dimanche 26 février 2017

Sujet du 01/03/2017 : Docta spes (espérance instruite)

                          Docta spes  (espérance instruite)

                                               Thomas More (Utopia 1516)

« Lorsque nous regardons les Etats  d'aujourd'hui, nous  n'apercevons rien  d'autre qu’une conspiration de gens fortunés qui ne s'occupent de rien  de plus que de leurs propres intérêts... Ne pensez pas que la justice  puisse régner là où les affaires importantes reposent dans les mains de larrons insolents ou qu'un Etat puisse fleurir qui réunit la totalité de sa richesse dans les mains d'un petit nombre de citoyens. »
                                              
C'est il y a 5 siècles déjà que Thomas More nous a mis en garde contre une orientation de notre souhait de bonheur au travers de la toute petite minorité de personnes fortunées en pensant que nous pourrons y arriver aussi et trouver ainsi le paradis sur terre. Thomas More a vécu vers la fin de l'époque féodale où la classe supérieure, la noblesse, accumulait des richesses énormes au détriment de la majorité, sur le dos la classe inférieure.

 La situation sociale actuelle, mondiale a peu changé depuis  ce temps- là, puisque un pourcent de l'humanité actuelle possède autant que l'ensemble du reste.
Pour autant cette majorité n'a toujours pas perdu tout l'espoir d'être un jour avantagée -sinon comme ceux d'en haut – du moins de trouver plus de bonheur, en accomplissant sagement leurs devoirs de citoyen ordinaire, malgré une si longue expérience contraire.

La majorité s'accroche à l'espoir d'une vie meilleure que promettent ceux qui disposent de moyens incroyables pour majorité qui vit  au jour le jour avec un argent gagné à la sueur de son front. S'ils ont la chance d'en pouvoir gagner.
Malgré le fait d'être la majorité ils continuent à vivre sans l'espoir qu'ils peuvent y changer quelque chose et inverser l'état des choses selon la logique humaine. Or, La société depuis le temps de Thomas More a évidemment changé  et continue á changer constamment.

Donc la nature de l'espoir et des souhaits humains changent avec. Si l'on ne tire pas les conséquences du passé et de son idéal approprié on ne peut pas se préparer à l'avenir. Il faut mesurer la réalité á l'aune des idéaux connus,  ce qui n'est pas possible sans l'analyse du négatif et du  positif  de tout ce qui a été atteint par l'humanité.
Comment ne pas comprendre cette méthode de pensée lorsqu’on analyse les débuts du 20ième siècle. D’un côté un crime de masse qui se déroule en Europe dès 1914 avec une adhésion totale des peuples qui partaient « la fleur au fusil » mourir dans les tranchées de cette paix promise et réalisée par Lénine et le peuple russe et qui mit fin dès 1917 au bain de sang en ouvrant l’ère nouvelle de la révolution d’octobre.
Albert Einstein a dit :  « Le pire de la folie est de laisser tout comme il est et d'espérer en même temps que cela va changer.“

Une des fautes des anciens utopistes  consiste  á ce qu'ils s'accrochaient á un monde fixe et donc à un désir hérité d'avant, adapté á ce monde d'antan. Or la société change constamment ainsi les espérances qui y correspondent.
Autrefois on pensait par exemple : plus on travaille, plus on sera riche. On savait pourtant que la haute aristocratie avait accumulé ses immenses richesses sans travail, avec le travail de leurs paysans. Et aujourd'hui y-a-t-il encore quelqu'un croyant que l'immense richesse de la minorité au sommet de notre société est le fruit du travail de
celle-ci ? Ou plutôt  celui de spéculations avec des capitaux hérités au départ ?

Depuis le “Manifeste Communiste“ de Marx et Engels (1848) l'utopie s'est transformée en science et est devenu une « docta spes“ (Ernst Bloch, dans « le principe de l'espérance »). C’est-à-dire que l’utopie ne doit plus être , désormais, considérée comme le résultat d'un vécu immédiat et spontané avec  des désirs improvisés du moment, mais au contraire comme le résultat d'une longue expérience humaine et  avec un objectif :  l'humanité entière et non pas un groupe particulier de personnes
Un changement social peut-il venir de la prise de conscience des opprimés, d'une « espérance instruite » et savante, ennemie de toute résignation et de toute illusion ? Certes, cela demande une absence de peur des changements.

