vendredi 21 septembre 2018

Sujet du Merc. 26 sept 2018 : « …..La religion c’est l’opium du peuple … » K. Marx


       « …..La religion c’est l’opium du peuple … »  K. Marx    

Le titre de ce philopiste emprunte ses mots à un texte de K. Marx écrit en 1843. La plupart du temps ceux qui usent de cette citation se gardent bien  d’en fournir le contexte. Au-delà du simple mot « religion » Marx entreprend de « remettre la philosophie » sur ses pieds, là où jusqu’à Hegel elle « marchait sur la tête ». En effet, pour Hegel, si la pratique est mise particulièrement en valeur dans le cadre du devenir de la pensée, elle reste en quelque sorte engluée dans la théorie rationnelle à la dynamique de laquelle elle sert d’auxiliaire; elle reste une pratique de théorie, vue au point de vue de la théorie. Avant Marx, des penseurs post hégéliens avaient ouverts la voie : Cieskowski – 1838, écrira : « La philosophie ne peut plus simplement œuvrer pour la pensée intellectuelle…. La philosophie, à l’avenir, doit consentir à être essentiellement appliquée, et, de même que la poésie de l’art est passée dans la prose de la pensée, la philosophie doit descendre des hauteurs de la théorie jusque dans le champ de la praxis. Etre la philosophie pratique, ou plus exactement la philosophie de la praxis, avec une influence la plus concrète possible sur la vie et sur les rapports sociaux, être le développement de la vérité dans l’activité concrète, tel est le sort futur de la philosophie en général.”.

Revenons-en, à présent, au texte de Marx :
« Voici le fondement de la critique irréligieuse : c'est l'homme qui fait la religion et non la religion qui fait l'homme. A la vérité, la religion  est la conscience de soi et le sentiment de soi de l'homme qui, ou bien ne s'est pas encore conquis, ou bien s'est déjà de nouveau perdu.          
Mais l'homme, ce n'est pas un être abstrait recroquevillé hors du monde. L'homme c'est le monde de l'homme, c'est l'Etat, c'est la société. Cet Etat, cette société produisent la religion, une conscience renversée du monde parce qu'ils sont eux-mêmes un monde renversé.     
La religion est la théorie générale de ce monde, son compendium encyclopédique, sa logique sous une forme populaire, son point d'honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son complément cérémoniel, son universel motif de consolation et de justification. Elle est la réalisation chimérique de l'essence humaine, parce que l'essence humaine ne possède pas de réalité véritable. Lutter contre la religion, c'est donc, indirectement  lutter contre ce monde-là, dont la religion est l'arôme spirituel.
   La misère religieuse est tout à la fois l'expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée, l'âme d'un monde sans cœur, de même qu'elle est l'esprit d'un état de choses où il n'est point d'esprit. Elle est l'opium du peuple.
    Nier la religion, ce bonheur illusoire du peuple, c'est exiger son bonheur réel. Exiger qu'il abandonne toute illusion sur son état, c'est exiger qu'il renonce à un état qui a besoin d'illusions. La critique de la religion contient en germe la critique de la vallée de larmes dont la religion est l'auréole. [...] La critique du ciel se transforme ainsi en critique de la terre, la critique de la religion en critique du droit, la critique de la théologie en critique de la politique. »  K. MARX, Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel (1843).

Examinons plus en avant la construction de la pensée de Marx sur la voie d’une philosophie de la praxis (praxis ; unité théorie/pratique).      

D’où critiquer ? : Marx pose le principe méthodologique de sa "critique"  de la religion. Critiquer c'est par définition examiner la valeur d'un discours, d'une théorie, d'une action. Marx se propose d'examiner la valeur et par voie de conséquence  la fonction de la religion. Ici cette critique se définit d'emblée comme "irréligieuse" c'est-à-dire dénuée de tout esprit religieux. La critique ne se placera donc pas sur le terrain de la religion, elle sera extérieure à la religion, elle sera philosophique. En effet pour Marx la critique est l'essence même de la démarche philosophique. 

La méthode est dialectique :  Au-delà de la mise en pratique de la dialectique matérialiste : « La misère religieuse est tout à la fois l'expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle », qui met en évidence l’unité des contraires dans une réalité apparemment unique « la misère religieuse », c’est à une véritable anthropologie nouvelle à laquelle Marx se frotte.    

