samedi 24 juin 2017

Sujet du 28/06/2017 : L’intelligence artificielle (IA), la robotisation à tout crin, sont-elles l’avenir de l’Homme ?



L’intelligence artificielle (IA), la robotisation à tout crin,
sont-elles l’avenir de l’Homme ?

Apparue dans les années 1950, l 'IA permet d'utiliser plus intelligemment un ordinateur en facilitant la communication entre l'homme et la machine et en exploitant au mieux la puissance de traitement. Des applications sont opérationnelles dans de nombreux domaines. L'IA contribue par ailleurs à une meilleure compréhension des processus perceptifs et cognitifs de l'homme, notamment grâce une collaboration pluridisciplinaire. Des spécialistes travaillent et progressent. Quel sens attribuer à leurs succès, à leurs échecs ? Entre la foi aveugle et le rejet passionné, il doit y avoir place pour une réflexion lucide et informée.
Des questions se posent. L'intelligence humaine sera-t-elle une frontière que les ordinateurs ne franchiront pas ? L'informatique et l'IA alimentent le problème classique des rapports de la pensée et du cerveau. A tout processus mental correspond un processus cérébral qui peut donner lieu à description et il y a interaction entre les recherches sur la dynamique du cerveau et les recherches sur la modélisation des processus. Mais le modèle est séparé de toute conscience alors que le cerveau est associé à des processus conscients.
Mettant le corps moderne en perspective, David Le Breton (L’adieu au corps) montre que dans le discours scientifique contemporain, le corps est pensé comme une matière indifférente, simple support de la personne, à tel point qu'il devient un objet à disposition sur lequel agir afin de l'améliorer, une matière première où se dilue l'identité personnelle et non plus une racine identitaire de l'homme. La techno-science sert à rectifier cette matière première qu'il faut agencer autrement. Pour certains, le corps n'est plus à la hauteur des capacités requises à l'ère de l'information et qu'il convient de s'en débarrasser en se forgeant un corps bionique auquel on grefferait une disquette contenant l'esprit.
Jusqu'où iront les ordinateurs ? Supplanteront-ils l'homme en tous points, et non plus seulement dans certains domaines bien spécialisés ? Verrons-nous des machines pensantes - et que feront-elles au juste ?
L'informatique et les réseaux de communication, en permettant à chaque utilisateur d'organiser textes, sons, images ou logiciels en hypertextes ou hyperliens divers et fluctuants suscitent des technologies de l'intelligence aussi radicalement nouvelles que le furent, en leur temps, celles liées à l'écriture. Comment fonctionnent ces réseaux qui organisent et redistribuent sans cesse l'information? Comment, surtout, ces technologies intellectuelles modifient-elles nos modes de pensée ? Quel fossé peuvent-ils générer entre les générations ?
Les robots tuent-ils nos jobs? Dans un accès d'enthousiasme résolument schumpeterien, les partisans de cette troisième révolution industrielle affirment qu'elle générera autant d'emplois qu'elle en supprimera. Non, objectent les détracteurs. Certains observent des effets négatifs et sérieux sur l’emploi par l’arrivée massive des robots. Les robots créent des postes, pour leur propre entretien, leur gestion opérationnelle et même la gestion financière de l'investissement. Mais le gain de productivité se trouve malgré tout essentiellement logé dans la suppression de main-d'oeuvre.  Les robots sont entrés dans une phase de développement très rapide, et les usines s'équipent bien plus vite que les ouvriers ne passeront de diplômes, ce qui inquiète les chercheurs pour les années à venir. Quel avenir professionnel pour l’Homme ?
Un robot humanoïde coûte en moyenne 60 000 dollars ; il ne réclame ni salaire, ni vacances, ni RTT, ni réforme du Code du travail, ni droit de grève. Autant dire que l'investissement est vite amorti. L'apparition de robots participe à la baisse des salaires. Popularisée à partir des années 1960, au départ pour des tâches simples de manutention, la robotique entrent depuis quelques années dans une phase exponentielle de développement, à la fois quantitative avec une généralisation dans l'industrie, et qualitative avec de plus en plus de métiers robotisés (finance, agriculture, transports, médecine...). Les robots ne mangent pas, ne dorment pas, ne prennent ni vacances ni congés-maladie, ils ne se syndiquent pas, ne font pas grève et leurs domaines de compétence semblent illimités. Quelle sera la valeur travail? En 2017, la Chine devrait compter un robot pour 3000 habitants. L'automatisation, véritable rouleau compresseur du marché du travail, détruira-elle à terme des millions de postes, notamment ceux dévolus aux populations peu qualifiées: en tête, les immigrés et les chômeurs de longue durée ?
Le genre humain sera-t-il frappé de désintégration sociale et d'avachissement intellectuel, lobotomisé par l'assistanat, privé de son esprit d'initiative, bionisé par des imprimantes 3D déjà capables de dupliquer ses vertèbres? Toujours plus proche de l'immortalité mais dépouillé de son instinct de survie?      

