lundi 15 juin 2020

Sujet du Mercredi 17 Juin 2020 : L'écologie est elle une science ?


L’écologie est elle une science 


L’écologie est à la croisée des chemins entre les sciences de la vie, les sciences de la Terre et les sciences de la société. L’écologie devrait être donc une science de synthèse qui, de ce fait, est plus complexe que ce que beaucoup imaginent.

Une idée fausse est, en particulier, celle qui s’appuie sur les notions d’ordre et d’équilibre naturels des écosystèmes qui elles-mêmes sont des réminiscences de créationnisme, de dessein intelligent voire de malthusianisme et, en tout cas, de conservatisme.
  
Les écosystèmes sont en évolution permanente et suivent des trajectoires, non des modifications réversibles ou des cycles. Ceci implique que la recherche d’un Éden perdu et d’une nature pure, inviolée, est totalement illusoire mais aussi que les modifications des écosystèmes, quelles que soient les directions suivies, ne sont pas imputables aux activités humaines autant que certains le prétendent.
Il est de ce fait irréaliste d’imaginer que des écologues ont le pouvoir de restaurer à l’identique un écosystème dégradé. Tout ce qu’on peut obtenir, c’est de recréer de la nature dans un lieu donné mais non la nature dans son état antérieur. Un état antérieur stable est lui-même une notion fausse car tous les états sont par essence transitoires et se modifient sans but perceptible. Beaucoup de citoyens ne réalisent pas que la plupart des écosystèmes, en Europe en tout cas, peuplée depuis longtemps par des agriculteurs, ont été modifiés de manière notable via une co-construction et une co-évolution de l’homme et de la nature.
Les écosystèmes que l’on observe ont été et sont encore le plus souvent construits pour répondre à des demandes de la société et non l’inverse.

L’étude des écosystèmes est donc particulièrement malaisée. Les chercheurs sont contraints d’agir avec empirisme et de se livrer à des pratiques que l’on peut qualifier de bricolage. Cette stratégie est plus ou moins gratifiante pour les opérateurs qui se réfugient souvent dans des investigations qui ont peu de chance de bien répondre aux questions posées.

L’étude des écosystèmes se cantonne trop souvent à des inventaires comparatifs de la flore et de la faune en négligeant exagérément les microorganismes dont les impacts sont pourtant décisifs. Les chercheurs dans le domaine sont tentés de privilégier excessivement la construction de modèles mathématiques sur des données primaires trop rares ou de qualité insuffisante.
La collecte de données sur le terrain est par trop délaissée, le confort des bureaux étant meilleur que celui du terrain. Plus sérieusement, peut-être, bon nombre d’écologues sont, comme bien d’autres, soumis au terrorisme du facteur d’impact de leurs publications.

Là comme ailleurs, les chercheurs tendent à être plus productifs que créatifs.

L’écologie, qui ne peut se comprendre et agir que sur le temps long, ne peut se satisfaire de telles pratiques. Les luttes de pouvoir et les querelles de clochers nuisent à la productivité des laboratoires qui, par ailleurs, pâtissent plus que d’autres secteurs de la recherche publique d’un sous-équipement en gros matériels.

À cela, il faut ajouter que l’écologie, à son corps défendant, est au cœur de préoccupations de la société. Ceci expose ce domaine de la recherche aux effets de mode et au pouvoir des médias. Les écologues ne parviennent pas toujours à éviter les pièges idéologiques tendus par diverses ONG. Celles-ci auraient tendance à nous présenter une nature bienveillante pour l’homme alors que la préhistoire témoigne d’une volonté inverse depuis 300 000 ans précisément de s’extraire de son état de nature.

L’agriculture qui apparaît il y a 12 000 ans donc très récemment, n’est pas naturelle mais bien une opportunité de maîtriser et d’exploiter la nature, où rapidement des évolutions de sélections et de boutures seront particulièrement interventionnistes dans sa réalisation.

Il n’y a pas plus réactionnaire que la tendance politique que l’on nous présente à longueur de reportages tous les soirs qui consiste à être nostalgique d’une époque qui n’a jamais existé.

Mais ma conclusion est la suivante :
je souhaite que l’écologie devienne une vrai science sans parti-pris idéologique alors que tous les jours elle s’en éloigne pour devenir uniquement un argument à spectre large pour critiquer et condamner le capitalisme.

Mais également un instrument de culpabilité utilisé par le pouvoir pour exister et reconstruire une légitimité très fragile.


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