dimanche 20 septembre 2020

Sujet du Merc. 23 Sept 2020 : ET L'ARGENT DANS TOUT ÇA ?

 

                                          ET  L'ARGENT  DANS  TOUT  ÇA ?

 

« Comment ça, l'argent est un objet philosophique ? Non, c'est quotidien !». Nos poncifs sur l'argent tombent quand nous découvrons les faits concrets de la monnaie et les principes qui les expliquent.

 

Depuis la Renaissance, le principe de la monnaie a permis un essor considérable des activités humaines : arts, sciences et techniques, immenses progrès, découvertes ; mais aussi domination et destructions tous azimuts. Nous nous échappons de la Terre jusqu'aux confins du cosmos, tout en nous menaçant d'extinction nucléaire ou bactério-virale ; ou encore de mutation transhumaniste et de réification par intelligence artificielle. On sait faire.

 

Cette monnaie-là n'est-elle donc pas le moyen de tout faire ? Ou presque, puisqu'elle se fonde sur les dispositifs réglementaires de la Banque des Règlements Internationaux (BRI) de Bâle la préservant de l'absolu de la saisie sans borne du monde. Rien que ça !? Avons-nous même jamais entendu parler de cette institution ? Voyons cela par la connaissance, plutôt que par la soumission (La Boëtie) à « l'ignorance des causes qui nous déterminent » (Spinoza). Par ce biais, décrochons un peu de liberté d'action face à ceux qui pilotent cet argent tout puissant, sans lequel presque rien ne serait possible de ce qui se fait aujourd'hui.

 

Tout d'abord distinguons les faits, hors préjugés (Descartes), qui attestent qu'un principe de monnaie opposé au nôtre existe depuis des temps immémoriaux. Le système actuel, lui, est récent et mortel. Il n'est pas cet « horizon indépassable du capitalisme » imaginé par des idéologues de la défaite de la pensée. Pour le démontrer, il suffit de savoir ce qu'est notre monnaie : un simple mécanisme mathématique convenu entre des hommes et donc renversable à tout instant. Pour le vouloir, ne devons-nous pas d'abord le connaître, débusquer nos poncifs et fausses croyances si « évidentes », oser regarder nos actes en face ? Oser comprendre l'argent.

 

Au paléolithique, qui perdure encore en quelques lieux sur terre, ont cours des « monnaies sociales » représentant un principe de vie opposé au nôtre. Pour de petites communautés nécessitant peu de travail, l'essentiel c'est la vie, le rapport mutuellement réciproque aux autres qui fonde les hommes à chaque instant : la naissance, l'union de couple, la vie, le deuil. Ces plages de vie partagée sont leurs valeurs fondatrices représentées par des monnaies sociales (coquillages, raphia, etc.) qui passent de main en main, mais qui n'équivalent jamais à une vie. Au contraire, aujourd'hui, pour nous chacun a un prix plutôt qu'une dignité d'homme (Kant).

 

Dans l'ignorance de la biologie, l'origine d'un petit-d'homme paraissait magique : une création spontanée issue du corps d'une jeune femme. Qui est dès lors érigée en valeur ultime. C'est le « bride wealth », « la richesse de la fiancée ». Un homme l'obtient par le partage sans fin de monnaie sociale avec la famille. Ceci jusqu'au retour prochain à la famille d'une vie nouvellement engendrée par sa fille, qu'elle n'avait que prêtée jusque là.

La monnaie était le symbole même de la vie faite de rapports en société. En effet, les hommes sont des animaux politiques parce que sociaux (Aristote). Si bien qu'en définitive « il n'y a de richesse que d'hommes » (J. Bodin). Ainsi les hommes se partageaient-ils les jeunes femmes.

 

Jusqu'à ce que tout bascule. Un homicide survenant et c'est une perte irrémédiable. Mais en tant que représentation de vie, nulle monnaie, même « sociale », ne peut compenser une perte de vie. Si, par inconscience de la valeur de vie, la cession d'une autre vie n'intervenait pas, un rapt compensatoire pouvait occasionner d'autres pertes de vie et la saisie d'otages, souvent convertis en esclaves (M. Patou-Mathis). De fait, par là, la vie humaine devient objet. Comme objet et simple moyen, elle acquiert plus un prix qu'une dignité (Kant) : par mutation du principe de monnaie sociale en son contraire, la monnaie d'échange marchand. Alors règne inégalité et hiérarchie croissantes. Les bénéficiaires souhaitent symboliser ces différences en les traduisant en supériorité, dont ils donnent une représentation par des objets de prestige décrétés rares et précieux.

 

A la Renaissance une nouvelle étape est franchie qui conduit au principe de l'actuelle monnaie d'échange. Les marchands confient leurs objets précieux à la bonne garde des orfèvres contre un certificat de dépôt et le versement d'un loyer proportionnel à ses sûreté, valeur, et durée. Bientôt les certificats ne renseignent plus que la valeur des biens. Cet anonymat des objets permet de rembourser par simple prélèvement sur les valeurs détenues dans les coffres, dès lors devenues interchangeables. Les certificats peuvent servir de moyen de paiement ne nécessitant plus la corvée de récupérer des objets précieux et de les transporter (un peu comme nos cartes de paiement et puces incorporées remplacent le port encombrant de billets et de pièces). Ce dispositif présente deux avantages majeurs pour l'orfèvre devenu banquier. Il retarde considérablement les demandes de remboursement, tandis que seule circule une image scripturale comme représentation des valeurs.

 

Un nouveau principe intervient. Les objets précieux ne désemplissent plus les entrepôts du banquier : 1) il constate que les dépôts nouveaux tendent à équilibrer les retraits et 2) il spécule que la probabilité est très faible pour que les certificats devenus « billets » soient présentés tous à la fois pour récupérer les biens devenus des « actifs ». Il se convainc qu'ils ne doivent plus « dormir », mais fructifier. Simple : la Renaissance regorge d'hommes ayant des projets mais souvent dépourvus de moyens financiers pour les réaliser. Les banquiers émettent des billets qu'ils leur prêtent bien au-delà de la valeur des biens précieux sous leur garde. Biens qui, eux, étaient déjà assurés par les billets les représentant et qui à leur tour avaient déjà généré la création d'autres billets par le loyer de garde. De la fausse monnaie est ainsi créée, potentiellement ad libitum. L'homme – emprunteur ou financier – est considéré comme la mesure de toute chose (Protagoras, sophiste antique).

 

Les banquiers fournissent donc des prêts de billets aux ambitieux démunis pleins de projets. Et ils s'estiment en droit d'exiger le paiement d'intérêts sur un capital fictif  (fausse monnaie prélevée/volée à la communauté) pour l'entière durée du remboursement. Par ce stratagème, les banquiers créent frauduleusement à leur profit un nouvel apport considérable de monnaie. Qui sert de fondement à de nouveaux prêts, par le même subterfuge de faux-monnayeur « utile ».

 

La monnaie résulte des demandes de financement et non plus des découvertes d'or et du travail requis pour l'extraire. Cette monnaie devient des dettes dues aux banques et qui circulent parmi nous. C'est l'ARGENT-DETTE. Cela signifie que, si les dettes étaient toutes remboursées, il n'y aurait plus d'argent... Tout s'arrêterait. De plus, comme ce système repose sur le principe d'une création monétaire sans fin, il faut qu'il y ait sans fin toujours plus de dettes. Cela signifie aussi qu'il suffit de produire des lignes comptables bancaires comme monnaie écrite (dite scripturale), ou simplement des bits numériques de monnaie-dette. Facile l'envolée !

