnaie-dette. C'est la financiarisation de la monnaie. Outre l'abandon en cours de l'usage  X  des billets, elles travaillent à la minoration de leurs réserves obligatoires Z  de billets. L'équation montre que ces deux opérations se renforcent mutuellement ce qui aboutit à en exténuer le potentiel ! Ce qui serait mortifère pour le système.
Entre temps, cette minoration permet un surgissement presque illimité de produits financiers, coquilles vides de valeur authentique. Par ce processus de minoration de   X  et  Z  nous approchons du bout du rouleau du principe du système de monnaie-dette. Cette situation ne s'est-elle pas développée à tout-va de 2007 à aujourd'hui ? Une rupture inévitable est en marche. Un paroxysme de mesures d'ordre social sont en cours. En voyons-nous la cause ?    

Sans cesse le système oscille donc de crise en crise selon la rigueur avec laquelle les règles de la BRI sur les indices  X  et   Z  sont appliquées en fonction des intérêts des puissants réunis dans le consortium mondial oligarchique de la BRI. Ces jeux de vie et de mort ont des ramifications infinies auxquelles nous pouvons nous adonner pour bien comprendre les potentialités et les failles du système qui nous détermine. Cette connaissance offrirait le fondement nécessaire à partir duquel concevoir les actions d'affrontement du système de domination en place.


Un exemple historique majeur de lien entre création monétaire  K  et menace d'Armageddon est celui de la crise-opportunité pétrolière. Les Etats-Unis assurent à l'Arabie une protection absolue par leurs immenses forces de guerre en échange de la vente uniquement en dollar du pétrole, sang de l'économie et du pouvoir mondial. Toutes les nations doivent acheter des dollars à proportion de leurs achats d'or noir. Et cela au cours de change fixé par l'émetteur. En permanence, de gigantesques profits pour l'émetteur et des pertes équivalentes pour tous les autres sont assurés sous peine de guerre (il y en a eu plusieurs). Ces tombereaux d'argent transitent par les banques qui les sur-multiplient par des prêts d'argent-dette sans fin. Qui financent, entre autres, les forces armées étatsuniennes.        


Par opposition, si la population exigeait l'usage unique de billets, l'indice  X  serait maximal et égal à 1. Et  K  aussi. Les banques ne pourraient prêter que des billets, tous déposés sur des comptes par leurs clients (Z= 0). Elles deviendraient des lieux de dépôt au service intégral du public en échange de modestes émoluments plutôt que sans fin l'exploitation privée actuelle. La contrepartie serait que peu de projets pourraient être financés et éclore. Tant les immenses progrès que les destructions actuelles n'existeraient pas. Une solution d'entre-deux pourrait être définie qui soit décidée par la population, dont l'argent est un bien commun en tant que représentation de ses valeurs de vie en société.

 

Ces connaissances une fois acquises, reste précisément de vouloir agir ensemble en connaissance de cause. Alors là, malgré Alain et Spinoza, « ce n'est pas demain la veille ». A nous de voir...

 

 

dimanche 13 septembre 2020

Sujet du Merc. 19 Sept. 2020 : Quelle spiritualité aujourd’hui ?

 

Quelle spiritualité aujourd’hui ?

C. G Jung a dit un jour que l’être humain naît trois fois. La première correspond à la naissance réelle, physique. La deuxième a lieu avec le développement de l’ego, et la troisième est ce qui désigne la naissance de ce qu’il a appelé la “conscience spirituelle”.

 

Cette conscience spirituelle est une quête de l’Esprit, dont seul l’homme est doté, à l’inverse des animaux qui ne sont pas conscients mais seulement dotés de « sentience ». Ainsi l’Homme est amené à se questionner, à s’interroger sur le sens de sa vie. Y a-t-il quelque chose après la mort ? Y en avait-il avant la naissance ? D’où vient le monde ? Est-ce qu’il existe un Démiurge au Monde … ?

