dimanche 5 juillet 2015

Sujet du Merc. 8 Juillet : La fin de l’histoire : c’est la liberté ?.



                     La fin de l’histoire : c’est la liberté ?.
                        
Hegel et  L'HISTOIRE MONDIALE (Weltgeschichte)

                               A la fin de sa volumineuse « Philosophie de l'Histoire », Hegel arrive à la conclusion. « L'Histoire Mondiale n'est autre chose que l’évolution vers la notion de liberté ». Il va de soi que le philosophé ne considère pas l'Histoire comme un ensemble de faits de hasards, ou d'actions incohérentes. La philosophie s'intéresse selon Hegel (qui  cite en exemple les historiens de l’Antiquité (Anaxagore, Hérodote, Thucidide et Livius) à « l'esprit général de l'Histoire », « à son âme intérieure », à ses lois et à son chemin qui ensemble font la vérité de l'humanité.

                La philosophie de l'Histoire se doit de considérer ces lois et d'y réfléchir . Le but de la philosophie serait la révélation de son idée inhérente, de sa vérité dans le monde, contenue dans ses apparences. Si derrière cette notion se cache l'idée que le monde est une création d'une raison supérieure et non de quelque hasard, le chemin n'est pas loin de là à accepter l'idée d'un Dieu créateur. Hegel évite de parler de Dieu et invente plusieurs expressions pour le remplacer, p.e. par « Weltgeist », ou « Vorsehung », si bien que beaucoup de philosophes se demandent si Hegel était  croyant. Je pense pour ma part que ses indications quant à la raison qui règnerait dans l’Histoire ressemblent beaucoup aux pensées de son prédécesseur Leibniz qui voyait dans la raison de l'Histoire une sorte de théodicée (de justification de Dieu). De même qu'á Robespierre avec ses acrobaties théologiques du culte de l’être Suprême. Même Newton termine ses écrits par une Œuvre théologique. Donc le remplacement de Dieu par une autonomie humaine n'allait pas sans certaines difficultés, ni contradictions.

                Si cela ne posait aucun problème pour Marx, on peut se demander pourquoi celui-ci était tellement attiré par Hegel. Or la notion hégeliennne de liberté .( Hegel: « l'Histoire existe par une collaboration consciente du genre humain. ») il place volonté individuelle et envie purement individuelle (voir le despotisme) en dehors de l'Histoire – donc sans intérêt pour la philosophie de l'histoire. A à la différence de l'animal L'Homme est responsable des détours de l'Histoire l'animal est, selon Hegel, par nature innocent.  Il manque totalement de liberté. Apprendre de L'histoire serait la tâche primordiale de la philosophie de l'Histoire et selon Marx c'est le devoir du socialisme. Il appartient donc à un socialisme actuel d'apprendre des échecs de son Histoire . C’est la chance pour son avenir. 
Cet apprentissage le différencie de la pensée courte du capitalisme (régit par le seul profit immédiat), mais n'oublions pas que celui-ci apprend également, p. e. En développant des armes et appareils de plus en plus sophistiqués capables de fonctionner avec de moins en moins de carburants  qui se font rares. Mais là où le capitalisme n'apprend pas et va donc courir à sa perte, c'est par rapports à ceux qui collaborent à lui procurer ses richesse à travers la plus-value (qui représente la grande découverte de Marx). De là l'écart de plus en plus grand entre capitalistes et ceux qui ne possèdent comme  biens essentiels leur forces de travail (intellectuels ou physiques).
 L'essentiel sera que le socialisme ne fermera pas les yeux devant la réalité même si celle-ci parait défavorable (comme je l'ai noté p. e. En RDA, où on prenait les souhaits pour l'avenir comme un acquis du présent. Laissons les mensonges à tous ceux qui en ont besoin, ayant  beaucoup à perdre par des changements sociaux). .

                Il m'est difficile de déceler chez Hegel la différence entre « esprit » et « raison » qui selon lui régissent la nature. Il admet que même dans la nature existe un certain système régis par une raison, mais il s'agirait là  d'une raison non humaine. La finalité de la liberté serait le « Bei-sich-Sein »(être en accord avec soi-même, avec sa propre nature humaine) et représenter au mieux le genre humain. Liberté est tout ce qui s'oppose à « fremdbestimmt » = ce qui nous régit de l'extérieur, par des forces en dehors de nous-mêmes. Même le despote ne serait pas libre parce qu'il lui manquerait la conscience de sa liberté. Cette conscience donnerait à la personne un certain équilibre (voir Hitler au contraire). 
La conscience de la liberté ne serait pas la même chose que le sentiment de la liberté (voir les manipulations multiples de notre société par lesquelles nous nous sentons opprimés.)

