dimanche 24 avril 2016

Sujet du Merc. 27/04 : LE SUPER HÉROS, UNE IDÉE RÉACTIONNAIRE.



 LE SUPER HÉROS, UNE IDÉE RÉACTIONNAIRE

Tout le monde sait à peu près, que les supers héros avec leurs pouvoirs surnaturels viennent en réalité de la bande dessinée des années 30 aux Etats Unis.

 C'est donc un sous genre d'une bande dessinée assez commerciale que l'on peut classer dans la science fiction. Mais déjà là, ce genre qui nous intéresse  d'étudier, déroge à la règle des histoires d'anticipations. Puisque le principe de la SF est de nous projeter dans un futur en imaginant ce que demain sera, en tenant compte du présent, et donc un exercice particulièrement difficile quand à la crédibilité. Je veux dire par là, que normalement l'auteur ne doit pas déformer notre époque avec des problèmes contemporains qui n’existent pas pour justifier l' histoire qu'il nous raconte. Par exemple dans « la planète des singes » ce film est réalisé en pleine guerre froide, ou la menace d'une guerre nucléaire était bien réelle. Et  le scénario, même si il a plusieurs intrigues intéressantes, a un dénouement qui repose sur l'hypothèse d'une guerre nucléaire dévastatrice. On est bien dans la parfaite exécution d'une histoire d'anticipation qui envisage un futur en tenant compte des problèmes contemporains. L'exercice de style sur ce film est magistral.

La majorité des films de SF repose sur des hypothèses puisées dans le ressenti du réel et la qualité de ce parti pris doit bien évidement être sincère et non triché.
Cela peut donner un prétexte à tout un tas de films qui vont reprendre la même hypothèse avec plus ou moins de talents, et pas forcément tous, d'une grande qualité malheureusement. Cela devient rapidement une facilité d'écriture des scénarios qui commence par une population réduite dans un décor de fin du monde. Les spécialistes de la SF appellent cela « les films de survivance » tel Mad Max. Le spectateur  bien souvent n'a plus qu’à adhérer à la psychologie des personnages qui vont évoluer entre l'altruisme et la violence avec une morale un peu toute faite, entre complaisance, voyeurisme ou bons sentiments ; pas toujours réussie.

Mais dans le cas des super héros la démarche est bien différente, de mon point de vue. Le principe que l'on nous propose est que l'auteur admet que la société petit à petit s'améliore avec un niveau de vie qui progresse doucement et surtout des services publics régaliens, armée, justice, police, qui font leur travail. Donc en gros, les crimes et les délits qui pourraient dégrader le système sont apparemment résolus dans l'intérêt général et l'ordre public. Mais il suffit qu'un individu malveillant, donc foncièrement méchant et pervers -mais pas trop (il ne faut pas effrayer les enfants)- avec l'aide d'un peu de technologie peut dégrader la société. Elle est bien là l'hypothèse de départ insidieuse puisqu'une personne toute seule peut mettre en péril tout la société voir la civilisation. Et seul le super héros avec ses supers pouvoirs peut rétablir l'ordre et la sagesse parmi ces pauvres mortels impuissants.
Décidément l’Amérique n'en aura jamais fini avec le bien et le mal.

Le principe réactionnaire que je déteste derrière cette image est que nous avons bien des problèmes dans nos sociétés que nous n'arrivons pas à résoudre. Les guerres, les dictatures, les génocides, le terrorisme ont bien traversés le XX° siècle et cela continu. Ils sont même difficiles à comprendre et font l’objet de débats incessants.

Où cela se complique c'est que comme Superman n’existe pas, on arrive à une justification de l'action policière et juridique de répression sans aucune limite. Pour preuve, la séquence que vient de nous jouer François Hollande avec la déchéance de la nationalité en est, une parfaite illustration. Le plus grave dans tout ça, c'est qu'il comptait sur cette loi pour remonter dans les sondages de popularité, sans même chercher une quelconque efficacité dans la lutte anti terroriste.

Pour prolonger ma crainte, trop souvent les gouvernements de toutes obédiences vont systématiquement utiliser les défauts de nos sociétés pour justifier toutes leurs actions les plus interventionnistes. Aucun sujet n'échappent, à ma connaissance, au phénomène, la récupération est totale : le féminisme, la discrimination, l'écologie...

De ce fait, ils n'ont pas d'obligations de résultats, mais ils spéculent et communiquent sur leurs actions nécessaires et forcements positives. Un problème, et ils déclenchent une commission, puis une étude consultative, et un député va proposer une loi. Ou carrément dissimuler leur impuissance sur leur capacité à résoudre les vrais problèmes : chômage, réduction de la pauvreté, logement.
Pour revenir au cinéma d'anticipation, ce n'est pas si grave que ça, ce n'est que du divertissement. Et puis c'est une figure imposé qui peut aussi réserver des surprises. Le deuxième Batman réalisé par Tim Burton était quand même assez savoureux, avec trois méchants pour le coup, interprété par de vrai stars, Dani de Vito, Michel Pfifeur en Cat Wooman  sexy, et Christopher Wolken en psychopathe sophistiqué, plus un visuel vintage flamboyant très spectaculaire. Le héros Batman sans aucun pouvoir, carrément tristounet, évoluait en second plan dans le film. Dans l'histoire de la création artistique, beaucoup d'artistes vont se plaindre des contraintes qu'on leur impose comme une entrave à leur créativité.

Ma conclusion est que la fiction à besoin de logique pour être crédible et intéressante et c'est donc la logique des scénarios de supers héros qui n'est pas belle quand elle simplifie bêtement une réalité complexe.
Mais encore plus grave bien souvent la fiction va donner en spectacle une violence gratuite qu’elle cherche à dénoncer dans un message moralisateur trop facile.

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