Une anthropologie matérialiste : Pour Marx l’homme qui serait une subjectivité pure n'existe pas dans la réalité, il n'est qu'une abstraction, une pure construction de l'esprit dénuée de tout fondement dans le réel. L'homme est d'abord un être vivant, soumis à ses passions et ses besoins, devant trouver dans la société de quoi satisfaire ses besoins. Le genre humain ou l'être générique de l'homme désigne tous ces besoins et les moyens immatériels, matériels, institutionnels, qu'il met en œuvre pour leur satisfaction, dans le cadre de la vie en commun. Les hommes ne furent, ni ne sont des « Robinson » !    
Fonction d’une idéologie : Mais il serait faux de penser que s’il y a des hommes qui croient
, qui pensent religieusement, c’est parce que la forme de leur conscience les induit en erreur. Ce serait commettre la même faute que Hegel et tous ses prédécesseurs depuis Platon, mettre « le monde des idées » au-dessus des hommes. Déchirant le voile de l’illusion Marx montre comment le monde religieux, l’idéologie religieuse fonctionne pour donner à croire à la grande masse que sa situation de détresse se résoudra dans un « autre monde ».

La religion est donc une représentation collective du monde  que nous intériorisons individuellement. Elle est "la théorie générale....sa logique sous une forme populaire". Elle a pour fonction d'expliquer et de donner du sens au monde dans lequel nous vivons. Elle s'adresse plus spécifiquement au peuple qui subit davantage l'exploitation, l'injustice sociale et les malheurs qui vont avec, que les puissants (la bourgeoisie à l’époque de Marx). Elle est "son point d'honneur spiritualiste", c'est-à-dire qu'elle est chargée de donner une apparence de spiritualité à un monde mercantile qui transforme les hommes en choses, en force productive. Mais elle est aussi là pour que rien ne change, pour obtenir le consentement de la population. Son discours exalte ce monde, le valorise ("son enthousiasme"). En effet la religion chrétienne sanctifie la souffrance qui est la sanction que doit payer le genre humain pour la faute originelle d'Adam et Eve. Elle est "son complément cérémoniel". Par les rituels et les cérémonies collectives qu'elle organise elle a une fonction de cohésion sociale (en latin religare signifie relier). La religion est donc ce mensonge qui nous permet de supporter le monde dans lequel nous vivons ("son universel motif de consolation et de justification") sinon notre réalité serait impossible à accepter.  
De la critique du ciel à la critique sur la terre –  La Praxis :
 La religion usurpe ce qu'elle n'est pas et ce vers quoi l'homme aspire. Elle contient en elle-même les germes de son propre anéantissement. Si la religion est le produit de la misère générée par un monde "sans cœur" et "sans esprit", elle est aussi l'aspiration des hommes à la solidarité, à la dignité et à la maîtrise du sens de leur existence dont ils sont pour l'instant dépossédés  (Point de vue dialectique : unité des contraires). Après avoir critiqué la religion en tant qu’idéologie il convient de passer à la praxis. Si la religion produit des illusions, elle a cependant une réalité qui s'incarne dans des institutions qu'il faut alors supprimer ou dont il faut amoindrir le pouvoir. En France ce sera la loi de 1905 sur la laïcité.
La critique de la religion est le premier pas vers la critique de la réalité dans laquelle nous vivons, une réalité déterminée par le processus de production matérielle du monde dans lequel nous vivons et que la religion sanctifie. Cette critique de la réalité matérielle donnera chez Marx toute la structure de la critique de l'économie politique qu’il développera dans ses œuvres plus tardives. 

La critique de l’idéologie dominante - dont la religion n’est désormais qu’un des aspects - ne peut que nous conduire à une critique radicale (littéralement : à la racine) des fondements matériels, institutionnels, économiques, juridiques et politiques de nos sociétés, dont d’aucuns nous disent qu’elles marquent « la fin de l’histoire », encore une idée chère à Hegel ! Nous conduire aussi à la révélation de notre aliénation.      

