lundi 10 octobre 2016

Sujet du Mercredi 12/010/2016 : LE MONDE EST-IL FAIT POUR NOUS ?

LE  MONDE  EST-IL  FAIT  POUR  NOUS ?

Pour démontrer l'inanité d'une telle illusion ne faut-il pas en revenir à la démarche de la science et de la philosophie ? Comme il y a 26 siècles chez les Grecs et 500 ans à la Renaissance. Le matraquage actuel de beaux et merveilleux documentaires télévisuels d'astronomie étatsuniens est captivant (on en est captif, quitte à s'informer !), mais pose problème pour cette même raison. La construction auprès du public d'une croyance émerveillée, faisant l'impasse sur la nécessaire adéquation réciproque entre faits avérés et théorie scientifique, nous conduit à une religion nouvelle du « réglage fin du monde à l'origine » qui aurait fait apparaître la vie à l'image de cette intention première, que ses promoteurs se gardent bien de dévoiler pour ce qu'elle est. Seule la connaissance du réel, celle des faits et de la théorie combinés, nous permettra de dévoiler le pot aux roses qui, dans le mouvement des passions et de la démesure du beau et du fantastique ainsi proposés, incite à « prendre nos désirs pour la réalité » plutôt que « la réalité pour notre désir » (Spinoza). De même Hegel mettait-il en garde que faire de la science ou « philosopher ne permet pas qu'on ne fasse qu'assurer, imaginer, aller et venir arbitrairement par la pensée (même) en raisonnant ?

Voyons en bref ce que disait ce sacré Spinoza. Déjà Galilée et Giordano Bruno nous apprenaient-ils que la terre et les hommes ne sont pas le centre immobile du monde, celui qu'un « premier moteur » posté à l'extérieur, au-delà du monde (transcendance) ferait pivoter tel un divin carrousel « dans une harmonieuse symphonie de sphères adamantines vissées d'astres scintillants ». Ceux-ci (et même Spinoza !) se trompaient bien un peu sur la nature infinie du monde, mais ne voulaient-ils pas plutôt simplement souligner qu'il est « sans limite » et comprend tout ce qui existe ? Cela ne chassait-il pas ipso facto l'idée même d'un être hors du monde dans l'au-delà et celle de l'incompatibilité d'un centre à un espace infini ? L'homme et la vie ne pouvaient dès lors plus être considérés comme le centre du monde ni donc comme l'intention qu'un être de l'au-delà aurait imprimée en le créant ex nihilo à son image. La croyance narcissique de « se prendre pour le nombril du monde » ne pouvait plus tenir qui faisait que les hommes s'imaginaient de toute pièce une entité supérieure qui les aurait créés à son image et dont les intentions détermineraient leurs vies. Il y a là totale auto-contradiction.

Spinoza montre que la croyance en une telle entité créant tout en vue d'une fin (l'homme) est compréhensible puisque, dans la vie courante, nous posons des actes nécessairement toujours en vue d'une fin (je tends le bras pour saisir un objet, etc.). Par analogie anthropocentrique, le monde doit alors exister par le dessein d'un être absolu extérieur à lui qui l'a fait advenir et perdurer, et que tout ce qui s'y produit est nécessairement le fruit d'une intention, conduisant notamment aussi à « la théorie du complot » et à celle du « réglage fin de l'univers à l'origine ». Ce point de référence fixe et définitif qui n'est que croyance infondée dissipe sans doute une angoisse existentielle, mais au prix de l'abandon de la raison critique s'appuyant sur l'analyse de faits concrets et réels et débouchant sur des connaissances (vérités). Spinoza stigmatise ainsi l'ignorance des hommes des « causes qui les déterminent », l'abandon de leur recherche et in fine la chute dans la servitude volontaire.

C'est en ignorant les causes des choses que les hommes se créent sans cesse illusions et lubies qui correspondent à leurs désirs mais qui les conduisent souvent à l'impuissance et à la désolation de la servitude volontaire par la croyance en un monde imaginaire. C'est là une démarche idéologique, religieuse, spiritualiste voire mystique.Tandis que la recherche raisonnée et la connaissance des choses du monde et des hommes, que nous prendrions à notre compte pour en faire nos désirs, permettent d'accroître notre puissance dans le monde par son usage le plus pertinent possible distinct du fatalisme. C'est la démarche philosophico-scientifique.