 

Toute une série de questions autour de la Transcendance qui font rentrer la conscience dans une approche métaphysique de la réalité. Cette démarche a un double effet, d’une part elle remet le réel en question mais d’autre part, elle opère un changement sur l’individu qui tend à se transformer, à s’élever et à se transmuter.

 

Cette quête spirituelle a été longtemps noyée dans un cadre religieux, tout comme la philosophie l’a été. Car il se trouve qu'il a existé des éléments de philosophie dans plusieurs pays avant la Grèce, mais ce n'est qu'en cette dernière qu'est née une philosophie autonome, distincte et séparée de la religion.

 

Dans tous les autres pays du monde, il y a bien eu des essais de philosophie, mais soit cette philosophie est contenue dans ce qui s'apparenterait à une religion, soit cette philosophie se veut religion, tel est le cas des religions orientales qui sont en même temps des sagesses philosophiques.
Tandis qu'en Grèce, au contraire, nous avons l'apparition d'une spéculation philosophique autonome et, on constatera, que toutes les questions touchées par les Grecs se retrouvent dans les thèses modernes et contemporaines...

 

Le schisme entre religion et Spiritualité s’est opéré grâce à la Science. Cette dernière a certes provoqué le recul des pensées religieuses mais à aucun moment elle n’a pu initier un déclin de l’esprit spirituel, qui a continué de perdurer en dehors des religions. La littérature latine de l'Antiquité a transmis plusieurs étymologies du mot religion. La plus citée aujourd'hui est religare signifiant « relier ».

Là où la religion a été considérée comme « lien social » qui « Relie » pour constituer un acte collectif, la Spiritualité s’y oppose diamétralement pour s’affirmer comme un acte éminemment Individuel. Au lieu de relier, elle « Délie » !
Elle délie les êtres de tout ce qui n’est pas vrai, de tout ce qui ne participe pas à leur essence, de tous les préjugés reçus et des différentes opinions issues des divers groupes ou sociétés.
C’est pour cela que souvent la spiritualité a créé des séismes dans la religion au point d’être persécutée et annihilée. Combien de mystiques ont été stigmatisés par l’Institution religieuse. Nous citerons l’exemple de Al Hallaj, considéré comme le Christ de l’Islam, assassiné et sacrifié pour ses expériences mystiques et sa compréhension du divin. La spiritualité résumerait donc un état modifié de conscience qui génère un message aux autres, mais propre à la personne, et souvent aux antipodes du dogme religieux.

 

Historiquement c’est grâce à la Science que la tyrannie de la religion s’est vu décroitre.
Un hiatus a alors pris place entre religion et spiritualité et, à la grande surprise la Science tend à converger vers la spiritualité. Grâce aux avancées et aux découvertes de la Mécanique quantique, une révolution est en train de s’opérer qui remet en cause la nature de l’Homme mais surtout de sa Réalité. De plus en plus d’études démontrent que la compréhension du Réel lié à l’Espace-temps dans lequel évolue l’Homme ne peut être complète jusqu’à présent. Il est nécessaire d’admettre l’existence d’une réalité supra-sensorielle, source d’informations qui proviendraient en dehors de l’Espace-Temps, hérité d’Einstein.        
Parmi ce que la Science présente comme arguments, figurent en premier lieu, les informations du Vide, dans son sens cosmique et communément appelé énergie noire et qui reste jusqu’à présent mystérieux et inexpliqué. En second lieu, toutes les découvertes de la Mécanique quantique viennent faire admettre aux scientifiques une compréhension toute autre de l’espace et son lien aux particules élémentaires.

 

L’intrication quantique et ce qu’elle engendre à l’échelle de l’infiniment petit a fait dire à Einstein que Dieu ne joue pas aux dés ! La notion d’espace, lui-même tend à être remise en cause tant il présente des incohérences (spatialement non local, temporellement non local, déformable, troué, pixellisé, en vibrations…) et qu’il perd toute sa cohérence lorsqu’on s’approcherait du plus petit « pixel » qui le constituerait et qui connaît continuellement des fluctuations, connu comme la longueur de Planck (10 puissance -35 m).