« Comment persuade-t-on ? Qui veut-on persuader ? Pourquoi, au nom de quels intérêts persuade-t-on ? Qui sont les maîtres des perceptions ? D’où viennent passivité, crédulité, respects des jugements persuadés ?...Comme ils confondent la vérité avec ce qui est tenu pour vrai, nombreux sont ceux qui confondent la liberté avec le confort dans l’esclavage. Mais les hommes n’oublieront pas éternellement leur indigence, leur douleur et leur humiliation. Ils ne seront pas indéfiniment dupés par les grands appareils d’illusion, les décors artificiels à l’abri desquels les puissants maintiennent leur impitoyable pouvoir ».
(P. Nizan – Les chiens de garde)

dimanche 16 septembre 2018

Sujet du Merc. 19 sept. 2018 : L’immigration est-elle un problème philosophique ?


L’immigration est-elle un problème philosophique ?
Cette question peut paraitre saugrenue mais le traitement ou l’approche de l’immigration est pourtant traitée dans nos média et par nos politiques uniquement d’un point de vue moral et donc pourquoi la politique est-elle si embarrassée avec ce problème dont on ne voit pas l’issue.

Très souvent la question a été posée à des économistes, à savoir :
L’immigration est-elle favorable au développement économique dans le pays d’accueil ?
Et toutes ces études vont dans le même sens : en répondant oui cela participe à la croissance économique et au développement. Ces recherches vont fouiller dans l’histoire récente des pays développés pour trouver des exemples de réussite particulièrement significative. Avec bien évidement les Etats Unis qui a construit son histoire grâce à l’immigration. Le chiffre qui parle pour ce pays sera le suivant : 1860 :30 millions d’Américains à peu près comme la France, 2018 : 325 millions d’habitants. Mais peut-on pour cela établir une règle ou une loi économique pour cela, ce n’est pas certain.
  Or en réalité dans les théories il n’existe rien, les plus grands penseurs de la discipline n’ont pas abordé le sujet. Ni chez Schumpeter, ni Keynes, ni Hayek, ni Adam Smith et certainement pas Marx. Car lui avait un argument pas vraiment « politiquement correct » sur un sujet assez proche. Je pense à sa théorie de « l’armée de réserve ». En fait comme chacun sait Karl Marx ne pensait pas que le capitalisme pouvait réduire la pauvreté. Il pensait que le capitaliste apportait juste un salaire minimum pour survivre, plus exactement le nécessaire pour reproduire la force de travail. Dans l’extrême limite si le capitaliste était contraint d’augmenter les salaires, il pouvait toujours aller chercher une nouvelle main d’œuvre dans des populations dans la misère, qui accepteraient toujours de travailler pour des salaires très faible.
Il est assez courant d’entendre que la France au XX° siècle a eu une longue tradition d’immigration. Ce n’est pas forcément aussi évident que cela en à l’air, en tous cas cela n’a aucun rapport avec les Etats Unis. Mais surtout à partir des années soixante nous ne sommes plus devant un phénomène spontané d’immigration.  En effet La France était au pleine emploi, le chômage était insignifiant on manquait carrément de main d’œuvre. Et on a été cherché du personnel en Algérie pour combler ce déficit dans les usines. Citroën avait des autocars qui ramenaient ce personnel mal payé avec des problèmes de logements  qui se sont manifesté immédiatement. Pour pallier au bidonville on va créer les premiers foyers SONACOTRA.
Mais la loi sur ce sujet va fondamentalement changer en 1974 sous Giscard qui va amener la grosse réforme de la régulation que l’on a toujours en vigueur aujourd’hui. A partir de cette loi l’immigration est régulée et donc autorisée uniquement dans le cadre du regroupement familial et des réfugiés politiques. 
Mais voilà l’approche philosophique peut quand même nous aider, car quand les politiques nous parlent de devoir moral, l’hypocrisie n’est jamais très loin, voire même l’escroquerie intellectuelle.
Par ex. : Macron en 2018 reproche à l’Italie une attitude cynique et irresponsable, alors que depuis 2014 ils ont hébergés 700 000 réfugiés Syriens.
Les seuls Pays cohérents entre leurs discours généreux, humanistes, du « vivre ensemble » et leurs politiques sont la Suède  et l’Allemagne.  
 
