lundi 8 juin 2020

Sujet du Mercredi 10 Juin 2020 : Heidegger ou l’introduction du nazisme dans la philosophie.



Heidegger ou l’introduction du nazisme dans la philosophie.


« Nous n’avons pas encore pris toute la mesure de ce que signifie la propagation du nazisme et de l’hitlérisme dans la « pensée », cette lame de fond qui s’empare progressivement des esprits, les domine, les possède et supprime en l’homme toute notion de résistance. La victoire des armes ne fut qu’une première victoire, certes vitale et qui coûta à l’humanité une guerre mondiale.

 Aujourd’hui se déroule une autre bataille, plus longue, plus sourde, mais où est en jeu l’avenir de l’espèce humaine. C’est dans tous les domaines de la pensée, de la philosophie jusqu’au droit et à l’histoire, qu’une prise de conscience est nécessaire.

Qu’il s’agisse de Heidegger, de Schmitt, de Junger à plus d’un égard ou de Nolte, ces principaux diffuseurs du nazisme dans la vie des lettres ont pris le temps d’affiner leur stratégie de reconquête après la défaite des armées du Reich hitlérien. Par un jeu d’occultation des vraies causes, de dilution des responsabilités dans une mondialisation des approches, de disqualification de la pensée humaniste et des valeurs universelles, de mythologisation de soi dans la figure du <(berger de l’être», de l’Epiméthée chrétien», de l’« arnaque », du théoricien du «droit historique», ces auteurs ont instrumenté la philosophie, le droit, les lettres et l’histoire, en les mettant au service de la « révision » et finalement de la réhabilitation des fondements du nazisme.

 Parmi eux, certains ont progressivement conquis une audience planétaire auprès d’un public qui, le plus souvent, ne réalise pas ce qui se joue à long terme dans cette conquête des esprits. Il est vrai que les lignes de front de ce combat ne se lisent sur aucune carte. Il n’y a pas de géopolitique de l’esprit, même si l’inflation des ouvrages apologétiques ou trop complaisants permet de mesurer l’ampleur de la propagation.

Loin de faire progresser la pensée, Heidegger a contribué à occulter la teneur foncièrement destructrice de l’entreprise hitlérienne en exaltant sa « grandeur ». Loin d’enrichir la philosophie, il a œuvré à sa destruction en la mettant au service d’un mouvement qui, par la discrimination meurtrière qui l’anime et l’entreprise d’anéantissement collectif auquel il conduit, constitue la négation radicale de toute humanité comme de toute pensée.

Après le paroxysme de la période du nazisme et de l’hitlérisme, préparé chez Heidegger de longue date et bien avant 1933, après la virulence et la hargne qui caractérisent souvent les cours professés durant les années 1933-1944, la multiplication des écrits heideggériens de l’après-guerre forme une lente retombée de cendres après l’explosion, nuée grise qui étouffe et éteint lentement les esprits. Bientôt, les cent deux volumes de l’œuvre dite « intégrale1», où les mêmes assertions sont ressassées sur des milliers de pages, obstrueront de leur masse les rayonnages consacrés à la philosophie du xxe siècle, et continueront à diffuser dans la pensée, à l’échelle planétaire, les fondements du nazisme. » ( E. Faye – Heidegger, l’introduction du nazisme dans la philosophie – Albin Michel – 2005 ).
 Florilège Heideggérien :
·         « L’agriculture est aujourd’hui une industrie d’alimentation motorisée, dans son essence (Wesen) le Même (das Selbe) que la fabrication de cadavres dans les chambres à gaz et les camps d’anéantissement, le Même (das Selbe) que le blocus et la réduction de pays à la famine, le Même (das Selbe) que la fabrication de bombes à hydrogène. » (GA tome 79, [1949], "Bremer Vorträge. Einblick in was das ist", "Das Ge-Stell", p. 27) »
 ·         Des bûchers de livres ont eu lieu à Fribourg sous le rectorat de Heidegger selon les témoignages d'Ernesto Grassi et ceux de Fribourgeois recueillis par Hugo Ott.
Le samedi 24 juin 1933 Heidegger prononcera un discours devant les flammes d'un autodafé, il dira :
" Flamme, annonce-nous, montre-nous le chemin d'où il n'y a plus de retour" .
Le samedi 24 juin 1933 Heidegger prononcera un discours devant les flammes d'un autodafé, il dira :
" Flamme, annonce-nous, montre-nous le chemin d'où il n'y a plus de retour" .
Le samedi 24 juin 1933 Heidegger prononcera un discours devant les flammes d'un autodafé, il dira :
" Flamme, annonce-nous, montre-nous le chemin d'où il n'y a plus de retour" .
 ·         "Pour ce qui est sain et pour ce qui est malade, un peuple et une époque se donnent à eux-mêmes la loi en fonction de la grandeur intérieure et de l'étendue de leur existence. Le peuple allemand est maintenant en train de retrouver son essence propre et de se rendre digne de son grand destin. Adolf Hitler notre grand Führer et chancelier, a créé à travers la révolution nationale-socialiste un Etat nouveau par lequel le peuple doit à nouveau s'assurer d'une durée et d'une constante de son histoire [...]. Pour tout peuple, le premier garant de son authenticité et de sa grandeur est dans son sang, son sol et sa croissance corporelle". [GA 16 151].