 

Les informations présentes à cette échelle considérablement petite présentent un impact considérable à notre échelle macroscopique et donc les informations issues de cette réalité déterminent l’espace perçu par l’Homme. Or il ne le perçoit que par sa conscience, autant dire que l'espace c'est la conscience et que notre réalité extérieure est notre conscience collective. Notre réalité visible, composée de particules de matière et de lumière, est plongée à l’intérieur d’un immense univers d’informations qui est connecté à cette réalité.

 

A échelle humaine, d’aucuns ont déjà expérimenté la manifestation d’«informations » issues de l’extérieur de l’espace-temps. Ces phénomènes peuvent s’apparenter à l’intuition ou encore aux phénomènes de synchronicités (coïncidences chargées de sens), introduites par C. G Jung... Ces phénomènes vont dans le sens où l’Homme est un être spirituel, embarqué dans une réalité matérielle, ayant la faculté d’être réceptif d’une information ou d’une intuition non fabriquée par son cerveau, mais provenant d’un ailleurs, dont il ne maîtrise pas encore l’étendue mais dont il peut développer la faculté d’en capter des informations qui peuvent radicalement changer sa destinée.

 

Ce cheminement nécessite cependant une pratique ayant pour but de mettre l’individu en condition. Plusieurs pratiques héritées des anciens peuvent nous mettre sur cette voie comme la pratique de la méditation, l’introspection en favorisant un retour authentique vers soi, et en permettant au final de se débarrasser de tout conditionnement pour que la personne soit en état de « réceptivité » de toute information non émanent du cerveau comme une idée ou intuition qui va finalement se transformer en intention pour amener quelque chose qui sort de l’ordinaire. Cette intention va alors avoir un pouvoir considérable sur l’avenir puisqu’elle émanerait du « Soi » et il y aurait une répercussion dans le futur qui attend la personne.

 

Le simple fait d’avoir développé cette intention mais surtout d’avoir été en état de la réceptionner va provoquer, au niveau de la réalité sensible de l’être, des synchronicités (hasards extraordinaires) qui vont se manifester pour réaliser l’intention. Cette opération, pour être achevée, nécessite un cheminement spirituel, en se déconditionnant totalement par un lâcher prise, qui passe par le contrôle du foisonnement du mental, et un détachement de tout ce qui a conditionné l’individu dans sa vie de tous les jours.

              

samedi 5 septembre 2020

Sujet du Merc. 09 Sept 2020 : Que doit-on enseigner ?

 

                     Que doit-on enseigner ?

Que doit-on enseigner et quand doit-on enseigner? Les réponses dépendent des aptitudes que l’on prête à l’enfant, et de la destination que l’on souhaite pour l’individu et l’humanité.

 

Emmanuel Kant suggère d’agir sur l’enfant dès le plus jeune âge pour le détourner de ses tendances néfastes, et de lui imposer une discipline. L’instruction, elle, est la partie positive de l’éducation, mais l’homme ne peut la recevoir que d’autres hommes qui l’aient également reçue. Ce ne sont pas les individus, mais l’espèce seule qui peut arriver à destination. L’éducation est donc un art à perfectionner où Il faut substituer la science au mécanisme, sans quoi elle ne sera jamais un effort continu, et une génération pourrait bien renverser ce qu’une autre aurait bâti.

 

Il pense qu’on doit élever les enfants d’après l’idée d’un état à venir de l’humanité. Mais deux obstacles existent: Les parents souhaitent que leurs enfants fassent bien leur chemin dans le monde, et les princes ne considèrent leurs sujets que comme des instruments pour leurs desseins. L’individu doit apprendre à penser, à connaître combien il est difficile de se suffire à soi-même, de supporter les privations et d’acquérir de quoi se rendre indépendant. Il doit aussi apprendre à travailler pour en venir à jouir de ce qui est nécessaire à sa conservation.