 

Pourtant, cette création monétaire souffre du pouvoir du néant (zéro monnaie) et de l'illimité (infiniment de monnaie) par lequel les banques pourraient arrêter l'économie, ou acheter le monde entier et (é)puiser les ressources vives des hommes. Et même l'univers. Ce danger, outre qu'il menace la vie d'extinction, serait mortifère aussi pour ses banquiers et créateurs. Au-delà de la problématique philosophique de l'absolu de l'illimité que nous pouvons régler, une solution mathématique de limitation est évidente et nécessaire. Même si elle est soigneusement passée sous silence par les maîtres du système de l'argent-dette. Les maîtres réalisent la nécessité d'auto-limiter la création sans fin de monnaie. Ceci afin de préserver leur richesse fondée sur la rareté et qui leur confère un pouvoir « absolu ».

 

Ils le font par le « système de création monétaire avec réserves fractionnaires (partielles) »*. Bien, mais encore ? A cet effet, il faut une hiérarchie stricte. C'est le principe fondateur qui a été instauré presque partout sur terre par la mutation des monnaies sociales du paléolithique en monnaies d'échange. Celles-ci marchent de pair avec les guerres. Il faut une institution sommitale d'autorité référente décidant des règles de santé et de prospérité de la monnaie. Ne faut-il pas aussi des Etats et leurs personnels pour un accord nécessaire avec les banques privées en vue d'une représentation de ces entités hiérarchiques au sein d'une institution sommitale de préservation du système d'exploitation mondial par l'argent-dette ? C'est la Banque des Règlements Internationaux de Bâle ou BRI. Qui pourtant n'est pas une banque, car de monnaie on n'y en trouve nulle part.

 

Pour s'en convaincre, il faut présenter le mécanisme bien concret de la chose. Le principe fondateur de fonctionnement de la création monétaire se traduit par une simple formule algébrique attendant des applications arithmétiques simples d'addition, soustraction et division, introduites à l'école élémentaire en CE1 et maîtrisées en CM1. C'est simple. Pourquoi ne pas s'y mettre pour construire une philosophie d'action directe ? Une forme graphique illustre clairement le processus du mécanisme monétaire et ses limitations auto-salvatrices :

 

                                                           K = 1 /  ( X + Z (1 - X ) ) .

 

                        K =  le multiplicateur de prêts des banques privées mesurant leur capacité                                               globale de création de monnaie-dette.

                        X =  l'indice de préférence de la population ou société pour les billets.

                        Z =  l'indice de réserves obligatoires en Banque Centrale comme fraction des billets                               déposés par les clients sur leurs comptes auprès des banques privées.


On constate que le volume et le pouvoir  K des banques privées sur tout et tous par les crédits qu'elles allouent seront d'autant plus grands que le dénominateur sera petit, voire presque nul :

 

La disparition des pièces et billets ( X= 0 ) de la circulation par le paiement numérique par carte, smartphone ou puce sous-cutanée non seulement accélère les flux monétaires, ce qui les sur-multiplie, mais surtout laisse Z seul en dénominateur. Ce qui projette vers des sommets la multiplication de la monnaie-dette  K  des banques privées et les profits qui en découlent.

A son tour, la minoration par les banques privées de leurs réserves minimales  Z  de billets de Banque centrale augmente leur multiplicateur de prêts  K . 

Si  X  et  Z  devenaient très petits ou nuls, disons 0,01 (ou moins encore), le multiplicateur  K  égalerait 90.  Si  X  et  Z  deviennent nuls, K  croît à l'infini. Le volume de l'argent privé devient infini. Aujourd'hui, on y est presque. D'où les expédients actuels.          

Les banques, parties prenantes dominantes à la BRI, poussent à une réglementation monétaire et à des manœuvres accroissant leur pouvoir inscrit dans la valeur de  K, création privée de monnaie-dette. C'est la financiarisation de la monnaie. Outre l'abandon en cours de l'usage  X  des billets, elles travaillent à la minoration de leurs réserves obligatoires Z  de billets. L'équation montre que ces deux opérations se renforcent mutuellement ce qui aboutit à en exténuer le potentiel ! Ce qui serait mortifère pour le système.
Entre temps, cette minoration permet un surgissement presque illimité de produits financiers, coquilles vides de valeur authentique. Par ce processus de minoration de   X  et  Z  nous approchons du bout du rouleau du principe du système de monnaie-dette. Cette situation ne s'est-elle pas développée à tout-va de 2007 à aujourd'hui ? Une rupture inévitable est en marche. Un paroxysme de mesures d'ordre social sont en cours. En voyons-nous la cause ?    

Sans cesse le système oscille donc de crise en crise selon la rigueur avec laquelle les règles de la BRI sur les indices  X  et   Z  sont appliquées en fonction des intérêts des puissants réunis dans le consortium mondial oligarchique de la BRI. Ces jeux de vie et de mort ont des ramifications infinies auxquelles nous pouvons nous adonner pour bien comprendre les potentialités et les failles du système qui nous détermine. Cette connaissance offrirait le fondement nécessaire à partir duquel concevoir les actions d'affrontement du système de domination en place.


Un exemple historique majeur de lien entre création monétaire  K  et menace d'Armageddon est celui de la crise-opportunité pétrolière. Les Etats-Unis assurent à l'Arabie une protection absolue par leurs immenses forces de guerre en échange de la vente uniquement en dollar du pétrole, sang de l'économie et du pouvoir mondial. Toutes les nations doivent acheter des dollars à proportion de leurs achats d'or noir. Et cela au cours de change fixé par l'émetteur. En permanence, de gigantesques profits pour l'émetteur et des pertes équivalentes pour tous les autres sont assurés sous peine de guerre (il y en a eu plusieurs). Ces tombereaux d'argent transitent par les banques qui les sur-multiplient par des prêts d'argent-dette sans fin. Qui financent, entre autres, les forces armées étatsuniennes.        


Par opposition, si la population exigeait l'usage unique de billets, l'indice  X  serait maximal et égal à 1. Et  K  aussi. Les banques ne pourraient prêter que des billets, tous déposés sur des comptes par leurs clients (Z= 0). Elles deviendraient des lieux de dépôt au service intégral du public en échange de modestes émoluments plutôt que sans fin l'exploitation privée actuelle. La contrepartie serait que peu de projets pourraient être financés et éclore. Tant les immenses progrès que les destructions actuelles n'existeraient pas. Une solution d'entre-deux pourrait être définie qui soit décidée par la population, dont l'argent est un bien commun en tant que représentation de ses valeurs de vie en société.

 

Ces connaissances une fois acquises, reste précisément de vouloir agir ensemble en connaissance de cause. Alors là, malgré Alain et Spinoza, « ce n'est pas demain la veille ». A nous de voir...

 

 

dimanche 13 septembre 2020

Sujet du Merc. 19 Sept. 2020 : Quelle spiritualité aujourd’hui ?

 

Quelle spiritualité aujourd’hui ?

C. G Jung a dit un jour que l’être humain naît trois fois. La première correspond à la naissance réelle, physique. La deuxième a lieu avec le développement de l’ego, et la troisième est ce qui désigne la naissance de ce qu’il a appelé la “conscience spirituelle”.

 

Cette conscience spirituelle est une quête de l’Esprit, dont seul l’homme est doté, à l’inverse des animaux qui ne sont pas conscients mais seulement dotés de « sentience ». Ainsi l’Homme est amené à se questionner, à s’interroger sur le sens de sa vie. Y a-t-il quelque chose après la mort ? Y en avait-il avant la naissance ? D’où vient le monde ? Est-ce qu’il existe un Démiurge au Monde … ?

 

Toute une série de questions autour de la Transcendance qui font rentrer la conscience dans une approche métaphysique de la réalité. Cette démarche a un double effet, d’une part elle remet le réel en question mais d’autre part, elle opère un changement sur l’individu qui tend à se transformer, à s’élever et à se transmuter.