Et déjà en 1532 Machiavel mettait en garde dans « le Prince » contre toute forme de stagnation dans une société, mais ce grand réaliste savait également :
« Il n'y a rien de plus difficile, de plus dangereux á exécuter que  l'introduction d'un ordre nouveau. Car celui qui veut introduire ce  nouvel ordre a comme adversaire tous ceux qui profitent de l'ordre ancien et il sera soutenu seulement à moitié par ceux qui pourraient profiter de l'ordre nouveau. C'est parce que les hommes ne croient pas vraiment aux choses nouvelles  qu'ils ne reconnaissent pas encore par une expérience personnelle. »

Peut-on  continuer à manquer du courage  dont tant d'hommes et de femmes avant nous qui ont résisté á un ordre ancien et absurde, ont fait preuve ? Comme Rosa Luxemburg qui a dit après de longues années de prison: « Celui qui ne bouge pas ne ressent pas ses chaines ».      
Quitte á devoir affronter un ordre nouveau, que l’on n’a pas encore expérimenté personnellement
Ne devrions-nous pas, sans impatience ni illusions, lui faire face avec un espoir chargé d’une analyse critique d’un long passé ?  D’une « docta spes ».
Pourquoi la nécessité et la possibilité d'un monde meilleur est-elle  si difficile á comprendre pour la majorité de de la classe inférieure, exploitée dans la majeure partie du monde?
Parce que les médias et tous les moyens qui abreuvent les peuples de ces « informations » appartiennent á ceux d'en haut.

Bertold Brecht disait :  « l'opinion régnante est celle de ceux qui règnent. » 

Ceux-là concentrent toute la lumière de la société sur eux – comme le soleil dans notre univers, mais nous savons qu'en regardant le soleil en face on est aveuglé et on ne voit rien distinctement.

« Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle.
La classe qui dispose des moyens de la production matérielle dispose, du même coup, des moyens de la production intellectuelle, si bien que, l'un dans l'autre, les pensées de ceux à qui sont refusés les moyens de production intellectuelle sont soumises du même coup à cette classe dominante.
Les pensées dominantes ne sont pas autre chose que l'expression idéale des rapports matériels dominants, elles sont ces rapports matériels dominants saisis sous forme d'idées, donc l'expression des rapports qui font d'une classe la classe dominante; autrement dit, ce sont les idées de sa domination.
Les individus qui constituent la classe dominante possèdent, entre autres choses, également une conscience, et en conséquence ils pensent; pour autant qu'ils dominent en tant que classe et déterminent une époque historique dans toute son ampleur, il va de soi que ces individus dominent dans tous les sens et qu'ils ont une position dominante, entre autres, comme êtres pensants aussi, comme producteurs d'idées, qu'ils règlent la production et la distribution des pensées de leur époque; leurs idées sont donc les idées dominantes de leur époque. »

L’idéologie allemande – Ad Feuerbach – 1845


dimanche 19 février 2017

Sujet du 22/02/2017 : Y A - T - IL UN POSTE DE PILOTAGE ?

               Y  A - T - IL  UN  POSTE  DE  PILOTAGE ?

Philosophiquement il s'agit des couples opposés finalisme-transcendance et finalité-immanence, et de sophismes érigés entre ces couples. Il y a une différence radicale entre avoir un poste de pilotage (et un pilote pour l'activer) et qu'il y en ait nécessairement un. Cette différence compte parce qu'elle distingue la finalité du finalisme qui affirme l'existence d'une cause première au-delà du monde (transcendance) et in fine un dessein divin pour toutes choses comme « asile de l'ignorance ». En opposition, la finalité est ce caractère de l'action humaine qui adapte les moyens ici disponibles (cause immanente) à la fin poursuivie (dessein humain).
D'une situation à l'autre, il faut sérier les problèmes qui affectent les hommes afin de ne pas sombrer dans l'erreur et d'échapper à l'ignorance.
C'est la condition nécessaire pour déjouer la sujétion à des maîtres et pilotes installés aux commandes de systèmes d'asservissement qu'à travers l'histoire ils ont toujours conçus à leur profit.

Mais qu'est-ce qu'un poste de pilotage ? C'est un dispositif à commandes d'entrée dans un ensemble de capteurs actionnant des fonctions spécifiques, intégrées entre elles dans un système. Un tel système est généralement évolutif par rétroaction sur lui-même.
C'est ce que montre la nature. Nul agent extérieur (transcendance) n'est nécessaire à l'existence et au devenir (processus immanent) de l'univers (Einstein) et de la vie (Darwin). Aucun pilote, agent humain ou autre, extérieur ni aucun poste de pilotage ne sont nécessaires. Le monde n'a ni pilote ni poste de pilotage (immanence).
Spinoza démontre que croire le contraire est une opinion propre à l'esprit humain qui imagine erronément le monde à l'image de sa façon d'agir ! Je fais ceci pour aboutir à cela (finalité), oui. Mais n'assimilons pas les processus de la nature à des intentions de type humain qui aboutiraient de proche en proche à une volonté finale relevant de dieu(x) conçu(s) à l'image de l'agir des hommes (finalisme) ? Cette vue de l'esprit qui imagine la nécessité d'un pilote anthropomorphe aux commandes d'un hypothétique poste de pilotage (Karl Popper) relève de la confusion mentale : celle de « la volonté de dieu, à savoir l'asile de l'ignorance ».
C'est l'antithèse de la science et de la philosophie (connaissances opposées aux mythes, opinions et croyances).

