lundi 26 octobre 2015

Sujet du Merc. 28/10/2015 : Parole d'expert ?!



                                                           Parole d’expert !?

« L'expert n'est pas simplement celui qui sait, sur un champ délimité de savoir. Son expérience reconnue lui permet d'apporter une réponse argumentée à une demande d'expertise.
Il faut le différencier du savant et aussi du spécialiste.
Une notion nouvelle, dérivée du concept d'expert, apparaît qui est l'« expertise citoyenne », qui peut éventuellement mobiliser une contre-expertise scientifique.
Des chercheurs tentent aussi depuis la fin du XXème siècle de développer et affiner des systèmes experts généralement basés sur des logiciels conçus pour en quelque sorte « imiter » la démarche d'analyse d'experts d'un domaine donné (ex : assistance au diagnostic médical).
Le savant est réputé maîtriser la connaissance d'un domaine donné, et cette connaissance, censée avoir une réalité en soi.
On attend généralement d'un expert plusieurs qualités :
·         Posséder une connaissance qui ne soit pas surpassée par celle du savant.
·         Avoir la capacité du fait de son expérience et d'une intégration de savoirs variés, d'exprimer des jugements pertinents (sagacité).
·         Se révéler apte à communiquer et à participer à des débats ouverts avec des décideurs et des non-experts.
·         Honnêteté, indépendance et compétence.
La neutralité de l'avis de l'expert peut être contrainte par des engagements (signatures de clauses de confidentialité, devoir de réserve), des conflits d'intérêt ou des pressions de la part de certains d'autres de ses employeurs. Pour limiter les risques de ce type, de nombreuses agences internationales ou nationales se voulant "indépendantes", conformément à leurs statuts, demandent maintenant à leurs experts scientifiques de déposer et signer une « déclaration d’intérêt ». De plus chaque expert devra établir une « déclaration spécifique d’intérêt » pour chaque réunion et en relation avec « tout mandat donné ». L'EFSA a prévu un examen des déclarations visant à détecter d'éventuels conflits potentiels d’intérêt et à agir en conséquence. Les intérêts pris en compte sont directs ou indirects : ce sont par exemple les conflits d'intérêt qui pourraient être induits un emploi (actuel ou ancien, dont en sous-traitance), des investissements, tout type d'honoraires, une participation au capital d'une entreprise, une bourse, un parrainage ou n'importe quel type de prestation ainsi que des intérêts découlant des activités professionnelles de l'expert ou de ses proches ou parents proches ; l’appartenance ou l’affiliation à une organisation ou un à organisme ayant des intérêts dans les travaux de l’EFSA. L'expert doit notamment fournir un CV détaillé, ce qui peut poser problème dans le cas d'experts ayant fait des travaux relevant de la confidentialité imposée par contrat, ou relevant de la défense. Cette transparence répond à quelques scandales liés à une expertise partiale, mais aussi au fait que dans certains domaines émergents (certains domaines du génie génétique ou des nanomatériaux par exemple, où il est difficile de trouver des experts qui ne soient pas peu ou prou liés à des entreprises ou à des intérêts privés ou publics). Malheureusement en cette année 2012, l'EFSA est au centre même de la question en matière non seulement concernant l'indépendance de ses membres mais de conflits majeurs concernant des conflits d'intérêts et financements par les industries alimentaires parties à leurs travaux ».
Certains penseurs comme Howard Zinn, pensent que les experts sont un danger pour la démocratie. (Wikipedia)

