« Sans Dieux l’homme vivrait comme un
animal »
C’est avec assurance que le curé d’Ars sermonnait ses
ouailles de la campagne qui avaient oublié leur dieu, préférant certainement le
travail de la terre et les plaisirs de la chair.
Jean Marie Vianney expliquait aux mécréants leur état
décadent à en oublier le sens de la vie des hommes : « être la création de Dieu
» au milieu du règne animal.
Dans l’univers circonscrit de la croyance religieuse, les
dieux ont pour chacun de nous un plan précis, un projet !
L’humain et l’animal ont ils un destin prédéfini ?
Si nous rejetons ou si nous oublions les dieux,
l’animalité nous gagnera-t-elle ?
L’animal… un mot qui a plusieurs définitions.
Platon propose cette définition du mot dans l'Épinomis :
« ce qui résulte de l'assemblage et de l'union d'une âme et d'un corps sous une
même forme ».
Platon, qui semble s’être intéressé fortement à «
l’immortalité de l’âme », a du donner certainement beaucoup de difficultés aux
copistes-traducteurs qui nous ont rapporté ses écrits mis en conformités avec
les penseurs de nos civilisations actuelles.
Aristote consacre au chapitre sept et suivants de son
livre L’Histoire des Animaux, un vaste regard à « l’humain », avec des articles
qu’il a semble-t-il fortement puisé dans les travaux d’Hippocrate… mais c’est
trop tard pour faire un procès ! Les manuscrits revisités sont aussi sous la
bonne garde des bibliothèques religieuses, garantissant le bon esprit des
propos philosophiques…
Oui, pour les philosophes, l’homme est un animal…
Pour les « philosophes aristotéliciens », l’homme est « un
animal politique »…
Pour les « philosophes » religieux, le principe divin est
en l’homme… ce qui le place au-dessus du genre animal…
La controverse de Valladolid a fortement influencé les
mondes politiques et religieux pour se poser quelques questions primordiales
sur les peuples, les ethnies ou même les « races », avant que ce mot ne soit
classifié indésirable…
À savoir si « tous les humanoïdes » avaient une âme… même
les gens de couleur autre que blanc pâle… et que dire, que penser de ces
humanoïdes du sexe féminin ?
L’humain existe-t-il vraiment en tant qu’humain ou
doit-il se considérer toujours à l’état animal ?
Est-ce les dieux ou Dieu qui donnent sens à l’humain ?
L’humain vient-il d’un dieu, ou Dieu de l’humain, par
prise de conscience de sa supériorité « évidente » devant la nature…
Victor Hugo écrivait : « il faut que l’herbe pousse et
que les enfants meurent ».
Il place l’humain dans la chaîne animale sans proposer le
projet divin pour nous tous : la vie éternelle offertes par les dieux…
« Alors, alors », aimait à dire Anatole France… oui, si
la nature humaine fait de nous des animaux évolués, pourquoi les dieux ont soif
de sang ?
Les humains et leurs dieux sont dans les jeux de massacre
depuis quelques milliers d’années…
Y a-t-il eu un « avant les dieux » ?
Et s’il y avait un « après les dieux » ?
L’humain est-il plus juste, plus sensé, plus « humain »
que les autres animaux ?
Le monde animal est-il enviable ?
La vie des animaux est cruelle…
Oui, quand le chat joue avec la souris, il y a mise à
mort. C’est une corrida où le toréro gagne à tous les coups, sans forcément
vouloir manger sa victime !
Quand deux girafes se battent pour une femelle… la
violence de la scène nous fait oublier la majesté de l’animal !
Quand de blanches colombes se mutilent à coups de becs
pour trois grains de maïs peut-être transgéniques… on cherche en vain le rameau
d’olivier !
Et qui peut dire en toute honnêteté si une « colonie de
fourmis » est légitime dans le territoire conquis précédemment par des termites
?
Mais les animaux n’ont pas la bombe atomique !
Schopenhauer s’intéresse à l’art de vivre ensemble… et
dans son « dilemme du hérisson ou du porc-épique », la place à donner aux dieux
pourrait s’ajouter à l’intérêt d’aller vers les autres !
Avec un dieu ou sans dieu, qu’est ce qui change vraiment
à notre animalité ?
Qu’est au juste l’état animal pour chacun de nous ?
L’animal assure la survie de son espèce en cherchant à se
nourrir, à se reproduire, à protéger sa progéniture, à agrandir son territoire…
L’humain aussi !
Mais qu’est-ce qu’un humain ?
À lire Marguerite Yourcenar, c’est plutôt limité : «
depuis Adam, très peu de bipèdes peuvent prétendre à l’appellation d’humains ».
Qui oserait affirmer que Pierre Boulle, dans La planète
des Singes — revisitée hélas en films de manière désespérante, faisant perdre
tout le sens voulu par le philosophe — nous rappelle que « les singes primitifs
»… ce sont les « humains que nous sommes » qui n’ont pas encore appris à dire «
non »… c’est-à-dire à « parler », c’est-à-dire à « s’exprimer en liberté » !
Et les « singes évolués » de Pierre Boulle, ont-ils des
dieux ?
Qu’est-ce qui change vraiment dans la nature humaine, que
d’avoir des dieux ?
Les philosophes n’ont pas encore réussi à être
convaincants à l’unanimité sur les humains et les animaux et les dieux… dans un
univers que nous ne saisissons pas…
Einstein questionnais Freud sur « Pourquoi la guerre »…
Certains font-ils vraiment de la résistance ou n’est-ce
qu’un jeu ?
Qui détient la vérité sur l’idée de dieu et l’humain dans
sa réalité animale ?
Trouverons-nous la vérité divine qui offrira un sens à
l’humain ou devons-nous chercher à nous rassurer sur l’absurdité ou non de
notre existence sans dieu ?
Peut-être en cherchant le sens du mot « amour humain » ?
Être sans dieu, être athée, être laïque, refuser de
croire… n’est-ce pas déjà définir l’existence des dieux ?
Qui saurait réfléchir sans massacre, à de nouvelles
controverses avec celles et ceux qui n’ont pas en eux « l’idée de dieu », mais
qui tentent de comprendre « l’idée de l’homme » ?
Laissons à Anatole France le plaisir de conclure ce
philopiste avec humour :
« D’abord mon ami, je crois que s’il s’agissait de la
Vérité absolue, nous pourrions en dire ce que ce diable de Voltaire faisait
dire à Spinoza, s’adressant à Dieu :
“Je crois, entre nous, que vous n’existez pas.” ».
LES SUJETS A
VENIR SERONT DISCUTES EXCEPTIONNELLEMENT
LE MARDI AU MOIS
D’AOUT
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