Ce refuge dans l'ignorance fait que les systèmes de croyances fausses – auxquels on fait foi pour y trouver un abri illusoire par manque d'esprit critique – conduisent à la sujétion. Peu importe qu'elle soit consciente ou pas, on y fut amené imperceptiblement en abaissant la garde de la raison. En effet c'est masqués derrière des sophismes qu'avancent les maîtres et agents de notre servitude.
Il apparaît donc que la subtilité du système de croyances est un poste actionné par un pilote extérieur et occulte, tel un dieu transcendant et caché. Si bien que l'abandon de l'esprit critique a permis que le pilote nous fasse imaginer erronément un système-poste comme étant tout naturel et in fine issu de nous-mêmes.

En conséquence de quoi, le pilote passe comme n'étant plus extérieur au poste. On fait croire qu'il serait comme immanent au système-poste qui ne serait alors rien d'autre que les choses les plus naturelles du monde. In fine on fera passer tout cela pour rien d'autre que nous-mêmes dans nos vies immuables.
Ce jeu de dupes nous rend finalement comme maîtres de cette construction imaginaire et agents de notre esclavage. Nous serions cause et fin immanentes (finalité) ! Pour résumer, prenant fait de notre acceptation implicite de ce système de croyance (le poste) identifié à ce qui est naturel et partant à nous-mêmes, les pilotes authentiques nous font en outre nous identifier au pilote.

Ici l'argument moniste de Spinoza semble donc se retourner contre lui. Stop ! Réfléchissons au fond. Trouvons l'erreur ......  En fait Spinoza démontre l'inanité du finalisme. Sauf dans l'agir des hommes qui est une finalité parce qu'il part d'une intention en poursuivant un but.
Ceci ne peut être vrai pour la nature parce qu'on l'imaginerait alors avoir des intentions comme les hommes, ce qui est absurde et aboutirait à la cause première et finale de toutes choses, le finalisme.


Pour neutraliser toute critique de ce sophisme, les pilotes déjà auteurs du système-poste rétorquent par un nouveau sophisme. La réfutation sur un ton persifleur de la « théorie du complot » leur permet de convaincre « les idiots utiles » par l'affirmation que la trame de nos vies se fait d'elle-même sans pilote autre que ce qui est tout naturel ou finalement notre prétendue nature ! Ca coule de source : tout se fait tout seul dans nos vies !
Ce sophisme se mord la queue en se refermant sur lui-même. La cause véritable est l'abandon de la rationalité que nous avons accepté en promouvant volontairement notre servitude. Pour en sortir, il nous faut tirer au clair l'imposture des sophismes qu'imposent les pilotes cachés qui occultent le système-poste en nous enfermant dans le faux. La condition du succès serait que nous anime à nouveau assez d'aptitude et de volonté d'usage de la raison.

Mais est-ce encore possible quand une totalité de distractions pulsionnelles (Pascal) agit aujourd'hui comme une addiction inexorable ? Le logos peut-il échapper au pathos irrémédiablement pathologique ? Comment ? « T'at's t' questio' , 'tupid ! » (Bill Clinton, imposteur).

dimanche 12 février 2017

Sujet du Merc. 15/02/2017 : Le langage n’est pas inné car la nature n’a rien à dire.

Le langage n’est pas inné
car la nature n’a rien à dire.

Parler est un apprentissage. Cela se fait dans un contexte donné qui fait que les humains vont avoir une « langue maternelle ».
Nous pouvons parler de la nature, et l’homme ne fait primitivement que cela, mais la nature nous parle-t-elle ? Si nous sommes nous-même des êtres de nature, pouvons-nous imaginer que le langage nous vient d’elle ? C’est ce que pense Chomsky pour lequel il y aurait – un « module du langage »  - une sort d'un programme informatique implanté dans notre cerveau dès notre naissance ; par qui ?