Langage et parole d’experts dans les cafés-philo :
« Marc Sautet, voulant renouer avec la pratique philosophique à la mode classique antique grecque, et lassé de l'ésotérisme philosophique universitaire confinant la philosophie dans des cénacles d'experts, inventa la formule populaire des cafés philosophiques.
La philosophie contemporaine, jusqu'alors élitiste et hermétique, est enfin redescendue dans la rue sur l'Agora comme elle était appliquée du temps des Grecs.
La philosophie antique classique grecque ne se concoctait pas dans des cercles restreints de rares initiés, mais s'adressait à tous les citoyens de la Polis, de la Cité.
Les dialogues de Platon sont toujours là pour nous rappeler que Socrate n'avait pas d'école et qu'il philosophait sur la place publique avec tout citoyen passant à sa portée, sans distinction de titre nobiliaire, ni de fonction prestigieuse.
De plus, la philosophie classique grecque associait théorie et pratique, l'une n'allant jamais sans l'autre ; d'ailleurs les débats socratiques se nourrissaient de l'expérience pragmatique du quotidien de chacun. (…)
Nous définirons le café philosophique comme une technique de groupe s'étayant sur le langage et la parole pour la recherche de vérités.
Nous distinguerons le langage d'une part et la parole d'autre part.
Le langage est le fonds de tous les signifiants communs à la langue, il est l'instrument, l'outil au service de la parole qui est l'expression subjective individuelle de la pensée singulière.
Le langage est collectif et la parole est individuelle.
En quoi le café philosophique se différencie-t-il de la philosophie universitaire d'expertise sur le plan du langage ?
Tout d'abord le café philosophique échappe en règle générale au jargon des experts, en usant d'une sémantique partagée par la plupart des participants. Nous dirons que le langage des cafés philosophiques est suffisamment riche pour exprimer les idées sans sombrer dans un jargon abscons. Dans un café philosophique, lorsque tel ou tel fait référence à un concept théorique abstrait de tel ou tel grand philosophe, il lui est précisé qu'il convient de le définir dans un langage abordable par tous afin que tous en fassent bon usage. En cela la diversité des cultures personnelles qui caractérise la pluralité des protagonistes d'un café philosophique permet une action pédagogique non négligeable.
Le langage des cafés philosophique associe abstrait et concret, il use souvent de métaphores et de métonymies permettant d'imager les idées abstraites.
Il ne s'émancipe pas toujours des modes médiatiques dont font grand usage les journalistes que lisent les participants des cafés, mais cette vogue des clichés, des termes à la mode est tempérée par une critique que ne manque pas de solliciter les avis contradictoires que suscitent les débats dialectiques.
Les cafés philosophiques sont la mise en œuvre de la dialectique grâce aux points de vue divergents soulevés dans des débats contradictoires.
Le langage des cafés philosophiques est un trésor d'antinomies, d'oppositions dualistes que cherchent à concilier les participants dans des formulations syncrétiques symboliques.
Les cafés philosophiques sont le règne du diabole et du symbole !
Le café philosophique, c'est d'abord l'arène du diabole, c'est-à-dire en grec de ce qui divise, en effet les débats sont le lieu de confrontations des opinions antinomiques qui sont source de conflits intellectuels.

Mais le café philosophique à terme, c'est le culte du symbole, en grec ce qui unit, car l'animateur qui pondère les débats pousse le groupe à trouver des médiations symboliques entre les antinomies.
Quant à la Parole, en tant qu'expression subjective du désir des individus, elle n'est pas en reste. En effet souvent certains participants, tels des médiums des représentations inconscientes collectives du groupe travaillées depuis le début du débat, amènent une parole vraie, authentique, qui vient souvent troubler le ronronnement mécanique du langage conformiste des cafés philosophiques, pour créer des moments féconds où s'exprime l'inconscient collectif du groupe.
Ces paroles vraies authentiques qui ne sont pas rares sont souvent métaphoriques et symboliques. Elles ont pour fonction de lever le voile de Maya des illusions des apparences, pour faire accéder le groupe aux idées fondamentales qui le sortent du dilemme, de l'impasse, de l'aporie.
La Parole vraie est souvent une métaphore vive, qui plus que les concepts théoriques abstraits, féconde le débat qui devenait stérile ».
Extrait d’une réflexion de Fernand Reymond, animateur de cafés-philo, sans être philosophe expert.

lundi 19 octobre 2015

Sujet du MARDI 20 octobre 2o15 : L’ordre est-il nécessaire ?



L’ordre est-il nécessaire ?

D'une manière générale, le mot ordre désigne, en philosophie, la disposition régulière et uniforme des parties d'un tout, des éléments d'un ensemble. Mais il apparaît, si on l'examine de près, susceptible de nuances très diverses.

