dimanche 19 février 2017

Sujet du 22/02/2017 : Y A - T - IL UN POSTE DE PILOTAGE ?

               Y  A - T - IL  UN  POSTE  DE  PILOTAGE ?

Philosophiquement il s'agit des couples opposés finalisme-transcendance et finalité-immanence, et de sophismes érigés entre ces couples. Il y a une différence radicale entre avoir un poste de pilotage (et un pilote pour l'activer) et qu'il y en ait nécessairement un. Cette différence compte parce qu'elle distingue la finalité du finalisme qui affirme l'existence d'une cause première au-delà du monde (transcendance) et in fine un dessein divin pour toutes choses comme « asile de l'ignorance ». En opposition, la finalité est ce caractère de l'action humaine qui adapte les moyens ici disponibles (cause immanente) à la fin poursuivie (dessein humain).
D'une situation à l'autre, il faut sérier les problèmes qui affectent les hommes afin de ne pas sombrer dans l'erreur et d'échapper à l'ignorance.
C'est la condition nécessaire pour déjouer la sujétion à des maîtres et pilotes installés aux commandes de systèmes d'asservissement qu'à travers l'histoire ils ont toujours conçus à leur profit.

Mais qu'est-ce qu'un poste de pilotage ? C'est un dispositif à commandes d'entrée dans un ensemble de capteurs actionnant des fonctions spécifiques, intégrées entre elles dans un système. Un tel système est généralement évolutif par rétroaction sur lui-même.
C'est ce que montre la nature. Nul agent extérieur (transcendance) n'est nécessaire à l'existence et au devenir (processus immanent) de l'univers (Einstein) et de la vie (Darwin). Aucun pilote, agent humain ou autre, extérieur ni aucun poste de pilotage ne sont nécessaires. Le monde n'a ni pilote ni poste de pilotage (immanence).
Spinoza démontre que croire le contraire est une opinion propre à l'esprit humain qui imagine erronément le monde à l'image de sa façon d'agir ! Je fais ceci pour aboutir à cela (finalité), oui. Mais n'assimilons pas les processus de la nature à des intentions de type humain qui aboutiraient de proche en proche à une volonté finale relevant de dieu(x) conçu(s) à l'image de l'agir des hommes (finalisme) ? Cette vue de l'esprit qui imagine la nécessité d'un pilote anthropomorphe aux commandes d'un hypothétique poste de pilotage (Karl Popper) relève de la confusion mentale : celle de « la volonté de dieu, à savoir l'asile de l'ignorance ».
C'est l'antithèse de la science et de la philosophie (connaissances opposées aux mythes, opinions et croyances).

Ce refuge dans l'ignorance fait que les systèmes de croyances fausses – auxquels on fait foi pour y trouver un abri illusoire par manque d'esprit critique – conduisent à la sujétion. Peu importe qu'elle soit consciente ou pas, on y fut amené imperceptiblement en abaissant la garde de la raison. En effet c'est masqués derrière des sophismes qu'avancent les maîtres et agents de notre servitude.
Il apparaît donc que la subtilité du système de croyances est un poste actionné par un pilote extérieur et occulte, tel un dieu transcendant et caché. Si bien que l'abandon de l'esprit critique a permis que le pilote nous fasse imaginer erronément un système-poste comme étant tout naturel et in fine issu de nous-mêmes.

En conséquence de quoi, le pilote passe comme n'étant plus extérieur au poste. On fait croire qu'il serait comme immanent au système-poste qui ne serait alors rien d'autre que les choses les plus naturelles du monde. In fine on fera passer tout cela pour rien d'autre que nous-mêmes dans nos vies immuables.
Ce jeu de dupes nous rend finalement comme maîtres de cette construction imaginaire et agents de notre esclavage. Nous serions cause et fin immanentes (finalité) ! Pour résumer, prenant fait de notre acceptation implicite de ce système de croyance (le poste) identifié à ce qui est naturel et partant à nous-mêmes, les pilotes authentiques nous font en outre nous identifier au pilote.

Ici l'argument moniste de Spinoza semble donc se retourner contre lui. Stop ! Réfléchissons au fond. Trouvons l'erreur ......  En fait Spinoza démontre l'inanité du finalisme. Sauf dans l'agir des hommes qui est une finalité parce qu'il part d'une intention en poursuivant un but.
Ceci ne peut être vrai pour la nature parce qu'on l'imaginerait alors avoir des intentions comme les hommes, ce qui est absurde et aboutirait à la cause première et finale de toutes choses, le finalisme.


Pour neutraliser toute critique de ce sophisme, les pilotes déjà auteurs du système-poste rétorquent par un nouveau sophisme. La réfutation sur un ton persifleur de la « théorie du complot » leur permet de convaincre « les idiots utiles » par l'affirmation que la trame de nos vies se fait d'elle-même sans pilote autre que ce qui est tout naturel ou finalement notre prétendue nature ! Ca coule de source : tout se fait tout seul dans nos vies !
Ce sophisme se mord la queue en se refermant sur lui-même. La cause véritable est l'abandon de la rationalité que nous avons accepté en promouvant volontairement notre servitude. Pour en sortir, il nous faut tirer au clair l'imposture des sophismes qu'imposent les pilotes cachés qui occultent le système-poste en nous enfermant dans le faux. La condition du succès serait que nous anime à nouveau assez d'aptitude et de volonté d'usage de la raison.

Mais est-ce encore possible quand une totalité de distractions pulsionnelles (Pascal) agit aujourd'hui comme une addiction inexorable ? Le logos peut-il échapper au pathos irrémédiablement pathologique ? Comment ? « T'at's t' questio' , 'tupid ! » (Bill Clinton, imposteur).

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