Mais à titre d'important exemple, revenons à la nouvelle religion de domination de l'esprit faisant perdurer les anciennes qui se met en place sur la supposée intention qui présiderait au réglage fin de l'univers au temps zéro et de tous les détails du monde des hommes qui en découlent par la suite. La science physique a démontré – par la concordance de la théorie d''Einstein faite de l'abstraction d'équations mathématiques et des mesures d'observation de Hubble des vitesses des galaxies en rapport avec leur distance à la terre – que le monde est fini, courbe et fermé ou replié sur lui-même (pas infini !), homogène et isotrope au-delà des amas de galaxies et en expansion chaotique mais décélérée,. Ceci conduit aux concepts de Big Bang au temps zéro et de Big Crunch dans quelque 550 milliards d'années, quand l'univers disparaîtra sans retour. Bien. Cela est résultat de physique, à savoir représentation humaine avérée du réel et non pas identité parfaite avec lui, car celle-ci correspondrait à l'essence du monde (Platon) qui reste par définition inatteignable par la science et l'esprit humain.

Il s'en suit que les divagations de la majorité des cosmologistes, reprises dans les merveilleux documentaires dont on nous farci la cervelle, sont toutes fausses et purs fruits d'une imagination métaphysique de « faiseurs de prodiges » (Platon) au-delà du réel qui dans la passion « prennent leurs désirs pour la réalité » et non l'inverse (Spinoza). Débusquons ce qui de la part de ces physiciens est une erreur majeure, de plus sans cesse répétée, sinon une imposture criminelle.

1°.  Le zéro et l'infini, entités mathématiques abstraites et métaphysiques liées par 1/infini = 0, ne sont pas des nombres, n'ont aucune réalité physique ne pouvant être ni mesurés, ni appréhendés ; ni donc faire partie de toute science ou philosophie. Notre entendement ne peut que concevoir de tendre vers zéro ou l'infini, sans jamais les atteindre. Ceci est une constatation de fait, pas une opinion. D'ailleurs la physique disparaît au temps de Planck, le plus petit qu'elle sache appréhender, comme dans les équations de la gravitation d'Einstein reflétant le réel, avant de se dissoudre à cet instant et non plus tôt au temps zéro du Big Bang, notion métaphysique (au-delà de la Physis ou nature). Se placer à cet instant infiniment précis et irréel comme le font presque tous les « cosmologistes » est une inanité – purement gratuite hors toute science, ou théorie et observation possibles – par laquelle ils prétendent erronément à un réglage fin (infini) du monde à son origine supposée (t=0).

Non, le monde est fini car courbe (Einstein) et, une fois qu'il est là (lancé), il n'est plus d'intervention ou d'intention finaliste possible (par qui?) qui assurerait un réglage fin en vue de son déroulement, à travers le chaos des formations et explosions d'étoiles, partant de sa « Cause Première » (l'Etre) pour déboucher sur sa « Fin Dernière », l'apparition et le développement de la vie, particulièrement la vie humaine ainsi faite à l'image du supposé Etre ou « Recteur » (Spinoza) de toutes choses comme cause et fin premières. (Ouf!). L'apparition de l'infini dans une théorie signale que cette théorie est en partie en inadéquation avec le réel. C'est l'application des principes anthropique (anthropos, l'homme) ou de complexité invoqués par le chrétien Teihard de Chardin suivi des illuminés francophones Hubert Reeves et le bouddhiste Xuan Thuan, de concert avec leurs collègues anglosaxons croyant la vie créée et réglée par dieu.

2°.  La physique est à nouveau confrontée à l'infini, « le renard dans le poulailler », par l'invention de la matière noire. Un trou noir est un corps dynamique prévu par la théorie d'Einstein et si massif qu'il s'effondre sous l'effet de sa propre gravitation et devient invisible. Mais en fin de parcours -- au temps zéro, au-delà de la physique (le réel), quand ce corps s'évanouit et devient indétectable de l'extérieur (on ne peut savoir ce qu'il serait) puisque aucune lumière ne peut s'en échapper, E=mc2 de la théorie oblige -- le trou noir aurait une densité infinie. C'est la même impossibilité physique que celle du Big Bang si bien que ces deux concepts échappant au réel et à la connaissance restent à ce jour des fantaisies de l'imaginaire métaphysique et donc sans aucun fondement. « Inutile d'essayer de dire de quoi il s'agit puisque personne ne le sait (à l'instar du divin), pas même ceux qui ont imaginé ces ectoplasmes (formes fantomatiques émanant du corps du médium au cours d'une séance de spiritisme) », C. Magnan, Collège de France, lacosmo.com. Leurs inventeurs astrophysiciens cosmologistes font sans cesse cette impardonnable faute professionnelle dans les médias (livres, documentaires, conférences, etc.). Ils s'y tiennent envers et contre tout. Cela ne les confine-t-il pas à la qualité d'imposteurs invétérés et même de criminels intellectuels en série ?