 

Cette quête spirituelle a été longtemps noyée dans un cadre religieux, tout comme la philosophie l’a été. Car il se trouve qu'il a existé des éléments de philosophie dans plusieurs pays avant la Grèce, mais ce n'est qu'en cette dernière qu'est née une philosophie autonome, distincte et séparée de la religion.

 

Dans tous les autres pays du monde, il y a bien eu des essais de philosophie, mais soit cette philosophie est contenue dans ce qui s'apparenterait à une religion, soit cette philosophie se veut religion, tel est le cas des religions orientales qui sont en même temps des sagesses philosophiques.
Tandis qu'en Grèce, au contraire, nous avons l'apparition d'une spéculation philosophique autonome et, on constatera, que toutes les questions touchées par les Grecs se retrouvent dans les thèses modernes et contemporaines...

 

Le schisme entre religion et Spiritualité s’est opéré grâce à la Science. Cette dernière a certes provoqué le recul des pensées religieuses mais à aucun moment elle n’a pu initier un déclin de l’esprit spirituel, qui a continué de perdurer en dehors des religions. La littérature latine de l'Antiquité a transmis plusieurs étymologies du mot religion. La plus citée aujourd'hui est religare signifiant « relier ».

Là où la religion a été considérée comme « lien social » qui « Relie » pour constituer un acte collectif, la Spiritualité s’y oppose diamétralement pour s’affirmer comme un acte éminemment Individuel. Au lieu de relier, elle « Délie » !
Elle délie les êtres de tout ce qui n’est pas vrai, de tout ce qui ne participe pas à leur essence, de tous les préjugés reçus et des différentes opinions issues des divers groupes ou sociétés.
C’est pour cela que souvent la spiritualité a créé des séismes dans la religion au point d’être persécutée et annihilée. Combien de mystiques ont été stigmatisés par l’Institution religieuse. Nous citerons l’exemple de Al Hallaj, considéré comme le Christ de l’Islam, assassiné et sacrifié pour ses expériences mystiques et sa compréhension du divin. La spiritualité résumerait donc un état modifié de conscience qui génère un message aux autres, mais propre à la personne, et souvent aux antipodes du dogme religieux.

 

Historiquement c’est grâce à la Science que la tyrannie de la religion s’est vu décroitre.
Un hiatus a alors pris place entre religion et spiritualité et, à la grande surprise la Science tend à converger vers la spiritualité. Grâce aux avancées et aux découvertes de la Mécanique quantique, une révolution est en train de s’opérer qui remet en cause la nature de l’Homme mais surtout de sa Réalité. De plus en plus d’études démontrent que la compréhension du Réel lié à l’Espace-temps dans lequel évolue l’Homme ne peut être complète jusqu’à présent. Il est nécessaire d’admettre l’existence d’une réalité supra-sensorielle, source d’informations qui proviendraient en dehors de l’Espace-Temps, hérité d’Einstein.        
Parmi ce que la Science présente comme arguments, figurent en premier lieu, les informations du Vide, dans son sens cosmique et communément appelé énergie noire et qui reste jusqu’à présent mystérieux et inexpliqué. En second lieu, toutes les découvertes de la Mécanique quantique viennent faire admettre aux scientifiques une compréhension toute autre de l’espace et son lien aux particules élémentaires.

 

L’intrication quantique et ce qu’elle engendre à l’échelle de l’infiniment petit a fait dire à Einstein que Dieu ne joue pas aux dés ! La notion d’espace, lui-même tend à être remise en cause tant il présente des incohérences (spatialement non local, temporellement non local, déformable, troué, pixellisé, en vibrations…) et qu’il perd toute sa cohérence lorsqu’on s’approcherait du plus petit « pixel » qui le constituerait et qui connaît continuellement des fluctuations, connu comme la longueur de Planck (10 puissance -35 m).

 

Les informations présentes à cette échelle considérablement petite présentent un impact considérable à notre échelle macroscopique et donc les informations issues de cette réalité déterminent l’espace perçu par l’Homme. Or il ne le perçoit que par sa conscience, autant dire que l'espace c'est la conscience et que notre réalité extérieure est notre conscience collective. Notre réalité visible, composée de particules de matière et de lumière, est plongée à l’intérieur d’un immense univers d’informations qui est connecté à cette réalité.

 

A échelle humaine, d’aucuns ont déjà expérimenté la manifestation d’«informations » issues de l’extérieur de l’espace-temps. Ces phénomènes peuvent s’apparenter à l’intuition ou encore aux phénomènes de synchronicités (coïncidences chargées de sens), introduites par C. G Jung... Ces phénomènes vont dans le sens où l’Homme est un être spirituel, embarqué dans une réalité matérielle, ayant la faculté d’être réceptif d’une information ou d’une intuition non fabriquée par son cerveau, mais provenant d’un ailleurs, dont il ne maîtrise pas encore l’étendue mais dont il peut développer la faculté d’en capter des informations qui peuvent radicalement changer sa destinée.

 

Ce cheminement nécessite cependant une pratique ayant pour but de mettre l’individu en condition. Plusieurs pratiques héritées des anciens peuvent nous mettre sur cette voie comme la pratique de la méditation, l’introspection en favorisant un retour authentique vers soi, et en permettant au final de se débarrasser de tout conditionnement pour que la personne soit en état de « réceptivité » de toute information non émanent du cerveau comme une idée ou intuition qui va finalement se transformer en intention pour amener quelque chose qui sort de l’ordinaire. Cette intention va alors avoir un pouvoir considérable sur l’avenir puisqu’elle émanerait du « Soi » et il y aurait une répercussion dans le futur qui attend la personne.

 

Le simple fait d’avoir développé cette intention mais surtout d’avoir été en état de la réceptionner va provoquer, au niveau de la réalité sensible de l’être, des synchronicités (hasards extraordinaires) qui vont se manifester pour réaliser l’intention. Cette opération, pour être achevée, nécessite un cheminement spirituel, en se déconditionnant totalement par un lâcher prise, qui passe par le contrôle du foisonnement du mental, et un détachement de tout ce qui a conditionné l’individu dans sa vie de tous les jours.

              

samedi 5 septembre 2020

Sujet du Merc. 09 Sept 2020 : Que doit-on enseigner ?

 

                     Que doit-on enseigner ?

Que doit-on enseigner et quand doit-on enseigner? Les réponses dépendent des aptitudes que l’on prête à l’enfant, et de la destination que l’on souhaite pour l’individu et l’humanité.

 

Emmanuel Kant suggère d’agir sur l’enfant dès le plus jeune âge pour le détourner de ses tendances néfastes, et de lui imposer une discipline. L’instruction, elle, est la partie positive de l’éducation, mais l’homme ne peut la recevoir que d’autres hommes qui l’aient également reçue. Ce ne sont pas les individus, mais l’espèce seule qui peut arriver à destination. L’éducation est donc un art à perfectionner où Il faut substituer la science au mécanisme, sans quoi elle ne sera jamais un effort continu, et une génération pourrait bien renverser ce qu’une autre aurait bâti.

 

Il pense qu’on doit élever les enfants d’après l’idée d’un état à venir de l’humanité. Mais deux obstacles existent: Les parents souhaitent que leurs enfants fassent bien leur chemin dans le monde, et les princes ne considèrent leurs sujets que comme des instruments pour leurs desseins. L’individu doit apprendre à penser, à connaître combien il est difficile de se suffire à soi-même, de supporter les privations et d’acquérir de quoi se rendre indépendant. Il doit aussi apprendre à travailler pour en venir à jouir de ce qui est nécessaire à sa conservation.

 

Pour Kant, l’élève doit d’abord montrer de la soumission et une obéissance passive, ensuite apprendre à faire usage de sa réflexion et de sa liberté, mais à la condition qu’il les soumette à des lois. L’obéissance de l’adolescent est distincte de celle de l’enfant. Elle consiste dans la soumission aux règles du devoir. L’homme doit apprendre à se passer de ce qui lui est refusé. Il ne doit pas estimer sa valeur d’après les autres, sous peine de s’élever au-dessus d’eux, ou bien de les rabaisser. L’enfant doit aussi apprendre à sentir du respect pour Dieu, d’abord comme maître de sa vie et du monde entier, ensuite comme protecteur des hommes, et enfin comme leur juge.