Pour la première fois en France, un robot humanoïde est entré dans une maison de retraite. Que cela révèle-t-il de notre société et sur les rapports humains au sein de celle-ci?
Il faut distinguer des robots-machines des robots «humanoïdes». Tous les robots sont des machines. Certains d'entre eux veulent se faire passer pour des membres élargis de la famille humaine. Faut-il s'inquiéter de cette prétention «humanoïde» d'une machine qui, dit le constructeur, est aussi «un robot émotionnel»? Les frontières sont vitales. Et ce risque de confusion, de porosité des séparations entre les hommes et les machines, de défaut de distinction pourraient à terme se retourner contre les hommes qui, par définition, sont faibles, fragiles, dirigés plus par les émotions que par l'intelligence, se fatiguent vite, ont des syndicats, veulent un salaire. Le risque n'est-il pas à terme de voir les robots remplacer le personnel soignant?
Le risque de substitution de l'homme par les robots est aujourd'hui exacerbé par les progrès exponentiels de la robotique et des NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, informatique et cognatique).
L’homme est devenu cobaye de sa propre production. Dans la course au progrès qui se joue désormais à l'échelle planétaire, aucune règle du jeu n'a été fixée. Irrémédiablement appelé à se techniciser de l'intérieur, l'homme manipule sa condition et se soumet à la plus attrayante des tentations, celui d'être le plus puissant des puissants grâce à la machine. Les pauvres, les faibles, les malades sont par avance exclus de cette nouvelle ère.    

Le progrès scientifique ne peut pas s’arrêter ; la pression des marchés ne cèdera pas non plus. Il n’y a pas de barrières ou de frontières qui ne seront franchies. Pour le meilleur et pour le pire. Par ailleurs, de nouveaux paradigmes se font jours, et il est nécessaire de les prendre en comptes pour appréhender l’état de santé d’une personne qui n’est pas une marchandise. 
La biotechnologie utilise des systèmes biologiques, des organismes vivants ou leurs dérivés pour fabriquer ou modifier des produits ou des procédés. Les biotechnologies nouvelles franchissent les barrières naturelles de la physiologie et la création artificielle d’organismes vivants ou de leurs dérivés. Par ailleurs, leur fabrication implique l'utilisation constante de nombreuses substances chimiques, solvants, réactifs, colorants, … qui peuvent parfois être utilisées à de très fortes concentrations et qui sont de nature à mettre en danger la santé et la sécurité des opérateurs qui les manipulent.
Les transhumanistes pensent qu’avec les sciences et les techniques on peut améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains.  

L’IA et ces productions seront-elles plus dangereuses que les armes ? la machine doit-elle supplanter l’Homme et sonner la fin de l’humanité ? Fantasme ou réalité ? Les robots auront-ils des émotions, des sentiments ? Jusqu’où irons-nous ? Après l’homme augmenté, doit-on laisser la place au post humain ? Et qui tirera les ficelles de ces marionnettes réinventées ? Quels dangers pour la vie sur notre planète ?


dimanche 18 juin 2017

Sujet MARDI 20 Juin 2017 : Lutte des classes, mythe ou réalité ?



CE CAFÉ PHILO AURA LIEU EXCEPTIONNELLEMENT LE MARDI, car le 21/06 fête de la musique ...

Lutte des classes, mythe ou réalité ?

La lutte des classes est au départ un concept créé par Charles Conte et Charles Dunoyer, des auteurs libéraux qui vont chercher à démontrer que sous un ordre féodal  la société est bien organisée en deux classes sociales qui s’affrontent. Essentiellement les paysans qui produisent des richesses et les nobles, qui de manière arbitraire, vont imposer une spoliation par une rente sur cette création de richesse.

Sur cette constatation, nous sommes bien  sur un principe décidé par le pouvoir en place à la fois de manière autoritaire et délibérée.

Bien évidemment, Karl Marx  va récupérer le concept  en démontrant que dans le capitalisme, ce sont les bourgeois qui deviennent la classe dominante pour donner la définition contemporaine  de la lutte des classes.  C’est même la base de sa théorie.
Mais l’analyse  ne serait pas complète si on n’insiste pas sur le terme de « lutte ». Ce mot au sens  propre, désigne une action violente. Même  si personne ne l’envisage comme une violence physique dans le concept qui nous intéresse, c’est bien une action volontaire qui est mise en évidence dans cette critique du capitalisme. On affirme là qu’il y a une action consciemment décidée. L’économie de marché serait donc un vaste système d’exploitation et tous les pouvoirs ne feraient que le défendre.  

En 2017 on pourrait penser que la critique s’est assagie mais la confusion est encore très importante. Pour simplifier la question on peut la formuler de la manière suivante : Est-ce que l’économie de marché, c’est : prendre l’argent des pauvres pour le donner aux riches ?

