dimanche 24 septembre 2017

Sujet du Mercredi 27 Sept. 2017 : Le suicide peut-il être lucide ?



Le suicide peut-il être lucide ?


        Définitions :
Lucide : Qui juge, voit clairement, objectivement les choses dans leur réalité ; se dit de ce qui est ainsi jugé.
            Qui est conscient, qui a toute sa connaissance.

Suicide : Acte de se donner volontairement la mort.

Les interprétations d'un suicide dit lucide peuvent être légitimement débattues, pour ma part  il remplirait des critères d'utilité, de rationalité et d'une certaine conscience de l'acte (qui pourrait tout de même être limité par des déterminismes). Celui-ci devrait permettre de juger de la vie, car se poser la question du suicide c'est se demander si la vie vaut la peine d'être vécue. Le suicidaire établirait donc une balance dans laquelle les contraintes de sa vie seraient plus élevées que les plaisirs de vivre.

        Pistes de réflexions :

Hégésias de Cyrène soutenait qu'il n'y a pas de bonheur possible et concluait que la mort est préférable à la vie, sauf pour le sage à qui toutes deux sont indifférentes (ce qui est plutôt pratique quand on se considère comme tel !).

Socrate a choisi la mort indirectement : lors de son procès, chaque partie propose une sentence et les juges votent, il propose d'être honoré par la cité. Les accusateurs proposent la peine de mort et gagnent logiquement.

Paul Lafargue a lui choisi de se suicider avec sa femme tant qu'il était encore en bonne santé afin de ne pas connaître les souffrances de la vieillesse. Il se justifie ainsi : « Sain de corps et d'esprit, je me tue avant que l'impitoyable vieillesse qui m'enlève un à un les plaisirs et les joies de l'existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres. »

Le suicide peut aussi être un moyen de libération, on pourra citer ici la célèbre phrase d'Emiliano Zapata : « Mieux vaut mourir libre que vivre à genoux », mais aussi Sénèque :" Méditer la mort, c'est méditer la liberté ; celui qui sait mourir, ne sait plus être esclave"

Sénèque inclut le suicide dans l'idéal moral romain.
Le philosophe préconise le suicide dans des cas bien déterminés :
lorsqu'on veut éviter la déchéance morale
lorsque la raison ou l'honneur l'exige
lorsqu'on ne peut plus être utile
lorsque c'est le moyen d'échapper à la servitude.
Mais il ajoute : « Souvent il faut en finir, même avec courage, et sans raisons très fortes, car elles ne sont pas non plus très grandes, celles qui nous retiennent. »
Il considère que le suicide peut être glorieux lorsque la raison nous y conduit, mais certains sont méprisables (par exemple Phèdre a honte d'avouer pourquoi elle se donne la mort car c'est une « folle passion » qui la guide).


Typologie des suicides chez Durkheim :

Il défend l'idée selon laquelle le suicide est un fait social à part entière.
Il établit deux grandes causes :          

intégration  : Quand la société intègre, elle tient les individus sous sa dépendance, considère qu'ils sont à son service et, par conséquent, ne leur permet pas de disposer d'eux-mêmes à leur fantaisie.

régulation : Si les sociétés intègrent, elles ont également un pouvoir de régulation : elles fournissent des règles que les individus doivent suivre, qui dictent leur conduite et leur fournissent des repères.  

Il établit donc quatre types de suicides :
            Le suicide égoïste : le suicide égoïste intervient lors d'un défaut d'intégration : l'individu n'est pas suffisamment rattaché aux autres. (Cf suicide de célibataires).
            Le suicide altruiste : à l'inverse du suicide égoïste, le suicide altruiste est déterminé par un excès d'intégration. Les individus ne s'appartiennent plus et peuvent en venir à se tuer par devoir (on peut avoir en tête les suicides dans l'armée, dans des sectes, etc.).
            Le suicide anomique : le suicide anomique intervient lors d'un défaut de régulation : la réglementation, les normes sont moins importantes, elles sont devenues plus floues. Les individus sont moins tenus, leurs conduites sont moins réglées, leurs désirs ne sont plus limités ou cadrés. Ils peuvent éprouver le « mal de l'infini ».
            Le suicide fataliste : le suicide fataliste, quant à lui, intervient dans les cas d'excès de régulation : la vie sociale est extrêmement réglée, les marges de manœuvre individuelles sont réduites. Le contrôle social, les normes, sont trop importantes.