 

Rien n’affaiblit autant l’esprit et le corps de l’homme que le plaisir auquel on se livre sur soi-même, contraire à la nature humaine. Lorsque l’on porte son penchant sur l’autre sexe, au moins rencontre-t-on quelque résistance. Le devoir de l’adolescent est d’attendre de se marier, agissant ainsi, en homme de bien, et en bon citoyen

 

La philosophie de Jean-Jaques Rousseau est au contraire bâtie autour de l'idée que l'Homme est naturellement bon et que la société le corrompt, que les premiers mouvements de la nature sont toujours droits et qu’il n'y a point de perversité originelle dans le cœur humain. Il favorise donc un homme apte à résister à la corruption sociale.

 

D’abord, pour le nouveau-né qui ne parle pas encore, la nature ne doit être contrariée et l'enfant doit découvrir qu'il peut commander par des signes. Puis l’enfant doit multiplier les relations avec le monde, et s’habituer à procéder, à partir des données sensibles, à des déductions. Vers l’adolescence, Rousseau considère comme nécessaire l’apprentissage d’un métier manuel, moyen idéal de socialisation.

 

Les instructions de la nature sont tardives et lentes ; celles des hommes sont presque toujours prématurées. Dans le premier cas, les sens éveillent l'imagination ; dans le second, l'imagination éveille les sens. La puissance du sexe est toujours plus hâtive chez les peuples instruits et policés. Le langage épuré qu'on dicte aux adolescents, les leçons d'honnêteté qu'on leur donne, le voile du mystère qu'on affecte de tendre devant leurs yeux, sont autant d'aiguillons à leur curiosité.

 

Rousseau reprochait à John Locke, de vouloir trop tôt considérer l'enfant comme un être raisonnable et de vouloir utiliser l'éducation pour transformer l'enfant en homme, plutôt que de laisser l'enfant être un enfant, en attendant qu'il grandisse et devienne adulte de manière naturelle. Pour Rousseau, c'est seulement au moment de la puberté que l'éducation doit donner une formation morale et permettre à l'adolescent d'intégrer le monde social à ses yeux corrompus où règnent l'intérêt particulier, l'abus de pouvoir, et le dépérissement de l’État.

 

John Locke prétend que l’enfant est vierge de toutes connaissance, et que l'éducation fait l’individu, s’opposant à Saint Augustin qui base sa conception de l'humanité sur le péché originel, et à René Descartes qui affirme que l'homme connaît de manière innée les bases de la logique. John Locke décrit un esprit vide qui se remplit par l’expérience, tout en admettant des talents naturels que les parents devraient déceler.

 

Mais quelle doivent être les bases de la connaissance? Depuis d'Edgar Morin, la transdisciplinarité dépasse le seul domaine philosophique, en particulier pour la connaissance humaine mêlée aux croyances.

dimanche 30 août 2020

Sujet du Merc. 2 Sept. 2020 : « Celui qui me tient d'un fil n'est pas fort; ce qui est fort, c'est le fil " Antonio Porchia, Voces (Voix)

 

                          « Celui qui me tient d'un fil n'est pas fort; ce qui est fort, c'est le fil »          
                                                                                                                       Antonio Porchia, Voces (Voix)

« Celui qui me tient d'un fil n'est pas fort; ce qui est fort, c'est le fil. » Certains diront, tout dépend du poids de la personne retenue. D'autres rétorqueront : « Que nenni ! Tout dépend du fil ! » Et c’est cette deuxième proposition qui doit surtout retenir notre attention ce soir, même si, au fond, les deux propositions peuvent être tout à fait complémentaires…

Tenu par signifie : retenir, empêcher de… de quoi ?? C’est la bonne question ! De toute manière, s’il y a en a un qui entrave l’autre dans son action, il le prive de sa liberté. Pour aboutir à ses fins, le censeur utilise soit la force, soit des stratagèmes plus subtils tels que la manipulation. La manipulation mentale est une technique spécifique d'échange : elle consiste pour un influenceur à profiter d'une opportunité pour détourner subrepticement vers son profit personnel et son prestige, les ressources, matérielles et morales, c'est-à-dire les biens et les services, les forces et les faiblesses, les espoirs et les peurs, d'un influencé, de préférence d'un groupe d'influencés.

La manipulation implique un rapport de pouvoir, de domination pour influencer subtilement – consciemment ou non – une personne ou un groupe de personnes et en retirer des bénéfices. 

Cet abus se fait au détriment du manipulé. Son pattern est d’autant plus aliénant qu’il est répété, sournoisement, parce qu’il prive l’être de sa liberté. Pour parvenir à ses fins, le manipulateur dispose de nombreuses stratégies dont certaines sont facilement décelables. Les identifier, c’est poser le premier pas permettant de reconquérir le respect de soi et sa liberté.

Le manipulateur ment, ne communique pas clairement ses besoins, ses sentiments en restant flou. Il remet aussi souvent les qualités et compétences de l’autre en question, parfois en critiquant de manière plus ou moins subtil, en dévalorisant ou en jugeant de sorte qu’il ouvre une faille dans l’esprit de sa proie où le doute va germer. Il lui sera alors plus facile de faire penser à l’autre ce qui va servir ses propres intérêts.


Il tente de se rendre indispensable de façon à créer une dépendance lui garantissant une fidélité, une exclusivité de ceux qu’il choisi d’aimer et faciliter ainsi la réalisation de ses désirs cachés.

Le manipulateur possède une intelligence émotionnelle très développée qui lui permet d’anticiper les besoins et désirs de l’autre. Il sait très facilement se mettre dans la peau de l’autre et n’hésite pas à le faire afin de mieux saisir sa victime dans sa toile d’araignée. Il va ainsi tirer sur toutes sortes de ficelles pour susciter des émotions tel que la culpabilité, le sentiment d’être redevable, de ne pas être correct en doutant de l’autre et le fait que lui, le manipulateur, a raison. 

Ce dernier est d’autant mieux capable de jouer avec les sentiments d’autrui qu’il peut lui même incarner un rôle et simuler des états émotionnels dans le but d’obtenir ce qu’il veut de l’autre.
Il évite de prendre ses responsabilités, va nier l’évidence et chercher à vous convaincre qu’il a raison en jouant avec le doute et les émotions de culpabilité ou autres qu’il a semé en vous.

Le manipulateur demande souvent au manipulé de faire et croire ce qu’il dit alors que lui-même fait le contraire.

N’est-ce pas au nom de la démocratie que ces mêmes techniques sont utilisées pour mieux asservir les peuples et les garder dans leur servitude volontaire ?

Nos sociétés occidentales, sont des éléphants aux pieds d’argile, telle est l’analyse de nos dirigeants politiques. Nos concitoyens sont fragiles. À la moindre contrariété sociale, la paix civile et institutionnelle peuvent être menacées.

 « Les gens savent rarement ce qu’ils veulent, même quand ils prétendent le savoir », disait au début des années 50, l’agence de sondage Advertising Age. En 1965, 1.100 directeurs d’entreprises américaines se rassemblent à New-York (organismes pour l’American Management Association) afin de tenter de résoudre un problème commercial particulièrement aigu : personne ne pouvait prédire les comportements des consommateurs. Cela se traduisait par un désastre en termes de chiffre d’affaire. Les difficultés que dénonçaient ces agences, provenaient de l’apparent esprit de contradiction des individus interrogés. Il était impossible de prévenir leurs réactions. La question étant de savoir comment agir sur le subconscient d’une population déterminée. Comment persuader les masses et influencer leur conduite par des techniques ingénieuses dans le seul but d’un quelconque conditionnement psychologique ?

