dimanche 18 décembre 2016

Sujet du Merc. 21/12 : Pourquoi tant d'impatience ?

POURQUOI TANT D'IMPATIENCE ?

Intéressons-nous donc à la question.

Dans notre société tout nous pousse à l'impatience, que ce soit dans notre travail ou dans notre vie privée, même au seuil de notre mort nous nous montrons impatient (mais quand est-ce que cela va finir?)
L'adjectif « impatient » nous vient du mot « patire » de son origine grecque « pascho pathos » qui signifie souffrir, supporter, endurer avec l'idée de patience et de résignation.
Le mot grec fait référence à l'éprouvé par rapport à ce qui est de l'ordre du faire et de l'agir.

L'impatience semblerait nous confronter à une limite qui nous résiste et qui ne dépend pas de notre volonté.
L'impatience n'est-elle pas que force déchaînée et rage impuissante ? (« patience et longueur de temps font plus que force ni que rage »- La Fontaine dans le lion et le rat).

L'impatience bouscule tout et cette violence de celui qui ne veut pas perdre son temps (ça passe ou ça casse!) n'est pas si éloignée que cela de l'explosion d'un désir de liberté. Mais quelles séries causales déterminent ce désir ? Et avons-nous un libre arbitre en quelque sorte naturel ? Ou s'agit-il de se libérer d'une situation ?

On pourrait commencer par faire le procès de l'impatience, ce manque de maîtrise qui semble toujours préférer le présent à l'incertitude de l'avenir.
Dans notre société, les limites sont faites pour être transgressées. N'y a t-il pas même une apologie du dépassement ? Nous sommes sans cesse poussés à nous surpasser. Nous pourrions penser que notre société confond le présent avec l'absolu dans lequel chacun se doit d'aller encore plus loin, encore plus vite sous prétexte d'occulter une réalité décevante, comme si on tentait de nier le temps.
L'homme cultive l'illusion de pouvoir maintenir une maîtrise constante sur ce qui l'entoure.

Dans l'état d'impatience nous sommes hors de nous-mêmes. Nous projetons très loin notre énergie, nos pensées, dans un futur désiré, croyant que nous allons ainsi ramener plus vite ce que nous espérons.
Pour lutter contre l'impatience, n'est-il pas possible de revenir au moment présent en observant le réel pour se libérer par des actes qui lui sont adaptés ? La patience nous donne une chance d'apprendre plutôt que d'user notre système nerveux à trépigner sur place. Mais, l'impatience et la patience ne cohabitent-elles pas dans un seul et même être, pour en faire une personne complète et riche de toutes ses contradictions ? Ne s'agit-il pas là d'un nécessaire processus dialectique ? Et serai-il contradictoire d'affirmer que l'impatience est à la fois une vertu et un vice ?

Pour finir, voici quelques citations qui vous rendront sans doute impatients de débattre du sujet :

« L'impatient, incapable de supporter le doute, se hâte de décider au lieu de suspendre son jugement » Francis Bacon, initiateur de la démarche philosophico-scientifique aux XVI/XVII èmes siècles.

« L'impatience, qui paraît une force et une vigueur de l'âme, n'est qu'une faiblesse et une impuissance de souffrir la peine » Fénelon – XVII/XVIII èmes siècles.

Lorsque nous faisons le choix de prendre le temps de mûrir notre désir, notre réflexion et notre besoin nous permettons qu'adviennent le bonheur et la liberté.


Ne soyons donc pas pressés d'être impatients !...

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