3°.  Une fois levées les barrières de la vigilance critique avec l'invention de l'insaisissable matière noire, pouvait s'ouvrir le chemin de la récidive de l'énergie noire et de bien d'autres aberrations (4°-6°). Comme pour la matière noire, est ici apparue une discordance de mesure difficile à interpréter dans le cadre des modèles théoriques en usage. Plutôt que de considérer que les modèles informatiques étaient insuffisants à parfaitement décrire le réel et que la mesure de distance de supernovae situées à une dizaine d'années lumière de nous ne pouvait assurer une précision suffisante, nos « bons cosmologistes » conclurent à partir de distances mesurées plus grandes que prévues par les modèles que l'espace s'étirait au lieu de se rétracter comme prévu ! La farce fut d'inventer une « énergie noire » qui par sa présence -- par ailleurs parfaitement indétectable (noire) ! -- serait capable de dilater l'espace. La solution fut d'introduire un simple paramètre d'ajustement dans les équations dans une sorte de fétichisation des modèles contraire à la démarche de vérité scientifique !

 L'hypothèse infondée et gratuite fut que la luminosité intrinsèque des supernovae était la même pour toutes. Ce serait bien la première fois qu'une classe d'objets serait entièrement homogène réduisant cette hypothèse à une affirmation dogmatique correspondant à un vœu pieux ou à « un désir se prenant pour la réalité ». De plus, 1) comment des supernovae situées à 10 milliards d'années lumière et ayant engendré en boucle durant ce temps long des étoiles et supernovae à composition différentes, comment donc pourraient-elles être identiques à celles de maintenant ?!, et 2) n'est-il pas tout aussi incohérent et proprement aberrant de parler d'accélération de l'expansion de l'espace quand déjà nous ne savons pas en quoi consiste une telle expansion (absence de théorie adéquate) ? Puisque les modèles théoriques d'éloignement des galaxies, tous basés sur l'uniformité homogène de l'espace, ignorent les mouvements chaotiques internes aux galaxies qui ne correspondent pas nécessairement à une expansion.

A partir de tout cela, la majorité des cosmologistes ont la lubie de construire un monde illusoire, fruit de leur désir inavoué, composé de quelque 5% de matière connaissable (science physique) et de 95% d'énigmatiques, inconnaissables et insaisissables matière et énergie noires méta-physiques. N'est-on pas dans un rêve pour gogos bâti sur deux formes fantomatiques dominantes sur trois d'un monde réglé à l'avance par une entité suprême au-delà de lui () et composé en majorité d'objets évanescents inconnaissables ( et ) ? Ne marchons-nous pas tous sur la tête à croire cette fable ?!

Il s'agit d'une manipulation des esprits (« au plus le mensonge est gros, au mieux il passe ») anti scientifique et anti philosophique, affirmant subrepticement l'existence d'une création (par l'Etre) du monde réglé avec une précision inimaginable (infinie) afin qu'Il mène (finalisme) à la vie et à la conscience et pour qu'agisse un observateur (l'homme, créé à l'image de l'Etre) capable d'apprécier sa beauté et son harmonie (le meilleur des mondes possible). Alors que le monde est hasard, chaos et violence extrêmes de phénomènes incompréhensibles dans leur essence à l'échelle (domaine de validité) humaine. Même si les résultats de la science correspondent bien (approximation et non perfection infinie) au monde, ce qui est différent de s'y identifier (essence). Si l'essence du monde nous reste à jamais inatteignable, il n'en demeure pas moins que nous pouvons l'appréhender au mieux de nos capacités dans la dynamique d'un processus dialectique et créateur entre faits avérés et théorie se correspondant toujours mieux pour créer des connaissances véritables.