Que se soit en marketing ou en politique mais aussi pour faire passer de nouvelles normes en société, on utilise la loi la plus banale de la suggestion psychologique, la loi de la répétition. La chose affirmée arrive par la répétition à s’établir dans les esprits au point d’être acceptée comme une vérité démontrée.

On accapare les pages des journaux, des magazines, de TV, on offre des programmes coûteux aux auditeurs de radio en utilisant deux autres moyens de suggestions également très efficaces : l’affirmation (de préférence dégagée de tout raisonnement et de toute preuve, est un moyen sûr de faire pénétrer une idée dans l’esprit des masses) et enfin l’intensité de cette affirmation. Ces explorations de la psychologie collective n’étaient pas anodines.

Cependant, la science politique américaine va également se pencher sur la psychologie collective des populations vivant dans nos sociétés démocratiques d’après-guerre. Une société post-industrielle, de production, de culture mais aussi de communication dite de masse… Le but ultime de ces études visait avant tout à établir des procédés et des techniques permettant aux démocraties d’avoir un contrôle social direct sur la population, via notamment les médias.   

    
Autrement dit, comment canaliser une population dans un régime démocratique sans recourir à la force ? Il fallait créer une science du maniement du cerveau des foules au service de la paix civile et sociale.

Pour qu’une véritable discipline de persuasion des masses se crée, il faudra attendre les véritables manipulateurs du symbolisme politique, apparus aux États-Unis au milieu des années 1950. Ces maîtres d’une discipline d’un nouveau genre, faisaient la synthèse des travaux de Setchenov et de Pavlov (la psychologie soviétique) et de leurs réflexes conditionnés, de Freud et de ses images du père, de Rienman et de son idée de concevoir les électeurs américains comme des spectateurs consommateurs de la politique.

Dans nos sociétés modernes, l’ensemble de la population habite un univers factice composé de « stéréotypes » L’individu moyen de ce début de siècle, vit de plus en plus par procuration (identification à telle ou telle « vedette ») et dans un « pseudo-environnement mental » que les médias institutionnels se chargent pour eux d’organiser ; déformant, simplifiant la réalité, à l’extrême.


Cela permet à l’individu de penser à moindre coût (l’Etat pense à sa place ce qui est bon ou pas afin de maintenir le consensus social) faisant ainsi l’économie d’une expérimentation de la réalité, réalité pas souvent bonne à voir et encore plus difficile à assumer par la population.

Dès lors, il est facile en agissant sur les symboles et les stéréotypes (et donc les consciences) de fabriquer totalement une opinion publique, usant des méthodes de communication de masse et de psychologie. Dans ce cadre, il est bon de s’interroger sur un autre phénomène découlant de ce processus. La chute vertigineuse du niveau culturel de nos sociétés. Autrement dit, la prolifération constante de ce que l’on pourrait appeler l’insignifiance intellectuelle.

Déjà en 1861 l’économiste Augustin Cournot prévoit pour l’avenir, un monde monotone et source d’ennui car tout sera uniformisé et aseptisé. Un univers où tout sera organisé, planifié, prévu pour les individus ayant perdu toute originalité, fondus au sein d’une masse incapable de penser. L’Histoire ne sera plus qu’une gazette officielle servant à enregistrer les règlements, les relevés statistiques, l’avènement des chefs d’Etat et la nomination des fonctionnaires, dit-il.             

 
Ce magnifique tableau d’anticipation de notre société contemporaine est à rapprocher de la vision futuriste d’Alexis de Tocqueville dans son célèbre « De la démocratie en Amérique »(1835) « « Je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme - Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; Il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. »

En 1891, dans « The New Utopia », le romancier Jérôme K prévoit également une uniformisation des pensées ou les individus ne sont plus que des numéros, parfaitement identiques d’aspect (on opère ceux qui ont des différences trop marquées). Les trois auteurs ne se distinguent guère sur l’approche avant-gardiste de notre société. 

          
Néanmoins Cournot souligne un élément fondamental. Selon lui, dans ce monde futur, il subsistera malgré tout la menace du soubresaut, à cause de « toutes les sectes de millénaristes et d’utopistes » prêtes à faire renaître la lutte des classes, le plus redoutable antagonisme dans l’avenir pour le repos des sociétés ; il pourra toujours apparaître « un chef de secte, inventeur d’une nouvelle règle de couvent, capable de l’imposer au monde civilisé tout entier » Cournot a bien écrit cela en 1891.
Enfin en 1903, Daniel Halevy publie un roman de fiction politique intitulé « Histoire des quatre ans, 1997-2001 » Il imagine la société de la fin du vingtième siècle dominé par une démocratie de démagogues ayant un tissu social en pleine décomposition. « Les populations, réduites à l’oisiveté, ayant perdu tout stimulant, toute vigueur et toute notion de valeur, s’adonnent à des divertissements passifs, drogue, érotisme, homosexualité, pratiques considérées comme normales. Les organismes, corrompus et affaiblis par une vie malsaine, sont victimes d’une nouvelle épidémie, que la médecine n’arrive pas à maîtriser » rajoute-t-il.

Afin d’éviter l’implosion de la société, le pouvoir politique dévie l’attention du public de certains problèmes contemporains qui l’entourent. C’est ce que l’on appelle l’ « État illusionniste ». Le maniement habile du symbolisme politique et de l’illusionnisme politique afin d’entretenir la légitimité du pouvoir est une des caractéristiques de l’État. Le plus grand et le premier théoricien de l’illusionnisme politique fut très certainement Machiavel. L’illusion en politique est un art, disait-il, une méthodologie indispensable qui permet à l’État de « s’affairer à la chose tandis qu’il oriente son regard ailleurs » Machiavel comparait l’espace politique à l’espace théâtral, avec ses coulisses, ses ficelles, ses acteurs, mais aussi ses décors en carton-pâte et ses polichinelles ! 

L’espace politique permet, à l’instar de l’espace théâtral, de recourir à de multiples effets d’optiques. Machiavel désignant le pouvoir politique par « le prince » jouant autant de rôles devant ses « spectateurs » (les masses) qu’exigent les circonstances du moment.

Le manipulé a-t-il encore des chances devant ces grands illusionnistes politiques ? 

De quoi a-t-il réellement peur ? De couper le fil et de se casser le cou ? 

Et si ses pieds n’étaient en réalité que sur terre ? 

Ne serait-il pas alors grand temps d’avancer seul en refusant d’être le jouet en chair et en os d’habiles marionnettistes ?


lundi 24 août 2020

Sujet du Merc. 26 Août 2020 : "Nul n'est aussi intelligent qu'il veut" Alain

 

                           "Nul n'est aussi intelligent qu'il veut"  Alain.

Alain est classé comme un philosophe moraliste et c’est en partie vrai. Il faut toutefois s’attacher à voir en quoi sa vision morale de la philosophie se distingue de ses prédécesseurs. “ C’est la volonté qui juge et pense ” (Lettre à Élie Halévy, du 3 avril 1901), dans la connaissance aussi bien que dans l’action, et c’est en quoi toute vérité, comme toute vertu, est “ de volonté ” (Abrégés p. 801). Si l’esprit “ met tout en ordre ”, comme disait Anaxagore, et dans la perception elle-même, c’est pour autant seulement que l’esprit est doué de volonté ou, mieux, est la volonté jugeant.

D’où la liberté, et le doute de Descartes. Penser c’est juger, juger c’est vouloir, et “ le seul devoir est d’être libre ”.

