lundi 4 juillet 2016

Sujet du Merc. 06 Juill. 2016 : L'obsolescence programmée est-elle nécessaire ?



L'obsolescence programmée est-elle nécessaire ?


C'est un mécanisme discret, mais non moins implacable, il est le principe majeur qui règle l'horloge économique. De grès ou de force, nous y participons. Je veux parler de l'obsolescence programmée.
S'il est beaucoup de choses qui dépérissent et se transforment dans la nature, certains hommes ont
jugé bon de chronométrer ce que nous croyons posséder.
Nous allons essayer de comprendre comment une société capable d'envoyer des satellites autour de Mars, ne peut plus fabriquer un micro-onde qui dure plus de trois ans.

1/ La forme et les effets de l'obsolescence programmée.

L’obsolescence programmée se définit par l’ensemble des techniques par lesquelles un producteur à réduit délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement.
Il nous faut déjà comprendre qu'à chaque cycle de vie d'un produit, correspond une transaction.
Un objet coûtant 1 000  avec une durée de vie de 10 ans rapporte moins que dix objets coûtants chacun 300  sur une même durée.
La chose est simple. Entre 1 000  ou 3 000... le choix est vite fait, si vous raccourcissez la durée de vie d'un produit, vous augmentez le nombre de transactions, donc le nombre de plus-values, donc la taxation totale.
Le consommateur lui, croit faire une affaire à court terme. Mais sur dix ans, il devra fournir plus de  temps de travail pour obtenir le même service...
L'autre effet non négligeable de ce procédé est d'éviter la saturation des marchés avec un stock d'invendu dans les bras.
Si vous avez 100 consommateurs qui ont chacun un frigo, vous aurez du mal à leur en vendre un second avant 10 ans. Baissez la qualité des matériaux, vous en revendrez dans deux ans. Vous maintiendrez ainsi artificiellement une certaine forme d'activité. (revenus récurrents)
On comprend alors que l'obsolescence programmée est nécessaire pour obtenir une croissance du capital industriel et financier. Elle est un élément fondamental de la croissance du marché.
Il permet de rembourser les emprunts et les investissements, ces derniers doivent à tout prix être remboursés, sous peine de faillite.
Elle permet une redistribution d'une partie des richesses vers la population salariée, mais celle-ci dépense une part non négligeable de ce qu'elle gagne dans des produits à obsolescence programmée.
Quoi de plus symbolique pour résumer ce système, que la voiture que les employés doivent utiliser pour travailler ?

EN 2012, UNE VOITURE COUTE EN MOYENNE 4 350 € PAR AN

Sur la base d'un parcours annuel moyen de 12 800 km, le prix de revient annuel d'une voiture en
2012 est de 0,34 x 12 800 = 4 350 € par an.  Soit 4 350 / 12 = 362 € par mois
Source : lexpansion.com

Si vous considérez que le salaire médian d'un célibataire est de 1 474 € par mois ( source salairemedian.com ) alors vous comprendrez que le salarié moyen dépense près de 25 % de son temps de travail rien que dans sa voiture. ( 362 / 1474 x 100 = 24,5 % )

2/ Les enjeux et les solutions

Se dessinent alors deux organisations humaines radicalement opposés l'une à l'autre.

L'une basée sur une économie de marché, où l'on ne crée pas des produits pour satisfaire les besoins humains, mais pour rembourser les investissements solvables. Où le but est d'accroître sans cesse le nombre de marchandises en circulation pour augmenter la masse monétaire.
( l'avoir est une fin, l'Homme un Moyen )

L'autre sur des communautés organisées orientée vers « l'économie de nécessité » , où l'on produit seulement ce dont on a besoin, et ce de la façon la plus durable possible.
( l'avoir est un moyen, l'Homme une fin )

L'enjeu est de taille car, appelons les choses par leurs noms, il s'agit d'un processus de mise en  esclavage de la population mondiale.
·         D'un gaspillage de temps et d’énergies humaines, qui, utilisées à meilleur escient pourraient considérablement améliorer notre mode de vie.
·         D'une dilapidation extrême des réserves minérales et biologiques nécessaires à notre survie.
·         D'une pression démographique de plus en plus importante sur ces ressources de plus en plus rares.
( voir exemple des élans pour comprendre le processus en cours )
En 1944, 29 rennes sont introduits sur l'île de Saint Matthieu par les garde-côtes.
L'île a une superficie de 357 km2
La population de ces animaux culmine à 6 000 têtes en 1963.
Les deux années suivantes, quasiment tous meurent, car sans prédateur, ils se multiplièrent et mangèrent toute la nourriture qui leurs étaient comestibles.
Et la population se stabilise à une quarantaine d'individus. Toutefois, depuis les années 1980, il n'y a plus de rennes  sur l'île.
                     
J'espère sincèrement me tromper et faire une corroboration abusive, que l'être humain ne reproduira pas les mêmes schémas que les rennes de cet exemple.
Humblement, je propose quelques pistes de solutions, elles seront peut-être insuffisantes, mais je souhaite vraiment qu'au cours de ce café philo, soient abordés les moyens à mettre en œuvre pour sortir de ce piège.

·         1/ Ne plus considérer le monde de façon strictement matérialiste et promouvoir une approche sensible du monde. Une raison pure sans cœur mène au nihilisme.
Je pense que si ce ne sont pas les raréfactions des ressources qui nous contraignent, c'est une approche différente du monde qui nous permettra de changer nos comportements.
·         2/ La chose fabriquée devrait se limiter à nos besoins et non à l'accumulation.
·         3/ Que l'objet soit utile et dure le plus longtemps possible, nos anciens se souviennent que leurs biens étaient fait pour durer.
·         4/ Que l'objet puisse être transformé
·         5/ Tenter, dans la mesure du possible, d'obtenir l'indépendance alimentaire : soit par sa production propre si l'on peut, soit par un réseau de petits producteurs. S'éloigner progressivement des réseaux de grande distribution.
·         6/ Peut-être nous faudra t-il réfléchir à la fonction argent, car ceci semblerait être la clef de voûte de la distinction entre économie de plus-value et économie de nécessité.

Sources ouvrages : L'être contre l'avoir ( Francis Cousin )   - Crise économique ou crise de sens ( Michel Drac )

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