Albert Camus estime que le suicide résous l'absurde. Il définit l'absurde comme l'opposition de la recherche du sens de la vie de l'homme au non sens du monde : "L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde". Cependant il ajoute que l'absurde ne doit pas être résolu et que la réponse face à celui-ci est la révolte.

Les djihadistes européens actuels sont (malheureusement) le parfait exemple  de suicide lucide car ils sont assez révoltés pour mourir pour leurs idées et sont donc libres et inarrêtable, tout comme l'étaient les premiers chretiens de la Rome antique. 

Il est aussi possible d'évoquer Cléopatre qui se suicide de manière lucide pour éviter d'être capturée pour le triomphe d'octave après la bataille d'Actium.

Sujet du Mercredi 04 Octobre 2017 :

  Pourquoi faire la guerre sans moyens ?

dimanche 17 septembre 2017

Sujet du 20 Septembre 2017 : Le tirage au sort, ou le renoncement parfait.



           Le tirage au sort, ou le renoncement parfait



Dans l’histoire de l’humanité nous aurons connu deux types de pouvoir distingue pour diriger les nations, à savoir : la dictature ou la démocratie. On peut ajouter qu’à partir de 1990 et la chute de l’empire soviétique ce sont les régimes démocratiques qui dominent très largement. Car même dans l’Amérique latine ou l’Afrique on constate une progression lente de valeurs républicaine. L’impérialisme, la colonisation, l’esclavage, les guerres de territoires appartienne tous au passé.

Donc à partir du Néolithique quand l’homo sapiens c’est sédentarisé et que les individus décident de diriger et protéger la cité, il faudra attendre plus de 10 000 ans pour que la démocratie se répande  dans une sorte de vérité universelle avec la promesse simple d’une sagesse  supérieur à la tyrannie.

Mais voilà pour différentes raisons obscures,  une nouvelle théorie voudrait qu’il existe une troisième possibilité  en tirant au sort les Elus qui nous dirigent ou qui rédigent nos lois C’est Etienne CHOUARD qui est à l’ origine de cette idée avec un certain succès sur le net. Cette homme totalement inconnu auparavant est prêt pour améliorer son audience de discuter avec n’importe qui pour expliquer sa théorie, (Alain Soral, …..) Ses arguments sont les suivants :

1 En France l’élection au suffrage universelle n’est pas représentative puisqu’il y a une très faible participation.

2 Donc les élus ne représentent pas le peuple.

Sauf qu’il existe une multitude de pays proches de la France, avec chacun une histoire, un passé et des expériences démocratiques qui démontent ces merveilleux arguments.

En Belgique ou le vote est obligatoire et pourtant nous constatons que l’on a bien une succession de gouvernements modérés de centre gauche qui ont accepté l’économie de marché et non jamais choisi l’utopie collectiviste avec des politique publiques et des choix économiques très proche de la France.

La Suisse à une tradition historique de démocratie participative de puis le XII ° Siècle où dans les villages des décisions seront votés à main levé et qui perdure de manière plus moderne, comme chacun sait.

Mais l’argument le plus insupportable dans cette théorie qui est très largement suggéré : est que l’offre politique dans les candidatures et par les dirigeants aux pouvoir, ne tiendrait pas compte du peuple et donc des plus démunis.

Alors  que les propositions et les promesses de réduire les inégalités sont constantes dans toute l’histoire de la démocratie.

 

 

Sujet du Merc. 18/07/2018 : Quel besoin avons-nous de chercher la vérité ? (Bac 2018)

     Quel besoin avons-nous de chercher la vérité ? (Bac 2018) On aurait presque envie de considérer la question comme une invitation...