 

 On en sait toujours assez pour agir en homme : ce n’est pas l’intelligence qui est en défaut, c’est la volonté ce n’est pas la science qui manque, c’est le courage. “ … il n’est pas difficile de céder à la peur il n’y a qu’à la laisser faire. Comme pour dormir le matin, il suffit de s’abandonner. Le paresseux ne choisit point la paresse la paresse se passe très bien d’être choisie. La gourmandise de même, et la luxure, et tous les péchés cela va tout seul ”.

 

On dépasse ici le simple rappel à la morale en effet le but c’est d’être  un homme, mais cela ne va point sans choix. En effet le tyran ou l’assassin sont humains aussi. Trop humains ? Alain, qui n’aimait guère Nietzsche, dirait plutôt qu’ils le sont trop peu, ou trop mal, n’étant soumis qu’à la partie en eux la plus animale :  Être vaincu en soi-même par soi-même animal, c’est la faute ”. Faute contre l’esprit, contre l’humanité, et contre soi. À l’inverse, “… dès qu’un homme se gouverne bien lui-même, il se trouve bon et utile aux autres sans avoir seulement à y penser. C’est l’idée de toute morale le reste n’est que police de Barbares ”.

 

Peut-être retrouve-t-on ici le « connais-toi toi-même » socratique ? Loin de l’accumulation de connaissances, des diplômes empilés, Alain nous propose-t-il une « intelligence » qui résiderait principalement et avant tout dans le critère de son efficience pratique ?

Le danger serait alors de tomber dans le rejet de la connaissance et de la (ou des) méthode(s) pour fonder des vérités.

En effet in fine l’homme prouve par ses réalisations la justesse de ses idées, conceptions etc, et celles-ci ne tombent pas du ciel.

La volonté « nul n’est aussi intelligent qu’il veut » dit Alain est-elle vraiment le seul critère de l’intelligence telle que nous en avons proposé la définition ?

Question classique de la philosophie : on peut vouloir mais que faire de cette volonté si on n’a pas le pouvoir de l’accomplir ( force physique, argent, possibilité de se déplacer, de voir, de toucher …) ?

 

Peut être touchons nous là la limite de la proposition d’Alain ?

Certes il faut du courage pour se lever le matin, ou pour se lancer dans l’apprentissage de la menuiserie ou de la physique ; mais loin de la discussion biaisée sur les capacités « naturelles » de chacun, la réflexion d’Alain soulève aussi le problème de l’aliénation.    

On peut fort ordinairement penser qu’on est nul en maths ou en philo, mais quel est le fond de cette réflexion ? On serait « intelligent » pour les maths et pas pour la philo, et pourquoi donc ? Pourquoi être persuadé de cette « déficience », d’où vient cette amputation volontaire de nos propres capacités ?

Doués, pas doués, faibles, forts d’où sortent ces catégories qui rassurent car elles figent dans l’immuabilité les rapports entre les hommes ?

 

Si volonté nous devons avoir pour être intelligents, ne réside-t-elle pas justement dans cette première intelligence qui serait celle de décoder les certitudes, de renverser les évidences. De douter ?

 

Et au fond ne serait-ce point le socle qui nous permettrait de quitter la morale, y compris celle proposée par Alain d’ailleurs ! Cette morale du « courage ». Sauf à considérer que douter est courageux.

 

Au fait pourquoi pas ?

 

mardi 18 août 2020

Sujet du Merc. 19/06/2020 : L’influence de la société sur la pensée ?



 EXCEPTIONNELLEMENT CE MERCREDI 19/08 : PAS DE PHILOPISTE.

Le Café Philosophique de Montpellier se tient

tous les MERCREDIS à 20h30
A la Brasserie «  Le Dôme »

Angle Ave Clemenceau, Cours Gambetta – Place St Denis.

 

Blog du café philo  http://philopistes.blogspot.fr/            

                                                

1272                   CeMercredi  19 Aout

                           
                          L’influence de la société sur la pensée.

 

1273                   Mercredi  26 Aout

 

                     « Nul n’est aussi intelligent qu’il veut » Alain

 

1274                   Mercredi  02 Septembre

 

        « Celui qui me tient d'un fil n'est pas fort; ce qui est fort, c'est le fil »     
                           Antonio Porchia, Voces (Voix)

1275                   Mercredi  09 Septembre

 

                        Que doit-on enseigner ?

1276                   Mercredi  16 Septembre

 

             Quelle forme de spiritualité aujourd’hui ?

1277                   Mercredi  23 Septembre

 

                           Et l’argent dans tout ça ?

1278                  Mercredi 30 Septembre

 

 

Blog du café philo     http://philopistes.blogspot.fr/

lundi 10 août 2020

Sujet du Merc. 12 Aout 2020 : Que faire à part être ?

 QUE FAIRE A PART ETRE ?

Avant tout traitement de ce sujet il faudra au préalable déblayer rapidement le terrain. Il sera en effet nécessaire de faire un sort à un pan de la philosophie idéaliste ( Idéaliste : qui donne une prééminence de l'esprit sur la matière ), dont le représentant le plus éminent est Berkeley et son fameux "raisonnement" qui aboutit au non moins fameux solipsisme ( enlevons les propriétés des choses observées - goût, couleur, forme, etc…. et nous pouvons alors en conclure qu'elles n'existent pas !  --- Mais Mr Berkeley existe-t-il ?).

Nous poserons donc que nous sommes. Que les divers objets ou être qui nous entourent, sont. De même que les productions que sont nos pensées sont. Mais qu'il est nécessaire, en préalable, d'être.     

Être, somme toute, est assez facile. Nous accédons au monde et par des processus naturels et culturels, nous parvenons à l'existence qui, pour les hommes s'adjoint un attribut : la conscience de soi. Jusque là rien de bien compliqué. Mais que faire de cette existence.
Que faire à part être ? Les animaux ou les végétaux ne se posent pas cette question. Les hommes eux se la posent. Diverses solutions ont été et nous sont proposées. Nous sommes,
 alors :

Méditons sur la mort; quel sens à la vie (a la vie) ?; occupons-nous de la cité, soyons égoïstes, aidons notre prochain …. La liste pourrait être longue d'injonctions, de conseils, de recettes …. pour "être". Mais toutes ces définitions ont en commun de considérer l'homme en tant qu'individu, en tant que monade isolée.

Il faudra attendre Hegel pour qu'avec force soit déclaré :   
" L'association en tant que telle est elle-même le vrai contenu et le vrai but et la destination des individus est de mener une vie collective ; et leurs autres satisfactions, leur activité et les modalités de leur conduite ont cet acte substantiel et universel comme point de départ et comme résultat " Hegel, Principes de la philosophie du droit.

L'essence de l'homme ne pourrait donc se réaliser pleinement que par une "vie collective" et cet "acte substantiel" serait à considérer comme un "point de départ et un résultat"

Ainsi Hegel définit un point supplémentaire, heurtant de front la philosophie classique pour laquelle la conscience de soi était le pivot de tout autre manifestation de l'être, celui de son inclusion dans une collectivité. Certes Aristote nous avait dit que l'homme était un "animal politique", mais il n'avait pas vu ce que Hegel révèle de manière pertinente, la question du "point de départ et un résultat".

Qu'apporte donc Hegel à la philosophie qui modifie de manière irréversible la conception - que nous pouvons désormais aborder sous un autre angle - de l'essence humaine ? Certainement la perception dialectique des phénomènes.

On pourrait résumer cette méthode d'analyse de la manière suivante :

-          La vie collective est le point de départ de l'essence humaine

-          Est simultanément elle en est le résultat

 Pas d'homme sans collectivité et réciproquement pas de collectivité sans homme. L'interaction est permanente c'est ce qu'on appellera un processus. Hegel rompt ici complètement avec les catégories figées et dogmatiques de la philosophie classique qui auraient séparé : l'homme - la collectivité - le point de départ - le résultat.          

Un autre philosophe, Moses Hess, reprendra cette conception en l'appliquant au domaine de la liberté.