Dans là nature physique, ou il est le plus apparent, l'ordre n'est que la succession constante des phénomènes liés par la loi de causalité qui s'énonce: les mêmes causes produisent les mêmes effets. Cet ordre est d'autant plus frappant que les phénomènes, étudiés sont plus simples et plus généraux; tels les grands mouvements astronomiques et les lois fondamentales de l'optique, de l'acoustique, de la thermodynamique, etc., que le physicien parvient à réduire à la rigueur de formules mathématiques.
Aussi, sous la variété des apparences, y a-t-il, où réalité, passage du même au même, persistance de l'énergie actuelle, potentielle ou moléculaire. De là la théorie mécaniste de la nature, énoncée par Descartes, transformée par Leibniz et complétée par la physique moderne. Cet ordre, que la matière observe imperturbablement, à tel point. que le hasard et le miracle sont a priori éliminés par toute enquête scientifique, est-elle capable de se le donner à elle-même? Subit-elle passivement une loi imposée du dehors ou évolue-t-elle en vertu d'une nécessité interne ? C'est là un problème que la métaphysique pose sans le résoudre d'une façon décisive.
Au-dessus de l'ordre physique, la vie, soumise d'ailleurs dans la plupart de ses manifestations, aux lois de la matière, ne peut cependant se réduire au pur mécanisme. Elle ne semble pas une pure résultante géométrique, mais le développement d'une énergie interne, spontanée, à la fois régulière et capricieuse, harmonieuse et variée. Cependant là persistance des types et des espèces, admise jusqu'à preuve du contraire, tout au moins pour les vivants supérieurs, est, malgré l'individualité irréductible de chaque vivant, l'expression la plus saisissante de ce nouveau degré de l'ordre naturel.
Enfin, dans les humains mêmes, la loi de nature domine la plus grande part de l'activité intérieure. Par leur sensibilité, par leurs  habitudes, par leurs attaches physiologiques, enfin par leur raison même, les êtres humains sont soumis au double déterminisme physique et logique.
Aussi comprend-on que la plupart des théologiens chrétiens et beaucoup de philosophes, frappés de la résistance ou de l'indifférence de la nature ou même de la raison pure au bien et à la beauté, aient conçu, au-dessus de l'ordre de la nature, l'ordre ou le règne de la grâce, l'ordre de la liberté, l'ordre moral. Dès lors, l'ordre naturel, corrompu par le péché, sera, pour les premiers, un, véritable désordre que la grâce seule peut réparer. Pour les philosophes, les passions, les habitudes, tout ce qui, en l'homme, limite la liberté, seront la matière confuse que la moralité devra ordonner. Les anciens, Platon notamment, ont tous vu dans la loi morale, en principe d'harmonie intérieure faisant de l'âme un véritable kosmos. C'est à la raison, dégagée de la sensibilité, qu'ils remettent le soin de réaliser cette harmonie, et la plupart des modernes donneront à la raison le même rôle organisateur. Le Christianisme, au contraire, attend du seul amour inspiré par le modèle divin la réconciliation de l'humain avec le bien, c.-à-d. avec Dieu. Enfin Kant ne reconnut de valeur morale qu'à là bonne volonté.
Cette idée de l'ordre moral intérieur rejoint tout, naturellement celle de l'ordre « moral » de l'univers. La beauté et l'harmonie de ce monde, où le mal ne serait que l'exception, prouveraient, selon les uns, que l'univers, loin d'être le produit du hasard, serait organisé en vue d'une fin supérieure, par une intelligence souveraine. Suivant d'autres, au contraire, l'imperfection même du monde réel, l'impuissance où se trouve l'homme de réaliser dès cette vie, la « loi morale », seraient un gage d'une vie à venir meilleure, de l'avènement d' une cité ou se rejoindraient, heureuses et parfaites, les volontés bornées.
(Extraits d’Imago Mundi)

                                       SUJETS A VENIR :    
                                        Mercredi 28 Octobre
1033                                 Parole d’expert !?
                                      Mercredi 04 Novembre
1034                      Peut-on désirer sans souffrir ?

lundi 12 octobre 2015

Sujet du Merc. 14/10/2015 : L’histoire est-elle amenée à se répéter ?



Les organisations sociales changent. Les régimes politiques changent, ainsi que les mœurs et les coutumes. Mais l'histoire nous montre toujours les mêmes conflits entre les hommes.
Les régimes politiques changent, pas l'homme. Il y a toujours eu des riches et des pauvres, des hommes que le pouvoir enivre et d'autres qui subissent leur tyrannie. Il y a toujours eu des classes sociales, des favorisés et des opprimés. Les révoltes, les révolutions n'y ont rien changé, même si l'on ne peut guère comparer le régime des pharaons avec la République française née en 1789.
Les mœurs et les coutumes ne changent qu'en apparence. L'esclavage a depuis longtemps été aboli. Cependant au IX ième siècle, la situation de l'ouvrier travaillant dans les manufactures n'était guère plus enviable que celle de l'esclave. Quand aux mœurs elles se modifient au fil du temps. Cela n'empêche guère les hommes de continuer à agir par vanité, égoïsme et intérêt.
 " La vraie philosophie de l'histoire revient à voir que sous tous ces changements infinis, et au milieu de tout ce chaos, on n'a jamais devant soi que le même être, identique et immuable, occupé aujourd'hui des mêmes intrigues qu'hier.  De tout temps, elle doit reconnaître le fond identique de tous ces faits anciens ou modernes survenus en Orient comme en Occident; elle doit découvrir partout la même humanité, en dépit de la diversité des circonstances des coutumes et des mœurs. Cet élément identique et qui persiste à travers tous les changements, est fourni par les qualités premières du cœur et de l'esprit humain: beaucoup de mauvaises et peu de bonnes. La devise générale de l'histoire devrait être: les mêmes choses mais d'une autre manière" Arthur Schopenhauer, le Mode comme volonté et comme représentation