Cela rejoint les courants très à la mode au U$A qui tentent de relier tout l’être humain à des codages préexistants (génétique ou pas) en passant par l’intelligent design (le « dessein intelligent ») qui englobe le tout de l’humain.
Les neurosciences semblent apporter de l’eau au moulin de ces tentatives d’explications. En effet avec l’apport de l’imagerie médical certains scientifiques pensent pouvoir visualiser des zones identiques du cerveau actives dans des langues pourtant différentes (11 –  Paulesu E, Démonet JF, Fazio F, et al. Dyslexia : cultural diversity and biological unity. Science 2001 ; 291 : 2165-7).


Toutefois les chercheurs restent prudents, en conclusion d’une étude de synthèse, ils indiquent : « Puissent ces raffinements technologiques, qui nous font approcher un peu mieux la nature biologique du langage, nous aider à révéler aussi la profonde influence des cultures humaines, trésors à partager via l’activité sans cesse remodelée du cerveau humain, non simplement « machine à symboles » mais surtout « organe social » » (Knops A, Thirion B, Hubbard EM, et al. Recruitment of an area involved in eye movements during mental arithmetic. Science 2009 ; 324 : 1583-5). Ajoutant même : « L’apprentissage implicite joue un rôle prépondérant dans l’acquisition du « langage oral » qui, précisément, se développe progressivement, mais sans effort et même avec un plaisir renforcé par les encouragements de l’entourage, durant les trois premières années ». ( J-F Démonet, Inserm, Toulouse 2009).


Mais si l’on imagine le cerveau comme « organe social » ne commet-on pas là, encore une erreur de  …… langage ? Le cerveau est un organe, soit, mais comment devient il social ? Pourquoi le cerveau d’autres espèces ne serait-il pas « social » ?


Ce qui caractérise l’homme c’est que c’est un être de langage (le langage producteur de concepts, d’abstractions, concepteur et de distributeur de connaissances ….).  La cause de l’incapacité à parler des singes se situe aussi ailleurs : du côté des capacités cognitives nécessaires à la maîtrise du langage.
Même si les chimpanzés, en captivité, parviennent à mémoriser 250 signes et symboles, et à s'en servir pour "discuter" avec leur maître, ces conversations restent limitées. On n'a jamais vu de singe raconter des histoires...


La nature n’existe pas comme un « en soi » pour l’homme. L’homme est à la fois partie de la nature mais extérieur à celle-ci dans le sens ou lui seul lui donne un sens qu’il peut, de plus, transmettre à ses congénères (techniques, connaissances, émotions….).
C’est en éprouvant la nature, en apportant la preuve CONCRÈTE qu’il était capable de la modifier car il la COMPRENAIT que l’homme a développé sa capacité à parler, c’est-à-dire à transmettre. On part du concret, du réel, pour aller à l’abstrait d’une connaissance pratique commune.


Mais dernière approche d’une discussion sur le langage : « une chimère, n’étant ni dans l’entendement ni dans l’imagination, peut être appelée proprement par nous un être verbal ; car on ne peut l’exprimer autrement que par des mots. Par exemple nous exprimons par le langage un cercle carré, mais nous ne pouvons l’imaginer en aucune façon et encore bien moins le connaître. C’est pourquoi une chimère n’est rien qu’un mot. » Spinoza. Ce que l’on doit retenir ici c’est que, ce que l’on ne peut que dire n’existe pas, ce qui n’existe que dans les mots n’existe pas. Et les mots sont alors le moyen de déraisonner, de quitter le domaine des choses réelles.
Le mot n’est pas la traduction dans l’élément verbal de l’idée, mais ce qui correspond dans le langage à une image mentale, abstraction fictive d’une pluralité d’éléments singuliers. Chez Spinoza, dans le Court Traité, l’Éthique, et dans le Traité de la réforme de l’entendement, la connaissance du premier genre, par ouï-dire, est clairement définie comme verbale et ne fait reposer la certitude que sur les mots d’autrui, qui ne peuvent suppléer son manque de fondement rationnel.
Citons simplement le Traité de la réforme de l’entendement, § 19 : « Il y a la perception que nous avons à partir du ouï-dire ou de quelque signe, qu’on appelle arbitraire ». Si les mots ne se réfèrent à la réalité que de manière imparfaite voire trompeuse, c’est donc à cause de leur lien originaire avec l’imagination.
À ce titre, le Traité de la réforme de l’entendement nous fournit le texte le plus explicite : « les mots ont été constitués au gré et à la portée des gens ordinaires, en sorte qu’ils ne sont que des signes des choses, conformes à ce qu’elles sont dans l’imagination et non à ce qu’elles sont dans l’intellect : ce qui ressort clairement de ceci, qu’à toutes celles qui sont seulement dans l’intellect et non dans l’imagination, ils ont souvent donné des noms négatifs, comme sont : “incorporel”, “infini”, etc. ».