"Si réellement l'individu correspond à son concept, en d'autres termes, si l'homme est réellement ce qu'il doit être selon son essence, alors la liberté individuelle ne se distingue pas de la liberté générale ; car l'homme véritable vit seulement la vie de l'espèce et ne sépare pas son existence individuelle, particulière, de l'existence générale" Gazette rhénane, 17 mai 1842.

 Voilà qui nous écarte radicalement des théories hédonistes ou nombrilistes, et qui remet en cause l'aspect infernal que Sartre croyait voir dans les "autres".

Mais n'est ce qu'une question de point de vue ? Sommes-nous sans les autres ? Et que pouvons nous faire (agir) à part être (faire)… avec les autres ?


samedi 1 août 2020

Sujet du Merc. 05 Aout 2020 : Que valent les hommes ?

                                   QUE VALENT LES HOMMES?

 

Poser la question de la valeur, c'est adopter un point de vue normatif et comparatif. L'objet en question est alors envisagé par rapport à un ou plusieurs autres. A cet effet, il faut se doter de critères de choix. Cela n'est pas objectif, mais toujours arbitraire. A contrario, ne peut-on aussi considérer que les hommes ne valent que ce qu'ils font dans une situation donnée?

 

Concernant les hommes, il s'agit donc de savoir si l'on considère qu'ils sont la valeur ultime ou si la valeur qu'on leur attribue est relative et fonction des circonstances du moment. En bref, va-t-on adopter des valeurs humanistes ou d'autres, au choix ? Et dans quelle mesure cela pourrait-il se justifier ? La question relève de la morale ou de l'éthique. Poser le problème revient à poser l'Homme en premier puisque c'est lui qui s'autorise le droit, implicitement absolu, de le faire. C'est considérer l'Homme comme valeur ultime au-dessus de toutes les autres. Est-ce le prendre pour Dieu, remplacer ce dernier par l'humanisme comme culte de l'Homme ?

 

Ou faut-il considérer les hommes dans et par leurs actes ? Y a-t-il autre choix qui vaille, pour les hommes ? En tout cas, ce n'est pas là la pratique devenue conception qui a prévalu depuis des millénaires, quand certains sapiens ont progressivement pu considérer que d'abord certains hommes puis la majorité d'entre eux ne leur étaient pas égaux mais inférieurs. Et qu'ils devaient en quelque sorte leur être soumis de gré ou de force. Une force qui sera douce, persuasive ou violente. Cela signifiait que la majorité des hommes devenait inférieure même à des objets dont elle n'était considérée que comme le moyen de les réaliser. Cela ne signifie-t-il pas qu'à partir d'un certain moment de l'histoire des hommes ont pu être utilisés à des fins autres que leur existence librement vécue ? Et même être sacrifiés à ces fins. Quitte à ce qu'on les tue pour la réalisation de celles-ci.

 

Dès lors, comment comprendre la situation que nous vivons aujourd'hui ?  Considérons la question à partir de quelques philosophes pour aboutir in fine à Marx. Mais d'abord, il faut un peu préciser la situation révolutionnaire qui semble aujourd'hui se dessiner. Les peuples sont considérés comme des entités devant être obéissantes et soumises par le moyen de terreurs sanitaire et écologique. Ceci n'empêchant pas pourtant qu'on les pousse à l'hubris de pulsions consommatrices, renforcées à nouveau sans limite par le spectre tout aussi terrifiant de centaines et de milliers de milliards de dettes subrepticement créées ex abrupto, dans l'urgence. En outre, ces dettes sont soumises à des taux d'intérêt, faibles pour l'instant mais variables dans le temps, et par-dessus le marché à échéances mal définies...

 

La solution envisagée reposerait à terme sur des technologies combinées moléculaires, vertes, numériques et sociétales ; tous ingrédients à propension majoritairement peu humanistes. On pense aux possibilités de dérives d'eugénisme renouvelé, de despotisme environnemental considérant les hommes comme prédateurs ultimes de la divinité nature, de transhumanisme de l' « Homme amélioré » et de celles de l'usure et de l'hubris financiers à outrance. Ce mix détonnant prend place dans le port apeuré et universel du masque chirurgical par l'humanité tout entière dans un rapport d'oblitération du visage d'homme et d'éloignement social à l'autre. Tout à coup, le commandement est que l'autre devienne mon ennemi. Le rapport humain est jeté à bas. Les hommes sont précipités dans un statut de monades individualistes, par là devenant impuissantes.

 

Le philosophe Jean Bodin, humaniste de la Renaissance, affirmait : « Il n'y a de richesse que d'hommes ». Ce pluriel indique déjà qu'un homme seul, parfaitement isolé n'est pas viable, n'a jamais existé et n'aurait jamais pu l'être. Bodin rejoint Aristote : « L'homme est un animal politique ». Pour Aristote, il s'agissait bien sûr des hommes car il ne saurait y avoir de politique sans polis ou société des hommes, précisément. De plus, la nature étant irrémédiablement indifférente aux hommes bien qu'ils en fassent partie, toute richesse qui y est contenue dont ils peuvent faire usage ne peut venir que de leur inventivité et de leur industrie. C'est bien pourquoi, pour les hommes, il n'y a de richesse que d'eux-mêmes. Et d'aucun dieu, entité imaginaire ou groupement d'hommes de pouvoir s'insurgeant comme tel.

 

Quant aux supposés droits de la nature, celle-ci étant indifférente aux hommes, seuls les hommes peuvent lui accorder ces droits et cela nécessairement en accord avec leurs intérêts. Dans cette ligne, Descartes avançait que les hommes sont « comme maîtres de la nature ».

 

Quant à Kant, philosophe de la fin des Lumières et humaniste, son éthique propose 1) que tout homme ne doit jamais être considéré uniquement comme un moyen mais toujours comme une fin, comme le but ou la valeur ultime et 2) qu'un homme a soit un prix, soit une dignité. Ces deux propositions apparaissent en rapport avec le capitalisme industriel naissant. Mais sont-elles réellement justifiées ? Si c'est le cas, suivant quels principes ? Et sont-elles même le moins du monde pratiquées depuis des millénaires ? Et dans quelles circonstances précises ? Ont-elles même été pratiquées depuis les Grecs anciens ?


Et ont-elles même jamais été pratiquées depuis la Renaissance européenne ?  Protestant du début du 16ème siècle, Jean Calvin fait admettre le prêt à intérêt en monnaie. S'il s'était agi de prêt d'une substance organique vivante, par définition capable de se reproduire par elle-même, telle que des semences agricoles qui chacune donne plusieurs fois plus de grains que la mise, les intérêts sur les semences prêtées seraient aisément honorés en une seule saison. Mais la substance inerte de la monnaie, telles des pièces  d'or, ne peut s'inventer ni se créer à partir de plomb. Sauf à remplacer l'or par un métal commun (Solon d'Athènes), des billets de papier ou, mieux, des bits numériques virtuels reproductibles à souhait suivant des règles admises mais toujours transgressables.

 

Mais ce ne sont là que richesses symboliques que des hommes de pouvoir peuvent reproduire à volonté d'un claquement de doigts. Mais alors cette richesse perd de sa valeur. Sauf à extraire toujours plus du travail des hommes, alors majoritairement considérés comme le moyen d'autres fins qu'eux-mêmes. A ce stade, que valent encore les hommes ? Ils valent le produit de leur activité usurpé par une minorité toujours plus restreinte qui accumule le capital-richesse ainsi pompé de la vie même de la majorité.

 

Cette activité sera commandée avec doigté par ces hommes de pouvoir, majoritairement à leur profit et sans limite, selon leur guise. Est-ce le cas aujourd'hui ? 

Oui, c'est le cas ; Il se construit rapidement ces semaines-ci et à très grande échelle. Cela ne peut se combattre qu'ensemble, en connaissance de cause. C'est cette connaissance qu'apporte la philosophie. Si nous le voulons bien. 

