samedi 20 décembre 2014

Sujet du MARDI 23/12 : Faut-il qu'advienne le surhomme ?



         FAUT-IL QU’ADVIENNE LE SURHOMME ?

« Zarathoustra parla au peuple et lui dit : Je vous enseigne le Surhumain. L’homme est quelque chose qui doit être surmonté. Qu’avez-vous fait pour le surmonter ? » (Prologue 3 de Ainsi parlait Zarathoustra,  F. NIETZSCHE)

  

Les avancées scientifiques des prochaines années, notamment de la génétique et des neurosciences, devraient à terme rendre possible, et même probable, l’avènement d’une « humanité augmentée ». Nous entendons par ce terme, une humanité dont l’espérance de vie se trouverait sensiblement rallongée, les capacités physiques et intellectuelles décuplées ; une humanité qui ne serait plus concernée par la majeure partie des handicaps graves et maladies incurables qui l’affectent encore actuellement.

      Avec les progrès de la thérapie génique, il est aujourd'hui possible de séquencer un génome humain en quelques heures et pour quelques milliers d'euros, et de sectionner ou modifier des gènes « défaillants ». Autrement dit, on peut « reprogrammer » un être humain en réécrivant son ADN.

            Pour donner un exemple concret, on a récemment isolé le gène dit du « petit dormeur ». Selon les travaux des chercheurs de l'American Academy of Sleep Medecine (AASM), les personnes porteuses d'une mutation du gène BHLHE41 ont besoin de moins de 6 heures de sommeil pour se lever frais et dispos. On pourrait avec la thérapie génique inoculer cette mutation du « petit dormeur » à l'ensemble de la population. Chacun peut imaginer l'impact qu'aurait un temps de sommeil réduit à peau de chagrin sur ses relations sociales et ses activités...
       Nombres d'avancées dans des domaines tels que les nanotechnologies, la biomécanique (greffes d'organes et de membres...) ou les sciences cognitives pourraient aussi venir bouleverser nos façons de vivre dans des proportions inconcevables.
            Dans la vision nietzschéenne, le Surhomme, avant d'être un être doté de capacités physiques et mentales extraordinaires, et un être capable de s'affranchir d'un cadre moral qui tienne compte de ses semblables. L'Humanité désigne en effet cette reconnaissance fondamentale de l'Homme par l'Homme. Dans l'acception religieuse,  elle est fondée sur la reconnaissance mutuelle des « Créatures » issues d'un même « Créateur ».

     Pour Nietzsche, l'Homme se définit par ses limites, ses faiblesses, son contentement de soi, quand le Surhomme se définit par sa puissance démiurgique, notamment sur lui-même : « Es-tu le victorieux, le dominateur de toi-même, le maître de tes sens, le seigneur de tes vertus ? ».

            Partant du postulat que nos systèmes de valeurs sont organisés autour de nos limites humaines et de celles de nos congénères, les avancées scientifiques précédemment évoquées ne risquent-elles pas de créer un Surhumain, qui au faîte de sa Surpuissance, réelle ou imaginaire, ne s'encombrerait plus d'aucun cadre moral pour mener son existence ?
---------------------------------------------------------------------------------------------
Prochain sujet : ATTENTION :   Mardi 30 Décembre
                 Comment nous donner les moyens de nos espérances ?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

1 - Tout commentaire anonyme (sans mail valide) sera refusé.
2 - Avant éventuelle publication votre message devra être validé par un modérateur.

Sujet du Merc. 20/06/2018 : N’idéalise-t-on pas la démocratie ?

N’idéalise-t-on pas la démocratie ? Étymologie et définition Le terme démocratie tire son origine de deux racines grecques : dem...