 

Pour Kant, l’élève doit d’abord montrer de la soumission et une obéissance passive, ensuite apprendre à faire usage de sa réflexion et de sa liberté, mais à la condition qu’il les soumette à des lois. L’obéissance de l’adolescent est distincte de celle de l’enfant. Elle consiste dans la soumission aux règles du devoir. L’homme doit apprendre à se passer de ce qui lui est refusé. Il ne doit pas estimer sa valeur d’après les autres, sous peine de s’élever au-dessus d’eux, ou bien de les rabaisser. L’enfant doit aussi apprendre à sentir du respect pour Dieu, d’abord comme maître de sa vie et du monde entier, ensuite comme protecteur des hommes, et enfin comme leur juge.

 

Rien n’affaiblit autant l’esprit et le corps de l’homme que le plaisir auquel on se livre sur soi-même, contraire à la nature humaine. Lorsque l’on porte son penchant sur l’autre sexe, au moins rencontre-t-on quelque résistance. Le devoir de l’adolescent est d’attendre de se marier, agissant ainsi, en homme de bien, et en bon citoyen

 

La philosophie de Jean-Jaques Rousseau est au contraire bâtie autour de l'idée que l'Homme est naturellement bon et que la société le corrompt, que les premiers mouvements de la nature sont toujours droits et qu’il n'y a point de perversité originelle dans le cœur humain. Il favorise donc un homme apte à résister à la corruption sociale.

 

D’abord, pour le nouveau-né qui ne parle pas encore, la nature ne doit être contrariée et l'enfant doit découvrir qu'il peut commander par des signes. Puis l’enfant doit multiplier les relations avec le monde, et s’habituer à procéder, à partir des données sensibles, à des déductions. Vers l’adolescence, Rousseau considère comme nécessaire l’apprentissage d’un métier manuel, moyen idéal de socialisation.

 

Les instructions de la nature sont tardives et lentes ; celles des hommes sont presque toujours prématurées. Dans le premier cas, les sens éveillent l'imagination ; dans le second, l'imagination éveille les sens. La puissance du sexe est toujours plus hâtive chez les peuples instruits et policés. Le langage épuré qu'on dicte aux adolescents, les leçons d'honnêteté qu'on leur donne, le voile du mystère qu'on affecte de tendre devant leurs yeux, sont autant d'aiguillons à leur curiosité.

 

Rousseau reprochait à John Locke, de vouloir trop tôt considérer l'enfant comme un être raisonnable et de vouloir utiliser l'éducation pour transformer l'enfant en homme, plutôt que de laisser l'enfant être un enfant, en attendant qu'il grandisse et devienne adulte de manière naturelle. Pour Rousseau, c'est seulement au moment de la puberté que l'éducation doit donner une formation morale et permettre à l'adolescent d'intégrer le monde social à ses yeux corrompus où règnent l'intérêt particulier, l'abus de pouvoir, et le dépérissement de l’État.

 

John Locke prétend que l’enfant est vierge de toutes connaissance, et que l'éducation fait l’individu, s’opposant à Saint Augustin qui base sa conception de l'humanité sur le péché originel, et à René Descartes qui affirme que l'homme connaît de manière innée les bases de la logique. John Locke décrit un esprit vide qui se remplit par l’expérience, tout en admettant des talents naturels que les parents devraient déceler.

 

Mais quelle doivent être les bases de la connaissance? Depuis d'Edgar Morin, la transdisciplinarité dépasse le seul domaine philosophique, en particulier pour la connaissance humaine mêlée aux croyances.

Sujet du Merc. 23 Sept 2020 : ET L'ARGENT DANS TOUT ÇA ?

                                            ET   L'ARGENT   DANS   TOUT   ÇA ?   « Comment ça, l'argent est un objet philosophiq...