Bref, chacun devrait s'y mettre avec tous les autres. Car savoir seul et combattre seul, c'est essentiellement vain. Seuls les hommes sont responsables. Pas les pierres ni les dieux.


dimanche 26 juillet 2020

Sujet du Merc. 29 Juil. 2020 : Racialisme et question sociale.


                   Racialisme et question sociale.    

Depuis le 25 Mai 2020, date de l’assassinat par la police de George Floyd à Minneapolis (U$A), un mouvement international, rangé sous l’étiquette Black Lives Matter (BLM : « les vies noires comptent »), bénéficiant d’un appui médiatique considérable, condamne tout à la fois les « violences policières » et le « racisme ». Une campagne de manifestations se développe partout dans le monde.

Mais tout cela, ne le savions nous pas ? Le racisme au U$A est le fondement idéologique même de cette société (massacre des peuples indigènes, esclavagisme, discrimination …).         

Les « violences policières » doivent elles nous étonner ? L’Etat a besoin d’hommes en armes, armée, police, milices pour défendre les intérêts de la classe sociale qui dirige les rapports économiques. En juillet 1942 la police parisienne a raflé 13 000 (dont 1/3 d’enfants) pour les remettre aux nazis. Cette même police fut lancée sur les grèves ouvrières des années 1948, juste après la libération. Etc. … Sans oublier les massacres de Sétif et Guelma en Algérie occupée dès le ….8 Mai1945.           

Ne faut-il pas faire rentrer dans les têtes qu’il n’y pas de classes sociales. Mais une infinie mosaïque de « communautés » : blacks, blancs, beurs, lgbt, queer ….. C’est la nouvelle doctrine ! Bourgeois et prolétaires c’est fini. La violence, la haine doit se racialiser, se communautariser.

La police tue des gens tous les jours de par le monde au nom d’une violence légale.
Mais tous les jours des milliers de gens (dont beaucoup de jeunes enfants) meurent dans les usines, les mines, les chantiers, au travail. Ils ont un nom : « les damnés de la terre », les ouvriers, les petits paysans.
Ils sont noirs, blancs, jaunes, vieux, jeunes ? Non, ce sont avant tout des exploités.         

Mais creusons un peu les affaires Floyd et Traoré. Au-delà de la morale il y a les faits : Le frère de George Floyd est reçu à Genève et l’organisateur de ce déplacement est le mouvement cité plus haut : BLM. Quant au sponsor médiatique il s’agit "Democracy Now", un site US/news/tv animée par la journaliste Amy Goodman.
Mais au fait qui finance DN et Amy ? Le bienfaiteur bien connu : Georges SOROS ! (Democracy Now!
Democracy Now! Was created in 1996 by WBAI radio news director Amy Goodman and four partners to provide “perspectives rarely heard in the U.S. corporate-sponsored media,” i.e., the views of radical and foreign journalists, left and labor activists, and ideological foes of capitalism. Pour fournir des perspectives rarement entendues dans les médias sponsorisés par les entreprises américaines '', c'est-à-dire les points de vue de journalistes radicaux et étrangers, de militants de gauche et de travailleurs et d'ennemis idéologiques du capitalisme. ». En 2014, Soros a financé BLM à hauteur de 33 millions de dollars.
    

Peut-on mettre sur le même plan un peuple travailleur et des individus vivant d’expédients ?

Aujourd’hui il est politiquement incorrect de parler ainsi. Et pourtant ne devons-nous pas constater que par suite du développement du capitalisme, des masses importantes de gens n’ont jamais
travaillé ? Sont exclues de toutes socialisation et se réfugient dans des appartenances claniques, de gangs, de groupes religieux ; développant « leurs » lois, « leurs » territoires, « leurs » trafics …. « leur» racisme.
Rejetées aux périphéries de nos villes, elles développent une forme « d’économie » sur fond de
« commerces » de tous genres : vols, drogue, prostitution, rackets….          

K. Marx caractérisait cette population ainsi :

« Le lumpenprolétariat — cette lie d’individus déchus de toutes les classes qui a son quartier général dans les grandes villes — est, de tous les alliés possibles, le pire.    
Cette racaille est parfaitement vénale et tout à fait importune. Lorsque les ouvriers français portèrent sur les maisons, pendant les révolutions, l’inscription
: “Mort aux voleurs !”, et qu’ils en fusillèrent même certains, ce n’était certes pas par enthousiasme pour la défense de la propriété.         

Malheureusement notre société sécrète constamment cette frange de lumpenprolétariat (prolétariat en haillons – Mot créé par Marx) qui développe elle aussi du racisme et de la violence et si elle y trouve son intérêt bascule, sans état d’âme, dans le camp du « plus fort ».        

Voici ce qu’écrivait Marx lors de la répression de la révolution de 1848 :

« C’est la garde républicaine et la garde mobile qui se sont comportées le plus mal… La garde mobile, qui est recrutée, dans sa plus grande partie, dans le lumpenprolétariat parisien, s’est déjà beaucoup transformée, dans le peu de temps de son existence, grâce à une bonne solde, en une garde prétorienne de tous les gens au pouvoir.
Le lumpenprolétariat organisé a livré sa bataille au prolétariat travailleur non organisé. Comme il fallait s’y attendre, il s’est mis au service de la bourgeoisie, exactement comme les lazzaroni (voleurs, brigands) à Naples se sont mis à la disposition de Ferdinand. Seuls, les détachements de la garde mobile qui étaient composés de vrais ouvriers passèrent de l’autre côté.

Mais comme tout le remue-ménage actuel à Paris semble méprisable quand on voit comment ces anciens mendiants, vagabonds, escrocs, gamins et petits voleurs de la garde mobile que tous les bourgeois traitaient en mars et avril de bande de brigands capables des actes les plus répréhensibles, de coquins qu’on ne pouvait supporter longtemps, sont maintenant choyés, vantés, récompensés, décorés parce que ces « jeunes héros », ces « enfants de Paris » dont la bravoure est incomparable, qui escaladaient les barricades avec le courage le plus brillant, etc., parce que ces étourdis de combattants des barricades de Février tirent maintenant tout aussi étourdiment sur le prolétariat travailleur qu’ils tiraient auparavant sur les soldats, parce qu’ils se sont laissés soudoyer pour massacrer leurs frères à raison de 30 sous par jour ils ont abattu la partie la meilleure, la plus révolutionnaire des ouvriers parisiens ! »   

Ne devons-nous pas refuser le mot d’ordre de Soros : BLM : « les vies noires comptent », comme slogan raciste, source de divisions fausses ?
Il n’y a qu’une humanité et toutes les vies « comptent ». Faut-il se laisser bercer par un moralisme puant, une  « culpabilité » sortie tout droit de la « philosophie » morale ? Trop facile ……

Il y a des responsables à ces morts et il faut les nommer : misère, pauvreté, exclusion, chômage, tous fruits d’un système économique bien identifié. 
           
 « Il faut reconnaître tout être humain, sans chercher à savoir s’il est blanc, noir, basané ou
rouge ; lorsque l’on envisage l’humanité comme une seule famille, il ne peut être question d’intégration ni de mariage inter-racial.
 »
  MALCOM X        

Racialiser la question sociale c’est vouloir la décomposition des peuples. Le mot d’ordre de l’universalisme philosophique ne doit-il pas être : ni race, ni peuple élu : unité du genre humain ?

Le sens philosophique du mot « peuple » concerne tous les êtres humains considérés d’un point de vue éthique, universel, qui ne peut que rejeter toute division raciale ou autre.


Sujet du Merc. 23 Sept 2020 : ET L'ARGENT DANS TOUT ÇA ?

                                            ET   L'ARGENT   DANS   TOUT   ÇA ?   « Comment ça, l'argent est un objet philosophiq...