Un nom doit renvoyer aisément à sa propre trace dans l’imagination, si bien que son aspect matériel dépend du fonctionnement de l’imagination plutôt que de l’intellect. On comprend déjà à travers cette solidarité ce lien étroit entre le langage et l’imagination, ce qui peut inquiéter un pouvoir souverain qui tenterait d’imposer à la multitude son propre discours sous prétexte qu’il serait celui de la raison, en interdisant l’expression de paroles et d’opinions concurrentes, qui n’obéiraient pas aux mêmes règles.

Derrière les mots, les faits sont têtus et eux seuls sont le critère de l’efficience du langage.



dimanche 5 février 2017

Sujet du Merc. 08/02/2017 : La technique précède souvent la science.

                 La technique précède souvent la science.

Le sujet n'est pas une question mais un parti pris, sans esprit de provocation, mais qui va pourtant à l'encontre de l'opinion générale qui le plus souvent mettra la science comme le moteur d'un progrès technique de notre monde contemporain.

Il est courant de confondre la science et la technique, de les prendre l'une pour l'autre, d'employer indifféremment le mot science à la place du mot technique tout comme il est courant de les associer l'une à l'autre.
Il faut commencer bien évidement par définir les deux notions.            

« La science est l'ensemble des connaissances et études d'une valeur universelle, caractérisées par un objet et une méthode fondés sur des observations objectives vérifiables et des raisonnements rigoureux. »
Donc la science va nous apporter les lois et les théories pour comprendre et maitriser la nature.          

Les techniques sont les procédés bien définis et transmissibles destinés à produire certains résultats jugés utiles. Les moyens mis en œuvre le sont en vue d'une fin, déterminée à l'avance, et qui ne peut être atteinte que par ces moyens. Les fins visées ne s'imposent pas d'elles même : on se les donne après les avoir jugées utiles pour nous.         

On le voit donc, cette définition de la technique repose toute entière sur l'opposition moyen / fin.
Or affirmer que la technique dépend de la science, c'est affirmer qu'elle dépend d'une connaissance de la réalité. Mais alors, en quoi dépend-elle de cette connaissance ?      

Et là je vais tenter de démontrer qu'il n'en est rien, que l'histoire des progrès décisifs de notre monde moderne nous démontre le contraire.
Prenons Edison lorsqu'il va inventer son ampoule électrique. On sait qu'il va essayer des centaines de combinaisons différentes de métaux et de gaz pour la réaliser.
Ce n'est donc pas ses connaissances en chimie qui vont le guider, mais plutôt une succession d'expériences empiriques qui lui permettront d'arriver au résultat que l'on connait.

Albert Jacquard avait remarqué que les premières applications de l'électricité : le moteur, la dynamo, et la batterie vont être inventés et exploités sans vraiment comprendre d'un point de vue scientifique comment cela fonctionnait.
Dans les premières recherches sur l'électricité les scientifiques vont comprendre que dans le courant continu des électrons se déplacent entre anode et cathode mais ils ignorent dans quels sens. Et la preuve de leur ignorance c'est qu'ils vont l'attribuer au hasard et ils vont se tromper. 

Nous savons également que bon nombre de médicaments ont été découvert par hasard notamment la moitié des psychotropes. 

Mais le propos qui m'intéresse c'est que l'homme a besoin de maitriser et d'exploiter la nature parce qu'il a envie d'améliorer son avenir et de maitriser son destin. Pour moi l'ensemble de notre environnement nous le devons à l'initiative d'individus et d'entreprises qui ont voulu changer les choses. Et pour cela certains hommes, ont des qualités humaines fondamentales que sont la curiosité, la perspicacité, la volonté de prendre des risques, la logique, l'enthousiasme et lui procure une forme d'intuition intelligente qui va le guider.           
Tout ceci est donc à l'opposé de la rigueur scientifique clairement revendiqué par ces maîtres.
Les choses bougent lentement, depuis une dizaine d'années je crois, au CNRS on s'active beaucoup pour déposer des brevets de manière abondante. Mais ce n'est pas suffisant car le nombre de brevets qui ne servent à rien est vraiment impressionnant.

Je perçois la science comme une forme d'administration prétentieuse qui va répertorier et classer de manière très froide les forces et les lois de la nature, en ayant perdu le gout du progrès.


Sujet du 27/06/2018 : Va-t-on nier être des algorithmes ?

Va-t-on nier être des algorithmes ? Le sort en est jeté. Le Rubicon est franchi. Le monde, dont les hommes font nécessairement partie...