lundi 7 septembre 2015

Sujet du Merc. 09 Septembre : UN BERGER PREND-IL SOIN DE SES MOUTONS ?



        UN  BERGER  PREND-IL  SOIN  DE  SES  MOUTONS ?

Un berger, un « bon » pasteur prend sûrement soin de ses abondants troupeaux pour les mener à « bon » port. C’est ce caractère de « bonté » de sa part, d’adéquation aux besoins qui fait question. Mais quels en sont les critères ? Qu’est-ce qu’être « bon » ? Qu’est-ce qu’un bon berger et qu’est-ce qu’un bon port, une bonne fin, un bon objectif visé ? Sachant quand même que, par les bons soins de l’élevage de ses bêtes, le souci du bon pasteur est de tondre celles-ci, de prélever leur lait et d’effectuer un bon équarrissage ultime pour les pendre à un croc de boucher après avoir assuré au préalable leur reproduction comme source renouvelée de ces aménités et profits multiples.

Dès lors, pourquoi cette analogie du berger et du bon pasteur reprise par des théocrates de religions plus bienveillantes les unes que les autres ou par des philosophes tout aussi philanthropes tel Heidegger encarté au parti nazi jusqu’en 1944, une fois bien établis vers 1933 les fondements de sa philosophie ; ou tel encore Sloterdijk, son succédané récent dès 2000. Concernant Heidegger, si tard encore associé à un parti ayant assuré le travail inhumain des camps et l’hécatombe d’un « troupeau » de six millions d’êtres et bien plus, que signifie sa philosophie du berger scient conduisant son troupeau dans la clairière de l’ « ouvert », qui seul autorise « la présence à soi de son être authentique » ?       

Le bon pasteur philosophe qui sait, le surhomme fort parce qu’il a réalisé ses potentialités et s’instaure comme le meilleur (aristo-cratos) assureraient l’auto-domestication des êtres une fois la mort de dieu reconnue par Nietzsche. Eh, quand dieu s’est retiré, les hommes ont dû se garder eux-mêmes et ils ont bien dû avoir un gardien-éleveur le plus scient possible pour le remplacer ! Ce fut un berger, un chef, un despote (éclairé ?), un tyran, un führer… Cet art pastoral de l’homme d’Etat ne fait-il pas déjà penser à celui prôné par Platon, philosophe-conseiller de Denys le tyran de Syracuse qui, en retour, le rendit disponible sur le marché aux esclaves de l’époque ?  
Ne faut-il pas aussi penser à Sloterdijk, philosophe contemporain qui, reconnaissant à partir du nexus berger-troupeau-clairière, qu’à l’époque technique et anthropotechnique qui est la nôtre les hommes se retrouvent de plus en plus du côté de la sélection active ou subjective, comme à l’insu de leur pleine conscience et donc sans avoir voulu s’imposer dans le rôle du sélectionneur. 

N’en conclut-il pas qu’il faut se saisir du processus de façon elle aussi active et formuler un codex des  anthropotechniques, telles que celles des techniques nano-bio-info-cognitives ou NBIC ?    
 
Dès lors, que penser de « la pureté de l’être dans la clairière », de cette altérité douteuse où se fonderait une nouvelle mais nécessaire relation humanisante aux autres, voire de l’apologie des meilleurs (aristo-cratos) ou même de celle d’une race supérieure (les Genrichs ou autres) ou de l’institution d’une sélection -- pastorale, cheftaine ou raciale, que sais-je --  qui paraîtrait métaphysiquement ?


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