lundi 5 août 2019

Sujet du Mercredi 7 Aout 2019 : La notion de limite

                 La notion de limite


Rien ne nous semble plus « naturel » que » la limite. Frontières, limitations de vitesse, murs, haies, la peau de notre corps ; la limite est partout. Elle est séparation et identification.
Il y a un en-deça et au-delà qui permettent de se positionner. Sur le plan purement philosophique Kant nous a habitués à limiter l’usage de la raison aux phénomènes et aux idées. Mais peut-on imposer une limite à la raison ? On pourrait considérer que la raison peut enchaîner, sans limites, un infini d’idées, de conceptions. Les œuvres des hommes sont là pour nous prouver ce foisonnement extraordinaire qui semble témoigner de la puissance créatrice de l’homme : arts, sciences ….
Kant aurait-il tort ?
Placer des limites à la raison est ce que cela ne sous entendrait il pas qu’elle n’a que des pouvoirs limités. A ce moment là les autres facultés humaines (foi, sentiment, intuition, sensation…..) pourraient être considérées comme des outils de connaissance. Mais c’est justement ce que, prenant le relais de la métaphysique, les philosophes « modernes » mettent en avant dans ce grand mouvement de la « destruction de la raison » (déconstructionnisme,
relativisme, …).

Ne faut-il pas ici poser les grands axes d’une réflexion possible ? :

- D’un coté une pensée illimitée qui se traduit dans le domaine de l’art en général, ou loin des « canons » du passé l’artiste peut tout imaginer, y compris se dispenser de la raison ou d’un discours rationnel. Mais quelle portée opératoire dans le domaine de la connaissance et de la vie concrète des hommes ?

- D’un autre coté tout ce qui concerne le champ des sciences, où, avec Descartes nous pourrions dire : « Toutes les choses qui peuvent tomber sous la connaissance des hommes [...], il n'y en peut avoir de si éloignées auxquelles enfin on ne parvienne, ni de si cachées qu'on ne découvre" (Discours de la méthode). Là aussi pas de limitations dans le champ de la connaissance. La seule limitation que pose Descartes étant celle de la finitude de l’homme.
La différence : l’homme «  doit se rendre maître et possesseur de la nature ». La raison appliquée à la connaissance doit avoir une dimension opératoire pour l’homme.

Dans le cadre de ce bref philopiste nous n’aborderons pas les problèmes que soulèvent le scepticisme ou la Position de Pascal. La discussion reste donc ouverte sur ces grands thèmes.
Toutefois il nous semble important d’ouvrir une autre piste. En effet la notion de limite, appliquée à la raison ou pas, introduit des catégories figées. Noir/ blanc, France / Espagne, mon corps / ce qui est autour, terre /air, chaud /froid….. Ces catégories posent les questions en termes mécanistes. La vie serait par exemple distincte de la mort.  

Si nous essayons d’envisager la limite non plus comme une barrière, mais comme un moment, c'est-à-dire qu’on la ramène à un temps donné dans un espace donné, alors on s’approche des conceptions dialectiques de Hegel et Marx. Les contraires peuvent être antagonistes (ou non antagonistes) et générer un troisième moment qui est le célèbre l'Aufhebung de Hegel (intégration-dépassement), lui-même contradictoire.

Pour reprendre l’exemple vie/mort, nous savons que, dès notre naissance les processus vitaux et ceux qui visent à détruire certaines cellules sont en action, Notre  vie est une lutte interne permanente entre deux processus biologiques dont l’un l’emportera sur l’autre tôt ou tard, restituant les quelques atomes fondamentaux dont nos sommes formés à la nature qui les utilisera sous une autre forme ( Cf. Epicure).
Autre exemple : lorsque nous marchons, nous ne faisons que compenser un déséquilibre de notre corps. Il faut que notre corps sorte de son  polygone de sustentation pour que le réflexe de mettre un autre pied en avant se produise, nous évitant ainsi de tomber (ce qui pourrait être un des résultats de la contradiction) et nous permettant d’avancer.

La limite, considérée à la lumière de la dialectique n’apparaît donc plus si figée que cela. Moment d’un processus elle peut en marquer le point de rupture, le lieu d’un changement qualitatif après une accumulation quantitative. Point et lieux mouvants.

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