Nos élites qui peuvent même parler de pays lépreux, pour désigner ceux qui refusent dorénavant  d’accueillir les réfugiés désignent en général, Hongrie, Roumanie, Slovaquie, Tchéquie, Pologne et maintenant l’Italie.
 Mais bizarrement ils oublient toujours, l’Arabie Saoudite, Le Katar, et les pays du Golfe,  la Lituanie, l’Estonie, la Lettonie et le dernier le Danemark l’un des pays les plus riche d’Europe.

dimanche 9 septembre 2018

Sujet du Merc.12 Sept. 2018 : SANS AUCUN DOUTE.


                               SANS AUCUN DOUTE.

« La marche de la pensée reconnaît le caractère inséparable des propositions contradictoires..» S’agissant de dialectique, ces éléments ne sont pas les seuls composants…
Concernant ce sujet, proposition d’un axe, voir d’un prétexte, ne laissant planer aucun doute.  
La thématique * de ce Philopiste consiste à utiliser un subterfuge, en quelque sorte, à propos de l’expression  - sans aucun doute -. Elle * privilégie, en fait, une tentative critique concernant une métaphysique où l’occulte primerait sur le rationnel.
Cette forme de métaphysique ne doute pas. D’ailleurs, elle ne doute de rien.
Pourquoi, dans ce cas, a-t-elle tant besoin de nous convaincre qu’elle détient LA vérité ?

Employée quelques fois par habitude, elle ** s’avère moins banale qu’il n’y parait.
Dans son utilisation ordinaire, n’y aurait-il pas l’écueil de certitudes bornées ?
Certitudes bornées et tenaces, pourtant toujours d’actualités en ce début de XXI ième siècle…

Certaines même se vautrent dans ces caniveaux où l’espace public se perd de plus en plus fréquemment. Loin des valeurs comme l’éthique, l’honnêteté intellectuelle, la dialectique…
Devrions-nous supporter longtemps, par exemple, une sorte de saut réel (cf un épisode d’une actualité locale récente), qui nous fait régresser vers une pente inquiétante contre la loi de 1905 ? Pente qui nous entraîne vers un mur de la désolation, vers un roc, son supposé saint pèlerin…    où une pseudo raison carriériste s’égare sur les chemins pathétiques de la croyance...

sectes, celles qui ont réussi, religions, illuminati, confusionnisme, créationnisme entretiennent, en réalité, la confusion dans les esprits. « Depuis que sont décrits des phénomènes évolutifs en astronomie, en géologie et en biologie, les créationnistes *** (pour seul exemple), entretiennent la polémique à cet égard, car l'explication scientifique de ces phénomènes n'est pas compatible avec leur interprétation des textes religieux.
Le débat relève d'enjeux politiques importants, notamment en matière d'enseignement, de recherche scientifique, de liberté d'opinion et de croyances ».
Ce qui, selon eux ***, bien sur, s'opposerait au principe de l'évolution du vivant, aux recherches de Darwin, entre autres...

La théorie de l’évolution de Charles Darwin (1809 – 1982)       
 « La terre a été peu à peu colonisée par les plantes, des organismes unicellulaires qui, de mutations en mutations, ont évolué vers des êtres plus complexes : les animaux (dont l’homme).
L’évolution se fait par sélection naturelle, ce sont les animaux les plus adaptés à leur milieu qui survivent. Ce sont donc eux qui auront le plus de chance de se reproduire, et donc de transmettre leurs gènes. 
Un animal qui aurait une anomalie génétique, par exemple plus de poils que ses congénères, aura plus de chance de survivre dans un environnement plus froid. Il pourra donc transmettre cette "anomalie positive" à toute sa descendance. Cette mutation se diffusera rapidement à toutes les nouvelles générations de cette espèce…

Actuellement, la théorie de l’évolution progresse au fur et à mesure des découvertes.
Parfois une découverte pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses ! Un nouvel ancêtre découvert ne vient pas forcément s’inclure de manière exacte dans le buisson de l’évolution des hominidés et nous n’avons pas encore trouvé le fameux "chaînon manquant".  
Le Darwinisme est vivant... et de nombreuses théories se sont appuyées sur ses propos visionnaires : la synthèse ou les équilibres ponctués par exemple... » 