Malheureusement ce débat ne s’est jamais  résolu, ni même apaisé, non pas uniquement dans l’extrême gauche mais dans toute la pensée politique.

C’est ainsi que jusqu’en 1990 tous les intellectuels vont accepter ou alimenter cette hypothèse de la lutte des classes. Des gens comme Pierre Bourdieu vont sophistiquer l’argument avec son concept de « violence de classe ».En 2016 Monique Pinçon Charlot sociologue Bourdieusienne assume totalement le même principe. Dans un travail sur les paradis fiscaux, elle remarque que c’est pendant un G20 (élargissement du G8  en G20 en 2007 sous Sarkosy ) que les pays riches ont établi une liste des pays désignés comme des paradis fiscaux. Donc elle conclue, sans rigoler que c’est bien la preuve que les pays riches ont créé les paradis fiscaux. 

Pourtant le seul intellectuel qui va argumenté rationnellement la lutte des classes  est bien évidement  Karl Marx, grâce à ses théories sur la valeur travail et sur l’analyse du salaire qu’il considère comme un vol, d’où il déduit une paupérisation de la classe ouvrière. En gros Marx lui-même critique le système et non le pouvoir.

La critique globale de la « loi du marché » repose bien en réalité sur une dialectique de la lutte des classes et donc une question assez simple non résolue.

dimanche 11 juin 2017

Sujet du Merc. 14/06/2017 : CONVAINCRE OU COMPRENDRE (?)



                                          CONVAINCRE OU COMPRENDRE (?) 


   Problématiques possibles

- Qu'est-ce qui peut faire que dans certaines situations, nous cherchons plus à convaincre qu'à comprendre l'autre ?
- Qu'est-ce qui peut faire qu'une discussion (où chacun donne son avis, échange sans nécessairement chercher à convaincre) se transforme en débat (où chaque partie ne cherche que la "capitulation" de l'autre) ?

Difficultés
 - Comme nous en avons effleuré le sujet lors de l'avant-dernière rencontre, l'idée de se comprendre totalement grâce à la langue peut être illusoire* (et je reprendrai cette citation aux multiples paternités – Bernard WERBER, L'encyclopédie du savoir relatif et absolu pour ma part :)

"Entre
Ce que je pense
Ce que je veux dire
Ce que je crois dire
Ce que je dis

Ce que vous avez envie d'entendre
Ce que vous croyez entendre
Ce que vous entendez
Ce que vous avez envie de comprendre

Ce que vous croyez comprendre
Ce que vous comprenez
Il y a dix possibilités qu'on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même..."

* D'abord, l'idée en elle-même que ce serait possible ? ; ensuite, l' "impression" ou la "certitude" d'avoir compris la personne en face... et qui peut être erronée.

           
-  Sur le long terme, il peut y avoir une sensation de perte de temps :
Expliquer à une personne novice dans un domaine, une notion avancée de celui-ci peut être très long, puisque cela nécessite d'avoir connaissance de notions intermédiaires essentielles – qu'il va donc falloir expliquer ; qui amène d'autres notions essentielles à expliquer, etc.

= On n'explique pas en 1 ou 2H, une chose qui met des années de pratique / théorie à être cernée.
(Le contexte ; l'image mentale ("mind map"), peuvent se rapporter à ça.)  [Contre-exemple (mais risques – inexactitude, simplifications extrêmes, etc.) de la vulgarisation]

- Du point de vue inverse : il est compliqué (probablement impossible) d'être renseigné sur tous les sujets ;
- Y a-t-il alors malgré tout quelque légitimité de parler de ceux méconnus ?
- Dans quel(s) but(s) ? (Mise en opposition des idées de biens commun/personnel ; ...)

- Beaucoup d'entre nous ("génération Internet" peut-être plus ?) ont du mal à prendre le temps – d'apprendre, se renseigner, etc. : besoin d'immédiateté (réponses, plaisir –
cf facilités des jeux vidéos/films aujourd'hui – , ...)
- (// ou =) Progrès, rapidité de "la société"


  Que peut-on y gagner ?

Comprendre- les uns vis-à-vis des autres ;
Mais aussi nous-mêmes, (à travers) nos propres (ré)actions, émotions.
-  S'enrichir de ce qu'on peut réellement comprendre ; ne pas s'arrêter à des idées reçues, préjugés...
- Essayer de comprendre/connaître nos avis, décisions, en les confrontant aux autres ;
Les/nous faire évoluer.


  Let's debate! (?...)

Sujet du Merc. 18/07/2018 : Quel besoin avons-nous de chercher la vérité ? (Bac 2018)

     Quel besoin avons-nous de chercher la vérité ? (Bac 2018) On aurait presque envie de considérer la question comme une invitation...