lundi 19 novembre 2018

Sujet du Merc.21/11/2018 : La notion d’identité est-elle consubstantielle à l’idée de nation ?


         La notion d’identité est-elle consubstantielle 
à l’idée de nation ?




Qu’est-ce que l’identité ? En dehors de l’aspect administratif de la question (avoir des papiers d’identité) on serait bien en peine de définir ce concept portant si à la mode. Il se crée même des groupes identitaires qui revendiquent une appartenance mythifiée : « nos ancêtres les gaulois » en France, mais aussi le « white power » aux USA.
En ce début de 21nième siècle l’apparition des nouvelles formes éventuelles d’identités sexuelles vient brouiller encore plus le concept. Ainsi on passe du groupe des LGBT à celui des LGBTQQIP2SAA !     
Ce rapide panorama de l’évolution du concept d’identité nous montre en quoi il est plastique et relatif.
En fait un groupe humain organisé a besoin de connaitre les individus en leur affectant une identité (les numéros de sécurité sociale sont uniques) mais identité ne signifie pas uniformité.
Toutefois, par suite de l’évolution des sociétés, depuis en gros le 14ième siècle en Europe, et leur constitution en nations, on parlera plus simplement « d’identité nationale ».

Mais que recouvre à son tour ce concept de nation dont on habille le nouveau sujet/citoyen ? Tout d’abord, toutes les nations sont le fruit de multiples évolutions. Evolution en terme de territoire, de processus économique, de la langue (ou des langues) …. La stabilité d’une nation ne peut être jugée à la seule aune du moment où nous en faisons partie. La stabilité de la nation française est chose récente (1918). Mais si la nation est, au fond, un regroupement territorial, historiquement fluctuante, fondée sur des relations économiques internes et externes elles aussi fluctuantes, on peut imaginer que la question d’identité nationale – soi-disant stable  - est plus un facteur excluant l’autre, en l’occurrence le « non-français » qu’un moyen d’intégration à une communauté. 

Car, qu’est-ce qu’un français ? Quelqu’un qui a une carte d’identité délivrée par l’état qui actuellement symbolise le pouvoir de la nation ? Quelqu’un qui paye ses impôts en France ? etc …. Il y a là une forme de nivellement qui, si on l’examine sur le plan philosophique : universalité de l’être humain, est extrêmement réducteur et peut être utilisé contre cette universalité (par ailleurs proclamée à grand cris par les « droit de l’hommistes »).

Historiquement, l’idée de nation a plus servi à justifier les crimes de guerre qu’à la défense des « droits de l’homme ». La guerre de 14-18 montre bien quel outil idéologique puissant peut devenir un nationalisme simpliste qui a tôt fait de trouver un bouc émissaire anti-français : le boche ! Avec ce détail toutefois que ce ne sont pas tous les français, toute cette nation qui paya le prix du sang, mais bien les plus pauvres comme le faisait remarquer dès 1895 J. Jaurès :
« Tant que, dans chaque nation, une classe restreinte d’hommes possédera les grands moyens de production et d’échange, tant qu’elle possédera ainsi et gouvernera les autres hommes, tant que cette classe pourra imposer aux sociétés qu’elle domine sa propre loi, qui est la concurrence illimitée, la lutte incessante pour la vie, le combat quotidien pour la fortune et le pouvoir… ; tant que cela sera, toujours cette guerre politique, économique et sociale des classes entre elles, des individus entre eux, dans chaque nation, suscitera des guerres armées entre les peuples. »
(Discours du 7 mars 1895 de Jaurès à la Chambre des députés)

On nous dit qu’aujourd’hui qu’il faut « cultiver les différences ». Cette idéologie propagée depuis Mai 68 et les années Mitterrand c’est-à-dire par ce qu’il convenu d’appeler la gauche, ne serait-elle pas au fond – au nom des identités multiples et interchangeables dont nous serions prétendument porteurs – une version améliorée de l’identité « moderne » du monde de la globalisation ? LGBT, LGBTQQIP2SAA, musulmans, juif, arabe, ouigour, breton, baron de caravettes, supporter du Barça ou de Liverpool, nous voilà tous avec « notre identité » enfin retrouvée. 
L’essentiel n’est-il pas là ?  
Ces nouvelles illusions, cette déconstruction de l’universalisme humaniste, ce brouillage des réalités sociales, tout cela ne signe-t-il pas au fond la fin des état-nations ? La mort de l’individu au nom de sa glorification ?

Adieu, langues, cultures, particularités historiques. Tous Mac do, anglophones, connectés, nomades …. Enfin, tous ou presque. Animé par un principe de réalité indéniable le célèbre philanthrope mondialiste G. Soros déclare : "l'Europe a besoin d'une classe ouvrière rom". Les Roms c’est quoi ? Et l’Europe c’est une nation ?


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