Raison et croyance : constat d’une répétition dramatique dans l’histoire et encore au XXI ième siècle, où la croyance primerait sur la raison et les connaissances matérialistes dialectiques depuis Anaximandre, Epicure, Lucrèce, où le pathos allumé du bocal primerait sur le logos…
Blaise Pascal (1623 -1662) ne s’est il  pas égaré sur ce sujet ? « Il faut savoir douter où il faut, se soumettre où il faut, croire où il faut. » 
« Bien qu’il se soit montré très savant dans plusieurs domaines, (il a écrit, entre autres, de nombreux opuscules de géométrie), dans ce discours, Pascal souligne d’abord que certaines marques sensibles de l’existence de Dieu restent cachées, impénétrables à la raison
cf « Les paris stupides…un certain Blaise Pascal » écrivait Jacques Prévert. (1900 – 1997)

Honnêteté scientifique
En dehors de certains charlatans qui ne sont, au final, que des usurpateurs faussement scientifiques, ne comptez pas sur un certain nombre de scientifiques pour prétendre, détenir LA vérité définitive comme s’ils étaient les dieux du « savoir pouvoir ».
 « C’est lorsque nous croyons savoir quelque chose qu’il faut justement réfléchir un peu plus profondément. » Frank Herbert (1920- 1986)

- sans aucun doute -  affirmé scientifiquement, s’appuie sur des théories comme celles, par exemple, de Newton (1642 – 1727), ou de Darwin. Elles s’appuient sur une démonstration et se confrontent au « principe de réalité ».
Mais cette affirmation s’inscrit dans le cadre précis de leurs études.
Il se trouve qu’un scientifique qui se respecte a ce souci épistémologique de se confronter « à l’étude critique des sciences, destinée à déterminer leur origine logique, leur valeur et leur portée (théorie de la connaissance) ».

Une fois de plus, nous pourrions nous éloigner des prétentions de notre époque et considérer notre temps aussi avec l’éclairage de l’histoire notamment de la philosophie.

« De rerum natura (de la nature des choses) – Lucrèce (94 av j c – 54 av j c). Comment les angles s'arrondissent. Lucrèce fait observer qu'en fait, la tour qui semble ronde ne le semble pas comme l'est un objet vraiment carré, mais plutôt à son image : le terme fait transition vers l'exemple de l'ombre. Cette observation ne traduit pas un vacillement dans son raisonnement, mais au contraire indique déjà que l'erreur vient d'une inattention aux données exactes des sens et au jugement précipité de l'esprit à leur sujet, toujours tenté de ramener l'inconnu au connu et de confondre les ombres avec ce qu'elles imitent. » (cf, par ailleurs, le mythe de la caverne de Platon)

Le doute cartésien est une composante de la philosophie de René Descartes (1596 – 1650) qui se décline en plusieurs modalités au long de son œuvre. Il y a ainsi le doute concernant la vérité de nos perceptions, doute qui porte sur les sens, et qui est appuyé, par l'exemple des illusions d'optique. René Descartes aurait emprunté cet exemple à Lucrèce, une tour carré semble ronde dans le lointain, ou bien encore les statues colossales au sommet des architectures, celles de Palladio par exemple, semblent petites vues d’en-bas. 
« La recherche de la vérité, à laquelle s'adonnent philosophes et savants, passe par la ruine préalable de l'opinion. Il y va de la "fermeté et de la solidité" de la pensée. Le rejet de l'opinion est la condition première et sine qua non de l'instauration de la pensée en même temps qu'il en est la démarche primordiale. L'opinion est l'ennemi numéro un (de la pensée) à abattre. » (écrit en lien avec la pensée de René Descartes).
 « Si on commence avec des certitudes, on finit avec des doutes. Si on commence avec des doutes, on finit avec des certitudes ». Francis Bacon (1561 – 1626).
Encore faut-il prendre les mesures critiques et intègres de ces doutes et ces certitudes…

Sujet du Merc. 26 sept 2018 : « …..La religion c’est l’opium du peuple … » K. Marx

       « …..La religion c’est l’opium du peuple … »   K. Marx      Le titre de ce philopiste emprunte ses mots à un texte de K. Mar x ...