Peut-on trouver un fond commun à toute l'histoire humaine? Une telle compréhension de l'histoire n'est elle pas trop générale, superficielle ? Ne faut il pas trouver des principes de compréhension pour chaque époque ou pour chaque grande aire géographique? (Orient/ Occident) Les passions humaines peuvent elles fournir un principe d’intelligibilité de l'histoire? 
La nature humaine n'a pas d'histoire. Les guerres ne se ressemblent pas, parce que les techniques évoluent. L'arc est remplacé par le fusil, le fusil par la bombe. Malgré tout, il s'agit d'une même guerre de l'homme contre l'homme. Si elle n'est plus militaire, elle sera économique, comme c'est le cas actuellement. Les hommes, au travers de l'histoire ont toujours désiré conquérir, dominer, imposer aux autres leurs valeurs. C'est en ce sens que l'histoire se répète, parce que la nature humaine reste identique à elle même. Les conceptions antiques du temps font de l'histoire la répétition d'événements identiques : le temps est cyclique comme le suggèrent les thèmes de la grande année et de l'éternel retour chez les stoïciens voire même chez Nietzsche.Tout est fatal et toute éternité est appelée à se reproduire.
"Que dirais tu un jour, si une nuit, un démon se glissant jusque dans ta solitude la plus reculée te dise: " cette vie, telle que tu la vis maintenant et que tu l'as vécue, tu devras la vivre encore une fois et d'innombrables fois; et il n'y aura rien de nouveau en elle si ce n'est que chaque douleur et chaque plaisir, chaque pensée et chaque gémissement et tout ce qu'il y a d'indiciblement petit et grand dans ta vie devront revenir pour toi et le tout dans le même ordre et la même succession- cette araignée là également, et ce clair de lune entre les arbres, et cet instant ci et moi même. L'éternel sablier de l'existence ne cesse d'être renversé à nouveau et toi avec lui ô grain de poussière de la poussière!
Ne te jetterai tu pas sur le sol, grinçant des dents et maudissant un démon qui te parle de la sorte? Ou bien te serait t'il arrivé de vivre un instant formidable où tu aurais pu lui répondre" tu es un Dieu et jamais je n'entendis choses plus divines" Si cette pensée exerçait sur toi son empire, elle te transformerait faisant de toi un autre, te broyant peut être: la question posée à propos de tout et de chaque chose " voudrait tu ceci encore une fois et d'innombrables fois? " pèserait comme le poids de plus lourd sur ton agir! Ou bien ne te faudrait t'il pas témoigner de bienveillance envers toi même, et la vie pour ne désirer plus rien de cette dernière, éternelle confirmation, éternelle sanction? "

L'homme contrairement à l'animal est un être en devenir. Parce qu'il est libre, qu'il n'est plus soumis à l'instinct, ses choix constituent son histoire. Ils sont différents à chaque époque et ne se répètent jamais. L'homme décide de l'homme. il est vain de vouloir reconquérir le passé. La religion des grecs, comme leur langue est définitivement morte. Dès lors que l'on cesse de croire au père noel, il devient impossible de retrouver par la suite cette croyance. Ainsi va la marche de l'histoire. A une période définitivement aboli succède une autre entièrement nouvelle. L'homme est entièrement responsable de son destin selon Sartre. Ce sont ces décisions qui constituent la trame de son histoire. Si l'animal n'a pas d'histoire, c'est qu'il est soumis à l'instinct. Il en va différemment pour l'homme. Face aux circonstances il a la possibilité d'agir d'une telle manière plutôt que d'une autre. Or, les circonstances historiques ne sont jamais les mêmes. 
Hegel et Marx ont pensé que l'histoire tend à un but. Elle réalise d'époque en époque le destin de l'esprit de l'homme. Ce destin doit conduire à une sorte d'harmonie entre les hommes, la société et le monde qui les entoure. En ce sens elle constitue un progrès. Si progrès il y a on peut donc ne pas penser que l'histoire se répète.