                : L’esprit serait l'accord de l'homme avec sa propre nature La nature en soi n'aurait pas de raison: L'activité raisonnable de l’Homme fait parti de sa pulsion propre (Trieb) ce qui chez l'animal serait l'instinct. l'esprit démocratique de Hegel: se révèle lorsqu’il constate:“ l’éthique innée ,de même que la religiosité d'un paysan ou d'un humble pasteur ont la  même valeur que celles d'une vie plus riche en spiritualité

                Un Etat selon Hegel n'est vraiment réalisé que lorsqu'il arrive à mettre en accord les intérêts privés de ses citoyens avec son esprit général. Les peuples et les individus ne seraient que des outils d'une idée supérieure qui leur est inconnue (Voici qui est contraire au marxisme, Marx ayant travaillé pendant toute sa vie à connaitre cette Idée soi-disant inconnue. Hegel place aussi la volonté et l'envie purement individuel(le despotisme) en dehors de l'Histoire Mondiale donc ne  méritant pas une étude approfondie. De même que les peuples n'ayant pas encore constitué des Etats Ce qui importe c'est le moment propice  pour réaliser cet accord entre esprit général et les intérêts particuliers des citoyens. L’esprit démocratique de Hegel se montre également lorsqu'il proclame que l'intelligence et l'éthique existent pareillement parmi tous les peuples, peu importe l'anciennetéde leur civilisation. L'Inde p. e. a  une histoire très longue, mais son système de castes l'aurait reculé dans l’histoire donc dans le chemin vers la liberté. Nous sommes libres lorsque nous reconnaissons la nécessité des lois (voir au contraire l'anarchie). Les lois et la culture émancipent l'homme de la nature et le conduisent donc vers plus de liberté. Seule l'institution de l'Etat est capable d'accorder une certaine justice à une grande quantité de personnes

                L'Etat n'est pas une notion abstraite chez Hegel. Il prend forme à travers une constitution et une administration « Une armée ne peut exister sans général »   Mais un Etat n'aurait pas non plus de réalité ni exclusivement par simple obéissance  ni par force, mais essentiellement par l'acceptation générale de la raison d'être de ses lois.  Il va de soi qu'un gouvernement direct du peuple n'est plus possible aujourd'hui, (voir la taille des Etats). C'est pourquoi la démocratie de l'antiquité ne peut plus nous servir d'exemple, à la différence de son Art, de sa philosophie et de ses sciences. De même l'invention de la langue écrite sert le sens inné de l'homme vers la perfectibilité, vers sa pulsion d'avancer vers le mieux, vers un état social meilleur. La langue écrite est nécessaire pour fixer l'acquis`qui peut servir de base au meilleur( soit par le récit, par la poésie ou par la mythologie) c'est pourquoi le seul critère d'une guerre juste est le progrès qu'elle engendre pour l'humanité, par la victoire d'un des deux côtés sans spéculer sur la supériorité morale d'un de ces côtés.

                Selon Hegel l'Histoire Mondiale se caractérise par des périodes plus ou moins cohérentes, qui sont suivies chaque fois par quelque chose de nouveau (voir la longue période de déclin après la fin de l'antiquité jusqu'à Charlemagne, suivi du féodalisme et ensuite le progrès apporté par la Renaissance qui se réfère aux acquis de l'antiquité.
Et finalement l'absolutisme par lequel se prépare  la prise de pouvoir d'une nouvelle classe, de la bourgeoisie, par plusieurs révolutions. Cette classe domine jusqu'à aujourd'hui nous sentons de plus en plus que que cette période touche à sa fin. 

Nous nous demandons ce qui viendra après et nous souhaitons que ce sera une société meilleure que la précédente et qu'elle permettra à `l'homme, à l'être de la nature que nous sommes (Naturwesen) à pouvoir  perdurer encore pour quelque temps sur cette terre.

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