Prendre ainsi le monde, le réel pour nos désirs afin d'y devenir à son usage plus libre par une possession croissante de nos potentialités est la démarche la plus utile pour les hommes. C'est la démarche philosophico-scientifique. Elle est à l'antipode des élucubrations de l'imaginaire débridé de charlatans et preneurs de pouvoir qui fixent arbitrairement à leur avantage la croyance (dans l'idée fausse d'un monde statique, beau et harmonieux, infiniment décidé et prévu dès son origine illusoire pour l'éternité) qu'il nous suffirait dans la passion de « prendre nos désirs pour la réalité » et d'ignorer les causes qui nous sont extérieures et nous déterminent. L'ignorance a toujours désarmé les hommes face aux menées des autres hommes et aux phénomènes du monde et de la nature. Adieu donc illusoire libre arbitre d'une prétendue nature humaine ! Non, la liberté se gagne par  « l'exister » à tout instant dans la confrontation au monde réel. Descartes ne disait-il pas « j'existe (plutôt que « je pense »), donc je suis », rencontrant ainsi Spinoza ?

Allons plus loin dans cette voie pour débusquer l'entreprise de captation des esprits par la religion nouvelle d'astrophysiciens en recherche fondamentale dévoyés de leur science. Le problème n'est-il pas majeur car ces mensonges ont perverti toutes les autres disciplines et la société, y créant un vide de culture philosophique et scientifique (on n'a en conséquence plus rien découvert de fondamental depuis 1965) et une humanité devenue la proie facile de fanatiques et gourous à soutane, barbe, tunique, kippa, turban, crâne rasé et autres accoutrements tels que les complet-veston et cravate politico-banco-financiers visant la soumission de tous par manipulation. Par asthénie des esprits et de la raison disparaît toute velléité de contestation individuelle ou collective.

Voici quelques exemples en sus des cas majeurs 1°- 3° de déni de vérité faisant passer des désirs pour la réalité, plutôt que l'inverse :

4°.  Passant au temps zéro situé sous le seuil du temps physique minimal de Planck, les « faiseurs de prodiges » astrophysiciens font que tout point de l'espace-temps serait totalement isolé de tous les autres points de l'univers et en serait donc indépendant. Ce qui revient à un déni de toute causalité, est contraire au réel et rend impossible toute rationalité et réflexion philosophiques ou scientifiques. A partir de là toute invention métaphysique est possible (anges, démons, dieu ou tout autre fantasme) : on baigne en plein relativisme menant au « tout est possible, tout se vaut », même au néant et au pire propres au nihilisme conduisant à la loi du plus fort par la servitude volontaire.

5°.  Continuant dans la même veine des principes anthropique et de complexité – qui correspondent à la même affirmation du réglage fin à l'origine (temps zéro) par quelque entité toute puissante en vue de l'apparition de la vie et in fine de celle des hommes --, les mêmes affirment l'existence d'une vie sur d'autres planètes. C'est nier que : 1)  le monde et la vie sont tous deux le fruit de l'aléatoire, du fortuit ou du hasard (« effet papillon » infiniment surmultiplié), et 2)  le nombre d'informations nécessaire à la constitution du code de la vie est « infiniment » grand comparé aux centaines de milliards de milliards de planètes de l'univers. Ceci rend infime la probabilité d'apparition des informations nécessaires à la vie sur d'autres planètes. Faire croire le contraire dans chaque cas n'est-ce pas une somptueuse arnaque destructrice des cerveaux par la rénovation – sous des prodiges d'explications techniques et communicationnelles sophistiques – de dogmes religieux anciens souvent aujourd'hui devenus évanescents ?

6°.  Le monde n'est ni beau, ni harmonieux à la Xuan Thuan, Reeves & consorts, ni a contrario absurde par l'incompréhensibilité humaine de ses phénomènes. Non, l'absurde n'est-il pas d'attribuer au monde nos désirs tout subjectifs – de beau ou d'absurde c'est au choix -- en s'imaginant que le monde serait fait pour nous, que nous en serions donc le point focal, le centre, le nombril et finalement le but ultime (finalisme) ? Giordano, au secours ! Ne serait-ce pas aussi prendre nos désirs strictement subjectifs et puérils pour la réalité ? Au lieu que de tirer le meilleur parti des choses en faisant d'elles notre désir de chaque instant. Merci Spinoza.


On voit qu'en chacun des points 1°-6° la critique des aberrations anti scientifiques et anti philosophiques d'aujourd'hui sont en bonne correspondance avec les apports toujours vrais de la philosophie scientifique de Spinoza élaborée au milieu du 17ième siècle. Pouvons-nous enfin assimiler celle-ci malgré le conditionnement criminel ambiant des cerveaux et de toute la société par de pseudo scientifiques saturant l'espace-temps de la science et des médias contemporains ?

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