Pour Hegel , l'histoire humaine est un processus rationnel dont il est possible de donner une vision systématique. Ainsi chaque peuple exprime une étape du déploiement de l'esprit du monde dans un vaste mouvement qui va de l'Est (Babylone, la Grèce antique) à l'Ouest ( l'Europe moderne) Ce processus est dialectique: de la rencontre et de la confrontation entre les cultures qui dépassent les oppositions de l'époque précédente. C'est un processus téléologique (c'est à dire orienté vers un but) qui mène selon Hegel , à la prise de conscience de soi de l'esprit du monde. Le travail de l'historien philosophe c'est donc, pour hegel la saisie des processus rationnels à l'oeuvre dans l'histoire de l'humanité, en insérant tous les événements dans un processus censé être nécessaire et ordonné par une fin prédéterminée.

vendredi 2 octobre 2015

Sujet du Merc. 07/10/2015 : "On avale à pleine gorgée un mensonge qui nous flatte et on boit goutte à goutte une vérité qui nous est amère". Diderot



"On avale à pleine gorgée un mensonge qui nous flatte et on boit goutte à goutte une vérité
qui nous est amère".   Diderot

On a tous cette tendance à assouvir notre soif de la vérité. On tente inconsciemment de déchiffrer les mystères que la vie cache, et d'écarter le voile sur les faits afin de mieux comprendre.

On idolâtre la vérité et on répugne le mensonge par nature, puisque c'est "pas bien" , c'est nuisible, indésirable ... On a beau se convaincre de l'inutilité d'un éventuel mensonge, on en commet tout le temps . Qu'il soit engendré par la haine, l'égoïsme, l'affection, la politesse, la peur la colère ou l'orgueil, ça reste un mensonge. On se dit : mieux que la vérité n'existe pas et pourtant, dans la plupart des cas ,quand cette vérité se dévoile on regrette l'avoir cherchée ... on la trouve beaucoup plus amère que ce que l'on a imaginé et par conséquent on a du mal à la digérer .

Le dilemme est redoutable, on tombe dans l'embarras du choix si la vérité aussi bien que le mensonge sont susceptibles d'affecter négativement la vie de l'individu . On déguste le mensonge au présent, on le croit , parce qu'il plait , ça nous satisfait .
A un instant postérieur, lorsqu'on se confronte à la vérité, on est complètement déçu, on se retrouve choqué, blessé , incapable de se relever ... On ramasse péniblement les débris éparpillés sur notre chemin . C'est qu'on y a tellement cru !

A ce beau mensonge qu'on a si bien construit, mais qui finit par se révéler de toute façon . Parfois on se ment nous même et on se croit. On s'y accroche , on se convainc .
On trouve l'échappatoire dans la toile mensongère que l'on a tissé. Elle se consolide de jour en jour, a tel point qu'on n'admet plus ce qui contredit nos attentes et espérances, la vie devient alors une fiction, un monde virtuel hypocrite. On ferme exprès les yeux sur la vérité , on la contourne de mille façons parce qu'elle déplait et on recourt à l'unique exutoire qui est de se mentir pour continuer à sourire .

Sans doute, mentir devient parfois un besoin Vital. Tout repose sur sa perfection. Il doit être vraiment bien formulé pour l'avaler sans avoir trop de remords notamment si l'interlocuteur est perspicace.

Quand on parvient à convaincre et à faire croire aux autres ses mensonges, on se voit en position de force, on ressent une satisfaction énorme et on déguste avec un malin plaisir la naïveté et la confiance de l’autre.

Ce qui est évident c'est que ces sensations disparaissent après, et la conscience revient et condamne l'âme au regret. On observe les répercussions de ses paroles fallacieuses et on se tait.

Si la conscience ne réagit pas, ce qui est moins évident, mais aussi très fréquent, on n'interviendra jamais pour fixer les choses et on n'assumera jamais les conséquences.

On s'en fout tant que ça nous arrange et peu importe si ça nuit aux autres ! Mentir devient un art, il est même de toutes les couleurs, toutes les nuances, allant du blanc jusqu'au noir !

Sans vous mentir, par expérience je préfère mille fois un sublime mensonge à une vérité bouleversante.

                              Sujets à venir :

                                      MERCREDI 14 Octobre

1031                   L’histoire est-elle amenée à se répéter ?

                            ATTENTION à   Mardi 20 Octobre

1032                       L’ordre est-il nécessaire ?

          Tous les sujets sont ici    :       http://philopiste.blogspot.fr


Sujet du 27/06/2018 : Va-t-on nier être des algorithmes ?

Va-t-on nier être des algorithmes ? Le sort en est jeté. Le Rubicon est franchi. Le monde, dont les hommes font nécessairement partie...