Dans cette même ligne de pensée sur "l'être", au lendemain de son adhésion publique à la NSDAP, Heidegger écrit à son frère Fritz (le 4 mai 1933) : "Tu dois considérer la totalité du mouvement non pas d'en bas mais à partir du Führer et des ses grands objectifs. [...] désormais on ne doit plus penser à soi mais seulement à la totalité et au destin du peuple allemand". [GA 16 95.]
Dans cette même ligne de pensée sur "l'être", au lendemain de son adhésion publique à la NSDAP, Heidegger écrit à son frère Fritz (le 4 mai 1933) : "Tu dois considérer la totalité du mouvement non pas d'en bas mais à partir du Führer et des ses grands objectifs. [...] désormais on ne doit plus penser à soi mais seulement à la totalité et au destin du peuple allemand". [GA 16 95.]
Dans cette même ligne de pensée sur "l'être", au lendemain de son adhésion publique à la NSDAP, Heidegger écrit à son frère Fritz (le 4 mai 1933) : "Tu dois considérer la totalité du mouvement non pas d'en bas mais à partir du Führer et des ses grands objectifs. [...] désormais on ne doit plus penser à soi mais seulement à la totalité et au destin du peuple allemand". [GA 16 95.]
·         «En 1930, c’est au cours d’une fête de la « Patrie badoise » que Heidegger prononce la première version (non publiée) de la conférence intitulée « L’essence de la vérité ». Le président d’honneur est Eugen Fischer, fondateur et dirigeant, depuis 1927, de l’Institut d’hygiène raciale. Le rôle bien connu de cet organisme dans
les expériences conduites par les SS dans les camps de la mort n’empêchera par Heidegger d’adresser, en 1960 !!!, un de ses livres à Eugen Fischer, avec ses « cordiales salutations de Noël et ses vœux de Nouvel An ».
·         "La pensée de la race, cela veut dire que le fait de compter avec la race jaillit de l´expérience de l´être en tant que subjectivité et n´est pas quelque chose de "politique".
Le dressage-de-la-race [Rasse-züchtung] est une voie de l´affirmation de soi [Selbstbehauptung] en vue de la domination. Cette pensée vient à la rencontre de l´explication de l´être comme "vie", c´est à dire comme "dynamique"."
(GA tome 69 [1938-1940], "Das Wesen der Macht", p. 70)
Le dressage-de-la-race [Rasse-züchtung] est une voie de l´affirmation de soi [Selbstbehauptung] en vue de la domination. Cette pensée vient à la rencontre de l´explication de l´être comme "vie", c´est à dire comme "dynamique"."

(GA tome 69 [1938-1940], "Das Wesen der Macht", p. 70)
Le dressage-de-la-race [Rasse-züchtung] est une voie de l´affirmation de soi [Selbstbehauptung] en vue de la domination. Cette pensée vient à la rencontre de l´explication de l´être comme "vie", c´est à dire comme "dynamique"."
(GA tome 69 [1938-1940], "Das Wesen der Macht", p. 70)

Au-delà de ces quelques citations il importera de rechercher pourquoi la philosophie française de l’après guerre, et de nos jours encore, de manière majoritaire, s’inspire tant de Heidegger et …..de Nietzsche. Les philosophes des Lumières avaient préparé la Révolution.

La contre révolution philosophique, historique, politique ? ne serait-elle pas en marche avec ses clercs, ses serviteurs, ses collaborateurs ?

La pensée est un acte.


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