mardi 28 juillet 2015

Sujet du Merc. 29/07 : Avons nous encore le temps de réfléchir ?


 
Avons-nous encore le temps de réfléchir?

Ce sujet pose plusieurs problématiques. Dans notre société capitaliste où le travail a une place fondamentale dans l’existence de l’homme, ce dernier a-t-il encore la possibilité et la liberté de faire véritablement fonctionner son esprit? En donnant une telle importance à l’activité qu’est le travail, l’esprit humain conserve t’il assez de disponibilité mentale pour réfléchir véritablement et parvenir à s’accomplir par sa pensée?

En effet, selon Heidegger, l’homme existe parce qu’il est un être temporel; l’homme est jeté hors de lui-même par le temps. Être temporel ce n’est donc pas simplement être soumis au temps: c’est être projeté vers une réflexion, un avenir, vers du possible, avoir en permanence à se choisir et à répondre de ses choix (ce que Heidegger appel « le souci »). L’homme existe donc à condition de parvenir à ne pas être esclave du temps, de parvenir à travailler sa pensée.

Pascal exprime l’importance de la pensée et de la réflexion dans son ouvrage « Pensées » (1670). Il écrit « L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un roseau pensant (…) Tout notre dignité consiste en la pensée. » On considère donc la pensée comme moyen d’atteindre son humanité pour l’homme, sa liberté. Dans la société de consommation actuelle, conserver sa liberté de penser et de penser par soi même est complexe. En effet, l’individu peut être dépossédé de ce qui le constitue ce qui entraîne un asservissement voir une aliénation (notions dévelopéés dans les travaux de Marx). « Interdiction » de vieillir, il faut être innovent, rapide, « tendance », « glamour », il faut « bouger », « bosser » etc. La consommation actuelle que nous vivons dans notre culture suggère en permanence d’avoir des désirs et le désir des désirs. Dans cette logique le quantitatif prend le lieu et la place du qualitatif.

Edgard Morin interviewé par terra eco parle aussi de ce rapport accéléré que nous avons au temps. Il dit « Notre temps rapide est un temps antiréflexif. Et ce n’est pas par hasard si fleurissent dans notre pays un certains nombre d’institutions spécialisées qui prônent le temps de méditation. Le yoguisme par exemple permet d’interrompre le temps rapide pour obtenir un temps tranquille de méditation. »

Ainsi, ce sujet ouvre de nombreuses pistes de réflexion dont certains points ont été soulevés ici. Cela donne envie de finir sur une note de révolte. « Qu’est ce qu’un homme révolté ? Un homme qui dit non. » a écrit Albert Camus dans « L’homme révolté ».
Voilà donc ce qui nous reste à penser : puisque nous sommes libres et que l’existence, du fait de l’incompatibilité foncière de l’homme et du monde, est absurde, il est impérieux de connaître la portée de nos actes et le sens que ne peut pas manquer de leur conférer l’homme de l’absurde, celui qui, conscient et responsable de sa vie, est conséquent avec l’autre, cet autre retrouvé et requis par Camus au terme de la logique de la révolte, cet autre apparaissant comme la nécessaire conclusion de son éthique : « je me révolte, donc nous sommes ».

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