lundi 12 octobre 2015

Sujet du Merc. 14/10/2015 : L’histoire est-elle amenée à se répéter ?



Les organisations sociales changent. Les régimes politiques changent, ainsi que les mœurs et les coutumes. Mais l'histoire nous montre toujours les mêmes conflits entre les hommes.
Les régimes politiques changent, pas l'homme. Il y a toujours eu des riches et des pauvres, des hommes que le pouvoir enivre et d'autres qui subissent leur tyrannie. Il y a toujours eu des classes sociales, des favorisés et des opprimés. Les révoltes, les révolutions n'y ont rien changé, même si l'on ne peut guère comparer le régime des pharaons avec la République française née en 1789.
Les mœurs et les coutumes ne changent qu'en apparence. L'esclavage a depuis longtemps été aboli. Cependant au IX ième siècle, la situation de l'ouvrier travaillant dans les manufactures n'était guère plus enviable que celle de l'esclave. Quand aux mœurs elles se modifient au fil du temps. Cela n'empêche guère les hommes de continuer à agir par vanité, égoïsme et intérêt.
 " La vraie philosophie de l'histoire revient à voir que sous tous ces changements infinis, et au milieu de tout ce chaos, on n'a jamais devant soi que le même être, identique et immuable, occupé aujourd'hui des mêmes intrigues qu'hier.  De tout temps, elle doit reconnaître le fond identique de tous ces faits anciens ou modernes survenus en Orient comme en Occident; elle doit découvrir partout la même humanité, en dépit de la diversité des circonstances des coutumes et des mœurs. Cet élément identique et qui persiste à travers tous les changements, est fourni par les qualités premières du cœur et de l'esprit humain: beaucoup de mauvaises et peu de bonnes. La devise générale de l'histoire devrait être: les mêmes choses mais d'une autre manière" Arthur Schopenhauer, le Mode comme volonté et comme représentation

Peut-on trouver un fond commun à toute l'histoire humaine? Une telle compréhension de l'histoire n'est elle pas trop générale, superficielle ? Ne faut il pas trouver des principes de compréhension pour chaque époque ou pour chaque grande aire géographique? (Orient/ Occident) Les passions humaines peuvent elles fournir un principe d’intelligibilité de l'histoire? 
La nature humaine n'a pas d'histoire. Les guerres ne se ressemblent pas, parce que les techniques évoluent. L'arc est remplacé par le fusil, le fusil par la bombe. Malgré tout, il s'agit d'une même guerre de l'homme contre l'homme. Si elle n'est plus militaire, elle sera économique, comme c'est le cas actuellement. Les hommes, au travers de l'histoire ont toujours désiré conquérir, dominer, imposer aux autres leurs valeurs. C'est en ce sens que l'histoire se répète, parce que la nature humaine reste identique à elle même. Les conceptions antiques du temps font de l'histoire la répétition d'événements identiques : le temps est cyclique comme le suggèrent les thèmes de la grande année et de l'éternel retour chez les stoïciens voire même chez Nietzsche.Tout est fatal et toute éternité est appelée à se reproduire.
"Que dirais tu un jour, si une nuit, un démon se glissant jusque dans ta solitude la plus reculée te dise: " cette vie, telle que tu la vis maintenant et que tu l'as vécue, tu devras la vivre encore une fois et d'innombrables fois; et il n'y aura rien de nouveau en elle si ce n'est que chaque douleur et chaque plaisir, chaque pensée et chaque gémissement et tout ce qu'il y a d'indiciblement petit et grand dans ta vie devront revenir pour toi et le tout dans le même ordre et la même succession- cette araignée là également, et ce clair de lune entre les arbres, et cet instant ci et moi même. L'éternel sablier de l'existence ne cesse d'être renversé à nouveau et toi avec lui ô grain de poussière de la poussière!
Ne te jetterai tu pas sur le sol, grinçant des dents et maudissant un démon qui te parle de la sorte? Ou bien te serait t'il arrivé de vivre un instant formidable où tu aurais pu lui répondre" tu es un Dieu et jamais je n'entendis choses plus divines" Si cette pensée exerçait sur toi son empire, elle te transformerait faisant de toi un autre, te broyant peut être: la question posée à propos de tout et de chaque chose " voudrait tu ceci encore une fois et d'innombrables fois? " pèserait comme le poids de plus lourd sur ton agir! Ou bien ne te faudrait t'il pas témoigner de bienveillance envers toi même, et la vie pour ne désirer plus rien de cette dernière, éternelle confirmation, éternelle sanction? "

L'homme contrairement à l'animal est un être en devenir. Parce qu'il est libre, qu'il n'est plus soumis à l'instinct, ses choix constituent son histoire. Ils sont différents à chaque époque et ne se répètent jamais. L'homme décide de l'homme. il est vain de vouloir reconquérir le passé. La religion des grecs, comme leur langue est définitivement morte. Dès lors que l'on cesse de croire au père noel, il devient impossible de retrouver par la suite cette croyance. Ainsi va la marche de l'histoire. A une période définitivement aboli succède une autre entièrement nouvelle. L'homme est entièrement responsable de son destin selon Sartre. Ce sont ces décisions qui constituent la trame de son histoire. Si l'animal n'a pas d'histoire, c'est qu'il est soumis à l'instinct. Il en va différemment pour l'homme. Face aux circonstances il a la possibilité d'agir d'une telle manière plutôt que d'une autre. Or, les circonstances historiques ne sont jamais les mêmes. 
Hegel et Marx ont pensé que l'histoire tend à un but. Elle réalise d'époque en époque le destin de l'esprit de l'homme. Ce destin doit conduire à une sorte d'harmonie entre les hommes, la société et le monde qui les entoure. En ce sens elle constitue un progrès. Si progrès il y a on peut donc ne pas penser que l'histoire se répète.

Pour Hegel , l'histoire humaine est un processus rationnel dont il est possible de donner une vision systématique. Ainsi chaque peuple exprime une étape du déploiement de l'esprit du monde dans un vaste mouvement qui va de l'Est (Babylone, la Grèce antique) à l'Ouest ( l'Europe moderne) Ce processus est dialectique: de la rencontre et de la confrontation entre les cultures qui dépassent les oppositions de l'époque précédente. C'est un processus téléologique (c'est à dire orienté vers un but) qui mène selon Hegel , à la prise de conscience de soi de l'esprit du monde. Le travail de l'historien philosophe c'est donc, pour hegel la saisie des processus rationnels à l'oeuvre dans l'histoire de l'humanité, en insérant tous les événements dans un processus censé être nécessaire et ordonné par une fin prédéterminée.

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